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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

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CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

« Pilule IVG » désigne l’avortement médicamenteux : une prise de mifépristone, puis du misoprostol 24 à 48 heures plus tard. Cette séquence interrompt une grossesse confirmée, en France jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse (9 semaines d’aménorrhée) et en Belgique jusqu’à 7 semaines après la conception. Elle n’a rien à voir avec la pilule du lendemain, qui empêche ou retarde une ovulation et n’interrompt aucune grossesse établie.

objets de contraception poses a plat sur une table claire, vue du dessus, composition ordonnee

L’avortement médicamenteux se prend en deux temps, à 24 ou 48 heures d’écart

La mifépristone bloque la progestérone, l’hormone qui maintient la grossesse. Le misoprostol, pris 24 à 48 heures plus tard, déclenche les contractions qui expulsent l’œuf. La Haute Autorité de santé retient cette séquence jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée, que l’IVG se fasse à l’hôpital ou en cabinet de ville. La deuxième prise reste obligatoire même si des saignements apparaissent dès le premier comprimé.

Le départ suppose une grossesse déjà repérée. Un simple retard de règles ne suffit pas à lancer le traitement : la datation et la localisation de la grossesse se vérifient avant.

La pilule IVG n’est pas la pilule du lendemain

Les deux se prennent par voie orale et portent souvent le même surnom, mais elles font l’inverse l’une de l’autre. Les comprimés vendus en pharmacie après un rapport non protégé, à base de lévonorgestrel ou d’acétate d’ulipristal, retardent l’ovulation ; l’Organisation mondiale de la santé précise qu’ils n’induisent pas d’avortement et ne peuvent pas interrompre une grossesse établie. La mifépristone, elle, agit sur une grossesse en cours.

Cette opposition commande un point pratique. Le délai de prise et la conduite à tenir après un rapport non protégé relèvent de la contraception d’urgence ; la fenêtre de quelques jours pendant laquelle elle reste utile ne concerne pas la pilule IVG, qui exige une grossesse confirmée. La notice belge de la Mifégyne range justement la grossesse non confirmée par échographie ou biologiquement parmi les contre-indications, au même titre que la suspicion de grossesse extra-utérine.

En Belgique, l’IVG reste autorisée avant la fin de la 12e semaine depuis la conception, soit 14 semaines d’aménorrhée (SA). Passé ce terme, seules une menace grave pour la santé ou une affection grave et incurable de l’enfant ouvrent encore la porte, et le SPF Santé publique indique une réorientation vers l’étranger dans les autres cas. La France va plus loin : la loi du 2 mars 2022 a porté le terme à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d’aménorrhée.

Ce qui change entre la Belgique et la France pour une IVG médicamenteuse, d’après le SPF Santé publique, Service-Public.fr et le guide officiel du ministère chargé de la Santé.
Critère Belgique France
Terme légal de l’IVG Fin de la 12e semaine depuis la conception (14 SA) Fin de la 14e semaine de grossesse (16 SA)
Voie médicamenteuse jusqu’à 7 semaines après la conception Fin de la 7e semaine de grossesse (9 SA)
Où le traitement se déroule Centre de planning familial ou hôpital Établissement, cabinet de ville, centre de santé ou centre de santé sexuelle, téléconsultation possible
Coût pour la personne Moins de 5 € en centre conventionné INAMI ; 75 à 100 € à l’hôpital sous anesthésie générale 100 % pris en charge par l’Assurance maladie, sans avance de frais en ville

Un terme de 15 semaines d’aménorrhée se traite donc en France et ne l’est plus en Belgique. Les deux pays n’écrivent pas non plus la même séquence médicamenteuse. La Haute Autorité de santé retient le misoprostol et ne recommande plus le géméprost ; la notice belge décrit, de son côté, 400 µg de misoprostol oral jusqu’à 49 jours d’aménorrhée, puis du géméprost par voie vaginale de 50 à 63 jours.

En Belgique, six jours d’attente séparent la consultation de l’intervention

La loi belge impose au moins six jours entre la première consultation physique et l’IVG, sauf urgence médicale. La France n’impose plus rien de tel : la loi du 2 mars 2022 a supprimé la semaine de réflexion qui valait pour toutes, mineures comprises, et Service-Public.fr confirme qu’un temps d’information suivi d’un consentement écrit suffisent, parfois au cours d’une seule consultation.

Une exception reste peu connue. Quand la première consultation tombe moins de six jours avant la fin de la 12e semaine, le SPF Santé publique et la convention INAMI prévoient que le terme autorisé recule du nombre de jours qui manquaient à l’attente. Si le dernier jour de cette prolongation est un samedi, un dimanche ou un jour férié, l’IVG peut encore se pratiquer le jour ouvrable suivant. Un rendez-vous pris tard ne ferme donc pas toujours la porte.

