Une pilule de deuxième génération est une pilule combinée dont le progestatif est le lévonorgestrel. En Belgique, le CBIP/BCFI range sous cette étiquette les associations éthinylestradiol et lévonorgestrel à 0,02/0,10 mg ou à 0,03/0,15 mg : Microgynon 20, Microgynon 30, Noranelle 30/150, Levorichter 30, Lavinia, Lowette et Stediril-30. En France, la Haute Autorité de santé place dans le même groupe Minidril, Adepal, Leeloo et Trinordiol. C’est la génération au risque veineux le plus faible : l’ANSM attend 2 thromboses pour 10 000 utilisatrices et par an, contre 0,5 à 1 chez les femmes sans pilule.

Le progestatif décide de la génération, pas la boîte
Toutes les pilules combinées contiennent le même estrogène de synthèse, l’éthinylestradiol. Ce qui les sépare, c’est le progestatif associé. Avec du lévonorgestrel, la pilule entre dans la deuxième génération, quelle que soit la dose d’éthinylestradiol et monophasique ou triphasique. Le nom commercial, lui, ne dit rien de la génération.
La composition figure sur la notice et dans le résumé des caractéristiques du produit, le document de référence de l’agence du médicament du pays. Un même nom peut cacher deux compositions. En France, la Haute Autorité de santé classe Stediril parmi les pilules dosées à 50 µg d’éthinylestradiol avec du norgestrel. En Belgique, le CBIP range Stediril-30 sous 0,03 mg d’éthinylestradiol et 0,15 mg de lévonorgestrel.
Deux progestatifs portent l’étiquette, et un seul est courant
Le CBIP range le lévonorgestrel et la noréthistérone en deuxième génération. La Haute Autorité de santé ne suit pas exactement la même ligne sur le second, qu’elle place en première génération. Le lévonorgestrel reste le seul progestatif de cette génération pour lequel les deux organismes citent des spécialités comparables.
| Progestatif | Génération | Exemples en Belgique (CBIP) | Exemples en France (HAS) |
|---|---|---|---|
| Lévonorgestrel | 2e pour les deux organismes | Microgynon 20, Microgynon 30, Noranelle 20/100, Noranelle 30/150, Levorichter 30, Lavinia, Lowette, Stediril-30 | Minidril, Adepal, Leeloo, Trinordiol, Optilova, Daily Gé, Lovavulo |
| Noréthistérone | 2e pour le CBIP, 1re pour la HAS | – | Triella |
La dose d’éthinylestradiol et le nombre de phases ne changent pas la génération. La Haute Autorité de santé range Adepal, biphasique, et Trinordiol, triphasique, dans le même groupe que Minidril, monophasique. Toutes trois contiennent du lévonorgestrel.
Ce que la génération change au risque veineux
La thrombose veineuse est le critère sur lequel la génération tranche vraiment. La Haute Autorité de santé chiffre le risque, chez une femme en bonne santé sans autre facteur de risque, à environ 0,02 % par an avec une pilule de 1re ou 2e génération, et à 0,04 % par an avec une pilule de 3e génération. En clair, 4 accidents par an au lieu de 2 pour 10 000 utilisatrices.
L’ANSM donne une autre lecture, en valeur absolue, dans un point d’information de 2012. Sur un an, une thrombose veineuse est attendue chez 0,5 à 1 femme pour 10 000 femmes sans pilule, et chez 2 femmes pour 10 000 utilisatrices d’une pilule au lévonorgestrel. Pour les pilules de 3e génération et celles à la drospirénone, elle double ce chiffre.
Les résumés des caractéristiques des pilules au lévonorgestrel, comme Minidril et Adepal, retiennent un intervalle plus large : 5 à 7 thromboses pour 10 000 années-femmes, avec un point central de 6. Ils rappellent que la thrombose veineuse est fatale dans 1 à 2 % des cas et que le risque est maximal pendant la première année d’utilisation.
Ce risque concerne toutes les pilules combinées. Le CBIP décrit un risque moyen cinq fois plus élevé que chez les femmes qui n’en prennent pas, le plus marqué pendant les trois premiers mois.
Ce qui ne change pas avec le lévonorgestrel
L’efficacité contraceptive ne dépend pas de la génération. La Haute Autorité de santé rappelle que les indices de Pearl, le nombre de grossesses pour 100 femmes pendant un an, sont tous inférieurs à 1 et du même ordre d’une pilule à l’autre, à condition de ne pas oublier de comprimé.
Les effets indésirables non vasculaires ne distinguent pas non plus les générations. Aucune étude n’a montré de bénéfice des pilules de 3e génération sur l’acné, la prise de poids, les nausées, les jambes lourdes, les tensions mammaires, les règles douloureuses ou les saignements irréguliers. Choisir une 3e génération pour ces motifs ne repose sur aucune donnée.
