Un implant contraceptif à l’étonogestrel se retire ou se remplace au plus tard trois ans après sa pose, indique la notice de l’ANSM. Passé ce délai, l’hormone libérée diminue et la protection n’est plus garantie : le danger est une grossesse non prévue, pas un effet toxique du bâtonnet. Un remplacement dans la même séance évite toute interruption, et une grossesse doit être exclue avant de poser le nouvel implant.

Passé trois ans, la protection n’est plus garantie
Trois ans, c’est la durée maximale d’efficacité retenue par les autorités du médicament. Au-delà, l’implant ne peut plus être considéré comme une contraception fiable, et la conduite officielle est de le faire retirer ou remplacer par un professionnel formé à la technique. Les documents ne prévoient aucun délai de grâce : une grossesse devient possible, parfois sans symptôme.
Deux dates coexistent et ne se confondent pas. Le conditionnement d’Implanon NXT, le modèle commercialisé en Belgique, porte une durée de conservation de cinq ans, et l’implant ne doit pas être inséré après cette date de péremption. Une fois posé, le compte à rebours change : c’est la date de retrait prévue, inscrite sur la Carte Patiente avec le bras porteur, qui fait référence. La notice française rappelle que NEXPLANON « doit être retiré ou remplacé au plus tard trois ans après l’insertion » et que cette date figure sur la carte remise après la pose.
Chercher la date sur la boîte n’a donc pas de sens, sauf si l’implant n’a jamais été posé. Le résumé des caractéristiques d’Implanon NXT, approuvé en septembre 2025 par l’AFMPS, écrit que l’implant peut être laissé en place pendant trois ans et qu’il ne faut pas le retirer plus de trois ans après la date d’insertion.
La Haute Autorité de santé va dans le même sens dans son avis du 17 décembre 2025 : l’implant sous-cutané à l’étonogestrel est une option de première intention efficace pendant trois ans, en alternative aux autres méthodes.
Un implant à échéance n’est pas toxique, mais la contraception n’est plus assurée
Aucun des documents officiels ne décrit d’effet toxique lié à un implant laissé en place après trois ans. Ce qu’ils décrivent, c’est une libération d’hormone qui baisse avec le temps. Le résumé des caractéristiques d’Implanon NXT donne les ordres de grandeur : environ 60 à 70 microgrammes par jour au début, puis environ 25 à 30 microgrammes par jour à la fin de la troisième année, et une concentration sanguine d’environ 156 picogrammes par millilitre, dans une fourchette de 111 à 202, au terme des trois ans.
L’ovulation reste bloquée pendant les deux premières années et devient rare pendant la troisième, selon le même document. La marge de sécurité existe donc encore en pratique, mais elle n’est plus garantie après la date de retrait prévue : le sujet n’est pas la toxicité du bâtonnet, c’est la couverture contraceptive.
Un implant oublié continue de libérer de l’hormone. Le résumé des caractéristiques précise que son effet contraceptif et le risque d’effets indésirables liés au progestatif persistent alors au-delà de la durée souhaitée. Si une grossesse survient avec un implant en place, l’implant doit être retiré. Devant une absence de règles accompagnée de douleurs abdominales, une grossesse extra-utérine doit être envisagée. Le suivi du risque de cancer du sein associé aux progestatifs reste distinct de la question de la date de retrait.
Un dépassement de quelques semaines ne vaut pas les données à cinq ans
Des travaux ont suivi des utilisatrices au-delà des trois ans prévus. Une étude publiée en 2016 dans Human Reproduction par McNicholas et ses collègues a prolongé l’observation jusqu’à cinq ans et conclut à une efficacité de 100 % sur les quatrième et cinquième années, sans grossesse observée. Ces résultats ne modifient pas la durée officielle de trois ans inscrite dans les documents du médicament, et ils ne créent pas de délai toléré. Une étude décrit ce qui s’est passé dans un protocole donné ; elle ne remplace pas la règle de retrait.
La différence avec un dépassement de quelques jours tient à la marge de sécurité, pas à la molécule. Un implant dépassé reste le même bâtonnet, mais l’évaluation officielle ne couvre plus la période en cours. La conduite qui suit les sources consiste à planifier le retrait, pas à attendre une grossesse pour agir.
| Situation | Ce que disent les documents et l’étude |
|---|---|
| Quelques semaines après l’échéance | La protection n’est plus garantie ; aucun délai de grâce n’est prévu et le retrait se planifie. |
| Quatrième et cinquième années | Aucune grossesse observée dans l’étude McNicholas en 2016, sans changement de la durée officielle de trois ans. |
| Implant impossible à sentir sous la peau | Localisation par imagerie avant toute tentative de retrait. |
| Arrêt sans nouvel implant | Une autre méthode contraceptive est proposée pour éviter une grossesse. |
Le poids avance parfois la date de remplacement
Un implant peut être retiré avant ses trois ans, et cette question se pose en premier chez les personnes en surpoids. Le résumé des caractéristiques d’Implanon NXT indique que l’effet contraceptif dépend de la concentration d’étonogestrel, elle-même inversement liée au poids corporel, et que l’expérience clinique manque chez ces femmes pendant la troisième année. Il demande donc aux médecins d’envisager un remplacement plus tôt dans ce cas. La notice française formule la même réserve.
Le retrait reste possible à tout moment, quelle que soit la date prévue. Le résumé des caractéristiques demande d’informer l’utilisatrice qu’elle peut demander le retrait quand elle le souhaite.
