Un implant en place n’exclut pas une grossesse. La conduite est écrite dans le résumé des caractéristiques du produit publié par l’AFMPS en Belgique et par l’ANSM en France : l’implant doit être retiré si une grossesse survient pendant son utilisation. L’échec reste rare, moins d’une grossesse pour 100 femmes pendant la première année selon l’Organisation mondiale de la santé. Aucun effet malformatif attribuable à l’implant n’est retenu, mais une grossesse extra-utérine doit être écartée, car la part des échecs qui s’y logent est plus élevée.

Le bâtonnet se retire dès que la grossesse est confirmée
Le résumé des caractéristiques est explicite, en Belgique comme en France. Publié par l’AFMPS pour Implanon NXT, il écrit que l’implant doit être retiré si une grossesse survient au cours de son utilisation. Le texte mis en ligne par l’ANSM pour NEXPLANON porte la même phrase. La grossesse ne figure pas parmi les indications de l’implant, et cette absence est la raison du retrait.
L’Organisation mondiale de la santé place le retrait dans la prise en charge d’une grossesse soupçonnée, à côté du test qui doit aussi chercher une localisation extra-utérine. Elle vise le retrait quand la grossesse est poursuivie. Le geste se fait par un professionnel formé à la technique, comme la pose.
Un implant qui n’est plus senti se localise d’abord par imagerie. Un bâtonnet enfoncé ou migré se retire ensuite par un praticien habitué à ces cas, et non par une recherche à l’aveugle. Le résumé des caractéristiques cite la radiographie, la tomodensitométrie, l’échographie à sonde linéaire et l’IRM.
L’échec reste rare, aucune méthode n’est efficace à 100 %
Moins d’une grossesse pour 100 femmes pendant la première année, soit 5 pour 10 000 : c’est le chiffre que l’Organisation mondiale de la santé donne à l’implant. Sur trois ans d’Implanon, le même guide compte moins d’une grossesse pour 100 femmes, c’est-à-dire 1 pour 1 000.
Les essais rapportés dans le résumé des caractéristiques donnent un indice de Pearl de 0,00, avec un intervalle de confiance de 0,00 à 0,14, pour 35 057 cycles d’exposition. Aucune grossesse n’y a été observée. Le même document rappelle qu’en pratique aucune méthode ne peut être tenue pour efficace à 100 %.
Ce qui fait échouer un implant tient à la pose et à l’échéance. Le bâtonnet agit trois ans, et son efficacité et sa durée d’action reposent sur une insertion correcte, sentie sous la peau jusqu’au bout.
Une part plus élevée des échecs se loge hors de l’utérus
L’implant fait baisser le risque de grossesse extra-utérine quand on le compare à l’absence de contraception. Le guide de l’Organisation mondiale de la santé avance 6 grossesses extra-utérines pour 100 000 femmes par an sous implant, contre 650 pour 100 000 femmes par an chez celles qui n’utilisent aucune méthode, à partir de données américaines.
Le rapport s’inverse quand l’implant échoue. Dans ce cas rare, 10 à 17 grossesses sur 100 sont extra-utérines, toujours selon le même guide. La majorité des échecs ne le sont donc pas, mais la proportion dépasse largement celle observée sans contraception.
Le texte officiel du médicament demande d’envisager une grossesse extra-utérine devant une absence de règles ou des douleurs abdominales pendant le port. Une douleur brutale du bas-ventre, des étourdissements, un malaise ou un évanouissement avec un saignement inhabituel ne se laissent pas attendre.
Une douleur intense du bas-ventre, des étourdissements, un malaise ou un évanouissement, accompagnés d’un saignement inhabituel ou d’une absence de règles, orientent vers une grossesse extra-utérine. Le guide de l’Organisation mondiale de la santé retient cette combinaison de signes et demande un diagnostic et des soins immédiats.
Aucun effet sur l’embryon n’est démontré, la preuve manque pour l’implant seul
Les deux organismes se rejoignent sur la conclusion et diffèrent sur le degré de certitude. Le guide de l’Organisation mondiale de la santé écrit qu’il existe de solides preuves que les implants ne causent pas de malformation congénitale et ne nuisent pas au fœtus, y compris quand le bâtonnet est posé alors que la grossesse a déjà commencé.
