Une réaction au cuivre se voit sur la peau : rougeurs, vésicules et démangeaisons apparues des semaines après la pose, souvent loin de l’utérus. Elle est rare. La revue publiée en décembre 2020 dans les Annales de Dermatologie et de Vénéréologie a recensé 12 cas d’eczéma de contact systémique attribués à un stérilet au cuivre. Après la pose, les signes qui doivent faire consulter ne sont pas cutanés : ils orientent vers une infection, un déplacement, une perforation ou une grossesse.

Une réaction de la peau, des semaines après la pose
Le tableau ressemble à un eczéma : rougeurs, vésicules et démangeaisons, des papules et des nodules sur le tronc ou les membres. Trois mois après la pose dans l’observation publiée en 2020 par les Annales de Dermatologie, un mois dans celle présentée en 2024 aux Journées dermatologiques belges. Le mécanisme suppose une sensibilisation antérieure au cuivre, pas une irritation du premier jour.
Des micro-érosions de la muqueuse utérine laissent passer des ions de sulfate de cuivre ; ceux-ci se lient à des protéines de l’organisme et forment un complexe que le système immunitaire reconnaît. C’est cette reconnaissance qui déclenche la réaction, dite retardée.
Le cuivre agit aussi sur le cycle : le CBIP décrit des règles plus longues et plus abondantes pendant les trois premiers cycles, et des durées d’action qui vont de 5 à 10 ans selon le modèle. Ces changements suivent la pose de près, et rien là-dedans n’est allergique.
Après la pose, ce qui doit faire consulter n’est presque jamais une allergie
Le CBIP range l’expulsion, l’infection et, rarement, la perforation parmi les complications locales des semaines qui suivent la pose. L’ANSM y ajoute la grossesse extra-utérine et un risque de perforation plus élevé chez les personnes qui allaitent ou qui ont accouché dans les 36 semaines qui précèdent.
L’ANSM demande de contacter le professionnel qui suit la personne si, après la pose d’un DIU au cuivre, apparaît l’un de ces signes :
- un mal de ventre qui persiste, ou une gêne pendant les rapports ;
- des pertes de sang qui sortent de l’ordinaire, ou qui sentent mauvais ;
- une fièvre sans explication ;
- plus de sept jours de retard de règles, quand une grossesse est possible ;
- les fils qui ont changé de longueur, que les doigts ne retrouvent plus, ou un dispositif senti plus bas dans le vagin.
Ces signes orientent vers une infection, une expulsion, une perforation ou une grossesse. Aucun ne désigne une allergie au cuivre.
Un eczéma des mains ou du tronc ne figure pas dans cette liste. Des démangeaisons avec des pertes vaginales évoquent d’abord une mycose ou une vaginose, pas une allergie de contact.
Le cuivre est un sensibilisant faible, et les cas restent rares
Le métal est partout : pièces de monnaie, robinets, bijoux. Les réactions allergiques au cuivre restent pourtant peu rapportées. La revue publiée dans Contact Dermatitis en 2014 a rassemblé les données disponibles : chez des personnes testées pour des symptômes ou une exposition suspectée, 3,8 % en moyenne pondérée avaient un test épicutané positif au cuivre. Ses auteurs le classent parmi les sensibilisants très faibles comparés aux autres métaux.
La revue des Annales de Dermatologie le formule autrement : le cuivre est rarement en cause dans les allergies de contact et systémiques, et le nickel arrive loin devant dans celles liées aux implants métalliques, prothèses dentaires ou orthopédiques comprises.
Un stérilet peut-il provoquer un eczéma des mains ?
Deux observations récentes décrivent ce cheminement. En Belgique, des dermatologues de l’hôpital universitaire d’Anvers ont rapporté en 2024 le cas d’une personne de 22 ans, sans antécédent atopique, dont un eczéma dyshidrosique des mains et des pieds est apparu un mois après la pose ; les dermocorticoïdes ne suffisaient pas, et l’eczéma s’est rallumé pendant la semaine des tests épicutanés. L’observation française, publiée dans les Annales de Dermatologie et de Vénéréologie, décrit des lésions prurigineuses apparues trois mois après la pose, faites de vésicules aux paumes et de papules et nodules sur le dos, les cuisses et les avant-bras ; la biopsie cutanée montrait une image d’eczéma. Le retrait a été suivi de la disparition complète des lésions en France, et d’un soulagement des symptômes en Belgique.
Sur les douze cas recensés, deux associaient des signes généraux, douleurs abdominales ou arthralgies. Dans tous, les tests épicutanés ont confirmé la sensibilisation au sulfate de cuivre. Le point commun de ces tableaux tient à la distance : la peau réagit loin de l’utérus.
