Un implant hormonal est une contraception qui ne contient qu’un progestatif : 68 mg d’étonogestrel, libérés en continu sous la peau du bras pendant 3 ans. Aucun estrogène n’entre dans sa composition, ce qui le sépare de la pilule combinée, de l’anneau et du patch. L’hormone bloque l’ovulation, et la protection ne dépend pas d’une prise quotidienne. Le bâtonnet se place sous la peau du bras et peut être retiré à tout moment.

Un implant hormonal est un progestatif seul
La Haute Autorité de santé range l’implant sous-cutané parmi les méthodes hormonales à progestatif, à côté de la minipilule et de l’injection trimestrielle. La pilule combinée, l’anneau et le patch forment l’autre famille, celle des estroprogestatifs, qui associent un estrogène au progestatif. L’implant ne contient donc qu’une hormone, l’étonogestrel, et sa durée d’action est de trois ans.
La diffusion baisse avec le temps. Le résumé des caractéristiques publié par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) donne environ 60 à 70 microgrammes par jour en début de port, puis 25 à 30 microgrammes par jour à la fin de la troisième année. Le bâtonnet mesure 4 cm sur 2 mm. L’ANSM le décrit comme « un bâtonnet de quatre centimètres de long et 2 mm de diamètre contenant un progestatif, qui agit en bloquant l’ovulation ».
Le mécanisme tient en deux actions. L’étonogestrel inhibe l’ovulation, et il modifie la glaire cervicale, ce qui gêne le passage des spermatozoïdes. Le même résumé des caractéristiques indique qu’aucune ovulation n’a été observée pendant les deux premières années de port, et qu’elle reste rare pendant la troisième.
La vitesse d’installation compte. Les concentrations qui bloquent l’ovulation sont atteintes en un jour, et le pic sanguin survient entre un et treize jours après l’insertion. La demi-vie d’élimination est d’environ 25 heures. En fin de troisième année, la concentration moyenne descend à environ 156 picogrammes par millilitre, dans une fourchette de 111 à 202. Sur 35 057 cycles d’exposition, aucune grossesse n’a été observée dans les essais, avec un indice de Pearl de 0,00 et un intervalle de confiance à 95 % allant de 0,00 à 0,14. Ces chiffres décrivent une population d’essai et ne garantissent pas l’absence de grossesse en usage réel.
Ce qui est hormonal, et ce qui ne l’est pas
Deux méthodes peuvent être hormonales sans se ressembler. La différence tient au nombre d’hormones en jeu et à l’endroit où elles agissent. Un progestatif seul ne porte pas les mêmes contre-indications qu’une association avec un estrogène, et cette séparation décide souvent du choix.
La Haute Autorité de santé répartit les méthodes en familles selon l’hormone utilisée. Le tableau reprend cette répartition, complétée par le CBIP pour les dispositifs intra-utérins.
| Famille | Méthodes | Ce qu’elles diffusent |
|---|---|---|
| Estroprogestatifs | Pilule combinée, anneau vaginal, patch transdermique | Un estrogène associé à un progestatif |
| Progestatifs seuls | Minipilule, implant à l’étonogestrel, injection trimestrielle | Un progestatif, sans estrogène |
| Dispositif intra-utérin au lévonorgestrel | Stérilet hormonal | Un progestatif, à dose locale |
| Méthodes sans hormone | Stérilet au cuivre, préservatif, diaphragme et cape, spermicides, stérilisation | Rien d’hormonal |
Un stérilet hormonal, lui, n’envoie qu’une très faible quantité de progestatif dans la circulation et agit surtout sur la muqueuse utérine. La durée ne suffit pas à trancher entre deux méthodes de longue haleine : ce qu’elles imposent entre deux rendez-vous pèse autant que le nombre d’années couvertes.
Les interactions suivent la même logique de famille. Les médicaments qui accélèrent l’élimination de l’hormone peuvent faire baisser le taux d’étonogestrel, réduire la protection et provoquer des saignements : le résumé des caractéristiques de l’AFMPS demande alors une méthode non hormonale en plus, pendant le traitement et 28 jours après son arrêt.
Une thrombose en cours écarte l’implant, un antécédent ne l’écarte pas
Une méthode à progestatif seul devient une option quand une association avec un estrogène ne convient plus. La Haute Autorité de santé retient deux situations fréquentes : après 35 ans chez une femme qui fume, et en cas de migraine avec ou sans aura, les estroprogestatifs sont contre-indiqués et la substitution par une méthode progestative seule est recommandée. Le CBIP écrit de son côté que les contraceptifs à base d’un progestatif seul sont généralement un bon choix chez les femmes exposées à un risque accru de thrombose veineuse.
Une thrombose change la lecture de cette règle. Le résumé des caractéristiques de l’AFMPS place un accident thromboembolique veineux évolutif parmi les contre-indications, et le CBIP parle d’une thrombo-embolie veineuse active. Un antécédent seul n’apparaît pas dans cette liste. Le même texte demande toutefois d’avertir les femmes qui ont déjà fait un accident de ce type du risque de récidive, et de retirer l’implant si une thrombose survient. La différence porte donc sur l’épisode en cours, pas sur l’histoire.
La migraine avec aura illustre le même mécanisme ailleurs. Elle écarte les estroprogestatifs, et les situations qui ferment la porte à une méthode hormonale se lisent selon l’hormone concernée, et non selon le mot « hormonal ».
Un risque rare de méningiome impose de réévaluer après 45 ans
L’étonogestrel est le métabolite actif du désogestrel, un progestatif utilisé dans la pilule. Ce lien de parenté a fait bouger le suivi. Dans son avis du 17 décembre 2025, la Haute Autorité de santé indique que l’ANSM a jugé probable que le risque de méningiome observé avec la pilule progestative au désogestrel s’applique aussi à l’implant. Le dossier de l’ANSM retient une très faible augmentation du risque de méningiome avec les contraceptifs à base d’étonogestrel.
