Un implant contraceptif qui n’est plus palpable doit être localisé par imagerie avant toute tentative de retrait, écrivent le résumé des caractéristiques publié par l’ANSM et le guide belge de l’AFMPS. L’implant mesure 4 cm sur 2 mm et se sent normalement sous la peau, sur toute sa longueur, entre le pouce et un doigt. La palpation ne confirme pas sa présence à 100 % : l’ANSM demande de la refaire une à deux fois par mois. Dès que l’implant échappe aux doigts, une consultation rapide s’impose.

Un implant non palpable se localise avant d’être retiré
Retirer un implant que l’on ne sent plus sans savoir où il se trouve n’est pas une option. Le résumé des caractéristiques publié par l’ANSM est explicite : un implant non palpable doit toujours être localisé avant la tentative de retrait. Une intervention chirurgicale menée sans connaître la localisation exacte de l’implant est fortement déconseillée.
Les deux guides professionnels se rejoignent sur ce point. Celui de l’ANSM, en France, et celui de l’AFMPS, qui accompagne le plan de minimisation des risques d’Implanon NXT en Belgique et au Luxembourg, écartent la recherche à l’aveugle et imposent la localisation d’abord.
Ce que l’on sent sous la peau quand l’implant est bien placé
Un implant bien placé se trouve juste sous la peau, à la face interne du bras non dominant. En appuyant sur l’extrémité la plus proche de l’épaule, un renflement apparaît à l’extrémité opposée : les deux bouts se sentent entre le pouce et un doigt. Le professionnel fait palper l’implant à la personne qui vient de le recevoir, juste après la pose. Ce repère sert ensuite de référence.
La vérification n’est pas un geste quotidien. L’ANSM recommande de contrôler une à deux fois par mois que l’implant est toujours en place, et le professionnel le palpe à chaque consultation de suivi. Quand l’implant n’est plus senti, ou qu’il paraît avoir bougé, la consigne est de consulter rapidement. Tant que sa présence n’est pas confirmée, une méthode non hormonale reste nécessaire.
Trois ans de protection et des saignements souvent modifiés : ce que l’implant change sur le cycle se lit à part.
Pourquoi un implant devient profond ou se déplace
Une insertion trop profonde suffit à rendre l’implant introuvable au toucher. Le résumé des caractéristiques le précise : un implant placé plus profondément qu’en sous-cutané peut ne pas être palpable, et sa localisation comme son retrait deviennent plus difficiles. Le site prévu se situe à 8 à 10 cm de l’épicondyle médial et 3 à 5 cm en arrière du sillon qui sépare le biceps du triceps, un endroit choisi pour éviter les vaisseaux et les nerfs du bras.
Le déplacement part souvent du même point. L’ANSM relie la migration à une insertion incorrecte, trop profonde ou trop proche d’une structure vasculaire. Le résumé des caractéristiques ajoute une insertion dans le muscle ou dans le fascia, et des pressions extérieures : manipulation de l’implant, sports de contact. Dans la majorité des cas, le mouvement reste mineur par rapport à la position de départ.
La migration vers les vaisseaux du bras, puis vers l’artère pulmonaire, reste très rare. L’ANSM a recensé 68 cas de migration dans l’artère pulmonaire entre la commercialisation du produit en France, en 2001, et le 31 décembre 2023. Les signalements ont reculé depuis le renforcement des mesures en 2020 : le taux est passé de 2,60 à 0,73 cas pour 100 000 implants vendus.
Comment retrouve-t-on un implant qu’on ne sent plus ?
Le bras d’abord. La Carte d’Alerte Patiente remise lors de la pose indique le bras porteur, la date d’insertion et le modèle, et ce détail commande l’examen : l’Implanon NXT et le Nexplanon contiennent du sulfate de baryum qui les rend radio-opaques, alors que l’ancien Implanon ne l’était pas.
| Examen | Implant radio-opaque | Ancien Implanon, non radio-opaque |
|---|---|---|
| Radiographie bidimensionnelle | Visible | Invisible |
| Tomodensitométrie (TDM) | Visible | Invisible |
| Échographie, sonde de 10 MHz ou plus | Visible | Voie de localisation |
| Imagerie par résonance magnétique (IRM) | Visible | Voie de localisation |
L’échographie se lit sur une coupe transversale, pas sur une coupe longitudinale, qui mène souvent à une erreur d’interprétation. L’implant apparaît alors comme un point échogène de 2 mm. Quand la recherche dans le bras échoue, l’imagerie se déplace vers le thorax. Si aucun examen ne le retrouve, le taux d’étonogestrel dans un échantillon de sang peut confirmer sa présence, et le guide belge oriente la patiente vers un centre d’experts local.
Une douleur thoracique, un essoufflement, une toux inhabituelle ou des crachats teintés de sang doivent conduire chez un médecin sans attendre : l’ANSM cite ces signes parmi ceux d’une migration de l’implant vers l’artère pulmonaire.
L’efficacité tient à une condition : que l’implant soit bien là
Quand l’implant est correctement inséré et palpable, sa protection est élevée. Le résumé des caractéristiques rapporte l’indice de Pearl à 0,00, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de 0,00 à 0,14, sur 35 057 cycles d’exposition. Aucune grossesse n’a été observée pendant les essais, et le laboratoire annonce une efficacité supérieure à 99 %.
Cette protection suppose un implant réellement présent. Tant que sa présence n’est pas confirmée, la notice demande d’employer une méthode non hormonale, préservatif compris. Si l’implant n’a jamais été inséré, il n’y a aucune protection. Laissé en place sans être retiré, il continue de diffuser l’hormone et le risque d’effets liés au progestatif persiste au-delà de la durée souhaitée.
