Quatre à sept grossesses surviennent chaque année pour 100 femmes qui prennent une pilule combinée comme Minidril, et une seule lorsque la prise est parfaite. Son indice de Pearl, publié dans le résumé des caractéristiques du produit, est de 0,1. L’écart tient à un comprimé oublié, à un vomissement ou à un médicament qui accélère l’élimination des hormones, rarement à la pilule elle-même.

Un indice de Pearl de 0,1 et 4 à 7 grossesses pour 100 femmes par an
Les deux chiffres ne se contredisent pas, et l’écart porte sur la méthode de mesure. L’indice de Pearl, publié par l’ANSM dans le résumé des caractéristiques, correspond à un essai où aucun comprimé n’est oublié. L’Organisation mondiale de la santé compte, elle, 4 à 7 grossesses pour 100 femmes sur la première année en usage courant, contre une seule lorsque la prise est correcte et régulière.
Minidril associe 0,150 mg de lévonorgestrel à 0,030 mg d’éthinylestradiol, une plaquette de 21 comprimés suivie de sept jours sans prise. Ce qui sépare les deux usages, c’est la régularité, pas la molécule ; le classement du lévonorgestrel en deuxième génération ne change rien à son efficacité contraceptive.
Le mode d’action laisse une marge. La pilule bloque surtout la libération d’un ovule, précise l’Organisation mondiale de la santé. Une ovulation qui passe malgré tout peut donner une grossesse.
Un comprimé oublié isolé ne demande rien en Belgique, sept jours de préservatif en France
Le CBIP/BCFI belge compte un oubli à partir de plus de 12 heures de retard, et de plus de 24 heures pour le premier comprimé de la plaquette. Pour un comprimé unique oublié ailleurs dans la plaquette, il ne prévoit aucune mesure supplémentaire, quelle que soit la semaine. Le résumé des caractéristiques français demande, lui, un préservatif pendant les sept jours qui suivent un oubli en semaine 1, celle qui suit la pause.
| Situation | Belgique (CBIP) | France (Minidril, ANSM) |
|---|---|---|
| Moins de 12 heures de retard | Prendre le comprimé, poursuivre, aucune mesure | Prendre le comprimé, efficacité non réduite |
| Un seul comprimé oublié, sauf le premier de la plaquette | Aucune mesure supplémentaire, quelle que soit la semaine | Sept jours de préservatif si l’oubli tombe en semaine 1 |
| Deux comprimés ou plus, semaine 1 | Méthode supplémentaire jusqu’à sept prises correctes, contraception d’urgence possible | Préservatif pendant sept jours, grossesse possible à envisager |
Les deux documents se rejoignent sur le reste. L’ANSM écrit que le risque d’une protection incomplète est maximal au début et à la fin de la plaquette, quand l’intervalle entre deux comprimés actifs s’allonge. Après deux comprimés oubliés ou plus, le rattrapage comprimé par comprimé est détaillé dans les seuils d’heures et les gestes de rattrapage.
Ce qui fait échouer Minidril
Un vomissement dans les trois à quatre heures qui suivent la prise peut vider le comprimé avant son absorption, écrit l’ANSM. La consigne est alors celle d’un oubli : prendre un autre comprimé de réserve dès que possible, et au-delà de 12 heures, appliquer la conduite prévue pour un oubli. Une diarrhée sévère produit le même effet ; le CBIP note que les contraceptifs oraux paraissent un peu moins fiables dans ces deux situations.
Les médicaments pèsent davantage. Le millepertuis est contre-indiqué : l’ANSM le range parmi les associations interdites avec Minidril, jusqu’à l’annulation possible de l’effet contraceptif. Certains antiépileptiques, la rifampicine, la rifabutine et le ritonavir font partie des inducteurs enzymatiques à éviter, et le CBIP précise que leur effet peut persister jusqu’à un mois après l’arrêt. Les traitements qui font baisser l’efficacité se vérifient avant chaque prescription.
Un antibiotique courant ne suffit pas à faire échouer la pilule. Le CBIP rappelle que les antibiotiques ne sont pas des inducteurs enzymatiques, sauf la rifampicine et la rifabutine, et que l’hypothèse d’une baisse de résorption a été abandonnée. La précaution ne revient que si le traitement provoque des vomissements graves ou une diarrhée liquide sévère.
Avis rapide : un oubli de plus de 12 heures suivi d’un rapport non protégé, ou un vomissement dans les trois à quatre heures suivant la prise, se discutent le jour même avec un pharmacien ou un médecin. Une contraception d’urgence reste possible, le lévonorgestrel dans les 72 premières heures et l’ulipristal jusqu’à cinq jours.
