L’anneau thermique masculin remonte les testicules contre le corps pour élever leur température d’environ 2 °C et freiner la production de spermatozoïdes. Il se porte quinze heures par jour, pendant l’éveil, et l’efficacité se vérifie par spermogramme. Aucun dispositif de ce type ne porte de marquage CE : l’Agence nationale de sécurité du médicament a suspendu en France la vente de l’Andro-switch le 17 décembre 2021. La méthode reste en cours d’évaluation et suppose un suivi médical, jamais un usage isolé.

Aucun anneau thermique ne porte de marquage CE, et la vente a été suspendue en France
La contraception thermique par remontée testiculaire n’est pas une méthode validée. Aucun dispositif ne possède de marquage CE en tant que dispositif médical, et l’Agence nationale de sécurité du médicament a suspendu le 17 décembre 2021 la mise sur le marché, la distribution et la détention de l’Andro-switch. En dehors d’un essai clinique autorisé, l’agence française demande de ne plus l’utiliser.
Trois méthodes masculines seulement sont utilisables selon la fiche mémo de la Haute Autorité de santé, validée en avril 2013 et mise à jour en juillet 2019 : le préservatif masculin, la vasectomie et le retrait. La contraception thermique n’y figure pas, et le Collège de la médecine générale la classe parmi les méthodes peu étudiées, sans certification pour aucun dispositif. Un essai clinique de sécurité est annoncé pour 2025, avec un objectif de certification en 2028.
Elle se place en dehors des méthodes hormonales et des dispositifs intra-utérins, qui agissent par d’autres mécanismes et disposent, elles, d’une autorisation.
Comment la remontée des testicules freine la spermatogenèse
Les testicules se trouvent dans le scrotum, à l’extérieur de la cavité abdominale, parce que la production des spermatozoïdes demande une température plus basse. Le référentiel du Collège d’urologie situe cette température entre 33 et 34 °C, sous la température centrale. La remontée testiculaire inverse ce mécanisme.
Le dispositif est un anneau pénoscrotal. Le pénis et la peau du scrotum passent dans l’anneau, placé à la base de la verge, ce qui refoule les testicules en position haute, près de l’orifice inguinal. Contre le corps, ils se réchauffent d’environ 2 °C. La spermatogenèse ralentit, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes se dégradent, et la concentration peut descendre jusqu’à l’absence de spermatozoïdes. Le Collège de la médecine générale note que les études ne permettent pas de conclure sur la fonction hormonale.
Quinze heures par jour, pendant l’éveil, sans rattrapage possible
La durée de port fait la méthode. Le protocole utilisé dans les études, repris par le Collège de la médecine générale, demande quinze heures par jour, tous les jours. Les heures ne sont pas forcément consécutives, mais elles doivent tomber pendant l’éveil : pendant le sommeil, la position des testicules n’est pas contrôlée et leur température est déjà plus élevée, ce qui rend le port moins efficace.
Une journée sous les quinze heures est définie comme une rupture contraceptive : aucune stratégie de rattrapage n’est validée. En cas de rapport à risque après une journée manquée, le guide du Collège de la médecine générale conseille d’ajouter un autre moyen de contraception pendant trois mois, le temps d’un cycle de spermatogenèse, et de refaire un spermogramme de contrôle.
Le spermogramme décide, avec un seuil sous un million par millilitre
La méthode se pilote avec des analyses, pas avec une impression. Un spermogramme et un examen clinique précèdent le démarrage. L’efficacité contraceptive est retenue quand la concentration descend sous un million de spermatozoïdes par millilitre sur deux spermogrammes successifs espacés de trois semaines. Le premier contrôle a lieu à trois mois et se répète chaque mois tant que le seuil n’est pas atteint.