Le poids entre dans le calcul. Les concentrations d’étonogestrel sont inversement proportionnelles au poids corporel et diminuent avec le temps : chez les personnes en surpoids, un remplacement plus précoce est envisagé, surtout pour la troisième année. Certains médicaments accélèrent l’élimination de l’hormone. Les inducteurs enzymatiques qui font baisser l’étonogestrel dans le sang imposent une protection supplémentaire pendant le traitement et 28 jours après son arrêt.
Le retrait d’un implant profond passe par un opérateur formé
Un implant non palpable ne se retire pas comme un implant ordinaire. Les guides réservent ce geste à un professionnel qui a l’expérience des retraits profonds et connaît l’anatomie du bras, avec un guidage échographique à envisager. Une incision plus large, voire une intervention en salle d’opération, peut devenir nécessaire si l’implant a migré dans le bras. Un implant cassé ou plié doit être retiré en entier.
Le guide belge de l’AFMPS demande de localiser et de retirer un implant trop profond dès que possible, pour limiter le risque de migration. Le CBIP, référence belge sur les médicaments, retient lui aussi la possibilité d’une migration, rarement dans l’artère pulmonaire, et des difficultés de retrait avec risque de lésions.
Quand l’implant a gagné l’artère pulmonaire, la prise en charge change de dimension. Les recommandations publiées par l’ANSM en juin 2025 orientent vers un centre de radiologie interventionnelle pour une extraction par voie endovasculaire en première intention, en lien avec une équipe de chirurgie thoracique. Chez une personne sans symptôme et sans projet de grossesse, la décision de retirer ou non se prend en réunion pluridisciplinaire ; laissé en place, l’implant expose à une douleur thoracique, une dyspnée, un pneumothorax, une thrombose ou un infarctus pulmonaire.
Le choix d’une méthode qui ne se déplace pas repose sur d’autres critères. La durée d’action et le rythme d’administration des méthodes réversibles de longue durée se comparent avant le rendez-vous, et quand l’implant n’est pas remplacé, les méthodes qui peuvent prendre le relais se choisissent avec le médecin.
Belgique : le CBIP affiche 143,59 € pour l’implant à l’étonogestrel avant remboursement. L’INAMI ajoute une intervention supplémentaire de 3 euros par mois au maximum pour les personnes de moins de 25 ans et, sans limite d’âge, pour les bénéficiaires de l’intervention majorée. L’implant sous-cutané se délivre par un pharmacien hospitalier, avec tiers payant.
France : la base publique des médicaments donne 97,11 € pour Nexplanon, honoraire de dispensation compris, avec un remboursement de 65 %.
Ce que les lectrices demandent quand l’implant a disparu des doigts
Un implant peut-il glisser sans que la pose ait été ratée ?
Des pressions extérieures, comme la manipulation de l’implant ou un sport de contact, sont citées dans le résumé des caractéristiques. Le mouvement reste alors habituellement mineur par rapport à la position de départ. La migration vasculaire, elle, est surtout reliée à une insertion trop profonde ou trop proche d’un vaisseau.
Faut-il retirer tout de suite un implant qu’on ne sent plus ?
Le résumé des caractéristiques demande de le localiser et de le retirer dès que c’est médicalement approprié, parce qu’un implant en place continue de diffuser l’hormone. Pour un implant logé dans l’artère pulmonaire chez une personne sans symptôme et sans projet de grossesse, la décision se discute en équipe. Le premier geste reste de consulter rapidement.
Un implant migré depuis des années peut-il encore être retiré ?
Le temps écoulé n’écarte pas la solution la moins invasive. Les recommandations de l’ANSM publiées en juin 2025 écrivent que le délai entre l’insertion et la découverte de l’implant dans l’artère pulmonaire ne dispense pas de la voie endovasculaire : des implants posés plusieurs années auparavant ont été extraits par cette voie.
L’échographie suffit-elle à retrouver un implant ?
L’échographie est l’examen de première main au cabinet, à condition d’utiliser une sonde linéaire de 10 MHz ou plus et une coupe transversale. Pour l’ancien Implanon, non radio-opaque, la radiographie et le scanner ne montrent rien : l’échographie et l’IRM restent les voies utiles.
Peut-on vérifier son implant soi-même ?
La notice invite à le palper délicatement et de temps en temps pour connaître sa localisation. L’ANSM fixe le repère à une à deux fois par mois. Un implant qui échappe à cette vérification, ou qui paraît avoir bougé, justifie une consultation.
Sources
- ANSM, base de données publique des médicaments, NEXPLANON 68 mg, implant pour usage sous-cutané, résumé des caractéristiques du produit et notice (mise à jour du 23/09/2025)
- ANSM, Nexplanon 68 mg, implant pour usage sous-cutané (étonogestrel), guide pour les professionnels de santé (version 4, avril 2021)
- ANSM, Migration de l’implant contraceptif Nexplanon dans l’artère pulmonaire : bilan et nouvelles recommandations (13 juin 2025, mise à jour du 4 juillet 2025)
- ANSM, Recommandations de prise en charge chirurgicale des migrations de l’implant contraceptif Nexplanon vers l’artère pulmonaire (juin 2025)
- AFMPS, Implanon NXT, guide destiné aux professionnels de la santé, plan de minimisation des risques (version 04/2020)
- CBIP/BCFI, Répertoire commenté des médicaments, chapitre 6 « Gynéco-obstétrique » (version du 15/09/2026)
- INAMI, Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs (consulté le 19/09/2026)