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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

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CYCLE ET FERTILITÉ Mis à jour le 19 septembre 2026

Le désir sexuel baisse souvent après une naissance, chez les femmes comme chez les hommes. Le site public français 1000 premiers jours cite, parmi les raisons, la fatigue, les bouleversements du corps et le manque de temps. En Belgique, l’Office de la naissance et de l’enfance demande de prendre le temps qu’il faudra, d’en parler avec le partenaire et de trouver un relais pour passer du temps en couple. Trois choses freinent souvent la reprise : un périnée encore douloureux, une sécheresse vaginale, une humeur qui ne remonte pas.

un calendrier mural et un carnet ouvert sur une table de cuisine, lumiere du matin

Aucun calendrier de retour n’est publié

Question Sexualité, le site d’information de Santé publique France, écrit que certains parents ressentent moins de désir et que d’autres ne remarquent aucune différence, sans qu’une norme s’applique. 1000 premiers jours écarte de son côté toute obligation en matière de sexualité.

Pendant la grossesse, le désir change déjà. Il peut diminuer, augmenter ou ne rien changer, et il suit souvent le fil des trimestres : fatigue et nausées au premier, embellie possible au deuxième, gêne liée au volume du ventre au troisième. Aucune de ces variations n’annonce ce qui viendra après la naissance.

Le corps récupère en semaines, et une douleur pendant les rapports se signale

Des saignements durent deux à six semaines après l’accouchement, et Question Sexualité conseille de consulter un médecin ou une sage-femme au-delà. Le périnée reste provisoirement distendu, la zone peut être gonflée et endolorie.

Une suture d’épisiotomie ou de déchirure reste douloureuse plusieurs jours, une cicatrice de césarienne plusieurs semaines. L’OMS inscrit les douleurs périnéales, la cicatrisation des plaies, les douleurs mammaires et la fatigue parmi les points à évaluer à chaque contact postnatal.

Ces douleurs freinent la sexualité, et le partenaire ne les perçoit pas toujours. Quand la gêne ne se résout pas d’elle-même, Question Sexualité renvoie vers un médecin ou une sage-femme.

À signaler sans attendre : fièvre, saignements anormaux et pertes malodorantes, que le site 1000 premiers jours fait consulter sans délai ; des saignements qui dépassent six semaines, le seuil donné par Question Sexualité.

L’allaitement fait chuter les œstrogènes, et la sécheresse se traite

Question Sexualité décrit la suite : l’allaitement fait chuter le taux d’œstrogènes, certaines mères ressentent alors moins de désir, et une sécheresse vaginale peut rendre les rapports inconfortables. La tétée libère aussi de l’ocytocine, une hormone qui participe à l’excitation.

Un lubrifiant rend les caresses et la pénétration plus agréables. Tirer le lait ou nourrir l’enfant juste avant évite qu’il s’écoule pendant le rapport, et les positions qui appuient sur un ventre encore sensible se remplacent. Si la sécheresse gêne, le pharmacien, le médecin généraliste et la sage-femme sont les interlocuteurs cités.

La rééducation du périnée ne traite pas les douleurs des rapports

Le réflexe courant après un accouchement est de demander une rééducation du périnée pour que les rapports redeviennent agréables. Les recommandations françaises ne valident pas ce raisonnement. Dans ses recommandations publiées en 2015, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français écrit que la rééducation guidée par un thérapeute n’est pas recommandée pour traiter ou prévenir des douleurs pendant les rapports (grade C), ni pour un prolapsus.

Rééducation du périnée après l’accouchement : ce que retiennent l’OMS (2022), le CNGOF (2015) et Question Sexualité (Santé publique France).
Source Ce qu’elle dit de la rééducation Objectif visé
OMS, 2022 Un entraînement systématique après l’accouchement n’est pas recommandé Prévenir l’incontinence urinaire et fécale
CNGOF, 2015 Recommandée pour une incontinence installée, non recommandée pour les douleurs pendant les rapports et pour un prolapsus Traiter une incontinence urinaire ou anale
Question Sexualité Proposée six à huit semaines après l’accouchement, prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie Tonus du périnée et sensibilité pendant la pénétration

Ce qui est chiffré, c’est l’inverse : une incontinence urinaire qui persiste à 3 mois justifie une rééducation (grade A), et une incontinence anale aussi (grade C). Chez une femme sans symptôme à 3 mois, elle n’est pas recommandée ; commencée dans les deux mois qui suivent l’accouchement, elle ne l’est pas davantage.

L’OMS tient la même ligne que le CNGOF sur ce point. La France informe autrement : la rééducation y est présentée comme un temps de remusclement et un gain de sensibilité, alors que les recommandations la réservent à une incontinence installée. Un rendez-vous demandé pour des douleurs pendant les rapports ne s’appuie donc sur aucun des deux textes.