Un test de grossesse et un relais avant la nouvelle pose
Une grossesse doit être exclue avant d’insérer un nouvel implant. Les deux résumés des caractéristiques placent cette vérification en tête des précautions, en particulier si des rapports non protégés ont eu lieu depuis la date d’échéance. Quand le souhait n’est pas de reprendre un implant, une autre méthode est proposée pour éviter une grossesse.
Le remplacement immédiat, dans la même séance, maintient la protection sans interruption : un nouvel implant peut être placé juste après le retrait, dans le même bras et par la même incision. Si la pose a lieu à un autre moment que la période recommandée par rapport au cycle, une méthode non hormonale est demandée pendant les sept jours qui suivent. Après un rapport non protégé pendant la période où l’implant n’était plus fiable, la contraception d’urgence se discute ; les délais de prise et ce que chaque pilule couvre dépendent de la molécule utilisée.
Qui retire l’implant, et ce que la Belgique et la France remboursent
Le retrait se pratique par un professionnel formé, sous anesthésie locale, au cabinet ou en centre. En Belgique, le résumé des caractéristiques d’Implanon NXT réserve l’insertion aux médecins formés à l’applicateur et à la technique de retrait. En France, l’ANSM précise que les sages-femmes sont autorisées à insérer, suivre et retirer les implants. Le praticien à consulter dépend donc en partie du pays.
Un implant devenu impossible à palper change la procédure : la localisation par imagerie avant le retrait devient nécessaire, et l’acte peut demander un praticien habitué à ces retraits difficiles.
Les remboursements suivent deux logiques séparées. En France, l’implant contraceptif hormonal est pris en charge à 100 % avant 26 ans et à 65 % à partir de 26 ans, et les actes de pose, de changement et de retrait sont couverts sans avance de frais avant 26 ans, selon service-public.gouv.fr. En Belgique, l’INAMI accorde une intervention supplémentaire pour les contraceptifs implantables remis par un pharmacien hospitalier aux personnes de moins de 25 ans ou bénéficiant de l’intervention majorée, versée automatiquement par tiers payant et plafonnée à 3 euros par mois pour les contraceptifs de la liste.
| Point | Belgique | France |
|---|---|---|
| Qui insère et retire | Un médecin formé à la technique. | Un médecin ou une sage-femme. |
| Remboursement avant 26 ans | Intervention supplémentaire de l’INAMI sous 25 ans, ou à tout âge avec l’intervention majorée. | 100 % de la dépense. |
| Remboursement à partir de 26 ans | Intervention classique, supplément seulement avec l’intervention majorée. | 65 % de la dépense. |
| Acte de pose ou de retrait | – | Pris en charge sans avance de frais avant 26 ans. |
Changer de méthode demande de comparer autre chose que la seule durée : le mode de pose, le rythme des saignements et les contraintes quotidiennes pèsent autant que le nombre d’années couvertes. L’implant neuf, lui, bloque l’ovulation en continu sans geste quotidien, avec les effets indésirables propres à l’étonogestrel. La vue d’ensemble des méthodes contraceptives aide à préparer le choix suivant.
Ce qu’on demande au moment du remplacement
Un implant dépassé de deux mois protège-t-il encore ?
La protection n’est plus garantie par les documents officiels, qui fixent la limite à trois ans sans délai de grâce. Dans les faits, l’étude menée jusqu’à cinq ans n’a observé aucune grossesse, mais elle ne transforme pas ce dépassement en règle. Le retrait se planifie, et un rapport non protégé pendant cette période se traite comme un rapport à risque.
Faut-il un test de grossesse avant de poser le nouvel implant ?
Une grossesse doit être exclue avant l’insertion, écrivent les deux résumés des caractéristiques. C’est la vérification faite en consultation, surtout si des rapports non protégés ont eu lieu depuis la date d’échéance.
Peut-on tomber enceinte avec un implant périmé ?
La protection n’est plus assurée au-delà de trois ans, et une grossesse devient possible. Si elle survient alors que l’implant est en place, l’implant doit être retiré. Devant une absence de règles accompagnée de douleurs abdominales, une grossesse extra-utérine doit être envisagée.
Peut-on garder l’implant plus longtemps ?
La règle officielle demande un retrait ou un remplacement au plus tard à trois ans. Les données au-delà existent pour la recherche, pas pour l’usage courant. La question se pose en consultation, en tenant compte du poids et du souhait de poursuivre cette méthode.
Que faire si l’implant n’est plus palpable ?
Un implant non palpable doit être localisé par imagerie avant tout retrait, et une méthode non hormonale est conseillée tant que sa présence n’est pas confirmée. Un praticien habitué à ces retraits prend le relais.
À la consultation de retrait, demandez au professionnel de confirmer la date de pose, le bras porteur et la date limite avant laquelle le prochain implant devra être retiré.
Sources
- ANSM, Notice patient NEXPLANON 68 mg, implant pour usage sous-cutané (mise à jour le 19 octobre 2016)
- AFMPS, Implanon NXT, 68 mg, implant pour usage sous-cutané, résumé des caractéristiques du produit (approbation septembre 2025)
- Haute Autorité de santé, NEXPLANON (étonogestrel) – Contraception (avis du 17 décembre 2025, mis en ligne le 20 février 2026)
- McNicholas C. et al., Extended use up to 5 years of the etonogestrel-releasing subdermal contraceptive implant, Human Reproduction (2016)
- ANSM, Dossier thématique Implant contraceptif (publié le 5 janvier 2026, mis à jour le 11 août 2026)
- ANSM, Guide à destination des patientes dans le cadre du plan de réduction des risques liés à l’usage de Nexplanon (version 3, juin 2021)
- service-public.gouv.fr, Contraception (vérifié le 29 juin 2026)
- INAMI, Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs