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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

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CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

Le mot « méthode naturelle » recouvre l’observation du cycle, ce que l’Organisation mondiale de la santé appelle la connaissance de la fertilité, et le retrait, que la Haute Autorité de santé classe dans le même ensemble. Les résultats n’ont rien de commun : pour 100 femmes pendant la première année, moins de 1 grossesse avec la méthode symptothermique menée de façon constante et correcte, mais 23 avec la méthode de l’ovulation utilisée comme dans la vie courante. Aucune de ces méthodes ne protège des infections sexuellement transmissibles.

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Moins de 1 à 23 grossesses pour 100 femmes selon la méthode et l’usage

Une même étiquette couvre des écarts de moins de 1 à 23 grossesses pour 100 femmes la première année, selon l’Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins. Le mode d’usage pèse souvent plus lourd que le choix de la méthode : la méthode des jours fixes passe de 5 à 12 grossesses quand elle est suivie comme dans la vie courante, et la méthode de l’ovulation de 3 à 23.

Grossesses pour 100 femmes pendant la première année d’utilisation, d’après l’Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers, chapitre 18 (édition 2022).
Méthode Usage correct et constant Usage courant Ce qui est demandé
Méthode des jours fixes 5 12 Éviter les rapports non protégés du 8e au 19e jour, sur des cycles de 26 à 32 jours
Méthode des deux jours 4 14 Vérifier les sécrétions chaque après-midi et reprendre après deux jours secs
Méthode de l’ovulation 3 23 Suivre la glaire cervicale et attendre quatre jours après le pic
Méthode symptothermique Moins de 1 2 Croiser température et glaire, et attendre le quatrième jour après le pic ou le troisième après la hausse

L’abstinence pendant les jours fertiles est jugée plus efficace que le passage à une autre méthode sur la même période. Suivie comme dans la vie courante, l’abstinence périodique donne environ 15 grossesses pour 100 femmes la première année, un chiffre porté par la méthode du calendrier dans les études citées.

Le choix ne se joue pas sur un seul chiffre. La contrainte quotidienne de l’implant, du stérilet ou de la pilule se lit à côté. Ce que chaque méthode change sur les règles, la durée et le coût complète la décision.

La température seule ne donne aucun taux fiable et confirme l’ovulation après coup

L’Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins l’écrivent sans détour : il n’existe pas de taux d’efficacité fiable pour la méthode du calendrier ni pour la température basale utilisée seule. La hausse thermique arrive après l’ovulation, ce qui la rend utile pour clore la période fertile et inutilisable pour l’ouvrir. La lecture d’une hausse de température au fil du cycle se fait jour après jour, et un état fébrile, une infection ou un médicament qui modifie la température corporelle la brouillent.

Certains antihistaminiques modifient la glaire cervicale, et les antibiotiques font parfois monter la température. Ces deux effets rendent la méthode difficile à interpréter, et l’organisation demande alors de décaler le début ou de renforcer l’accompagnement.

Douze à dix-huit jours à gérer à chaque cycle

Le nombre de jours classés fertiles varie presque du simple au double selon la méthode, d’après l’Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins : 12 jours en moyenne pour la méthode des jours fixes, 13 pour la méthode des deux jours, 17 pour la méthode symptothermique et 18 pour la méthode de l’ovulation. Sur ces journées, le couple s’abstient ou passe au préservatif, une option que l’organisation juge moins efficace que l’abstinence. La méthode des jours fixes exige en plus des cycles de 26 à 32 jours : au-delà de deux cycles hors de cette fourchette en un an, elle perd de son efficacité.

Un préservatif utilisé seulement pendant ces journées réduit le nombre de rapports à couvrir. Il s’ajoute au calcul des jours au lieu de le remplacer, et la différence entre efficacité théorique et efficacité réelle se voit surtout au moment de l’usage.

Le retrait ne repose sur aucune observation du cycle

Le retrait, aussi appelé coït interrompu, ne se range pas avec les méthodes d’observation. La Haute Autorité de santé le cite dans le même ensemble sous le nom de méthodes naturelles. L’Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins le traitent à part et le placent, avec les spermicides, parmi les méthodes les moins efficaces, sans lui attribuer de taux fiable.

Un rapport non protégé pendant les jours fertiles ne se règle pas au cycle suivant. L’Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins rappellent qu’une contraception d’urgence peut être envisagée dans les cinq jours, et qu’elle agit d’autant mieux qu’elle est prise tôt. Ce qui reste possible après un rapport non protégé dépend du délai écoulé.

