Moins d’une grossesse pour 100 femmes la première année sous implant, soit 5 pour 10 000, et 1 pour 1 000 sur trois ans avec Implanon, d’après l’Organisation mondiale de la santé. Une grossesse qui survient malgré tout se rattache à une situation vérifiable : un implant jamais posé ou enfoncé trop profond, une insertion hors de la fenêtre recommandée, une échéance de trois ans dépassée, un médicament inducteur enzymatique. Le résumé des caractéristiques approuvé par l’AFMPS ne compte aucune grossesse sur 35 057 cycles et rappelle qu’aucune méthode n’est efficace à 100 %. Quand la grossesse se confirme, l’implant se retire et le bilan cherche une localisation extra-utérine.

Peut-on tomber enceinte sous implant ?
Une grossesse reste possible sous implant, mais elle est rare. L’Organisation mondiale de la santé compte moins d’une grossesse pour 100 femmes pendant la première année d’utilisation, soit 5 pour 10 000, et moins d’une pour 100 sur trois ans avec Implanon, soit 1 pour 1 000. Les essais cliniques rapportés par le résumé des caractéristiques belge n’ont observé aucune grossesse sur 35 057 cycles d’exposition, avec un indice de Pearl de 0,00.
Un chiffre nul ne signifie pas un risque nul. Le même document écrit qu’en pratique aucune méthode ne peut être tenue pour efficace à 100 %. Le blocage de l’ovulation couvre les deux premières années du port et devient rare pendant la troisième. Ces écarts de pourcentage ne résument pas un choix de contraception, et ce que chaque méthode demande au quotidien pèse autant que le taux de grossesse.
| Méthode | Grossesses la première année, usage courant, États-Unis | Grossesses la première année, usage courant, France | Grossesses la première année, usage correct et régulier |
|---|---|---|---|
| Implant contraceptif | 0,05 % | – | 0,05 % |
| Stérilet au lévonorgestrel | 0,2 % | 1,1 % | 0,2 % |
| Pilule, combinée ou progestative seule | 9 % | 2,4 % | 0,3 % |
| Préservatif masculin | 15 % | 3,3 % | 2 % |
| Aucune méthode | 85 % | – | 85 % |
Deux écarts se lisent dans ce tableau : entre les méthodes, et entre usage courant et usage correct. La pilule passe de 9 % à 0,3 %, le préservatif de 15 % à 2 % ; pour l’implant, les deux colonnes américaines affichent 0,05 %, parce qu’aucun geste quotidien ne peut être oublié. En contrepartie, 16 % des utilisatrices l’ont fait retirer dans l’année, un taux d’abandon que la Haute Autorité de santé publie à côté du taux de grossesse.
Un bâtonnet absent ou enfoncé trop profond ne protège pas
Deux situations produisent le même résultat : un implant qui n’a jamais été posé, et un implant enfoncé dans les tissus, devenu impalpable. La notice française de NEXPLANON l’écrit : « dans de rares cas », l’implant n’est « pas inséré correctement ou n’est pas inséré du tout », et la protection manque. Le CBIP recense 229 grossesses sous Implanon dans le monde entre août 1998 et mai 2002. Dans 86 de ces cas, le bâtonnet n’a pas été retrouvé, ou la grossesse était déjà en cours au moment de la pose.
Un implant qu’on ne sent plus se vérifie avant toute décision. L’AFMPS liste la radiographie, la tomodensitométrie, l’échographie à sonde linéaire de 10 MHz ou plus et l’IRM, et demande une méthode non hormonale tant que la présence du bâtonnet n’est pas confirmée.
Le retrait d’un implant profond revient à un praticien habitué à ces cas, et ce qui change quand le bâtonnet reste introuvable se lit séparément.
La protection n’est pas toujours immédiate après la pose
Un implant posé entre le premier et le cinquième jour du cycle protège sans délai, et la même fenêtre s’ouvre après une interruption de grossesse ou un accouchement récents. En dehors de ces dates, le résumé des caractéristiques impose une méthode contraceptive non hormonale pendant les sept jours qui suivent l’insertion. La règle est identique dans le texte belge et dans la notice française.
