La pilule du lendemain ne rend pas stérile. L’Organisation mondiale de la santé écrit que les médicaments employés pour la contraception d’urgence ne sont pas préjudiciables à la fécondité future et qu’il n’y a pas de retard dans le retour de la fécondité après la prise. En Belgique, la notice du lévonorgestrel déposée à l’AFMPS décrit un comprimé qui empêche l’ovaire de libérer un ovule, sans effet décrit sur la suite. En France, la Haute Autorité de santé retient la même conclusion : la contraception d’urgence hormonale ne rend pas stérile.

Aucune donnée ne relie la pilule du lendemain à une stérilité
La stérilité n’apparaît dans aucune description officielle de cette contraception. L’Organisation mondiale de la santé indique que les médicaments utilisés ne sont pas préjudiciables à la fécondité future et que le retour de la fécondité n’est pas retardé après la prise. La Haute Autorité de santé écrit, pour la France, que la contraception d’urgence hormonale ne rend pas stérile.
La notice européenne d’ellaOne, qui porte sur l’ulipristal, va dans le même sens : elle décrit un « retour rapide à la fécondité » après la prise, et son texte destiné aux patientes affirme que le médicament n’affectera pas la fertilité. L’ANSM, en France, résume l’action des deux pilules en une phrase : elles agissent principalement en retardant l’ovulation.
L’effet se joue sur l’ovulation du cycle et s’arrête là
Un comprimé pris après un rapport ne répare pas ce rapport : il agit sur l’ovulation qui n’a pas encore eu lieu. L’ANSM l’écrit sans détour : une fois l’ovulation passée, la pilule ne peut plus empêcher la grossesse. La notice européenne emploie la même formule, et la notice belge du lévonorgestrel conclut que les pilules d’urgence sont inefficaces une fois l’ovulation survenue.
Rien ne reste actif au-delà de ce cycle. La fertilité des semaines suivantes est celle d’avant, et un comprimé pris en janvier ne pèse pas sur une ovulation de mars.
| Point | Ce qui est décrit |
|---|---|
| Effet principal | Retarder l’ovulation du cycle en cours. |
| Ovulation déjà passée | Le comprimé n’a plus d’effet : une grossesse peut s’installer. |
| Grossesse déjà en cours | Aucune interruption. |
| Fertilité des cycles suivants | Pas d’effet décrit : le retour de la fécondité n’est pas retardé. |
Une grossesse déjà commencée n’est pas interrompue
L’Organisation mondiale de la santé range la contraception d’urgence parmi les méthodes qui n’induisent pas d’avortement : elle ne peut interrompre une grossesse établie ni nuire à un embryon en développement. La notice européenne reprend cette phrase, et la notice belge du lévonorgestrel dit qu’il n’interrompt pas une grossesse en cours.
Une grossesse qui démarre malgré la prise n’est pas fragilisée par elle. La notice européenne écrit, dans son texte destiné aux patientes, que rien n’indique que ce médicament puisse affecter la grossesse. Pour le lévonorgestrel, la notice belge et la notice française publiée par l’ANSM ajoutent que les études disponibles n’ont démontré aucun risque de malformation chez le fœtus en développement.
Interrompre une grossesse installée relève d’autres médicaments : ceux utilisés pour une IVG médicamenteuse n’ont ni la même nature ni le même cadre.
Quand vérifier : en Belgique, la notice du lévonorgestrel déposée à l’AFMPS, approuvée en mai 2025, demande un test de grossesse au-delà de cinq jours de retard. En France, l’ANSM reprend le même seuil, et la Haute Autorité de santé, dans un texte mis en ligne le 18 mars 2020, parle d’un retard de plus de 5 à 7 jours ou de saignements anormaux. Pour l’ulipristal, la notice européenne d’ellaOne retient un retard de plus de sept jours.
Une grossesse qui tarde a d’autres causes que la pilule
L’OMS définit l’infertilité, dans sa fiche publiée le 15 septembre 2020, comme l’absence de grossesse après douze mois ou plus de rapports sexuels non protégés réguliers : en deçà, la situation ne répond pas à cette définition. Elle estime qu’environ une personne sur six en âge de procréer sera concernée au cours de sa vie.
