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CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

Les effets les plus fréquents d’une pilule contraceptive touchent les saignements, plus légers ou plus irréguliers, puis les maux de tête, les nausées, les changements d’humeur et la tension des seins. L’Organisation mondiale de la Santé précise que ces effets ne sont pas nocifs et qu’ils s’atténuent souvent avec le temps. Le seul effet potentiellement grave est vasculaire, il concerne les pilules combinées et culmine dans l’année qui suit le début de la prise ou sa reprise. Deux cancers reculent avec la durée d’utilisation, ceux de l’ovaire et de l’endomètre, alors que la légère hausse du risque de cancer du sein et du col de l’utérus s’efface cinq à dix ans après l’arrêt, selon le CBIP.

objets de contraception poses a plat sur une table claire, vue du dessus, composition ordonnee

Ce qui change dès les premières plaquettes, et ce qui s’atténue ensuite

Des saignements irréguliers arrivent en tête des effets rapportés. L’Organisation mondiale de la Santé décrit des saignements plus légers, plus irréguliers ou absents selon les femmes, avec une atténuation fréquente au fil des mois. L’ANSM rappelle de son côté que la plaquette peut être arrêtée une semaine par mois pour simuler les règles.

Le CBIP tient la liste complète. Troubles menstruels, spotting, saignements intercurrents y figurent pour les associations estroprogestatives, avec une précision qui surprend : à l’arrêt du traitement, une absence de règles peut durer, dans de rares cas, plusieurs mois.

Un saignement qui démarre après des mois sans incident n’a plus la même valeur qu’un spotting du premier cycle. Le repère devient le profil de saignement propre à chaque méthode.

La dose d’œstrogène et le progestatif choisi ne gouvernent pas les mêmes effets

Deux leviers se partagent des effets différents. L’ANSM écrit que le risque de caillot veineux augmente selon le progestatif associé à l’œstrogène, alors que le risque artériel, accident vasculaire cérébral ou angine de poitrine, dépend de la dose d’œstrogène et pas du progestatif. Le CBIP place les accidents cardiovasculaires surtout du côté des estroprogestatifs à teneur élevée en œstrogènes, chez les fumeuses et après 35 ans.

Trois effets de la pilule et ce qui les fait varier, d’après l’ANSM et le CBIP.
Effet Ce qui le fait varier Ce que cela change
Caillot veineux Le progestatif associé à l’œstrogène, selon l’ANSM. Les pilules au lévonorgestrel, au norgestimate ou dosées à 20 µg d’éthinylestradiol restent à privilégier en première intention.
Accident artériel La dose d’œstrogène seule : le progestatif ne compte pas ici, selon l’ANSM. Les pilules faiblement dosées réduisent ce risque.
Saignements irréguliers et échec après un oubli Descendre sous 30 µg d’éthinylestradiol, selon le CBIP. Moins d’hormone ne veut pas dire moins de saignements : le spotting et le risque d’échec augmentent, en particulier en cas d’obésité.

Les pilules dosées à 50 µg d’éthinylestradiol, dites de première génération, exposaient au risque d’effets indésirables le plus élevé, et le CBIP note qu’elles ne sont plus commercialisées depuis décembre 2023.

Le premier choix repose sur une molécule plutôt que sur un nom commercial, et les pilules construites autour du lévonorgestrel se repèrent sur la composition.

En dehors de la grossesse, la pilule agit aussi dans un sens favorable

L’Organisation mondiale de la Santé énumère ce que les contraceptifs oraux peuvent réduire en plus du risque de grossesse : le cancer de l’utérus et de l’ovaire, l’anémie, les crampes menstruelles, les problèmes liés au saignement menstruel, la douleur liée à l’ovulation, et les symptômes du syndrome des ovaires polykystiques et de l’endométriose.

Sur les règles douloureuses, la Haute Autorité de santé parle d’une amélioration possible sous pilule estroprogestative. Le CBIP cite les mêmes usages hors contraception : troubles du cycle, report des menstruations, dysménorrhée, endométriose, acné.

La durée renforce une partie de ces effets. Le risque de cancer de l’ovaire et de l’endomètre diminue d’autant plus que l’utilisation se prolonge, écrit l’Organisation mondiale de la Santé.

