Le stérilet au cuivre ne perturbe pas l’équilibre hormonal, écrit Santé publique France, et le préservatif, le diaphragme ou la cape cervicale ne contiennent aucune hormone. Aucune méthode ne garantit de préserver le désir pour autant. Le CBIP classe la diminution de la libido parmi les effets indésirables possibles des estroprogestatifs et des progestatifs, sans donner de fréquence. En France, la notice du Mirena la range parmi les effets observés chez 1 à 10 femmes sur 100.

Sans hormone, l’équilibre hormonal n’est pas touché
Parmi les méthodes de longue durée d’action, le stérilet au cuivre est le seul qui ne contienne pas d’hormone. Il ne perturbe pas l’équilibre hormonal, selon Santé publique France. Son effet reste local : le CBIP décrit des règles plus abondantes, plus longues et plus douloureuses, surtout pendant les trois premiers cycles.
Ce changement de cycle compte dans le choix, parce qu’il s’installe dès la pose. Des règles déjà douloureuses avant la mise en place rendent le cuivre difficile à supporter, même sans hormone en jeu. La durée de port et l’usage possible en urgence se vérifient avant la pose, en même temps que ce qui se passe pendant les premiers mois.
La référence belge et la notice française ne disent pas la même chose du stérilet hormonal
Le CBIP écrit que la quantité de lévonorgestrel du stérilet hormonal qui atteint la circulation générale est très faible. Il ne nomme pas la baisse de libido dans sa rubrique du dispositif : il y décrit des effets hormonaux systémiques, tendances dépressives, céphalées, acné, prise de poids et tension mammaire.
En France, la notice du Mirena va plus loin. Elle range la baisse de la libido parmi les effets fréquents, observés chez 1 à 10 femmes sur 100, dans la même catégorie que l’humeur dépressive. Le même texte précise que les concentrations sanguines quotidiennes de lévonorgestrel sont plus faibles avec ce dispositif qu’avec n’importe quel autre contraceptif hormonal.
| Famille de méthode | Hormone | Ce que le CBIP écrit sur la libido | Ce qu’ajoute la notice française |
|---|---|---|---|
| Estroprogestatifs (pilule, patch, anneau) | Oui | Effet indésirable possible, sans fréquence | – |
| Progestatifs (minipilule, implant, piqûre) | Oui | Effet possible, aux côtés de la fatigue et des troubles du sommeil | – |
| Stérilet au lévonorgestrel | Oui, action locale | Non nommée dans la rubrique du dispositif | Effet fréquent, 1 à 10 femmes sur 100 |
| Stérilet au cuivre | Non | Absente, les effets décrits portent sur les règles et la douleur | – |
| Préservatif, diaphragme, cape | Non | – | – |
L’OMS apporte un troisième son de cloche. Son aide-mémoire sur les contraceptifs oraux, daté du 23 décembre 2025, écrit qu’ils ne modifient pas le comportement sexuel des femmes. Cette phrase porte sur le comportement sexuel, pas sur le désir ressenti, et elle ne contredit pas les signalements individuels.
Une sécheresse vaginale liée au dosage se corrige
Certains contraceptifs faiblement dosés en œstrogènes peuvent provoquer une sécheresse vaginale qui gêne les rapports, écrit Santé publique France. Un lubrifiant pendant les rapports répond directement à ce point. La même source rappelle qu’une partie des contraceptifs peut diminuer le taux de testostérone, une hormone du désir chez la femme comme chez l’homme.
Le mouvement inverse existe aussi. Quand les règles étaient douloureuses, la pilule peut réduire les douleurs menstruelles et laisser plus de place au désir, toujours selon Santé publique France. Le sens du changement n’est donc pas écrit d’avance.
Une baisse du désir accompagnée d’une humeur dépressive, de troubles du sommeil ou d’une fatigue qui persiste demande un avis. La notice du Mirena recommande de consulter en cas de changement d’humeur, et le CBIP liste séparément ces éléments parmi les effets possibles des contraceptions hormonales.
Arrêter une méthode ne suffit pas à faire revenir le désir
Les études sur le lien entre pilule et désir ne sont pas unanimes, et Santé publique France indique qu’il est difficile d’obtenir une réponse claire. Le CBIP ne donne ni fréquence ni délai de retour après l’arrêt. Les causes qui rendent l’origine d’une baisse difficile à trancher se lisent séparément.
La Haute Autorité de santé demande de réévaluer le choix à chaque renouvellement de prescription. Ce rendez-vous permet de comparer l’efficacité et les contraintes de chaque option avec la chronologie en main.
Belgique : l’INAMI accorde un remboursement supplémentaire pour certains contraceptifs aux personnes de moins de 25 ans et à celles qui bénéficient de l’intervention majorée, quel que soit leur âge. Ce montant atteint 3 euros par mois au maximum. Le CBIP signale les dispositifs entièrement gratuits dans ces deux situations.
France : la contraception est prise en charge à 100 % pour les femmes de moins de 26 ans depuis le 1er janvier 2022, d’après l’Assurance Maladie. Le stérilet au lévonorgestrel y est affiché à 83,34 euros, honoraires compris, avec un remboursement de 65 %.
Questions fréquentes
Faut-il arrêter la pilule pour retrouver du désir ?
Aucune référence officielle ne promet ce résultat. La Haute Autorité de santé place la réévaluation du choix à chaque renouvellement de prescription, et Santé publique France indique qu’une cause non contraceptive reste possible. La question à poser porte sur la chronologie : ce qui a commencé, et quand le changement a été remarqué.
Un stérilet au cuivre peut-il faire baisser la libido ?
Il ne contient pas d’hormone et ne perturbe pas l’équilibre hormonal, selon Santé publique France. Le CBIP rattache ses effets aux règles et à la douleur locale, sans action hormonale. Les douleurs de règles des premiers mois font partie des éléments à mentionner au médecin.
Le stérilet hormonal convient-il quand on craint une baisse de désir ?
Il diffuse la plus faible quantité de lévonorgestrel dans le sang parmi les contraceptifs hormonaux, selon la notice du Mirena. Cette même notice range pourtant la baisse de la libido parmi les effets fréquents, chez 1 à 10 femmes sur 100, et le CBIP ne la nomme pas dans sa rubrique du dispositif. Ces deux textes se présentent au médecin, sans trancher à l’avance.
Sources
- Santé publique France, QuestionSexualité, « La contraception fait-elle baisser la libido ? » (sans date de publication indiquée)
- CBIP/BCFI, Répertoire Commenté des Médicaments, chapitre 6 Gynéco-obstétrique (version du 15/09/2026)
- ANSM, Base de données publique des médicaments, MIRENA 52 mg, dispositif intra-utérin, résumé des caractéristiques du produit et notice (mise à jour du 17/06/2026)
- Organisation mondiale de la Santé, « Contraceptifs oraux » (23 décembre 2025)
- Haute Autorité de santé, Contraception chez la femme adulte et de l’adolescente en âge de procréer (hors post-partum et post-IVG) (validation du 10 juillet 2019)
- INAMI, Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs (sans date de publication indiquée)
- Assurance Maladie, Circulaire CIR-6/2022 relative à la prise en charge intégrale de la contraception jusqu’à 25 ans inclus (2022)