Un questionnaire de contraception écarte d’abord les méthodes contre-indiquées, pas celles qu’on préfère. La HAS a publié une aide à la décision partagée que le professionnel utilise pendant la consultation. Ce questionnaire ne remplace pas l’avis médical : il structure l’échange avec un professionnel de contraception.

Que trie un questionnaire de contraception ?
Le questionnaire de la HAS ne propose pas une méthode au hasard. Il pose d’abord les contre-indications : antécédent de thrombose, migraine avec aura, cancer hormono-dépendant, maladie hépatique grave. Si un critère est présent, la méthode concernée sort du classement. Le CBIP ajoute l’âge comme critère : certaines pilules ne conviennent pas après 35 ans chez les fumeuses. Le premier tri élimine donc des méthodes avant de comparer les préférences, et c’est cette logique qu’il faut connaître pour comprendre le résultat.
Le tri se fait en deux temps. D’abord les contre-indications. Ensuite l’efficacité attendue, la fréquence d’administration et le coût après remboursement. Le questionnaire de ChoisirSaContraception.fr classe les méthodes en trois catégories : possibles, préférées et non recommandées. Il ne donne pas d’ordonnance.
Le résultat change si on le remplit seul
L’outil en ligne ChoisirSaContraception.fr base son classement sur le Code de la santé publique, les recommandations HAS et les AMM. Mais il ne remplace pas la consultation : il ne mesure pas la tension, ne connaît pas les antécédents familiaux et ne prescrit rien. La HAS elle-même présente son outil comme un support pour la discussion avec un professionnel, pas comme un résultat automatique. Le questionnaire seul ne vaut pas ordonnance, et la personne qui l’utilise doit en être consciente avant de se fier au classement proposé.
En Belgique, le planning familial propose un questionnaire confidentiel en amont de la consultation, que le médecin complète pendant l’entretien. Le document de Santé publique France, publié en 2025, accompagne le choix chez l’adulte sans le réduire à un algorithme.
La différence Belgique France sur le coût à la pharmacie
En Belgique, l’INAMI verse une intervention supplémentaire de 3 € par mois maximum pour la pilule, le patch, l’anneau vaginal, l’implant et le stérilet, aux personnes de moins de 25 ans ou bénéficiaires de l’intervention majorée (statut BIM). La pilule du lendemain est remboursée à hauteur de 9 € par boîte, sans limite d’âge, et plusieurs marques sont gratuites ou coûtent moins d’1 €. La pilule du lendemain est accessible sans ordonnance. En France la règle diffère : les moins de 26 ans bénéficient d’une prise en charge à 100 % pour le DIU, l’implant, le diaphragme et certaines pilules, sans avance de frais, tandis que le patch et l’anneau vaginal ne le sont pas. Après 26 ans, ces mêmes méthodes passent à 65 %. Cette différence d’âge change la conduite : en Belgique une jeune de 24 ans paie moins qu’en France, mais à 25 ans le bascule.
| Critère | Belgique | France |
|---|---|---|
| Couverture maximale | Moins de 25 ans ou BIM | Moins de 26 ans |
| Montant pilule/mois | 3 € maximum | 100 % jusqu’à 26 ans |
| Pilule du lendemain | 9 € max, sans limite d’âge | Remboursée selon ordonnance |
| Ordonnance requise | Oui pour toutes les méthodes | Oui, sauf préservatif et pilule du lendemain |
Ce que le professionnel ajoute au questionnaire
Le questionnaire écrit ne suffit pas. Le CBIP note que le professionnel évalue la tension artérielle, l’indice de masse corporelle et le tabagisme avant de valider une prescription. En France, l’ANSM demande un bilan lipidique et glycémique avant et pendant une contraception œstroprogestative. Ces éléments ne figurent pas dans le questionnaire seul. La consultation dure en moyenne 20 à 30 minutes selon la HAS, et inclut la discussion sur les attentes, les effets indésirables passés et les préférences. Le questionnaire arrive en amont : il fait gagner du temps sur les points techniques, mais la décision reste partagée.
La pilule du lendemain est-elle remboursée en Belgique à tout âge ?
Oui. L’INAMI rembourse jusqu’à 9 € par boîte, sans limite d’âge. Plusieurs marques sont gratuites ou coûtent moins d’1 € en pharmacie, et le centre de planning familial la délivre gratuitement.
Le questionnaire en ligne remplace-t-il la consultation ?
Non. L’outil ChoisirSaContraception.fr classe les méthodes possibles et préférées, mais il ne mesure pas la tension, ne connaît pas les antécédents familiaux et ne prescrit pas. La HAS le présente comme un support de discussion, pas comme un résultat automatique.
Quel âge limite pour la couverture maximale en Belgique ?
Moins de 25 ans, ou tout âge en cas de statut BIM (intervention majorée). En France la limite est 26 ans. Après ces seuils, le remboursement évolue selon la méthode et la mutuelle.
Le patch et l’anneau sont-ils remboursés à 100 % en France ?
Non. Jusqu’à 26 ans, le DIU, l’implant, le diaphragme et certaines pilules sont à 100 %. Le patch et l’anneau vaginal ne le sont pas. Après 26 ans, ces méthodes passent à 65 %.
L’implant est-il remboursé en Belgique ?
Oui. L’INAMI verse une intervention supplémentaire de 3 € par mois pour l’implant, aux personnes de moins de 25 ans ou bénéficiaires du statut BIM. L’implant coûte 143,59 € en pharmacie, soit 36 € avec l’intervention pour les moins de 25 ans.
Sources
- Haute Autorité de santé, « Choisir sa contraception avec un professionnel de santé » (25 septembre 2014, mis à jour 13 octobre 2023), https://www.has-sante.fr/jcms/c_1764020/fr/choisir-sa-contraception-avec-un-professionnel-de-sante
- Santé publique France, « Question Contraception » (2025), https://www.santepubliquefrance.fr/sante-sexuelle/brochure/question-contraception
- Institut national d’assurance maladie-invalidité, « Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs », https://www.inami.fgov.be/fr/themes/soins-de-sante-cout-et-remboursement/les-prestations-de-sante-que-vous-rembourse-votre-mutualite/medicaments/remboursement-d-un-medicament/contraceptifs
- Service-Public.fr, « Contraception » (29 juin 2026), https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F707
- Centre belge d’information pharmacothérapeutique, « Contraception », Répertoire commenté des médicaments (2023), https://www.cbip.be/fr/chapters/7?frag=5306
- ChoisirSaContraception.fr, « Méthode — Comment sont produits les résultats », https://questionnaire.choisirsacontraception.fr/methode