La peau ne suit pas de règle unique. L’Organisation mondiale de la Santé indique que l’acné peut s’améliorer ou s’aggraver, et qu’elle s’améliore le plus souvent.

Le seul effet potentiellement grave est vasculaire, et il culmine la première année

Les chiffres absolus situent ce risque. Le CBIP reprend l’étude du groupe de travail pharmacovigilance de l’Agence européenne des médicaments, en accidents thromboemboliques veineux pour 100 000 femmes et par an : 5 à 10 chez les femmes non enceintes qui ne prennent pas d’estroprogestatif, 20 chez les utilisatrices d’un contraceptif au lévonorgestrel, 40 chez celles qui prennent du désogestrel, du gestodène ou de la drospirénone, 60 chez les femmes enceintes.

Le calendrier de ce risque n’est pas régulier. Il est le plus marqué pendant les trois premiers mois d’utilisation, écrit le CBIP. La Haute Autorité de santé ajoute une situation moins connue : le risque est surtout élevé la première année après l’instauration de la méthode, et aussi après une interruption suivie d’une reprise.

D’autres facteurs s’ajoutent, que l’ANSM énumère : tabagisme, obésité, antécédents familiaux d’accidents thromboemboliques, âge supérieur à 35 ans. La Haute Autorité de santé fixe en plus une limite nette : avant 35 ans, une pilule combinée est contre-indiquée en cas de migraine avec aura ; après 35 ans, elle l’est chez toute femme fumeuse et en cas de migraine, avec ou sans aura.

Consulter sans attendre : la Haute Autorité de santé liste les signes qui peuvent signaler un accident thromboembolique, veineux ou artériel.

  • un œdème ou une douleur du mollet ;
  • un essoufflement, une douleur thoracique, une toux qui ramène du sang ;
  • des maux de tête nouveaux ou qui s’aggravent ;
  • une bouche déformée, une faiblesse d’un côté du corps, une parole troublée.

Ces situations n’écartent pas la pilule progestative seule, qui ne porte pas les risques liés à l’œstrogène selon l’Organisation mondiale de la Santé. Les antécédents qui font écarter une pilule combinée se vérifient avant l’ordonnance, et la fréquence des gestes qu’impose chaque autre méthode entre alors dans le choix.

Trois cancers pour lesquels le CIRC juge les preuves suffisantes

Le Centre international de recherche sur le cancer est l’agence de l’Organisation mondiale de la Santé qui classe les agents cancérogènes. Dans sa liste par localisation, il juge les preuves suffisantes pour les contraceptifs oraux combinés et trois cancers : le foie, le sein et le col de l’utérus.

L’ampleur reste faible et n’est pas définitive. Le CBIP décrit une légère augmentation du risque de cancer du sein et du col de l’utérus, qui disparaît cinq à dix ans après l’arrêt, et une légère diminution du risque de cancer de l’endomètre, de l’ovaire et du côlon.

La durée ne joue pas dans le même sens partout. L’Organisation mondiale de la Santé écrit que le risque de cancer de l’ovaire et de l’endomètre baisse d’autant plus que l’utilisation dure longtemps, tandis que le risque de cancer du col de l’utérus augmente par rapport aux femmes qui ne prennent pas la pilule.

Sur le sein, l’Organisation mondiale de la Santé précise que la plupart des femmes ne sont pas exposées à un risque accru, et que les porteuses d’une mutation héréditaire des gènes BRCA1 ou BRCA2 peuvent l’être, en particulier en cas d’usage prolongé.

Le foie figure dans cette liste pour des effets rares. Le CBIP cite une cholestase, un ictère et des tumeurs hépatiques bénignes, plus rarement des tumeurs malignes.

Les pilules les plus risquées ne sont pas remboursées de la même façon dans les deux pays

La France a tranché par le remboursement. La Haute Autorité de santé rappelle que les pilules de troisième génération, au désogestrel ou au gestodène, et celles de quatrième génération, à la drospirénone, ne doivent pas être utilisées en première intention, et que celles qui étaient remboursées ne le sont plus depuis le 31 mars 2013.