Le document officiel du médicament se montre plus prudent. Il rappelle que, chez l’animal, des doses très élevées de progestatifs peuvent masculiniser des fœtus féminins. Il ajoute que les grandes études épidémiologiques n’ont montré ni augmentation du risque de malformation ni effet tératogène après l’usage involontaire d’un contraceptif combiné pendant la grossesse, tout en précisant que ce résultat n’est pas démontré pour l’implant à l’étonogestrel. Les données de pharmacovigilance de l’étonogestrel et du désogestrel ne signalent pas de risque accru.
Le CBIP retient la même conclusion que le résumé : une augmentation du risque de tératogénicité ou de masculinisation par l’implant n’a pas été démontrée.
| Texte | Ce qui est écrit | Date |
|---|---|---|
| Organisation mondiale de la santé, guide de planification familiale | Preuves solides d’absence de malformation congénitale et d’atteinte au fœtus. | Édition 2022 |
| Résumé des caractéristiques, AFMPS et ANSM | Aucun effet tératogène démontré pour les contraceptifs combinés, résultat non démontré pour l’implant, aucun signal de pharmacovigilance. | Septembre 2025 |
| CBIP, Folia | Pas d’augmentation démontrée de la tératogénicité ni de la masculinisation. | Données arrêtées fin 2002 |
Une grossesse peut avoir commencé avant la pose
Toute grossesse doit être exclue avant l’insertion, demande le résumé des caractéristiques. Quand des rapports ont eu lieu et que la pose se fait en dehors de la période recommandée, cette vérification est exigée explicitement. Une grossesse découverte peu après la pose n’est donc pas nécessairement un échec de l’implant.
Le CBIP chiffre cet enjeu sur les premières années de commercialisation. D’août 1998 à mai 2002, 229 grossesses ont été rapportées dans le monde chez des femmes portant un implant. Dans 86 de ces cas, le bâtonnet n’a pas été retrouvé, ce qui évoque une pose ratée, ou la femme était déjà enceinte au moment de l’insertion. Pour les 143 autres, un échec de l’effet contraceptif ne peut pas être écarté.
Un bâtonnet posé alors qu’une grossesse était déjà en cours ne protégeait pas encore. Les situations qui commandent un test permettent de faire la part entre une pose trop tardive et un vrai échec.
Les questions qui reviennent au premier rendez-vous
Comment dater la grossesse quand les règles avaient disparu ?
Une absence de règles est rapportée chez environ 1 femme sur 5 sous implant, d’après le résumé des caractéristiques. Cette absence retire la date des dernières règles, qui sert habituellement de point de départ au calcul. La datation s’appuie alors sur l’échographie, faite par le professionnel qui suit la grossesse.
Que change un bâtonnet qu’on ne sent plus ?
Un implant non palpé se localise avant toute tentative de retrait. Le résumé des caractéristiques décrit la radiographie, la tomodensitométrie, l’échographie à sonde linéaire et l’IRM, et réserve le geste à un praticien familier des implants profonds. L’ANSM demande de palper l’implant une à deux fois par mois, ce qui repère tôt sa disparition sous les doigts.
Que devient la fertilité si la grossesse ne se poursuit pas ?
Le retrait met fin à la diffusion de l’hormone. L’Organisation mondiale de la santé écrit que la fécondité revient aussi vite qu’après l’arrêt d’une méthode non hormonale, et que l’implant ne retarde pas ce retour. Le retour de la fertilité au lendemain d’un retrait se lit séparément, et le choix suivant se prépare avec les méthodes disponibles et le moment où chacune commence à protéger.
Belgique : l’implant porte le nom Implanon NXT. Son résumé des caractéristiques est publié par l’AFMPS, et un effet indésirable suspecté se déclare auprès de l’agence, via le site notifieruneffetindesirable.be.
France : le même implant s’appelle NEXPLANON. Le texte est publié par l’ANSM, et la déclaration passe par le réseau des centres régionaux de pharmacovigilance.
Dans les deux pays, le résumé des caractéristiques porte la même phrase : si une grossesse survient pendant l’utilisation, l’implant doit être retiré.
Sources
- Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), Implanon NXT, 68 mg, implant pour usage sous-cutané, résumé des caractéristiques du produit (approbation septembre 2025)
- ANSM et Base de données publique des médicaments, NEXPLANON 68 mg, implant pour usage sous-cutané, notice et résumé des caractéristiques du produit (mis à jour le 23 septembre 2025)
- Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning : A Global Handbook for Providers, chapitre 8, Les implants (édition 2022)
- CBIP/BCFI, Grossesse sous implant à visée contraceptive (Folia, données arrêtées fin 2002)
- ANSM, Implant contraceptif (publié le 5 janvier 2026, mis à jour le 11 août 2026)