Une fois le seuil franchi, les contrôles continuent. Le Collège de la médecine générale prévoit un spermogramme tous les trois mois pendant deux ans, puis tous les six mois. La durée de port ne se réduit pas, même si le résultat est très bas : une analyse ne renseigne que sur l’échantillon observé. Le site belge mescontraceptifs.be décrit un contrôle trimestriel la première année, puis semestriel.
Deux à quatre mois ou trois à six mois : le délai d’efficacité n’est pas fixé
Aucun calendrier ne fait l’unanimité. Le Collège de la médecine générale retient deux à quatre mois pour obtenir l’efficacité contraceptive, tandis que le référentiel du Collège d’urologie écrit que le seuil est atteint en trois à six mois. Dans les deux cas, un autre moyen de contraception reste nécessaire jusqu’au résultat du spermogramme.
| Point du protocole | Collège de la médecine générale (2025) | Collège d’urologie | mescontraceptifs.be (Belgique) |
|---|---|---|---|
| Durée de port | 15 heures par jour, tous les jours, à l’éveil | 15 heures par jour | 15 heures par jour, à l’éveil |
| Délai d’efficacité | 2 à 4 mois | 3 à 6 mois | – |
| Seuil contraceptif | Moins d’un million par millilitre, sur deux spermogrammes à trois semaines d’intervalle | Moins d’un million par millilitre | Moins d’un million par millilitre |
| Suivi de l’efficacité | Tous les trois mois pendant deux ans, puis tous les six mois | Spermogrammes tous les trois à six mois | Tous les trois mois la première année, puis tous les six mois |
| Durée maximale documentée | Quatre ans, chez une seule personne | – | Quatre ans |
Le référentiel du Collège d’urologie attribue à la méthode un indice de Pearl théorique de 0,5, meilleur que celui du préservatif, sans validation par la Haute Autorité de santé. Aucune étude n’a mesuré l’efficacité contraceptive dans les conditions réelles. Le guide du Collège de la médecine générale cite trois travaux publiés entre 1991 et 1994, portant sur 51 couples, qui donnent une estimation de 2,34 grossesses pour 100 couples sur douze mois. Une enquête rétrospective menée en 2022 auprès de 970 utilisateurs avance une estimation plus basse, avec les limites d’un recueil déclaratif.
L’indice de Pearl compte les grossesses non prévues pour 100 couples sur un an et sert de base à la comparaison des méthodes contraceptives.
À l’arrêt, la fertilité revient, et le retour se contrôle
La méthode est réversible. Dans les trois études publiées entre 1991 et 1994, une grossesse a été obtenue chez tous les couples qui en souhaitaient une, entre deux et quatorze mois après l’arrêt, et 42 % des participants avaient retrouvé leurs valeurs de base. Le guide du Collège de la médecine générale prévoit deux spermogrammes et spermocytogrammes, à trois et six mois après l’arrêt.
Par précaution, l’Agence nationale de sécurité du médicament recommande de ne pas concevoir dans les six mois suivant l’arrêt de l’Andro-switch, le temps de deux cycles de spermatogenèse. Des altérations de l’ADN des spermatozoïdes sont retrouvées pendant l’exposition et les premiers mois après l’arrêt, sans que leur effet clinique soit connu. Le site belge mescontraceptifs.be parle de six à neuf mois pour retrouver la fertilité initiale.
Pour une contraception définitive, la vasectomie, seule méthode masculine irréversible, répond à un autre projet et se décide avec un professionnel.
Les effets qui doivent faire consulter, et les situations qui excluent la méthode
Les effets locaux sont plus fréquents avec un anneau qu’avec un dispositif en tissu : gêne ou douleur testiculaire, érections douloureuses, irritation cutanée, démangeaisons, mycoses en cas de macération. Une diminution du volume testiculaire est décrite, qui se résout en quelques mois après l’arrêt.