Une dépression du post-partum se cherche avec un outil validé

Dans ses lignes directrices publiées en 2022, l’OMS recommande un dépistage de la dépression et de l’anxiété du post-partum à l’aide d’un instrument validé, assorti de services de diagnostic et de prise en charge lorsque le test est positif.

La position française diffère. Le CNGOF note en 2015 que l’échelle EPDS est l’outil de dépistage le plus utilisé, mais que son usage systématique n’est pas recommandé, la rencontre clinique restant à privilégier.

Les fréquences publiées varient. L’ONE, dans un article publié en février 2021, retient 10 à 15 % des jeunes mères ; le CNGOF, environ 13 % des naissances ; Question Sexualité, 15 à 20 % des mères sur la première année. Selon l’ONE, le baby blues dure un à trois jours ; un état qui dépasse une semaine, ou qui apparaît plus tard, mérite d’être signalé.

Question Sexualité cite un sommeil perturbé, une grande tristesse, une fatigue extrême, un désintérêt pour le nourrisson, des angoisses, ou le sentiment de ne pas être à la hauteur. Le CNGOF compte les troubles anxieux à part, à environ 13 % des naissances.

Deux rendez-vous obligatoires en France, une autre porte d’entrée en Belgique

La France prévoit deux rendez-vous obligatoires, que décrit le site 1000 premiers jours : un entretien postnatal précoce entre la 4e et la 8e semaine après l’accouchement, puis une consultation médicale postnatale entre la 6e et la 8e semaine. Ils se déroulent avec le médecin traitant, une sage-femme ou un gynécologue, et la consultation permet de prescrire des séances de rééducation périnéale et abdominale.

L’OMS situe le dernier contact postnatal à six semaines, après ceux des 24 heures, des 48 à 72 heures et du 7e au 14e jour. Le post-partum couvre ces six semaines.

En Belgique : le suivi se prend chez le gynécologue, le médecin généraliste ou la sage-femme. L’ONE cite aussi les Partenaires Enfants-Parents, et les centres de planning familial restent une porte d’entrée pour les questions de contraception. Le CBIP signale d’un symbole « aJ » les contraceptifs gratuits pour toute personne de moins de 25 ans et pour les bénéficiaires de l’intervention majorée, sans limite d’âge.

Cinq éléments se notent avant le rendez-vous : la date de fin des saignements, la présence ou non de douleurs pendant les rapports, l’allaitement, la contraception souhaitée, et l’humeur des dernières semaines. Ces repères ne remplacent pas une consultation.

Peut-on reprendre les rapports avant les six semaines ?

La visite des six semaines vérifie la douleur et la cicatrisation, elle ne fixe pas de date de reprise. Ce qui porte une échéance chiffrée, c’est la contraception : le CNGOF recommande une méthode efficace au plus tard 21 jours après l’accouchement. Le choix dépend de l’allaitement, et les dates auxquelles chaque méthode peut commencer en tiennent compte.

Faut-il arrêter d’allaiter pour retrouver du désir ?

L’OMS recommande l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois, et Question Sexualité ne présente pas le sevrage comme un moyen de retrouver du désir. La sécheresse et l’inconfort des rapports se traitent sans interrompre l’allaitement.

La contraception hormonale peut-elle être en cause ?

Le CBIP, dans la version du 15 septembre 2026 de son Répertoire commenté, classe la diminution de la libido parmi les effets indésirables possibles des estroprogestatifs et des progestatifs contraceptifs. L’attribution reste difficile, et un changement se décide avec celui qui prescrit. La part qui revient à la contraception hormonale est détaillée de son côté.

Le désir revient-il avec les règles ?

Les cycles et le désir ne suivent pas le même fil. La fertilité a ses repères propres, et les signes du cycle les documentent : un test d’ovulation détecte l’hormone qui précède l’ovulation, pas l’ovulation. Ces repères se notent, et aucun d’eux ne mesure l’envie.

Sources

  1. 1000 premiers jours (Santé publique France), La vie de couple quand on devient parent (mise à jour du 12 septembre 2025)
  2. Office de la naissance et de l’enfance, Un bébé, et après : à quoi s’attendre après l’accouchement ? (24 février 2021)
  3. Question Sexualité (Santé publique France), La sexualité après l’arrivée d’un enfant (sans date affichée)
  4. Question Sexualité (Santé publique France), Tout savoir sur le sexe pendant la grossesse (sans date affichée)
  5. Organisation mondiale de la Santé, Recommandations de l’OMS concernant les soins maternels et néonataux pour une expérience positive de la période postnatale : résumé analytique (2022)
  6. Collège national des gynécologues et obstétriciens français, Recommandations pour la pratique clinique : post-partum, texte court (2015)
  7. 1000 premiers jours (Santé publique France), Le suivi médical après l’accouchement (2024)
  8. CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique (version du 15 septembre 2026)