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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

Préservatif féminin : comment ça marche

CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

Le préservatif interne est une gaine souple posée dans le vagin avant le rapport : un anneau fermé se loge au fond, contre le col de l’utérus, et un anneau plus large reste à l’extérieur, sur la vulve. Le sperme reste prisonnier de la gaine et ne rejoint pas l’utérus, indique l’ANSM dans son dossier sur les préservatifs publié le 5 janvier 2026. La pose peut se faire jusqu’à huit heures avant le rapport, sans érection nécessaire.

Pr\u00e9servatif f\u00e9minin : comment \u00e7a marche

La gaine reçoit le pénis là où le préservatif externe le recouvre

Une poche souple, et non un étui qui se déroule. Le nitrile, le polyuréthane ou le latex la composent, et elle tapisse toute la paroi vaginale. Le préservatif interne couvre alors les organes génitaux internes et externes de la femme ainsi que la base du pénis, d’après le manuel de l’Organisation mondiale de la santé et de Johns Hopkins.

Le sens du geste sépare les deux préservatifs. L’externe s’enfile sur un pénis en érection ; l’interne attend dans le vagin et reçoit le pénis au moment de la pénétration.

Le changement se fait à chaque rapport, à la différence des méthodes dont le rythme de prise ou de remplacement est fixé à l’avance.

Belgique : le préservatif interne se commande en pharmacie. L’assurance soins de santé ne le rembourse pas, l’arrêté royal du 16 septembre 2013 écartant les préservatifs de l’intervention prévue pour les contraceptifs.

France : une référence figure sur la liste des produits remboursables depuis l’arrêté du 22 décembre 2023.

Le pénis doit entrer dans la gaine, jamais glisser à côté

Une poche souple bouge pendant le rapport, et ce mouvement est normal. Le danger suit un autre trajet : si le pénis se glisse entre la gaine et la paroi du vagin, la barrière est contournée. L’ANSM demande donc de vérifier, au moment de la pénétration, que le pénis s’insère dans le préservatif et non entre le préservatif et le vagin.

L’efficacité repose sur ce détail. Correctement posé, le préservatif interne évite 95 % des grossesses ; utilisé comme dans la vie courante, il en évite 79 %, selon la brochure belge O’YES publiée en 2023. Le préservatif externe suit la même logique, avec deux taux d’efficacité selon la façon de l’utiliser.

Comment le poser, geste par geste ?

La pose demande des mains propres et un peu de méthode. La gaine ne quitte son emballage qu’au moment d’être introduite, et la position se choisit pour être à l’aise. Cinq gestes suffisent, décrits par Santé publique France.

  1. Laver les mains à l’eau et au savon.
  2. Ouvrir l’emballage avec les doigts, sans dents ni ciseaux, et laisser la gaine à l’intérieur jusqu’au placement.
  3. Pincer l’anneau intérieur entre le pouce et l’index.
  4. Introduire la gaine dans le vagin, puis la pousser au fond avec l’index, sans la laisser se vriller.
  5. Laisser l’anneau extérieur dehors : il couvre la vulve et reste visible.

Une gaine vrillée ou trop peu enfoncée augmente le risque de glissement.

Il tient après l’éjaculation, mais se retire avant de se lever

Le retrait ne suit pas le rythme du préservatif externe. Celui-ci s’enlève avant que l’érection ne retombe, donc juste après l’éjaculation. L’interne n’a pas à être retiré dans l’immédiat ; il peut rester en place après la perte de l’érection, mais se sort avant que la personne ne se lève, précise l’OMS et Johns Hopkins.

Une fois en place, on peut se rhabiller et bouger sans le déloger, note Santé publique France.

Le lubrifiant est fourni, l’huile est à écarter sur le latex

Le préservatif interne est lubrifié d’origine. Un lubrifiant supplémentaire reste possible, appliqué sur la face externe, au niveau du grand anneau qui demeure dehors, pour faciliter l’entrée du pénis, indique l’ANSM. Le latex ne supporte pas les corps gras : la vaseline et les huiles de massage altèrent la barrière. L’eau et le silicone conviennent.

Le nitrile et le polyuréthane, eux, ne craignent pas l’huile, d’après l’OMS et Johns Hopkins.

Un préservatif par rapport, et un seul à la fois

Un préservatif neuf à chaque rapport. L’ANSM rappelle qu’ils sont à usage unique, et le manuel de l’OMS et de Johns Hopkins déconseille de réutiliser un préservatif interne. Le cumul ne protège pas mieux : un préservatif externe posé par-dessus un interne, ou l’inverse, frotte et se rompt plus facilement. Les deux ne se superposent jamais.

Le retrait demande un geste lent. On tire la gaine doucement, de façon que le sperme ne se déverse pas dans le vagin, et le préservatif part à la poubelle.

Une gaine qui glisse ou se déchire laisse passer le sperme. Le rapport s’arrête, le préservatif se retire sans précipitation, et deux questions se posent sans attendre : la contraception d’urgence, dont les délais se comptent en heures, et le dépistage des infections, pour lequel les lieux et les tests à demander se préparent avant la consultation. Un professionnel de santé confirme le délai restant et l’examen à faire.

Trois cas où la pose se discute avant d’essayer

Le préservatif interne ne convient pas à toutes les situations. L’ANSM en écarte trois, dont deux liées à la main qui le pose.

En cas d’allergie au latex ?

Nitrile et polyuréthane ne contiennent pas de latex. Une allergie oriente donc vers l’un de ces deux modèles, note l’ANSM.

En cas d’infections urinaires ou vaginales à répétition ?

L’ANSM déconseille les contraceptifs qui doivent être introduits à la main, préservatif interne compris, quand les infections urinaires ou vaginales reviennent souvent.

Et si la mise en place résiste ?

La pose suppose de bien connaître son corps. L’ANSM la déconseille aux personnes qui ont des difficultés à le mettre en place. Santé publique France ajoute qu’il faut être à l’aise avec le fait de toucher son sexe et d’y introduire les doigts.

Sources

  1. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, Préservatifs, dossier thématique (publié le 5 janvier 2026) : https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/preservatifs
  2. Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers (édition 2022) : https://www.fphandbook.org/sites/default/files/WHO-JHU-FPHandbook-2022Ed-v221115a.pdf
  3. O’YES ASBL, Mon contraceptif, 10 infos clés (2023) : https://www.mescontraceptifs.be/wp-content/uploads/2023/01/Brochure_contraception_2023_web_3.pdf
  4. Santé publique France, QuestionsSexualités, Le préservatif interne ou « féminin » : comment ça marche ? : https://questionsexualite.fr/choisir-sa-contraception/tous-les-modes-de-contraception/le-preservatif-interne-ou-feminin-comment-ca-marche
  5. Moniteur belge, Arrêté royal du 16 septembre 2013 fixant une intervention spécifique dans le coût des contraceptifs pour les bénéficiaires n’ayant pas atteint l’âge de 25 ans, et pour les bénéficiaires ayant droit à une intervention majorée (publication du 20 septembre 2013) : https://www.ejustice.just.fgov.be/cgi_loi/change_lg.pl?cn=2013091603&la=F&language=fr&table_name=loi
  6. Journal officiel de la République française, Arrêté du 22 décembre 2023 portant inscription des préservatifs féminins lubrifiés ORMELLE de la société SUGANT au titre I de la liste des produits et prestations remboursables prévue à l’article L. 165-1 du Code de la sécurité sociale (Journal officiel du 27 décembre 2023) : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048669863