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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

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CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

Ce qui se prend en continu ne se reconnaît pas au nom, mais au nombre de comprimés actifs d’une plaquette. Trois structures existent : 21 comprimés actifs suivis de 7 placebos, 24 comprimés actifs suivis de 4 placebos, et 28 comprimés actifs sans aucun placebo pour les progestatifs seuls. Un nom qui affiche « continu » ne promet aucune absence de pause : la plaquette de Leeloo Continu compte 21 comprimés roses actifs et 7 comprimés blancs que son résumé des caractéristiques présente comme des placebos.

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Trois structures de plaquette, trois durées sans hormone

Trois montages se cachent sous le même mot. Vingt et un comprimés actifs puis sept placebos donnent une pause de sept jours. Vingt-quatre comprimés actifs puis quatre placebos la ramènent à quatre jours. Vingt-huit comprimés actifs sans placebo la suppriment, et c’est la forme des progestatifs seuls. Le compte se lit sur la plaquette, pas sur le nom.

Composition des plaquettes et place de la pause, d’après les résumés des caractéristiques du produit et les notices publiés par l’ANSM. Les deux premières plaquettes sont combinées, avec un œstrogène et un progestatif ; la troisième est un progestatif seul.
Comprimés actifs et placebos Phase sans hormone Exemple et source
21 comprimés actifs puis 7 placebos 7 jours, si la plaquette est prise en entier Leeloo Continu : 21 comprimés roses actifs, 7 comprimés blancs placebos (ANSM)
24 comprimés actifs puis 4 placebos 4 jours, la plus courte des phases sans hormone Zoely : 24 comprimés blancs actifs, 4 comprimés jaunes placebos (base publique des médicaments)
28 comprimés actifs, aucun placebo aucune, la plaquette suivante démarre le lendemain Cerazette (désogestrel) et Microval (lévonorgestrel) (ANSM)

Avec 21 ou 24 comprimés actifs, la pause tombe au milieu de la plaquette : elle se prend sous forme de comprimés sans hormone, ou se saute en enchaînant deux plaquettes. Avec 28 comprimés actifs, il n’y a rien à sauter et rien à reprendre.

Un nom qui contient « continu » ne supprime aucun comprimé placebo

Leeloo Continu porte le mot dans son nom et compte pourtant sept comprimés sans hormone. Le résumé des caractéristiques du produit décrit une plaquette de 28 comprimés et sa posologie : un comprimé par jour pendant 28 jours consécutifs, sans arrêt, avec un comprimé rose actif les 21 premiers jours puis un comprimé blanc de placebo les 7 suivants. La formule « sans arrêt » porte sur l’enchaînement entre deux boîtiers, jamais sur le contenu de la plaquette.

Le saignement de privation survient 2 à 3 jours après le dernier comprimé rose, et il ne se termine pas forcément avant le début de la plaquette suivante.

Un saignement qui sort du schéma attendu se juge autrement selon la structure de la plaquette : sous une plaquette avec placebos, la privation revient à date fixe, alors que sous un progestatif seul elle peut manquer complètement. Ce que peut signaler un saignement sous pilule ne se déduit pas du nombre de placebos.

Enchaîner deux plaquettes : la règle écrite et sa limite

Le résumé des caractéristiques décrit la marche à suivre pour enchaîner. Pour retarder les règles, la femme commence une nouvelle plaquette immédiatement après les comprimés roses, sans interruption. La limite est nette : le retard peut durer aussi longtemps qu’on le souhaite, mais jamais au-delà de la fin de la seconde plaquette. Le texte ajoute que des spottings ou des métrorragies peuvent apparaître pendant cette période.

Sur une plaquette comme Zoely, 24 comprimés actifs précèdent 4 comprimés placebos, et la phase sans hormone ne dure que 4 jours. L’ANSM range les deux façons de faire sous une même opposition : la pilule peut être prise en continu, ou arrêtée une semaine par mois pour simuler les règles.

La semaine sans hormone ne sert pas seulement à imiter les règles

Le même résumé donne à la pause une fonction précise. Il indique que la prise interrompue de comprimés blancs pendant 7 jours est requise pour obtenir une inhibition correcte de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien. L’intervalle sans hormone fait donc partie du mécanisme contraceptif de ce produit, et pas seulement du confort.

Le dosage compte dans cette mécanique. Le CBIP/BCFI écrit qu’avec les associations très faiblement dosées en estrogènes, sous 30 microgrammes, le risque d’échec en cas d’oubli et de saignements irréguliers est plus grand. Une plaquette de 21 comprimés dosés à 20 microgrammes d’éthinylestradiol entre dans ce groupe.

Les saignements irréguliers des premiers mois ont leur propre seuil : le résumé les considère comme significatifs s’ils persistent après environ 3 cycles, et demande alors de rechercher leur cause.