Les causes documentées par l’OMS sont ailleurs : obstruction des trompes, endométriose ou fibromes, syndrome des ovaires polykystiques, troubles hormonaux, anomalies du sperme. Le tabagisme, une consommation excessive d’alcool et l’obésité figurent parmi les facteurs de mode de vie cités. Dans sa fiche sur la planification familiale, l’OMS écrit que les méthodes contraceptives modernes ne provoquent pas d’infertilité.
Au-delà de ces douze mois, la suite se joue sur un autre terrain : ce qu’une prise en charge de l’infertilité examine et propose.
Le risque qui menace la fertilité, c’est l’infection non traitée
L’OMS rattache une partie des infertilités à des atteintes des trompes, elles-mêmes liées à des infections sexuellement transmissibles non traitées. Un rapport non protégé ouvre cette porte, et un comprimé d’urgence ne la referme pas. La notice européenne prévient : le médicament ne protège ni du VIH ni des autres infections sexuellement transmissibles, parmi lesquelles elle cite la chlamydia, l’herpès génital, la gonorrhée, l’hépatite B et la syphilis.
La notice belge du lévonorgestrel fait le même rappel et renvoie vers un médecin, un pharmacien ou un centre de planning familial. Après un rapport non protégé, le dépistage de la chlamydia et sa prise en charge comptent parmi les suites à prévoir.
Ce qui revient quand un enfant se prépare
Faut-il attendre avant d’essayer d’avoir un enfant ?
Aucun délai ne vient de la pilule. L’OMS indique que le retour de la fécondité n’est pas retardé après la prise, et la notice européenne d’ellaOne parle d’un retour rapide. La protection demandée jusqu’aux prochaines règles concerne les rapports de cette période, pas la fertilité future. Pour la contraception qui prendra le relais, les différentes méthodes et leurs contraintes se comparent à froid.
Le décalage des règles après la prise est-il un signe de stérilité ?
Le décalage est un effet connu du comprimé. Dans les études de phase III menées sur l’ulipristal, reprises dans la notice européenne d’ellaOne mise à jour le 29 septembre 2025, 74,6 % des femmes ont eu leurs règles à la date prévue ou à sept jours près, 18,5 % ont eu plus de sept jours de retard et 4 % plus de vingt jours. L’ANSM décrit ces modifications comme généralement transitoires.
Plusieurs prises dans l’année peuvent-elles abîmer les ovaires ?
L’OMS écrit que les médicaments de la contraception d’urgence ne sont pas préjudiciables à la fécondité future, sans réserve liée au nombre de prises. Ce que la répétition change touche aux saignements, et répéter la prise dans un même cycle n’ajoute pas de protection.
Au bout de combien de temps consulter quand la grossesse ne vient pas ?
Douze mois de rapports réguliers non protégés sans grossesse correspondent à la définition que l’OMS donne de l’infertilité. C’est ce seuil qui transforme une attente en consultation, et la question à poser porte sur les causes actuelles, pas sur une pilule prise des années plus tôt.
Sources
- Organisation mondiale de la santé, Contraception d’urgence (9 novembre 2021)
- Agence fédérale des médicaments et des produits de santé, Notice : information de l’utilisateur, NorLevo 1,5 mg comprimés (mai 2025)
- Haute Autorité de santé, Contraception d’urgence : pilule du lendemain ou DIU au cuivre (18 mars 2020)
- Agence européenne des médicaments, ellaOne : résumé des caractéristiques du produit et notice (29 septembre 2025)
- ANSM, Pilule du lendemain (5 janvier 2026)
- ANSM, Notice : information de l’utilisateur, Levonorgestrel EG 1,5 mg comprimé (7 novembre 2025)
- Organisation mondiale de la santé, Infertilité (15 septembre 2020)
- Organisation mondiale de la santé, Planification familiale/méthodes de contraception (3 juillet 2025)