Deux consignes en découlent. Après 45 ans, la pertinence de poursuivre une contraception par l’étonogestrel doit être réévaluée, et il faut éviter de passer à une association estroprogestative en relais. En cas de découverte d’un méningiome, le traitement s’arrête définitivement et un avis neurochirurgical est requis, écrit la Haute Autorité de santé.
Les deux pays n’en tiennent pas le même compte. L’ANSM range un méningiome ou son antécédent parmi les contre-indications principales de l’implant en France. Ni le résumé des caractéristiques d’Implanon NXT approuvé en septembre 2025 par l’AFMPS, ni le CBIP, ne reprennent le méningiome dans les contre-indications des progestatifs. Le cancer du sein obéit à un autre raisonnement : une légère augmentation du risque attribuée aux progestatifs, et une preuve moins concluante pour l’implant.
Des maux de tête persistants, des troubles visuels, une faiblesse musculaire, des troubles de l’équilibre ou du langage, une perte de mémoire ou une épilepsie nouvelle ou aggravée font consulter rapidement : l’ANSM les cite parmi les signes évocateurs d’un méningiome.
Les saignements changent sans prévenir pendant trois ans
Le progestatif agit aussi sur la muqueuse et sur le cycle. Le résumé des caractéristiques de l’AFMPS prévient que les changements du profil de saignement sont imprévisibles : saignements absents, plus fréquents ou continus, intensité et durée variables. Environ 1 femme sur 5 est en aménorrhée, et une autre femme sur cinq signale des saignements fréquents ou prolongés.
Le CBIP retient une aménorrhée chez environ 20 % des utilisatrices, avec des saignements irréguliers fréquents. Chez beaucoup de femmes, le profil des trois premiers mois annonce celui des années suivantes, écrit l’AFMPS. Les troubles du saignement ont été la première cause d’arrêt dans les essais, chez environ 11 % des participantes.
Le poids entre dans le calcul de la dose reçue. Les concentrations d’étonogestrel sont inversement proportionnelles au poids corporel et baissent avec le temps : pour les femmes en surpoids, l’AFMPS demande aux médecins d’envisager un remplacement plus précoce, l’expérience clinique manquant sur la troisième année. Un implant peut aussi être retiré avant ses trois ans, sans justification particulière : le résumé des caractéristiques demande d’informer l’utilisatrice qu’elle peut demander le retrait à n’importe quel moment.
Belgique : l’implant vendu sous le nom Implanon NXT contient 68 mg d’étonogestrel. Le CBIP affiche un prix public de 143,59 €. L’INAMI accorde une intervention supplémentaire d’au maximum 3 euros par mois aux personnes de moins de 25 ans et, à tout âge, aux bénéficiaires de l’intervention majorée ; pour un implant délivré par un pharmacien hospitalier, le tiers payant s’applique automatiquement.
France : le même implant porte le nom NEXPLANON. Service-public.gouv.fr indique une prise en charge à 100 % avant 26 ans, puis à 65 %, et la couverture des actes de pose, de changement et de retrait sans avance de frais avant 26 ans. Le geste se fait par un médecin ou une sage-femme, sous anesthésie locale. Le reste à payer dépend ensuite du statut et de la mutuelle : les postes facturés sur une année de contraception ne se déduisent pas du seul taux de remboursement.
Ce qu’on demande avant de choisir un implant hormonal
L’implant hormonal fait-il grossir ?
La prise de poids figure parmi les effets indésirables fréquents du résumé des caractéristiques de l’AFMPS, et l’ANSM la cite dans la même liste. La Haute Autorité de santé écrit que la relation entre prise de poids et progestatifs seuls est mal documentée, ce qui ne permet pas de trancher.
Peut-on tomber enceinte avec un implant hormonal ?
Aucune méthode n’atteint une efficacité de 100 %, écrit le résumé des caractéristiques de l’AFMPS. Dans les essais, aucune grossesse n’a été observée sur 35 057 cycles d’exposition, et l’action contraceptive ne dépend pas de l’observance, ce qui réduit l’écart entre usage parfait et usage réel.
L’implant hormonal protège-t-il des infections sexuellement transmissibles ?
Il n’en protège aucune. Le résumé des caractéristiques de l’AFMPS précise que l’implant ne protège pas du VIH ni des autres infections sexuellement transmissibles, et l’ANSM le rappelle en tête de son dossier. Le préservatif reste la seule méthode à couvrir les deux risques, une protection qui se vérifie à chaque rapport.
Faut-il attendre avant de concevoir après le retrait ?
Le retour de la fertilité est en général immédiat, écrit la Haute Autorité de santé, et le résumé des caractéristiques de l’AFMPS décrit un retour rapide à un cycle menstruel normal. Le délai pouvant aller jusqu’à douze mois concerne une autre méthode, l’injection de progestatif et son effet prolongé.
Sources
- Agence fédérale des médicaments et des produits de santé, Implanon NXT, 68 mg, implant pour usage sous-cutané, résumé des caractéristiques du produit (approbation du 09/2025)
- CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique (version du 15/09/2026)
- Haute Autorité de santé, Contraception chez la femme adulte et de l’adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG) (validation du 10/07/2019)
- Haute Autorité de santé, NEXPLANON (étonogestrel) – Contraception (avis du 17/12/2025)
- ANSM, Implant contraceptif (version du 11/08/2026)
- Service-public.gouv.fr, Contraception (version du 29/06/2026)
- INAMI, Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs (arrêté royal du 16/09/2013)