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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

en combien de temps la pilule est absorbée

CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

Un comprimé contraceptif atteint son pic dans le sang en une à deux heures, et en trois à quatre heures pour la drospirénone seule. Un vomissement survenu dans les 3 à 4 heures qui suivent la prise peut empêcher l’absorption complète : un comprimé de remplacement se prend alors, ou les règles de l’oubli s’appliquent. Celui-ci se prend dans les 12 heures qui suivent l’heure habituelle, ou dans les 24 heures pour la drospirénone seule. La diarrhée sévère obéit à une règle proche, que le CBIP compte à partir de sa durée.

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Le pic sanguin tombe dans les deux premières heures pour presque toutes les pilules

Les hormones d’un comprimé passent vite dans la circulation. Le résumé des caractéristiques du produit de Minidril situe le pic du lévonorgestrel entre 30 et 120 minutes et celui de l’éthinylestradiol entre 60 et 180 minutes. La notice de Cerazette place le pic de l’étonogestrel, le métabolite actif du désogestrel, à 1,8 heure. La drospirénone seule arrive plus tard : le résumé des caractéristiques du produit de Slinda fixe son pic à 3 à 4 heures.

Pic plasmatique des hormones contraceptives et délai du comprimé de remplacement après un vomissement, d’après les résumés des caractéristiques du produit publiés par l’ANSM.
Pilule Hormone mesurée et pic plasmatique Comprimé de remplacement
Combinée au lévonorgestrel Lévonorgestrel entre 30 et 120 minutes, éthinylestradiol entre 60 et 180 minutes À prendre dans les 12 heures suivant l’heure habituelle
Progestative seule au désogestrel Étonogestrel à 1,8 heure À prendre dans les 12 heures suivant l’heure habituelle
Progestative seule à la drospirénone Drospirénone à 3 à 4 heures À prendre dans les 24 heures suivant l’heure habituelle

Le résumé des caractéristiques du produit de Lavinia, publié par l’AFMPS pour la Belgique, donne des valeurs du même ordre pour l’association lévonorgestrel et éthinylestradiol : environ 1,3 heure pour le lévonorgestrel et 1 à 2 heures pour l’éthinylestradiol.

Vomir dans les 3 à 4 heures : prendre un comprimé de remplacement

Les notices et les résumés des caractéristiques du produit retiennent tous une fenêtre de 3 à 4 heures après la prise. Un vomissement dans ce délai peut laisser le comprimé sans effet. Trois documents prévoient alors un comprimé de remplacement ; celui de Lavinia renvoie directement aux règles de l’oubli.

  1. Reprenez un comprimé de remplacement dès que possible, si nécessaire sur une autre plaquette, sans décaler les prises suivantes.
  2. Prenez-le si possible dans les 12 heures qui suivent l’heure habituelle. Pour la drospirénone seule, le délai monte à 24 heures.
  3. Au-delà de ce délai, le retard compte comme un oubli : le seuil de retard et la conduite qui suit dépendent de la pilule utilisée.

Le CBIP/BCFI resserre la fenêtre. Le Folia de novembre 2021 place la limite à trois heures pour un vomissement, et renvoie directement aux règles de l’oubli. Les notices retiennent 3 à 4 heures. Les deux chiffres existent, et le geste reste le même : seul le moment où le comprimé de remplacement reste utile diffère d’une source à l’autre.

La diarrhée sévère se juge sur sa durée

Une diarrhée peut produire le même résultat qu’un vomissement, par une autre voie. La notice de Cerazette et le résumé des caractéristiques du produit de Slinda placent la diarrhée sévère dans la même fenêtre de 3 à 4 heures, avec la même consigne de remplacement. Celui de Minidril parle de troubles gastro-intestinaux sévères, vomissements ou diarrhée, qui peuvent rendre l’absorption incomplète, sans fixer d’heure.