Les fenêtres diffèrent selon ce qui précède la pose, et le résumé des caractéristiques les écrit une par une.
| Situation au moment de la pose | Pose recommandée | Méthode d’appoint ensuite |
|---|---|---|
| Cycle naturel, aucune contraception hormonale le mois précédent | Du 1er au 5e jour du cycle | Aucune |
| Pose faite à un autre moment du cycle | À tout moment, si la grossesse est écartée | Pendant 7 jours |
| Premier trimestre d’une IVG ou d’une fausse couche | Dans les 5 jours | Aucune |
| Deuxième trimestre d’une IVG ou d’une fausse couche | Dans les 21 jours | Aucune |
| Accouchement | Dans les 21 jours | Aucune |
| Plus de 21 jours après un accouchement | À tout moment, si la grossesse est écartée | Pendant 7 jours |
| Passage d’une pilule progestative seule à l’implant | Dans les 24 heures après le dernier comprimé | Aucune |
| Remplacement d’un implant ou d’un stérilet hormonal | Le jour du retrait | Aucune |
| Relais d’une pilule combinée, d’un anneau ou d’un patch | Le lendemain du dernier comprimé actif, ou le jour du retrait | Aucune |
Une grossesse commencée avant la pose ne compte pas comme un échec. Le résumé des caractéristiques demande de l’exclure avant l’insertion, et de la rechercher si des rapports ont eu lieu avant une pose faite hors de la période recommandée.
Le poids entre en compte pendant la troisième année, et les textes divergent
La concentration d’étonogestrel dans le sang est inversement proportionnelle au poids corporel, et elle baisse avec le temps après l’insertion. L’AFMPS en tire une conséquence dans la rubrique consacrée au poids : l’expérience clinique manque chez les femmes en surpoids pendant la troisième année, une efficacité inférieure à celle des femmes de poids normal ne peut pas être exclue, et le médecin doit envisager un remplacement plus tôt. Aucun seuil de poids ne figure dans le texte.
Dans sa fiche mémo de 2019, la Haute Autorité de santé retient la même réserve en une formule courte : « diminution possible de l’efficacité en cas de surpoids ou d’obésité ».
Le manuel de l’Organisation mondiale de la santé et de Johns Hopkins donne une lecture différente. À sa question sur les femmes d’un poids excessif, il répond que les études de l’Implanon n’ont pas constaté que le poids diminuait l’efficacité pendant la durée d’utilisation approuvée.
Sous Norplant, les chiffres de remplacement anticipé existent : 2 grossesses pour 100 femmes de 70 à 79 kg à la sixième année, et 6 pour 100 femmes de 80 kg ou plus pendant la cinquième. Le manuel demande à ces utilisatrices de remplacer après cinq ans, et après quatre ans au-delà de 80 kg. Ces données portent sur d’autres implants que l’étonogestrel.
Dans les deux textes, l’implant à l’étonogestrel reste un implant de trois ans. Avancer la date de retrait en cas de surpoids se décide avec le professionnel qui prescrit.
Certains médicaments accélèrent l’élimination de l’hormone
Les inducteurs enzymatiques font baisser le taux d’étonogestrel, et avec lui la protection. Le résumé des caractéristiques liste les barbituriques, le bosentan, la carbamazépine, la phénytoïne, la primidone, la rifampicine, l’éfavirenz, le bocéprévir et la névirapine, et possiblement le felbamate, la griséofulvine, l’oxcarbazépine, le topiramate et les produits à base de millepertuis. L’effet s’installe en quelques jours et persiste environ quatre semaines après l’arrêt du traitement. La consigne est d’ajouter une méthode non hormonale pendant le traitement et pendant les 28 jours qui suivent, sans retirer l’implant.
Le CBIP écrit la même chose pour les progestatifs seuls, implant compris, qu’il classe parmi les substrats du CYP3A4. Il note une différence entre méthodes : l’efficacité de l’injectable à la médroxyprogestérone n’est pas influencée par ces interactions, même si la Haute Autorité de santé en limite l’usage aux cas où les autres méthodes ne conviennent pas. Au-delà de cette liste, d’autres traitements font baisser le taux d’hormone.
Une douleur du bas-ventre sous implant se vérifie sans attendre
Une grossesse extra-utérine peut être la première manifestation d’un implant qui a échoué. L’Organisation mondiale de la santé chiffre ce risque à 6 grossesses extra-utérines pour 100 000 femmes par an sous implant, contre 650 pour 100 000 femmes sans méthode aux États-Unis. Quand un implant échoue, 10 à 17 grossesses sur 100 sont extra-utérines. Tous les échecs ne se logent pas là, et la majorité des grossesses qui surviennent malgré l’implant restent intra-utérines. Le résumé des caractéristiques demande d’envisager cette piste devant une absence de règles ou des douleurs abdominales pendant le port.
En Belgique, le Centre belge de pharmacovigilance a reçu 7 notifications de grossesse sous Implanon jusqu’à fin décembre 2002, dont deux grossesses extra-utérines, d’après le CBIP. Quand la grossesse se confirme, le bâtonnet se retire, dans le texte belge comme dans le texte français.
Une douleur intense du bas-ventre, des saignements inhabituels, une absence de règles qui change du profil habituel, des étourdissements ou un évanouissement font chercher une grossesse extra-utérine. L’Organisation mondiale de la santé retient ces signes et demande un diagnostic et des soins immédiats.
