Une IST est une infection sexuellement transmissible : une bactérie, un virus ou un parasite s’installe dans l’organisme après un rapport sexuel vaginal, anal ou oral. L’Organisation mondiale de la santé en décrit plus de trente, dont huit concentrent presque tous les cas. Le mot « infection » est choisi à dessein : ces infections restent muettes dans la majorité des cas, et une personne qui se sent bien peut transmettre sans le savoir. Quatre se guérissent, les quatre autres sont des virus qui ne disparaissent pas mais se contrôlent.

Une infection, ce n’est pas encore une maladie
Le mot décrit un germe installé dans les muqueuses ou le sang, qui ne provoque pas forcément de signes. L’Organisation mondiale de la santé l’écrit dans sa fiche du 10 septembre 2025 : ces infections sont asymptomatiques dans la majorité des cas. Une personne infectée se sent donc normale, et transmet parfois sans le savoir.
Un même germe peut rester silencieux des mois, puis laisser des lésions. La chlamydia et la gonorrhée non traitées peuvent provoquer une inflammation pelvienne, une douleur chronique et une atteinte de la fertilité, précise l’OMS. La syphilis évolue par stades et peut toucher le cerveau, le cœur ou les vaisseaux des années après la contamination. Aucune de ces suites ne se devine aux symptômes ressentis : les infections qui ne se signalent par rien se cherchent à partir des situations, pas des signes.
Un écoulement, une brûlure en urinant ou une lésion apparue après un rapport se font examiner, même si tout s’efface en quelques jours. La syphilis commence par un chancre indolore qui disparaît seul en 3 à 10 jours, et l’infection continue pourtant : elle reste transmissible jusqu’à deux ans, selon l’OMS.
Trois pratiques, trois portes d’entrée pour le même contact
La transmission se fait par contact entre muqueuses ou entre peau et muqueuse, lors d’un rapport vaginal, anal ou oral, rappelle l’OMS. Le sexe, l’anus et la gorge sont donc concernés. Un préservatif mis pour une pénétration vaginale ne protège ni un rapport oral ni un rapport anal laissés de côté.
Deux infections échappent même à un préservatif bien posé : la syphilis et l’herpès génital passent par un simple contact cutané, et le préservatif n’arrête pas une lésion située en dehors de la zone qu’il recouvre, écrit l’OMS.
La contraception ne change rien à ce risque. Pilule, implant et stérilet s’arrêtent à la grossesse ; le préservatif reste la méthode la plus efficace contre les IST, VIH compris, quand il est utilisé à chaque rapport et correctement.
Quand quelque chose se voit, les signes qui orientent vers une infection réduisent le champ sans nommer le germe à coup sûr.
Le sexe n’est pas la seule voie de transmission
L’OMS cite deux autres passages : de la mère à l’enfant, pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement, et les transfusions sanguines à risque. Un préservatif ne protège donc pas de tout ce qui circule sous le nom d’IST.
La liste bouge aussi. La mpox, Shigella sonnei, Neisseria meningitidis, le virus Ebola et le virus Zika comptent désormais parmi les infections que l’on peut contracter lors d’un rapport sexuel, toujours selon l’OMS. Le nom « IST » ne désigne pas une liste fermée.
L’hépatite B en donne l’exemple le plus net : elle passe par le sexe, mais aussi par le sang et de la mère à l’enfant. Deux IST seulement disposent d’un vaccin, l’hépatite B et le HPV, et pour l’hépatite B, le vaccin évite une infection qui peut devenir chronique.
Huit germes font presque tout le travail
Sur plus de trente agents connus, huit rassemblent la quasi-totalité des cas dans le monde, selon la fiche de l’OMS. Quatre cèdent à un traitement : la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis et la trichomonase. Les quatre autres sont des virus, l’hépatite B, l’herpès génital, le VIH et le HPV, que les antibiotiques n’atteignent pas.
| Infection | Germe | Traitement | Vaccin | Repère mondial |
|---|---|---|---|---|
| Chlamydia | Bactérie | Antibiotique | Non | 129 millions de cas en 2020 |
| Gonorrhée | Bactérie | Antibiotique | Non | 82 millions de cas en 2020 |
| Syphilis | Bactérie | Antibiotique | Non | 7,1 millions de cas en 2020 |
| Trichomonase | Parasite | Antiparasitaire | Non | 156 millions de cas en 2020 |
| Hépatite B | Virus | Antiviral au long cours | Oui | 254 millions de porteurs chroniques en 2022 |
| Herpès génital | Virus | Antiviral, sans guérison | Non | 520 millions de personnes de 15 à 49 ans en 2020 |
| VIH | Virus | Antiviral au long cours | Non | – |
| Infection à HPV | Virus | – | Oui | 300 millions de femmes ; plus de 311 000 décès par cancer du col chaque année |
L’ampleur se lit sur un chiffre : en 2020, l’OMS estime que 374 millions de personnes de 15 à 49 ans ont contracté l’une des quatre IST guérissables. En 2022, l’hépatite B a provoqué environ 1,1 million de décès, surtout par cirrhose ou cancer du foie.