La MAMA tient sous trois conditions et pas au-delà de six mois

La méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée ne concerne que les personnes qui allaitent, pendant les six mois qui suivent l’accouchement. O’YES ASBL, qui publie le site belge mescontraceptifs.be, rappelle les trois conditions à remplir en même temps : accouchement il y a moins de six mois, allaitement exclusif toutes les quatre heures en journée et toutes les six heures la nuit, absence de retour des règles. L’association annonce 99,1 % d’efficacité en usage parfait et 98 % dans la vie de tous les jours. Dès le retour des règles ou les six mois de l’enfant, la protection tombe.

Où apprendre la méthode, en Belgique et en France

O’YES ASBL évalue l’apprentissage de la méthode d’auto-observation à trois cycles au minimum, après quoi les observations de température et de glaire ne prennent plus qu’une quinzaine de jours par cycle. Le CBIP ajoute une nuance que peu de pages reprennent : aucune étude rigoureuse n’a établi l’efficacité de ces méthodes, mais dans une cohorte allemande de 900 femmes publiée en 2007, la méthode qu’il appelle NFP est apparue aussi efficace que les contraceptifs hormonaux, avec un taux d’abandon élevé par insatisfaction. L’accueil des centres de planning familial, en Belgique, est gratuit et sans rendez-vous.

La France applique une autre règle. La Haute Autorité de santé demande une formation spécifique de la femme ou du couple et juge ces méthodes peu adaptées à la périménopause et à l’adolescence, deux périodes où les cycles sont irréguliers. Les centres de santé sexuelle y reçoivent gratuitement et confidentiellement, y compris les mineures, sans consentement parental.

Belgique : la consultation médicale au centre de planning familial coûte au maximum 6 € pour une personne en ordre de mutuelle, 1,50 € avec le statut BIM et 32 € sans mutuelle.

France : l’Assurance maladie prend en charge à 100 % jusqu’à 26 ans le stérilet, l’implant, le diaphragme, les progestatifs injectables et certaines pilules, mais aucune de ces méthodes d’observation ne comporte de produit à rembourser.

Ce qui décide souvent la suite

Le retour de la fertilité est-il retardé ?

Aucun délai n’est signalé après l’arrêt de ces méthodes, indiquent l’Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins. La fertilité revient comme avant, ce qui compte au moment d’un changement de méthode.

Des rapports pendant les règles changent-ils la donne ?

Le risque est faible au début, jamais nul. Johns Hopkins chiffre la probabilité de grossesse au deuxième jour du cycle, premier jour de saignement compté comme jour 1, à moins de 1 %, puis elle monte à mesure qu’on approche de l’ovulation, même si le saignement continue. Certaines méthodes demandent d’éviter les rapports pendant les règles parce que la glaire ne peut pas être observée à ce moment.

Que prévoir après un accouchement ?

La méthode des jours fixes attend quatre cycles avant de pouvoir être utilisée. Les méthodes fondées sur les signes corporels attendent le retour des sécrétions normales, environ six mois chez une personne qui allaite et quatre semaines sinon, selon l’Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins.

Peut-on couvrir la grossesse et les infections en même temps ?

Le préservatif pendant les jours fertiles couvre les deux risques à la fois. L’Organisation mondiale de la santé rappelle qu’il est la seule méthode qui protège à la fois d’une grossesse et des infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH.

Sources

  1. Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers, chapitre 18 « Fertility Awareness Methods » (édition 2022), https://fphandbook.org/sites/default/files/Chapter_18_Eng.pdf
  2. Haute Autorité de santé, Contraception chez la femme adulte et de l’adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG), fiche mémo (10 juillet 2019), https://www.has-sante.fr/jcms/c_1752542/fr/contraception-chez-la-femme-adulte-et-de-l-adolescente-en-age-de-procreer-hors-post-partum-et-post-ivg
  3. O’YES ASBL, La méthode MAMA (mescontraceptifs.be), https://www.mescontraceptifs.be/la-methode-mama/
  4. O’YES ASBL, La méthode d’auto-observation et d’étude du cycle menstruel (mescontraceptifs.be), https://www.mescontraceptifs.be/la-methode-dauto-observation-et-detude-du-cycle-menstruel/
  5. CBIP, Folia Pharmacotherapeutica, « Choix d’un traitement contraceptif » (décembre 2010), https://www.cbip.be/fr/folias/1860
  6. Les centres de planning familial, Nos services (monplanningfamilial.be), https://www.monplanningfamilial.be/nos-services
  7. Service-Public.fr, Contraception (vérifié le 29 juin 2026), https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F707
  8. Organisation mondiale de la santé, Planification familiale/méthodes de contraception, aide-mémoire (3 juillet 2025), https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/family-planning-contraception