Répéter la prise d’une pilule du lendemain dans un même cycle n’expose à aucun danger connu pour la santé et ne rend pas stérile. L’Organisation mondiale de la santé indique que cet usage répété n’ajoute pas de risque connu pour la santé, même s’il augmente l’irrégularité des règles. L’enjeu se situe ailleurs : une deuxième prise n’ajoute aucune protection, elle ne couvre pas les rapports qui suivent, et un préservatif reste nécessaire jusqu’aux règles suivantes.

Répéter la prise n’ajoute pas de danger connu
La fiche de l’Organisation mondiale de la santé du 9 novembre 2021 classe l’usage répété des pilules contraceptives d’urgence parmi les situations sans risque connu pour la santé. Les médicaments utilisés ne sont pas préjudiciables à la fécondité future, et le retour de la fertilité n’est pas retardé après la prise.
Dans un texte publié le 18 mars 2020, la Haute Autorité de santé retient la même conclusion : la contraception d’urgence hormonale ne rend pas stérile et peut être prise chaque fois qu’il existe un risque de grossesse non prévue.
Une réserve existe, et elle est rarement écrite. L’OMS précise que l’usage fréquent et répété peut être nocif pour les femmes atteintes d’une affection classée dans les catégories 2, 3 ou 4 des critères médicaux de recevabilité, ceux qui encadrent la contraception hormonale. Pour les autres, ce qui augmente avec la répétition, c’est l’irrégularité des règles.
Deux prises ne cumulent aucune protection
Chaque comprimé agit sur l’ovulation qui n’a pas encore eu lieu au moment de la prise. Une deuxième prise ne double pas cette action. L’ANSM l’écrit nettement : la contraception d’urgence ne protège pas d’une grossesse lors des futurs rapports sexuels.
| Situation | Ce que fait la prise |
|---|---|
| Le rapport à risque déjà survenu | Couvert, dans le délai propre à la molécule utilisée. |
| Un rapport non protégé qui suit la prise | Rien : cette prise n’agit pas sur lui. |
| Deux rapports non protégés dans la même semaine | Chaque rapport garde son propre risque. |
| Une infection sexuellement transmissible | Aucune protection contre les infections. |
| Une grossesse déjà installée | Elle ne l’interrompt pas. |
Deux rapports non protégés dans la même semaine ne se règlent donc pas avec une seule boîte. Le premier est couvert par la prise, le suivant repart sans protection et demande sa propre décision.
Une pilule d’urgence ne se combine pas non plus avec une autre. L’ANSM précise qu’il ne faut pas prendre en même temps une seconde pilule contenant du lévonorgestrel : cela peut diminuer l’efficacité du traitement. Les délais de prise et la reprise d’une pilule ensuite se lisent molécule par molécule.
Le cycle se décale, et un retard ne prouve rien
Les règles changent souvent après la prise. L’ANSM cite des saignements avant ou après les règles, un déclenchement plus tôt ou plus tardif, des règles plus abondantes, ainsi que des nausées, des vomissements, des maux de tête, des douleurs abdominales, des douleurs dans les seins, des diarrhées ou des vertiges. Ces effets sont généralement transitoires.
Un retard ne dit rien sur une grossesse. La Haute Autorité de santé demande de surveiller les prochaines règles : leur date peut être légèrement décalée, et un retard de plus de 5 à 7 jours ou des saignements anormaux imposent un test de grossesse et une consultation.
À vérifier : la date et l’abondance des prochaines règles. Un retard qui dépasse 5 à 7 jours, ou des saignements anormaux, appellent un test de grossesse et un avis médical.
Un préservatif reste nécessaire jusqu’aux prochaines règles
La protection ne s’arrête pas à la prise. Le CBIP écrit qu’il est impératif d’utiliser un préservatif jusqu’à la prise de 7 pilules consécutives dans tous les cas où une contraception d’urgence est nécessaire. L’ANSM demande de poursuivre la contraception habituelle si elle existe, avec un préservatif à chaque rapport jusqu’aux prochaines règles. La Haute Autorité de santé situe cette protection jusqu’au début des règles suivantes, dans la limite de 14 jours.