Après un diagnostic, le partenaire fait partie du traitement
Un traitement efficace n’installe aucune immunité : la même personne peut se réinfecter au contact d’un partenaire non soigné. L’OMS cite justement le traitement des partenaires comme un moyen d’interrompre la transmission, et c’est pour la même raison qu’un préservatif reste utile pendant et après les soins.
Sciensano ajoute deux consignes pour la Belgique. Après un diagnostic, mieux vaut s’abstenir de tout rapport pendant les sept jours qui suivent. Avant d’arrêter le préservatif avec un partenaire, un test de dépistage est conseillé.
En Belgique : prévenir ses partenaires relève d’un choix. La plateforme depistage.be permet de les informer soi-même ou de façon confidentielle, y compris par SMS, et l’OMS demande que cette démarche reste volontaire et sans risque pour la personne qui l’entreprend.
Le choix des médicaments revient au professionnel, qui suit le guide belge de traitement anti-infectieux publié par le CBIP. La résistance complique un point précis : la gonorrhée a développé une résistance à plusieurs familles d’antibiotiques, dont les céphalosporines à spectre étendu, et l’OMS la présente comme l’un des freins à la baisse de la gonorrhée dans le monde.
En Belgique et en France, le test ne s’ouvre pas par la même porte
En Belgique, les analyses de dépistage sont remboursées par l’INAMI, et un test de chlamydia entraîne systématiquement une recherche de gonorrhée, écrit Sciensano. En France, cinq infections se dépistent sans ordonnance en laboratoire depuis le 1er septembre 2024 : le VIH, la chlamydia, le gonocoque, la syphilis et l’hépatite B.
| Ce qui change | Belgique | France |
|---|---|---|
| Où se faire tester | Médecin généraliste ou l’un des trois centres de dépistage à bas seuil d’Anvers, de Bruxelles et de Liège | En laboratoire sans ordonnance, ou par un kit à domicile entre 18 et 25 ans |
| Ce que prend en charge l’assurance | Analyses remboursées par l’INAMI | 100 % avant 26 ans ; ensuite le VIH reste gratuit et les autres tests sont remboursés à 60 % |
| Chlamydia et gonocoque | Testés systématiquement ensemble | À demander, seuls ou ensemble |
Le kit français à domicile existe depuis le 29 mai 2026 pour les hommes de 18 à 25 ans, après les femmes du même âge en 2025 : il cherche la chlamydia et le gonocoque, arrive sous environ sept jours et ne doit pas être réalisé au-dessus de 33 °C. Pour le reste, le coût et l’anonymat selon le lieu se vérifient structure par structure.
Questions qui reviennent en consultation
Combien de temps après un rapport un test devient-il fiable ?
Le délai dépend de l’infection et du type de test, pas d’une règle unique. La Haute Autorité de santé retient six semaines pour un test VIH de laboratoire et trois mois pour un test rapide ou un autotest. Pour la chlamydia, l’OMS situe les signes éventuels jusqu’à trois semaines après le rapport contaminant. Un test mené avant ce délai peut donc être négatif alors que l’infection est installée ; le délai qui rend un test VIH interprétable se vérifie avec le professionnel, infection par infection.
Une IST peut-elle se transmettre pendant la grossesse ?
La transmission de la mère à l’enfant est l’une des voies citées par l’OMS, pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. La syphilis en montre l’enjeu : l’OMS estime que 1,1 million de femmes enceintes étaient infectées en 2022, avec plus de 390 000 issues défavorables à la naissance. Sciensano en tire une consigne : chaque femme enceinte devrait être testée au moins une fois pour la syphilis.
Un vaccin protège-t-il des IST ?
Deux vaccins existent, contre l’hépatite B et contre le HPV, et ils font partie des mesures de prévention que cite l’OMS. Contre les six autres infections, aucun vaccin n’est disponible : des candidats sont en cours d’essai pour l’herpès, la chlamydia et la gonorrhée, à un stade précoce. Pour le HPV, la vaccination prévient l’infection dont le cancer du col est une complication possible.
Sources
- Organisation mondiale de la santé, « Infections sexuellement transmissibles (IST) », aide-mémoire (10 septembre 2025).
- Organisation mondiale de la santé, « Syphilis », aide-mémoire (29 mai 2025).
- Sciensano, « Bulletin épidémiologique intermédiaire sur les infections sexuellement transmissibles » (6 août 2025).
- Service-Public.fr, « Infections sexuellement transmissibles : un test gratuit à domicile pour les jeunes hommes » (9 juin 2026).
- Haute Autorité de santé, « Autotests de dépistage du VIH », recommandation en santé publique (16 avril 2015).
- Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique, « 11. Infections », Répertoire commenté des médicaments (édition 2026).
- depistage.be, « Notification aux partenaires (SMS DEPISTAGE) » (date non indiquée).