Belgique : l’implant porte le nom Implanon NXT. Il se délivre en pharmacie sur prescription et s’insère par un professionnel formé à la technique de l’applicateur, comme l’exige le résumé des caractéristiques publié par l’AFMPS.
France : le même implant porte le nom NEXPLANON. Il se prescrit et s’insère chez un médecin ou une sage-femme, sur ordonnance, et la notice est publiée par l’ANSM.
Six décisions se prennent à la pose, au retrait ou à la pharmacie
Faut-il revenir voir un médecin entre la pose et le retrait ?
Le résumé des caractéristiques recommande une visite trois mois après l’insertion, pour mesurer la pression artérielle et vérifier que l’implant est toujours palpable. L’ANSM décrit la même consultation de contrôle à trois mois et demande de vérifier soi-même, une à deux fois par mois, que le bâtonnet est en place sous la peau. Un implant qu’on ne sent plus se signale au médecin sans attendre.
Un implant qui casse ou qui sort du bras protège-t-il encore ?
La sortie du bâtonnet est rare, et survient le plus souvent dans les quatre premiers mois après la pose ou après une infection, précise le manuel de l’Organisation mondiale de la santé. Si un implant sort, la consigne est double : méthode d’appoint et retour au centre de santé. Un implant cassé ou plié sous la peau ne change pas grand-chose au contrat : la diffusion de l’hormone peut être légèrement augmentée, sans effet clinique attendu, mais le bâtonnet doit être retiré dans son intégralité.
L’implant retarde-t-il une grossesse après le retrait ?
Une fois l’implant retiré, la fécondité revient aussi vite qu’après l’arrêt d’une méthode non hormonale, écrit l’Organisation mondiale de la santé. La Haute Autorité de santé parle d’un retour « en général immédiat », sauf après une injection de progestatif, où il peut prendre jusqu’à 12 mois. La notice française ajoute un repère pratique : attendre un cycle naturel avant d’essayer facilite le calcul de la date de naissance.
L’implant a-t-il été évalué chez les moins de 18 ans ?
La sécurité et l’efficacité ont été établies chez les femmes de 18 à 40 ans, et elles n’ont pas été étudiées chez les adolescentes de moins de 18 ans, écrivent l’AFMPS et l’ANSM. La Haute Autorité de santé écarte cette limite dans sa fiche mémo de 2019 : l’âge en lui-même ne devrait pas restreindre le choix d’une méthode, en dehors de la stérilisation. En France, le consentement des parents n’est pas exigé pour prescrire ou délivrer une contraception à une personne mineure.
Que se passe-t-il si l’implant dépasse ses trois ans ?
Le résumé des caractéristiques est direct : l’implant ne doit pas rester en place plus de trois ans après l’insertion. Le manuel de l’Organisation mondiale de la santé explique le mécanisme : à mesure que les niveaux d’hormone baissent, l’implant devient moins efficace, et le laisser en place n’est pas recommandé quand une grossesse reste possible. La suite tient en deux gestes : un test de grossesse, puis le retrait ou le remplacement.
Qui paie l’implant en Belgique et en France ?
En Belgique, l’INAMI ajoute une intervention supplémentaire de 3 euros par mois au maximum pour les contraceptifs implantables repris sur la liste de l’arrêté royal du 16 septembre 2013, aux personnes de moins de 25 ans, aux bénéficiaires de l’intervention majorée et aux résidents de certaines institutions, avec tiers payant automatique quand un pharmacien hospitalier délivre l’implant. Service-public.gouv.fr fixe la prise en charge française à 100 % avant 26 ans, sans avance de frais, puis à 65 %. La base publique des médicaments affiche un prix de 97,11 euros en pharmacie de ville, honoraire de dispensation compris.
Sources
- Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning : A Global Handbook for Providers, chapitre 8, Les implants (édition 2022)
- Agence fédérale des médicaments et des produits de santé, Implanon NXT, 68 mg, implant pour usage sous-cutané, résumé des caractéristiques du produit (approbation septembre 2025)
- Haute Autorité de santé, Efficacité des méthodes contraceptives (publié le 17 mai 2014)
- ANSM et Base de données publique des médicaments, NEXPLANON 68 mg, implant pour usage sous-cutané, notice et résumé des caractéristiques du produit (texte du 23 septembre 2025)
- CBIP/BCFI, Grossesse sous implant à visée contraceptive (Folia, données arrêtées fin 2002)
- Haute Autorité de santé, Contraception chez la femme adulte et de l’adolescente en âge de procréer (fiche mémo validée le 10 juillet 2019)
- CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique, Répertoire commenté des médicaments (version du 15/09/2026)
- ANSM, Implant contraceptif (publié le 5 janvier 2026, révisé le 11 août 2026)
- Service-Public.gouv.fr, Contraception (29 juin 2026)
- INAMI, Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs (arrêté royal du 16 septembre 2013)