Des signes urinaires comptent davantage. Le besoin de pousser pour uriner, un temps de miction allongé, une sensation de vessie non vide, des envies fréquentes et des gouttes retardataires doivent faire réagir. L’Agence nationale de sécurité du médicament évoque un risque potentiel de sténose de l’urètre et demande de consulter en cas de gêne, de douleur ou de difficulté à uriner. Le Collège de la médecine générale conseille de retirer l’anneau pour uriner, par précaution.
Une douleur, une gêne ou une difficulté à uriner pendant le port demande un avis médical, sans attendre. L’Agence nationale de sécurité du médicament recommande de consulter un généraliste, un urologue ou un andrologue, et de le faire aussi avant un projet de grossesse après usage.
Les situations qui excluent la méthode avant même de commencer
Plusieurs antécédents écartent la contraception thermique, selon le Collège de la médecine générale et le site belge mescontraceptifs.be : une anomalie de descente des testicules, une varicocèle de grade 3, une hernie inguinale, un cancer du testicule, une torsion testiculaire ayant nécessité une fixation. L’obésité rend le dispositif difficile à porter et servait de critère d’exclusion dans les études d’efficacité. Un examen clinique et un spermogramme précèdent donc toute mise en route.
Belgique : aucun dispositif de remontée testiculaire n’est certifié. Le site mescontraceptifs.be, porté par l’association O’YES et les quatre fédérations de centres de planning familial, décrit la méthode et le suivi par spermogramme, et rappelle l’absence d’étude à grande échelle. Plusieurs centres de planning familial accompagnent cette contraception, avec un accueil gratuit, y compris pour les mineurs.
France : l’Agence nationale de sécurité du médicament a suspendu l’Andro-switch en 2021 faute de marquage CE et demande de ne plus l’utiliser hors essai clinique. La Haute Autorité de santé ne cite pas la contraception thermique parmi les méthodes masculines utilisables, et le référentiel du Collège d’urologie la classe en cours d’évaluation.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser un anneau thermique sans médecin ?
Le suivi médical fait partie du protocole, et il manque souvent. Sur 970 utilisateurs interrogés en 2022, moins de 5 % suivaient strictement le protocole et 48 % n’avaient pas de suivi régulier, rapporte le Collège de la médecine générale. L’Agence nationale de sécurité du médicament rappelle qu’en dehors d’un essai clinique autorisé, l’anneau ne doit plus être utilisé.
L’anneau protège-t-il des infections sexuellement transmissibles ?
Aucune protection. Le préservatif, externe ou interne, reste la seule méthode contre les IST, quelle que soit la contraception utilisée à côté.
Combien de temps peut-on le porter ?
Les données manquent au-delà de quatre ans, la plus longue durée documentée dans les essais, chez une seule personne selon le Collège de la médecine générale. Le site belge mescontraceptifs.be retient la même limite de quatre ans, faute de recul sur les effets à long terme.
Faut-il congeler des spermatozoïdes avant de commencer ?
Le Collège de la médecine générale estime pertinent d’aborder la cryoconservation avec les personnes qui choisissent cette méthode, le recul sur la réversibilité au-delà des durées étudiées restant limité.
Sources
- Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, « Anneau contraceptif masculin Andro-switch : il faut démontrer l’efficacité et la sécurité du dispositif » (17 décembre 2021), ansm.sante.fr.
- Haute Autorité de santé, « Contraception chez l’homme », fiche mémo (validée le 24 avril 2013, mise à jour en juillet 2019), has-sante.fr.
- Collège de la médecine générale, « Contraception thermique par remontée testiculaire (CTRT) », guide La contraception dite masculine (2025), contraception.cmg.fr.
- Association française d’urologie, « Chapitre 1 item 36 : Contraception masculine », Référentiel du Collège d’urologie, 6e édition, urofrance.org.
- Mescontraceptifs.be, « L’anneau thermique » (consulté le 19 septembre 2026), mescontraceptifs.be.
- O’YES ASBL, « Contraception » (projet Mes contraceptifs, consulté le 19 septembre 2026), o-yes.be.