Le CBIP range la diarrhée dans une autre catégorie. Il ne retient que la diarrhée aqueuse sévère qui persiste plus de 24 heures pour déclencher les règles de l’oubli, sans heure de départ. Une diarrhée plus courte, même dans les heures qui suivent la prise, n’entre pas dans cette définition. Les notices, elles, ne demandent pas d’attendre 24 heures avant de reprendre un comprimé. Le Répertoire commenté du CBIP résume la question en une ligne : les contraceptifs oraux semblent un peu moins fiables en cas de diarrhée sévère et de vomissements, sans chiffrer de délai.

Un vomissement n’est pas une interaction médicamenteuse

Les deux situations se ressemblent par leur résultat, pas par leur cause. Le CBIP distingue les médicaments qui accélèrent le métabolisme des hormones, par induction enzymatique, de ceux qui diminuent leur absorption en provoquant une diarrhée aqueuse sévère ou des vomissements. Dans le premier cas, l’effet inducteur peut persister jusqu’à un mois après l’arrêt du médicament.

Les antibiotiques courants ne sont pas des inducteurs enzymatiques, à l’exception de la rifampicine et de la rifabutine, précise le CBIP. L’hypothèse d’une baisse de résorption par perturbation du cycle des estroprogestatifs a été abandonnée. Aucune mesure supplémentaire n’est demandée, sauf si l’antibiotique provoque des vomissements graves ou une diarrhée liquide sévère.

Un médicament peut aussi agir par la vitesse du transit. Le résumé des caractéristiques du produit de Lavinia cite les médicaments qui augmentent la motilité gastro-intestinale, comme la métoclopramide, parmi ceux qui peuvent réduire l’absorption hormonale. Ce mécanisme est un troisième cas, distinct du vomissement et de l’induction enzymatique. Les traitements qui diminuent l’efficacité d’une contraception hormonale, et la durée de la précaution après leur arrêt, sont traités à part.

Belgique : le texte de référence pour une boîte vendue en Belgique est le résumé des caractéristiques du produit publié par l’AFMPS, complété par la lecture pratique du CBIP/BCFI.

France : la base publique des médicaments de l’ANSM publie la notice et le résumé des caractéristiques de chaque spécialité, avec la date de mise à jour du texte.

Que noter avant de demander conseil ?

  1. L’heure de la prise habituelle et l’heure réelle du comprimé avalé.
  2. Le délai entre la prise et le vomissement, puis la durée de celui-ci.
  3. Sur la boîte, le nom de la pilule et la substance associée, que la composition et les mises en garde de la notice permettent de vérifier.
  4. La date d’un rapport sexuel non protégé depuis la prise, s’il a eu lieu.

Avec ces quatre éléments, un pharmacien ou un médecin confirme la conduite à tenir pour la pilule concernée. Quand les vomissements se répètent, la question du choix de la méthode revient dans la consultation : les méthodes de contraception et leurs contraintes quotidiennes se comparent alors à plusieurs.

Sources

  1. ANSM, Résumé des caractéristiques du produit : MINIDRIL, comprimé enrobé (mis à jour le 20/08/2012), RCP de Minidril
  2. ANSM, Base de données publique des médicaments : CERAZETTE 0,075 mg, comprimé pelliculé (RCP et notice, mis à jour le 17/07/2024), RCP et notice de Cerazette
  3. ANSM, Base de données publique des médicaments : SLINDA 4 mg, comprimé pelliculé (RCP et notice, mis à jour le 01/06/2026), RCP et notice de Slinda
  4. AFMPS, Résumé des caractéristiques du produit : Lavinia 0,10 mg / 0,02 mg, comprimés pelliculés (mise à jour du texte 02/2025), RCP de Lavinia
  5. CBIP/BCFI, Interactions médicamenteuses susceptibles de provoquer un échec de la contraception hormonale et de la contraception d’urgence, Folia Pharmacotherapeutica (novembre 2021), Folia de novembre 2021
  6. CBIP/BCFI, Répertoire commenté des médicaments, chapitre 6 « Gynéco-obstétrique » (version du 15/09/2026), Chapitre 6 du Répertoire