La Belgique suit une autre logique. L’INAMI ajoute au remboursement classique une intervention supplémentaire de 3 euros par mois au maximum, ouverte aux personnes de moins de 25 ans, aux bénéficiaires de l’intervention majorée quel que soit leur âge et à certains résidents d’institutions. Depuis le 25 avril 2022, ce remboursement est accordé sans distinction de genre. Le Répertoire du CBIP marque les conditionnements concernés, et plusieurs pilules de troisième génération y portent la mention qui les rend gratuites pour ces publics. L’INAMI signale pour sa part qu’il existe des alternatives génériques aux contraceptifs de troisième génération.

Belgique : intervention supplémentaire de 3 euros par mois au maximum, pour les moins de 25 ans et les bénéficiaires de l’intervention majorée, sans distinction de genre. Certaines pilules de troisième génération deviennent gratuites pour ces publics.

France : les pilules de troisième et de quatrième génération ne sont plus remboursées depuis le 31 mars 2013, et le lévonorgestrel, le norgestimate ou 20 µg d’éthinylestradiol restent à privilégier en première intention.

Ce qu’on demande après les premiers cycles

La pilule peut-elle modifier la tension artérielle ?

Le CBIP classe l’augmentation de la pression artérielle parmi les effets indésirables des estroprogestatifs et la décrit comme réversible. Il ajoute une règle de conduite : quand une élévation de la tension ou une hyperglycémie survient à l’instauration d’une association estroprogestative, une autre méthode contraceptive doit être envisagée. La tension artérielle fait partie de l’examen clinique qui précède la prescription, selon la Haute Autorité de santé.

Un anneau ou un patch donnent-ils les mêmes effets ?

Le CBIP écrit que l’anneau et le patch ont le même rapport bénéfices-risques que la pilule. Ses données de septembre 2026 vont plus loin sur le risque veineux : faute de recul suffisant, ce risque est probablement comparable à celui des contraceptifs de troisième génération. Une revue Cochrane citée par le CBIP en 2010 relevait, elle, un système transdermique associé à plus de tension des seins, de nausées et de vomissements, et un anneau vaginal associé à moins de nausées, d’acné, d’irritabilité et de dépression, mais à plus de pertes blanches et d’irritation vaginale.

Que faire quand une gêne s’installe ?

L’ANSM invite à en parler au médecin, à la sage-femme ou au gynécologue, qui peut réévaluer la contraception avec la personne concernée, et à déclarer l’effet indésirable au réseau de pharmacovigilance. Le CBIP décrit la suite logique : selon que la gêne est attribuée à l’œstrogène ou au progestatif, le passage à une autre association, différemment dosée en œstrogènes ou contenant un autre progestatif, peut être proposé.

Sources

  1. Organisation mondiale de la Santé, Contraceptifs oraux (23 décembre 2025), https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/oral-contraceptives
  2. Centre belge d’information pharmacothérapeutique, 6. Gynéco-obstétrique, Répertoire commenté des médicaments (version du 15 septembre 2026), https://www.cbip.be/PDFREP/GGRCM/fr/6.%20Gyneco-obstetrique.pdf
  3. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, Pilule contraceptive (5 janvier 2026, actualisé le 11 août 2026), https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/pilule-contraceptive
  4. Centre belge d’information pharmacothérapeutique, Choix d’un traitement contraceptif, Folia Pharmacotherapeutica 37 (juillet 2010), https://www.cbip.be/folia_pdfs/FR/P37F07B.pdf
  5. Haute Autorité de santé, Contraception chez la femme adulte et de l’adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG) (10 juillet 2019), https://www.has-sante.fr/jcms/c_1752542/fr/contraception-chez-la-femme-adulte-et-de-l-adolescente-en-age-de-procreer-hors-post-partum-et-post-ivg
  6. Centre international de recherche sur le cancer, Liste des classifications par localisation cancéreuse, Monographies du CIRC volumes 1 à 141 (18 mai 2026), https://monographs.iarc.who.int/wp-content/uploads/2019/07/Classifications_by_cancer_site.pdf
  7. Institut national d’assurance maladie-invalidité, Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs (arrêté royal du 16 septembre 2013), https://www.inami.fgov.be/fr/themes/soins-de-sante-cout-et-remboursement/les-prestations-de-sante-que-vous-rembourse-votre-mutualite/medicaments/remboursement-d-un-medicament/contraceptifs