Ces repères couvrent les rapports qui suivent l’urgence, jusqu’à ce qu’une contraception régulière soit de nouveau efficace. Le préservatif reste la seule méthode qui protège à la fois d’une grossesse et des infections sexuellement transmissibles, et la double protection associe précisément ce préservatif à une autre méthode. Une contraception d’urgence ne protège d’aucune infection. Après un rapport non protégé, ce qu’un dépistage recherche et où le demander se décide séparément.
Passer à une méthode relais plutôt que recommencer
Répéter une pilule d’urgence n’est pas une contraception. L’OMS demande que les femmes qui y recourent de façon répétée reçoivent des conseils sur des options plus régulières, plus appropriées et plus efficaces. Une méthode relais est choisie pour la suite, puis mise en place selon son propre calendrier.
Le stérilet au cuivre tient les deux rôles : posé en urgence, il reste ensuite en place comme contraception, sans protection supplémentaire selon l’OMS. L’implant, posé pour plusieurs années, ou une pilule en continu peuvent aussi prendre le relais. Leurs durées, leurs contraintes de pose et leurs effets sur les saignements diffèrent ; leur efficacité comparée en usage courant aide à trancher. Ce que chaque contraception demande au quotidien se lit avant la consultation.
La Belgique et la France cadrent ce choix différemment. Le CBIP place le stérilet au cuivre ou au lévonorgestrel en premier choix en urgence et note qu’un stérilet est particulièrement intéressant lorsqu’une contraception de longue durée est souhaitée. La Haute Autorité de santé décrit le DIU au cuivre comme la méthode d’urgence la plus efficace et comme un point de départ possible d’une contraception régulière.
Ce qu’on nous demande après une deuxième prise
Deux prises rapprochées font-elles baisser l’efficacité ?
Elles ne s’annulent pas. Chaque prise agit sur l’ovulation encore à venir au moment où elle est avalée, donc chacune garde son effet propre. Ce qui diminue l’efficacité, c’est d’associer deux pilules en même temps : l’ANSM déconseille de prendre une seconde pilule contenant du lévonorgestrel en même temps.
Faut-il un test de grossesse après chaque prise ?
Un test se justifie si les règles suivantes dépassent 5 à 7 jours de retard ou si des saignements anormaux apparaissent, selon la Haute Autorité de santé. Sans ces signes, la conduite consiste à attendre les prochaines règles.
La pilule du lendemain peut-elle nuire à la fertilité ?
Elle ne nuit pas à la fécondité future. L’OMS indique que le retour de la fertilité n’est pas retardé après la prise, et la Haute Autorité de santé retient que la contraception d’urgence hormonale ne rend pas stérile.
Peut-on la prendre à chaque rapport à risque ?
Elle peut être prise chaque fois qu’un risque de grossesse existe, insiste la Haute Autorité de santé. Chaque rapport suivant reste cependant à couvrir par un préservatif jusqu’aux règles, car une prise n’en protège pas un autre.
Existe-t-il un nombre maximal de prises par an ?
Le CBIP, l’ANSM et l’OMS ne fixent aucun maximum de prises par an. Ce qu’ils décrivent, c’est un usage répété qui doit conduire à une autre méthode contraceptive, plus efficace et plus régulière.
Sources
- Organisation mondiale de la santé, Contraception d’urgence (9 novembre 2021)
- Haute Autorité de santé, Contraception d’urgence : pilule du lendemain ou DIU au cuivre (mis en ligne le 18 mars 2020)
- ANSM, Pilule du lendemain (publié le 5 janvier 2026)
- CBIP/BCFI, Recommandations contraception d’urgence en Belgique (28 mai 2021)