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pilule contraceptive tumeur cerveau

CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

Le signal de tumeur du cerveau associé à la pilule concerne le méningiome, une tumeur qui se développe dans les enveloppes du cerveau et qui reste non cancéreuse dans la grande majorité des cas. Il ne touche pas toutes les pilules de la même façon : le risque est documenté pour certains progestatifs, il augmente avec la dose cumulée et la durée d’usage, et il reste très faible pour le désogestrel. Une pilule ne s’arrête pas seule pour autant, car l’arrêt expose à une grossesse non désirée.

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Le signal porte sur le méningiome, et sur certains progestatifs seulement

Le risque de méningiome n’est pas celui de la pilule en général. Il se répartit molécule par molécule : rare à très rare pour la chlormadinone, le nomégestrol et la cyprotérone, très faible pour le désogestrel, et non retrouvé pour le lévonorgestrel. La dose cumulée et la durée d’exposition font ensuite varier ce risque.

Un méningiome se développe dans les enveloppes du cerveau

Il naît dans les méninges, qui entourent le cerveau et la moelle épinière, et pousse lentement. Cette tumeur reste non cancéreuse dans la grande majorité des cas, mais certaines compriment le cerveau ou des nerfs et nécessitent une chirurgie lourde.

L’ANSM situe la fréquence générale à environ 9 à 10 nouveaux cas pour 100 000 personnes chaque année.

Le lien avec les hormones est connu depuis longtemps, bien avant la pilule. Le CBIP note que 60 à 80 % des méningiomes portent des récepteurs à la progestérone, que ces tumeurs sont plus fréquentes chez les femmes, et que leur croissance s’accélère parfois pendant une grossesse.

Les chiffres varient fortement d’une molécule à l’autre

Les molécules ne se valent pas. Des études de cohorte françaises reprises par le CBIP comparent, pour chaque progestatif, l’incidence du méningiome chez les femmes les plus exposées à celle des femmes peu exposées.

Risque de méningiome selon le progestatif, son usage et ce que retiennent le CBIP et l’ANSM.
Progestatif Où il est utilisé Ce que retiennent les agences
Acétate de cyprotérone Hyperandrogénie, certaines pilules combinées Rare, entre 1 et 10 personnes sur 10 000 ; augmente avec la dose cumulée
Chlormadinone, nomégestrol Pilules contraceptives, troubles du cycle, traitement hormonal Très rare ; augmente avec la dose cumulée
Médrogestone, acétate de médroxyprogestérone Troubles gynécologiques, contraception injectable Niveau de risque comparable à la chlormadinone et au nomégestrol
Désogestrel Contraception orale, implant et anneau Surrisque très faible, lié à un usage continu de plus de cinq ans
Lévonorgestrel Pilules combinées et stérilet Aucun surrisque retrouvé, quelle que soit la durée

Les écarts portent sur des doses élevées et des usages prolongés. Pour la cyprotérone, le CBIP rapporte 23,8 cas pour 100 000 personnes-années chez les femmes les plus exposées contre 4,5 chez les moins exposées. Le nomégestrol suit avec 19,3 contre 7,0, la chlormadinone avec 18,5 contre 6,8.

Ces taux s’expriment en personnes-années, une unité qui compte une personne suivie pendant un an.

Le désogestrel n’ajoute qu’un surrisque très faible

Une étude cas-témoins du groupement EPI-PHARE, publiée en 2025, a comparé 8 391 femmes opérées d’un méningiome en France entre 2020 et 2023 à des femmes sans méningiome. Un usage de moins d’un an ne montre pas de surrisque.

La durée pèse ensuite. Le risque est 1,32 fois plus élevé pour un usage prolongé, 1,51 fois entre cinq et sept ans et 2,09 fois au-delà de sept ans, sous forme d’odds ratio, une mesure qui compare la proportion de cas entre femmes exposées et non exposées. L’ANSM résume de son côté un risque multiplié par environ 1,7 après cinq ans et par 2 après sept ans. EPI-PHARE estime à 67 300 le nombre de femmes à traiter pour un méningiome opéré.

Deux situations pèsent davantage : un âge supérieur à 45 ans, où le risque apparaît dès la première année, et un usage antérieur d’un progestatif déjà connu pour augmenter ce risque. Le risque s’annule un an après l’arrêt du désogestrel. Le désogestrel se prend chaque jour sans interruption ; un retard de plus de 12 heures compte comme un oubli.

Quels signes doivent faire consulter ?

La taille et la position de la tumeur décident des signes, et ceux-ci s’installent souvent sans brutalité. Un signe nouveau ou qui s’aggrave justifie un avis médical.

Signes à signaler sans attendre : maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l’équilibre, troubles du langage, perte de mémoire, épilepsie nouvelle ou aggravée. L’ANSM cite aussi les vertiges, une paralysie, les troubles de l’audition, la perte de l’odorat et les convulsions. Le médecin ou la sage-femme évalue la situation et peut prescrire une IRM cérébrale.

Arrêter seule sa pilule n’est pas la bonne réaction

Interrompre une contraception sans avis médical expose à une grossesse non désirée. L’ANSM demande de poursuivre la contraception et d’en parler à la prochaine consultation de routine, sans rendez-vous en urgence. L’arrêt, la poursuite ou le changement se décident avec le médecin ou la sage-femme, qui connaît les antécédents et les traitements déjà pris.

La réévaluation annuelle fait partie du suivi. Elle tient compte de l’âge, des antécédents, des progestatifs déjà pris et de leur durée. Après 45 ans, la pertinence de poursuivre un désogestrel est réexaminée. La dose efficace la plus faible, pendant la durée la plus courte, reste la règle.

L’IRM cérébrale n’est pas systématique avec le désogestrel. Elle est demandée en cas de signes évocateurs, ou à l’instauration du désogestrel quand plus d’un an d’exposition à un progestatif à risque précède. Pour la chlormadinone, le nomégestrol, la cyprotérone, la médrogestone et la médroxyprogestérone, la surveillance par imagerie est encadrée. Lorsqu’un méningiome est mis en évidence, le traitement est arrêté et l’avis d’un neurochirurgien est requis.

Un antécédent de méningiome écarte la chlormadinone et le nomégestrol ; les autres situations qui font écarter une pilule combinée se lisent à part. Si la pilule actuelle ne convient plus, d’autres méthodes se comparent sur la durée et les oublis. Une question précise aide en consultation : quels progestatifs ont été pris avant, pendant combien de temps, et une IRM est-elle indiquée ?

Belgique et France : en Belgique, le CBIP attribue un risque rare confirmé à la chlormadinone et au nomégestrol et écrit que le risque n’est pas clair pour les autres progestatifs. En France, l’ANSM a conclu à un surrisque très faible du désogestrel, étendu par précaution aux pilules combinées au désogestrel, à l’implant et à l’anneau vaginal, et a écrit en septembre 2026 à environ 1,6 million d’utilisatrices.

Sources

  1. CBIP/BCFI, Risque de méningiome et progestatifs (novembre 2022)
  2. ANSM, Progestatifs et risque de méningiome : recommandations pour limiter ce risque (18 décembre 2023)
  3. ANSM, Contraception à base de désogestrel et risque de méningiome : questions-réponses (10 septembre 2026)
  4. EPI-PHARE (GIS ANSM-Cnam), Désogestrel ou lévonorgestrel et risque de méningiome intracrânien (13 juin 2025)