MediCMS

SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

contraception-d-urgence-def

CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

La contraception d’urgence empêche une grossesse après un rapport sexuel non protégé ou mal protégé. L’Organisation mondiale de la santé la situe dans les cinq jours qui suivent le rapport, avec une efficacité qui baisse quand le délai s’allonge : dans cette fenêtre, elle prévient 95 % des grossesses attendues. Elle ne provoque pas d’avortement et ne tient pas lieu de contraception suivie.

objets de contraception poses a plat sur une table claire, vue du dessus, composition ordonnee

Ce que recouvre le terme de contraception d’urgence

Quatre méthodes sont reconnues par l’Organisation mondiale de la santé : deux comprimés à dose unique, le lévonorgestrel et l’ulipristal, un contraceptif oral combiné pris en deux fois, et un dispositif intra-utérin au cuivre. Le nom « pilule du lendemain », que le service public français signale comme employé « à tort », ne décrit que les comprimés, dont l’action s’étale sur plusieurs jours.

Les quatre méthodes de contraception d’urgence retenues par l’Organisation mondiale de la santé et leur présentation, d’après sa fiche d’information du 9 novembre 2021.
Méthode Présentation
Ulipristal Dose unique de 30 mg
Lévonorgestrel Dose unique de 1,5 mg, ou deux prises de 0,75 mg à 12 heures d’intervalle
Contraceptif oral combiné 100 µg d’éthinylestradiol et 0,50 mg de lévonorgestrel, deux fois à 12 heures d’intervalle
Stérilet au cuivre Dispositif intra-utérin, posé par un médecin ou une sage-femme

Elle retarde l’ovulation, elle n’interrompt pas une grossesse

Les comprimés empêchent ou diffèrent l’ovulation, selon l’Organisation mondiale de la santé. Le service public français le formule autrement : le médicament agit principalement en retardant l’ovulation.

Un comprimé déjà avalé ne peut donc rien contre une grossesse installée. L’OMS écrit qu’il ne peut ni interrompre une grossesse établie ni nuire à un embryon en développement. Le stérilet au cuivre opère autrement, en modifiant le sperme et l’ovule avant la fécondation.

Le moyen le plus efficace n’est pas un comprimé

Le dispositif intra-utérin au cuivre, posé dans les 120 heures qui suivent le rapport, prévient plus de 99 % des grossesses. L’Organisation mondiale de la santé le désigne comme la forme la plus efficace de contraception d’urgence disponible. La Haute Autorité de santé parle de la méthode « de loin la plus efficace » jusqu’à cinq jours après la date présumée de l’ovulation.

Sa difficulté est pratique : il faut un professionnel disponible pour le prescrire et le poser. En contrepartie, il reste en place et prend la suite comme contraception régulière, avec une durée de port de plusieurs années et des règles souvent plus abondantes.

Aucune limite d’âge, mais des situations où le stérilet est écarté

Il n’existe pas de contre-indication médicale absolue à la contraception d’urgence, ni de limite d’âge, écrit l’Organisation mondiale de la santé. Un indice de masse corporelle supérieur à 30 kg/m² rend les pilules moins efficaces, sans que l’accès puisse être refusé : l’OMS précise que le surpoids ne pose pas de problème de sécurité.

Le stérilet au cuivre est le seul à connaître de vraies restrictions. Les critères qui encadrent son usage habituel s’appliquent à l’urgence : une infection pelvienne en cours, des saignements vaginaux inexpliqués ou un cancer du col ferment la porte. L’OMS écarte aussi sa pose après un viol ou une agression sexuelle, à cause du risque d’infection sexuellement transmissible, et chez une personne déjà enceinte. Après un rapport non protégé, le dépistage des infections sexuellement transmissibles se décide à part.

Après une agression : deux démarches avancent ensemble, la contraception d’urgence d’un côté et la prévention des infections sexuellement transmissibles de l’autre. Le service public français renvoie pour cela vers les centres de santé sexuelle et les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic.

Un vomissement précoce et un retard de règles changent la suite

Un vomissement dans les deux heures qui suivent la prise efface la protection du comprimé : l’Organisation mondiale de la santé demande alors de reprendre une dose. Passé ce délai, la conduite ne change pas : attendre les règles suivantes, dont la date peut être décalée par la prise.

La Haute Autorité de santé fixe un repère. Un retard de plus de 5 à 7 jours, ou des saignements anormaux, justifient un test de grossesse et une consultation. Sans ces signes, une contraception suivie peut être reprise ou commencée sans attendre. Après l’ulipristal, l’OMS situe cette reprise au sixième jour. La suite relève d’un autre raisonnement : le choix d’une méthode régulière selon la durée et les contraintes du quotidien.

L’accès diffère entre la Belgique et la France

En Belgique, la pilule d’urgence se délivre en pharmacie sans ordonnance depuis le 10 septembre 2020, dans le cadre du tiers payant, indique le Centre belge d’information pharmacothérapeutique. L’INAMI y ajoute une intervention supplémentaire ouverte à tous les âges pour la pilule du lendemain, à hauteur de 9 € par boîte au maximum. Plusieurs pilules du lendemain sont gratuites ou coûtent moins d’un euro après cette intervention.

La contraception d’urgence médicamenteuse s’obtient en France sans ordonnance en pharmacie, et son coût est pris en charge à 100 % pour les personnes mineures comme majeures, précise le service public, qui signale aussi une délivrance gratuite et anonyme pour les mineures. Le stérilet au cuivre coûte 30,50 € hors consultations, exige une prescription et reste remboursé à 65 % à partir de 26 ans, à 100 % avant.

Délivrance anticipée : l’Organisation mondiale de la santé prévoit qu’une pilule contraceptive d’urgence peut être fournie à l’avance, pour être disponible le jour où un rapport non protégé survient.

Trois questions posées après une contraception d’urgence

Faut-il une ordonnance ?

Les pilules s’obtiennent sans ordonnance : c’est le cas en pharmacie en France, et en Belgique depuis le 10 septembre 2020. Le stérilet au cuivre, lui, demande une prescription et une pose par un médecin ou une sage-femme.

La contraception d’urgence rend-elle stérile ?

Elle ne nuit pas à la fécondité future et ne retarde pas le retour de la fertilité, écrit l’Organisation mondiale de la santé. La Haute Autorité de santé retient la même conclusion : la contraception d’urgence hormonale ne rend pas stérile.

Protège-t-elle des infections sexuellement transmissibles ?

Aucune des méthodes de contraception d’urgence n’en protège. La Haute Autorité de santé rappelle que le préservatif, masculin ou féminin, reste la seule protection contre ces infections.

Sources

  1. Organisation mondiale de la santé, Contraception d’urgence (9 novembre 2021).
  2. Service-Public.fr, Direction de l’information légale et administrative, Contraception d’urgence (29 juin 2026).
  3. Haute Autorité de santé, Contraception d’urgence : pilule du lendemain ou DIU au cuivre (18 mars 2020).
  4. Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP/BCFI), Consensus belge pour la contraception d’urgence (21 décembre 2021).
  5. INAMI, Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs.