Un stérilet au cuivre ne provoque pas d’intoxication systémique au cuivre, et aucune liste officielle de santé ne range ce risque parmi ses effets. Des dispositifs retirés après usage libèrent de 42,7 à 82,6 µg par jour selon le modèle, mesuré dans la cavité utérine. La maladie de Wilson, une maladie génétique rare, est la seule surcharge en cuivre qui change la donne : l’ANSM en fait une contre-indication majeure à la pose, comme l’allergie au cuivre.

Ce que le stérilet au cuivre libère, et où cela reste
Le cuivre ne se répand pas dans tout le corps. Il se dissout dans le milieu utérin, renforce la réaction inflammatoire et exerce un effet cytotoxique sur les spermatozoïdes, écrit le CBIP. Le dispositif change les règles et sa durée dépend de la surface de cuivre du modèle. L’OMS précise que les DIU ne migrent pas vers d’autres parties du corps.
Deux séries de mesures ont pesé des dispositifs retirés après usage.
| Dispositif analysé | Durée d’utilisation | Libération moyenne par jour | Valeurs extrêmes |
|---|---|---|---|
| CuT | Jusqu’à 8 ans | 82,6 µg (± 6,4) | – |
| NovaT | Jusqu’à 8 ans | 42,7 µg (± 2,6) | – |
| Copper T 220C, 30 dispositifs | 12 à 72 mois | 29,4 µg | 7,3 à 62,1 µg |
La libération reste constante dans le temps, et moins de 20 % du cuivre total part en huit ans dans la première série. La seconde, parue en 1982, retrouve une perte quotidienne moyenne de 29,4 µg sur 30 dispositifs utilisés de 12 à 72 mois. Ces chiffres décrivent le cuivre qui quitte le dispositif dans l’utérus, pas un taux sanguin.
Les listes officielles parlent des règles, pas d’une intoxication
Le CBIP, la référence belge, décrit un dispositif qui agit sur les règles et sur la douleur : menstruations plus importantes, plus longues et plus douloureuses, surtout pendant les trois premiers cycles. L’ANSM, côté français, retient un flux menstruel plus abondant, des douleurs du bas-ventre plus intenses au moment des règles et des saignements entre les règles. L’OMS parle de règles plus abondantes ou plus longues et de crampes plus fortes, surtout au cours des premiers mois.
Les complications citées restent locales : grossesse extra-utérine, infection des voies génitales hautes, perforation de l’utérus lors de l’insertion. Aucune de ces trois listes ne décrit un effet général attribué au cuivre.
Les dosages sanguins restent proches de la normale chez la plupart des porteuses
Une équipe a suivi des porteuses pendant 24 mois : leur cuivre sérique n’a pas varié, la répartition des valeurs chez les utilisatrices de longue date ressemblait à celle de la population générale, et l’excrétion urinaire de cuivre sur 24 heures ne différait pas de celle du groupe témoin. Ce travail est paru dans Fertility and Sterility en juillet 1980.
Une revue de 2021, publiée dans Nursing for Women’s Health, a repris 12 études sur le cuivre du sang des utilisatrices. Huit ne montrent aucune augmentation et quatre trouvent une hausse significative. Les auteurs écrivent que les données restent contradictoires.
Un effet local ne se transforme pas en intoxication
Le corps ne confond pas les deux. Le cuivre agit dans l’utérus, et l’OMS écrit que les changements de règles qui en découlent ne sont pas nocifs. Une crampe ou une perte de sang entre deux règles s’explique par cet effet local avant d’évoquer une surcharge.
Des saignements entre deux règles ont leurs propres causes : ce qui déclenche des saignements sous contraception. Quand les règles deviennent trop abondantes, le seuil qui justifie un avis médical se situe ailleurs que dans le cuivre.
Douleurs abdominales persistantes, douleurs pendant les rapports, saignements anormaux, retard de règles de plus de 7 jours, fièvre sans cause trouvée, fils que vous ne sentez plus : pour l’ANSM, chacun de ces signes demande un avis médical. Ils orientent vers la position du dispositif ou une infection, pas vers une surcharge en cuivre.