Un test positif au cuivre ne suffit pas à expliquer des symptômes
Le test épicutané se pratique en dermatologie : des substances sont appliquées sur la peau du dos, puis on regarde si elle réagit. Dans l’observation belge, le sulfate de cuivre à 2 % dans la vaseline a positivé, comme un extrait aqueux du dispositif et des morceaux de cuivre trempés dans l’eau ; le dispositif testé tel quel, lui, n’a rien montré. La façon de tester change le résultat.
Une analyse de 2 660 tests épicutanés de routine, publiée en décembre 2001 par Wöhrl et ses coauteurs, donne la mesure du phénomène.
| Allergène testé | Tests positifs |
|---|---|
| Nickel | 21,02 % |
| Palladium | 5,90 % |
| Cuivre | 3,53 % |
| Cobalt | 3,31 % |
Le cuivre arrive loin derrière le nickel : environ six fois moins de tests positifs. Un résultat positif n’annonce pas à lui seul des symptômes. Les auteurs le qualifient de spécifique, mais de faible pertinence clinique, et sur les 26 personnes retestées, 38 % seulement ont réagi une seconde fois. La revue de 2014 conclut dans le même sens : le cuivre ne provoque des réactions cliniquement pertinentes que dans de rares cas sélectionnés.
L’allergie au cuivre est nommée dans les textes français, pas dans le résumé belge
En France, l’ANSM range l’allergie au cuivre parmi les contre-indications majeures à la pose, avec la maladie de Wilson, les infections génitales non traitées et les saignements inexpliqués. La HAS demande, dans sa fiche mise à jour en 2019, de revoir le praticien 1 à 3 mois après la pose, puis chaque année, et de consulter en cas de douleurs pelviennes, de fièvre ou de saignements inexpliqués.
En Belgique, le Répertoire commenté des médicaments du CBIP cite la grossesse, les infections, anomalies ou tumeurs gynécologiques et les saignements vaginaux inexpliqués : l’allergie au cuivre n’y figure pas. Ce même CBIP demande un dépistage du chlamydia et du gonocoque avant la pose chez les personnes exposées, notamment avant 25 ans, en cas d’antécédent d’IST ou de partenaires multiples.
Une allergie au cuivre déjà connue se dit avant la pose : cette information oriente le choix du dispositif.
Les questions qui reviennent après la pose
Peut-on savoir avant la pose si on est allergique au cuivre ?
Ni l’ANSM ni le CBIP ne recommandent de test épicutané avant une première pose. Cet examen, pratiqué en dermatologie, sert à documenter une sensibilisation suspectée quand des signes sont apparus. Dans les cas publiés, les tests ont tous été réalisés après la pose, devant des signes déjà installés.
Une allergie au nickel change-t-elle quelque chose ?
Les réactions au cuivre et au nickel sont fortement liées : c’était la conclusion de l’analyse de 2001, et la personne du cas belge réagissait aux deux métaux. Ce terrain connu se dit en consultation, même s’il ne permet pas de prévoir comment un dispositif sera toléré.
Faut-il faire retirer le stérilet ?
La décision revient au professionnel qui suit la personne, souvent avec l’avis d’un dermatologue. Dans les douze cas recensés en 2020, le retrait est allé de pair avec la disparition complète des lésions cutanées, et les auteurs rappellent que l’éviction de l’allergène est la base du traitement. Le retrait se fait au cabinet : l’ANSM précise qu’il doit toujours être réalisé par un professionnel de santé.
Quelle contraception ensuite ?
L’équipe des Annales de Dermatologie écrit qu’une autre méthode contraceptive doit être envisagée. Le choix se refait avec le professionnel : les autres méthodes, et ce qu’elles changent aux règles et au quotidien, se remettent à plat. Un stérilet au lévonorgestrel, par exemple, diffuse un progestatif qui change les règles dans l’autre sens. Cette page ne remplace pas une consultation.
Sources
- Annales de Dermatologie et de Vénéréologie, Gara S. et coll., « Eczéma de contact systémique au dispositif intra-utérin : étude d’un cas et revue systémique de la littérature » (décembre 2020)
- Journées dermatologiques belges (BDD) 2024, George H., Dendooven E., Aerts O., « Dyshidrotic hand dermatitis from a copper containing intra uterine device » (2024)
- Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP/BCFI), « Répertoire commenté des médicaments, chapitre 6 Gynéco-obstétrique » (version du 15/09/2026)
- Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), « DIU non hormonaux : DIU au cuivre et DIU cuivre/argent » (publié le 27/11/2025, mis à jour le 05/01/2026)
- Contact Dermatitis, Fage S. W., Faurschou A., Thyssen J. P., « Copper hypersensitivity » (octobre 2014)
- Journal of the American Academy of Dermatology, Wöhrl S. et coll., « Copper allergy revisited » (décembre 2001)
- Haute Autorité de santé (HAS), « Contraception chez la femme adulte et de l’adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG) » (avril 2013, mise à jour juillet 2019)