Un progestatif seul supprime la pause sans supprimer la vigilance

Cerazette et Microval se présentent en plaquettes de 28 comprimés, tous actifs. La notice de Cerazette demande de commencer une nouvelle plaquette dès le lendemain de la dernière, sans aucune interruption de la prise et sans attendre les règles. Celle de Microval fixe un comprimé par jour, tous les jours sans interruption, à heure fixe, et place le premier comprimé de la plaquette suivante au lendemain du jour où la précédente est terminée.

Le CBIP/BCFI range la minipilule sous deux noms belges, Cerazette et Microlut, et demande de la prendre tous les jours sans interruption, à heure fixe.

La contrainte se déplace. Une plaquette sans aucune pause supprime le risque d’oublier de reprendre, mais elle réduit la fenêtre pendant laquelle un retard reste sans conséquence. La Haute Autorité de santé fixe cette fenêtre à 3 heures pour le lévonorgestrel et à 12 heures pour le désogestrel ; l’ANSM retient 12 heures pour les pilules combinées. Passé le délai, la conduite est celle d’un oubli : reprise immédiate et 7 jours de méthode barrière.

Les saignements sous progestatif seul ne suivent pas le calendrier d’une plaquette combinée. La notice de Cerazette décrit des saignements vaginaux à intervalles irréguliers, parfois une absence complète de saignements, et précise que ces irrégularités ne signifient pas une diminution de la protection contraceptive.

Où lire la composition exacte, en Belgique et en France

En Belgique, le CBIP/BCFI décrit pour chaque spécialité la composition et le schéma d’utilisation, et l’INAMI publie la liste des contraceptifs qui ouvrent droit à un remboursement supplémentaire. Ce montant s’ajoute à l’intervention classique : il est réservé aux personnes de moins de 25 ans ou qui bénéficient de l’intervention majorée, et plafonné à 3 euros par mois. La liste est fixée par l’arrêté royal du 16 septembre 2013.

Pour les pilules combinées, le CBIP/BCFI place en premier choix une association monophasique à faible dose d’éthinylestradiol et à progestatif de deuxième génération. Sa liste arrêtée au 1er mai 2010 cite Eleonor, Lowette, Microgynon, Nora-30, Ovysmen et Stediril-30.

En France, la base publique des médicaments donne, pour chaque boîte, la composition du comprimé actif et la mention du comprimé placebo. C’est là que se lit la différence entre 21, 24 et 28 comprimés actifs. L’ANSM rappelle que l’Assurance Maladie prend en charge la pilule à 100 % jusqu’à 26 ans, puis à 65 %, et que toutes les pilules ne sont pas remboursées. Zoely, classée 24 comprimés actifs et 4 placebos, figure parmi les présentations non remboursables.

Une question se pose en consultation : demander au prescripteur si la plaquette contient des comprimés sans hormone, et sur combien de jours. La réponse détermine ce qui se passe quand on veut espacer ou supprimer les règles.

Le nombre de placebos ne dit rien de la méthode elle-même, et ce que chaque contraception demande au quotidien se compare sur d’autres critères.

Belgique : le CBIP/BCFI donne la composition et le schéma de chaque spécialité, et l’INAMI accorde un remboursement supplémentaire de 3 euros par mois au maximum aux personnes de moins de 25 ans ou bénéficiant de l’intervention majorée.

France : la base publique des médicaments et l’ANSM donnent le nombre de comprimés actifs et la présence de placebos ; la prise en charge va de 100 % avant 26 ans à 65 % ensuite, et certaines plaquettes restent non remboursées.

Progestatif seul : des douleurs soudaines et sévères dans le bas du ventre, ou des saignements vaginaux abondants et inhabituels, demandent un avis médical immédiat.

Pilule combinée : un gonflement d’une seule jambe, un essoufflement soudain ou une douleur thoracique brutale restent des urgences, quel que soit le nombre de placebos sur la plaquette.

Sources

  1. ANSM, Pilule contraceptive (dossier thématique, publié le 05/01/2026 et mis à jour le 11/08/2026), dossier thématique
  2. ANSM, Résumé des caractéristiques du produit : LEELOO CONTINU 100 microgrammes/20 microgrammes, comprimé pelliculé (mis à jour le 28/01/2020), RCP de Leeloo Continu
  3. ANSM, Notice patient : CERAZETTE 0,075 mg, comprimé pelliculé (mise à jour le 18/04/2012), notice de Cerazette
  4. ANSM, Notice patient : MICROVAL, comprimé enrobé (mise à jour le 31/03/2025), notice de Microval
  5. Base de données publique des médicaments, ANSM, ZOELY 2,5 mg/1,5 mg, comprimé pelliculé (dernière mise à jour le 31/08/2026), fiche du médicament
  6. Haute Autorité de santé, Contraception chez la femme adulte et de l’adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG) (fiche mémo, validée le 10 juillet 2019), fiche mémo
  7. CBIP/BCFI, Choix d’un traitement contraceptif, Folia Pharmacotherapeutica 37 (juillet 2010), Folia
  8. INAMI, Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs (arrêté royal du 16 septembre 2013), page de l’INAMI