Après la deuxième prise, l’expulsion suit son calendrier

Le guide français et la notice belge donnent les mêmes repères : dans 60 % des cas, l’expulsion survient dans les 4 heures qui suivent le misoprostol, et pour les 40 % restants entre 24 et 72 heures. Les contractions ressemblent à des règles douloureuses, parfois plus fortes, et un antalgique est prévu à l’avance. Les saignements durent en général une quinzaine de jours ; la notice belge parle de saignements prolongés, parfois abondants, jusqu’à 12 jours après la prise de mifépristone.

Un saignement n’est pas une preuve de réussite. Le dossier-guide insiste : ces pertes ne signifient pas que la grossesse est arrêtée, d’où l’obligation de prendre le second médicament. Le rendez-vous de contrôle, fixé entre le 14e et le 21e jour, vérifie ensuite que l’expulsion est complète. La méthode réussit dans environ 95 % des cas ; quand elle échoue, la Haute Autorité de santé prévoit une aspiration endo-utérine.

À joindre sans attendre : une fièvre au-dessus de 38 °C, des pertes de sang très abondantes, de très fortes douleurs abdominales ou un malaise. Ces signes peuvent annoncer une complication, et le guide demande de contacter l’établissement qui a réalisé l’IVG, ou à défaut les urgences les plus proches.

Une nouvelle grossesse peut commencer dès le cycle suivant

Rien dans la mifépristone ne diminue la fécondité. La notice belge écrit qu’une grossesse est possible immédiatement après l’interruption, et qu’il faut donc démarrer la contraception choisie sans attendre la fin des saignements. Une pilule, un patch ou un implant peuvent débuter le jour de la prise de misoprostol, ou dans les 48 heures. Le stérilet au cuivre, posé dans la foulée d’une IVG instrumentale ou à la visite de suivi après la voie médicamenteuse, évite d’attendre le cycle suivant.

Les moyens qui se placent ou se manipulent dans le vagin, comme l’anneau ou la cape, attendent la fin du premier cycle. La consultation de contrôle sert aussi à choisir la contraception qui prendra le relais, et un dépistage des infections sexuellement transmissibles est proposé pendant le parcours, à commencer par le dépistage de la chlamydia.

Ce qu’on demande avant de choisir cette méthode

Faut-il une ordonnance ?

La pilule IVG ne s’achète pas librement. En France, les deux médicaments sont remis par le médecin ou la sage-femme, ou délivrés par une pharmacie d’officine quand le parcours se fait en téléconsultation. En Belgique, la mifépristone se prend au centre : la convention INAMI prévoit qu’elle y est toujours administrée, seule la deuxième prise pouvant se faire ailleurs. Rien de commun avec la contraception d’urgence, disponible sans ordonnance.

Que se passe-t-il si l’expulsion n’a pas lieu ?

La notice belge situe les échecs entre 1,3 et 7,5 % des cas. Le contrôle entre le 14e et le 21e jour sert à les détecter, par un examen clinique, un dosage hormonal ou une échographie. La Haute Autorité de santé prévoit alors une aspiration, et la notice rappelle que si la grossesse se poursuit alors que l’interruption reste le choix, une autre méthode est proposée.

Peut-on rester chez soi pendant le traitement ?

En France, les deux prises peuvent se faire au domicile, à condition de pouvoir joindre rapidement une structure en cas de complication. La Belgique encadre la deuxième prise au lieu de vie : une personne informée doit être présente, le médecin du centre doit rester joignable de la prise jusqu’après l’expulsion, et des consignes écrites sont remises. La Haute Autorité de santé recommande de ne pas rester seule pendant l’expulsion.

La méthode fonctionne-t-elle au-delà de 9 semaines ?

Passé la fin de la 7e semaine de grossesse, la voie médicamenteuse sort de son cadre. En France, elle s’arrête à 9 semaines d’aménorrhée et l’IVG instrumentale prend le relais jusqu’à 14 semaines de grossesse. En Belgique, elle s’arrête à 7 semaines après la conception, l’aspiration allant jusqu’à la fin de la 12e semaine.

Sources

  1. Haute Autorité de santé, Interruption volontaire de grossesse par méthode médicamenteuse, mise à jour (11 mars 2021)
  2. Ministère chargé de la Santé, Interruption volontaire de grossesse (IVG), dossier-guide (avril 2024)
  3. Organisation mondiale de la santé, Contraception d’urgence (9 novembre 2021)
  4. Agence fédérale des médicaments et des produits de santé, Résumé des caractéristiques du produit, Mifegyne 600 mg comprimés (approbation août 2025)
  5. SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement, Interruption volontaire de grossesse (loi du 3 avril 1990, modifiée par la loi du 15 octobre 2018)
  6. Service-Public.fr, Interruption volontaire de grossesse (IVG) (7 octobre 2025)
  7. INAMI, Convention avec les centres d’accompagnement médico-psycho-social en cas de grossesse non désirée (24 juin 2024)