Le risque artériel obéit à une autre règle. L’ANSM le dit dépendant de la dose d’estrogène et indépendant du progestatif associé, ce qui explique la préférence pour les pilules à 20 µg d’éthinylestradiol.
Le reste dépend de la personne. Les situations où une pilule combinée est écartée et les médicaments qui peuvent réduire son efficacité sont les mêmes pour toutes les générations.
La génération ne classe pas les pilules récentes
La drospirénone n’entre dans aucune des trois générations. Le CBIP la décrit comme un progestatif au risque veineux comparable à celui du désogestrel et du gestodène, avec en plus un risque d’hyperkaliémie. La Haute Autorité de santé la classe hors générations, et l’expression « quatrième génération », parfois employée, ne correspond à aucun classement officiel.
L’ANSM range aujourd’hui la drospirénone, le désogestrel et le gestodène dans le groupe au risque veineux élevé, et le lévonorgestrel comme le norgestimate dans celui au risque faible. Son document d’aide à la prescription cite la noréthistérone parmi les associations au risque le plus faible.
Le norgestimate montre la limite de la notion de génération. La Haute Autorité de santé le classait en 3e génération. L’ANSM le place désormais à côté du lévonorgestrel, dans le groupe au risque faible. Deux organismes français rangent la même molécule à deux endroits. Ce que contient Yaz et le risque veineux qui l’accompagne illustre le cas de la drospirénone.
Vérifier le progestatif avant toute comparaison
Deux boîtes peuvent porter des noms proches et des progestatifs différents. Le réflexe utile est de lire le progestatif, que la génération ne figure nulle part sur l’emballage. La question à poser au prescripteur n’est pas quelle est la meilleure pilule, mais quel progestatif contient celle-ci et où elle se situe sur le risque veineux.
Le choix dépend aussi des antécédents personnels et familiaux, du tabac, de l’âge et des traitements en cours. Ce sont ces éléments, pas la date d’arrivée du progestatif sur le marché, qui décident. Un changement de pilule se décide avec le médecin ou la sage-femme, jamais seul.
Ranger les pilules ne dit rien des autres méthodes. Les méthodes de contraception et ce qu’elles demandent au quotidien se comparent sur d’autres critères, et l’efficacité, les contraintes et le coût de chacune se lisent ensemble.
Belgique : le CBIP/BCFI publie la liste des spécialités et leur classement. Un même nom commercial peut y désigner une autre composition qu’en France.
France : la Haute Autorité de santé fixe la préférence pour les 1re et 2e générations, l’ANSM publie les chiffres et la liste des pilules. L’Assurance Maladie les rembourse à 100 % jusqu’à 26 ans, puis à 65 %, et toutes ne sont pas remboursées.
Avis médical immédiat : les résumés des caractéristiques des pilules au lévonorgestrel demandent de consulter en urgence, en signalant la pilule utilisée, devant :
- un gonflement d’une seule jambe, avec douleur, chaleur ou rougeur ;
- un essoufflement soudain, une toux ramenant du sang ou une douleur thoracique brutale ;
- des battements cardiaques rapides ou irréguliers, des étourdissements importants ;
- une faiblesse ou un engourdissement soudain d’un côté du corps, une difficulté à parler ou à voir.
Sources
- CBIP/BCFI, Préparations monophasiques de deuxième génération, chapitre 6.2.1.1.2 du Répertoire commenté des médicaments (édition 2025), chapitre du Répertoire
- Haute Autorité de santé, Contraceptifs oraux estroprogestatifs : préférez les « pilules » de 1re ou 2e génération (novembre 2012), fiche de bon usage
- ANSM, Contraceptifs oraux combinés et risque de thrombose veineuse : prescription des pilules de 2e génération contenant du lévonorgestrel en première intention (01/10/2012), point d’information
- CBIP/BCFI, Choix d’un traitement contraceptif, Folia Pharmacotherapeutica 37 (juillet 2010), Folia
- ANSM, Résumé des caractéristiques du produit : MINIDRIL, comprimé enrobé (mis à jour le 03/10/2019), RCP de Minidril
- ANSM, Résumé des caractéristiques du produit : ADEPAL, comprimé enrobé (mis à jour le 07/05/2020), RCP d’Adepal
- ANSM, Pilule contraceptive (dossier thématique, mis à jour le 11/08/2026), dossier thématique
- ANSM, Utilisation des contraceptions hormonales en France : quelques chiffres (03/10/2025), chiffres de vente et de risque
- ANSM, Document d’aide à la prescription : contraceptifs hormonaux combinés (05/01/2026), document d’aide à la prescription