Une plaquette reprise en retard rouvre la fenêtre de risque
Le résumé des caractéristiques énonce deux règles. La prise ne doit jamais être interrompue pendant plus de sept jours, et sept jours de prise ininterrompue sont nécessaires pour bloquer l’axe qui commande l’ovulation. Reprendre la plaquette suivante en retard revient donc à allonger une pause déjà prévue, ce qui laisse le temps à une ovulation de passer.
Quand la nouvelle plaquette démarre après le huitième jour, l’ANSM demande un préservatif pendant les sept premiers jours, et la possibilité d’une grossesse se regarde si un rapport a eu lieu pendant cette période.
Deux saignements de pause manqués d’affilée imposent un test
L’hémorragie qui suit la plaquette n’est pas une preuve. L’ANSM écrit que si tous les comprimés ont été pris correctement, sans vomissement ni médicament associé, une grossesse est peu probable et l’absence de saignement n’a rien d’anormal. Sa présence, à l’inverse, n’écarte pas une grossesse lorsqu’un comprimé a été oublié.
Le repère qui tranche est le nombre. Deux hémorragies de privation manquées d’affilée conduisent à vérifier l’absence de grossesse avant de reprendre une plaquette, écrit encore l’ANSM.
Que faire quand le risque de grossesse est réel ?
Un retard de règles qui persiste sous Minidril se vérifie par un test de grossesse. Si le test est positif, l’ANSM demande d’arrêter le comprimé immédiatement : le rendez-vous qui suit sert à dater la grossesse et à décider de la suite.
Un test négatif suffit-il ?
Un test fait trop tôt peut ne rien détecter, et c’est le retard de règles qui sert de repère, pas un rapport isolé. Quand les règles ne reviennent pas, la question se reprend avec un médecin ou une sage-femme plutôt qu’avec une série de tests.
Un préservatif reste-t-il utile avec Minidril ?
La pilule ne protège pas des infections sexuellement transmissibles, ni du VIH, rappelle l’Organisation mondiale de la santé. Le préservatif protège de leur transmission et sert en plus de méthode d’appoint après un oubli.
Que se passe-t-il si le test est positif ?
Minidril n’est pas indiqué pendant la grossesse : le traitement s’interrompt dès la découverte. Aucun effet tératogène n’a été observé lorsqu’un contraceptif combiné a été pris par erreur en début de grossesse, écrit l’ANSM, et le CBIP ne retient aucun effet malformatif attribuable à cette exposition. Le CBIP ajoute une réserve propre à certains progestatifs : l’exposition pendant la grossesse au lévonorgestrel par voie orale peut entraîner une masculinisation du fœtus féminin. Ce point se discute avec le professionnel qui suit la grossesse, de même que les effets retenus pour l’embryon exposé et les délais d’une interruption.
Peut-on passer à une méthode qui pardonne plus les oublis ?
Le CBIP place les méthodes à longue durée d’action, le DIU au cuivre, le DIU hormonal, l’implant et la piqûre, parmi les méthodes réversibles les plus efficaces, parce qu’elles demandent moins d’une administration par mois. Un changement ne se décide pas seul : les méthodes de contraception et ce qu’elles demandent au quotidien se comparent avec un médecin ou une sage-femme.
En Belgique, la même association s’appelle Microgynon 30 et est gratuite avant 25 ans
Le nom Minidril est celui du marché français. En Belgique, la même association, éthinylestradiol 0,03 mg et lévonorgestrel 0,15 mg, est reprise au Répertoire du CBIP sous le nom de Microgynon 30, entre autres spécialités. Le prix y est public : 4,54 € pour trois plaquettes de 21 comprimés, et la mention « aJ » signale un contraceptif gratuit pour toute personne de moins de 25 ans ou bénéficiaire de l’intervention majorée.
L’INAMI ajoute une intervention supplémentaire qui s’empile sur le remboursement classique : jusqu’à 3 € par mois pour les contraceptifs, pour les moins de 25 ans ou, sans limite d’âge, pour les bénéficiaires de l’intervention majorée. En France, la prise en charge dépend de l’âge : les pilules remboursables le sont à 100 % jusqu’à 26 ans, puis à 65 %, sur ordonnance, d’après service-public.gouv.fr.
Sources
- Organisation mondiale de la santé, Contraceptifs oraux (23 décembre 2025)
- ANSM, Résumé des caractéristiques du produit : Minidril, comprimé enrobé (mis à jour le 8 octobre 2021)
- CBIP/BCFI, Répertoire Commenté des Médicaments, chapitre 6 « Gynéco-obstétrique » (version du 15/09/2026)
- INAMI, Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs
- service-public.gouv.fr, Contraception (vérifié le 29 juin 2026)