La maladie de Wilson provoque une vraie surcharge, sans lien avec le stérilet
Elle existe sans le stérilet. La Haute Autorité de santé la décrit comme une affection génétique de transmission autosomique récessive, liée au gène ATP7B porté par le chromosome 13, avec une accumulation de cuivre libre dans le foie, le cerveau et autour de la cornée. Sa prévalence clinique mondiale va de 12 à 25 cas par million d’habitants. En France, une étude épidémiologique de 2013 a recensé 906 cas, soit 1,5 cas pour 100 000 habitants. Le portage hétérozygote toucherait une personne sur 31.
Elle se révèle chez 45 % des patients par des symptômes hépatiques, chez 35 % par des signes neurologiques et chez 10 % par des troubles psychiatriques. Les premiers signes apparaissent le plus souvent entre 5 et 35 ans, et 8 % des patients déclarent la maladie après 40 ans. Chez la femme, la HAS note qu’une absence de règles ou des fausses couches répétées peuvent être le tout premier signe.
Le lien avec le stérilet tient en une ligne : l’ANSM classe la maladie de Wilson parmi les contre-indications majeures au DIU au cuivre, avec l’allergie au cuivre. Une personne atteinte ne peut pas en porter.
En Belgique, le CBIP sert de référence pour le dispositif et ses effets. En France, la Haute Autorité de santé publie le protocole national de diagnostic et de soins de la maladie de Wilson, qui ouvre droit à l’exonération du ticket modérateur au titre d’une affection de longue durée.
Le bilan qui distingue une surcharge d’un effet local
Un dosage isolé du cuivre sanguin ne tranche pas. La HAS décrit un faisceau d’éléments pour la maladie de Wilson : céruloplasminémie diminuée, cuprurie des 24 heures augmentée, rapport entre cuivre échangeable et cuivre sérique total supérieur à 18,5 %, cuivre échangeable supérieur à 2 µmol/l, anneau de Kayser-Fleischer à l’examen de l’œil, anomalies à l’IRM cérébrale. L’analyse du gène ATP7B et, parfois, le dosage du cuivre dans le foie sur biopsie complètent le bilan.
Devant des symptômes apparus après la pose, l’ANSM demande d’abord une visite de contrôle, puis un suivi au minimum tous les ans, avec vérification du placement du dispositif. On regarde la position du stérilet et l’état de l’utérus avant de chercher un problème de cuivre.
Comparer l’efficacité, les contraintes et le coût des autres méthodes devient la question suivante si le stérilet au cuivre est écarté. Si un dosage du cuivre est proposé, la question à poser au médecin est simple : ce résultat change-t-il la conduite à tenir, ou faut-il d’abord vérifier la position du dispositif ? Cette page ne remplace pas une consultation.
Sources
- Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), « DIU non hormonaux : DIU au cuivre et DIU cuivre/argent » (publié le 27/11/2025, mis à jour le 05/01/2026)
- Revue Contraception, « Copper release from copper intrauterine devices removed after up to 8 years of use » (1993)
- CBIP/BCFI, « Répertoire Commenté des Médicaments, chapitre 6 Gynéco-obstétrique » (version du 15/09/2026)
- Organisation mondiale de la santé (OMS), « Dispositifs intra-utérins (DIU) » (22 janvier 2026)
- Revue Contraception, Thiery M., Schmidt F., Tatum H. J., « Copper loss from the copper T model TCu 220C » (1982)
- Revue Fertility and Sterility, Prema K., Lakshmi B. A. R., Babu S., « Serum copper in long-term users of copper intrauterine devices » (juillet 1980)
- Revue Nursing for Women’s Health, Crandell L., Mohler N., « A Literature Review of the Effects of Copper Intrauterine Devices on Blood Copper Levels in Humans » (février 2021)
- Haute Autorité de santé (HAS), « Synthèse à destination du médecin traitant, Maladie de Wilson » (novembre 2021)