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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

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SANTÉ SEXUELLE Mis à jour le 19 septembre 2026

« MST » veut dire maladie sexuellement transmissible. Le mot désigne ce que les soignants appellent aujourd’hui une IST, pour infection sexuellement transmissible, parce que la plupart de ces infections ne provoquent aucun symptôme et passent inaperçues. L’Organisation mondiale de la santé estime que plus d’un million de personnes de 15 à 49 ans en contractent une chaque jour dans le monde. Un dépistage se décide donc sur les situations, pas sur les signes ressentis.

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Sous le mot MST, des infections qui n’ont presque rien en commun

Plus de trente bactéries, virus et parasites se transmettent lors d’un rapport sexuel, par les muqueuses ou par contact cutané. Huit d’entre eux pèsent le plus dans les statistiques.

Quatre cèdent à un antibiotique : la syphilis, la gonorrhée, la chlamydia et la trichomonase. Les quatre autres sont des virus, l’hépatite B, l’herpès génital, le VIH et le papillomavirus humain, aussi appelé HPV. Aucun antibiotique n’en débarrasse.

Deux vaccins existent, contre l’hépatite B et contre le HPV. En Belgique, le calendrier de la Fédération Wallonie-Bruxelles recommande la vaccination contre l’hépatite B chez le nourrisson et la vaccination contre le HPV entre 11 et 13 ans. Dans le monde, l’infection à HPV est associée à plus de 311 000 décès par cancer du col de l’utérus chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Le préservatif protège de beaucoup, pas de tout

Utilisé à chaque rapport et de la bonne façon, le préservatif reste la protection la plus efficace contre les IST, VIH compris, selon l’Organisation mondiale de la santé. Il a une limite que peu de gens connaissent. Il ne couvre pas les lésions situées en dehors de la zone qu’il recouvre, et deux infections se transmettent précisément par contact cutané, la syphilis et l’herpès génital. Un préservatif intact laisse donc passer ces deux-là.

Un chiffre donne la mesure de l’herpès génital : environ 846 millions de personnes de 15 à 49 ans vivent avec, plus d’une sur cinq dans le monde, d’après l’Organisation mondiale de la santé.

Les méthodes de contraception, pilule, implant ou stérilet, protègent d’une grossesse, pas d’une infection. Un préservatif s’ajoute à la méthode choisie pour la protection contre les IST.

Les symptômes ne désignent pas le germe, et un test trop tôt ne prouve rien

Un écoulement, une brûlure en urinant, une lésion ou une douleur du bas-ventre orientent sans trancher. Plusieurs IST donnent le même tableau, et les distinguer demande un prélèvement. D’autres ne se signalent pas du tout : dans le réseau de médecins généralistes surveillé par Sciensano, environ la moitié des chlamydia diagnostiquées en 2022 et 2023 étaient muettes.

Un écoulement inhabituel, une brûlure en urinant, une lésion génitale ou une douleur du bas-ventre qui s’installe demandent une consultation, même si les signes s’atténuent en quelques jours.

Le calendrier compte autant que le test. La Haute Autorité de santé rappelle qu’un test VIH de laboratoire n’est interprétable que si aucune prise de risque n’a eu lieu dans les six semaines qui précèdent, et que l’autotest demande trois mois. Réalisé plus tôt, il peut être négatif alors que l’infection est installée.

Ce qui est cherché compte aussi. Le test du VIH ne dit rien de la chlamydia, et le test de la chlamydia ne dit rien du VIH. Selon l’infection suspectée, l’endroit où se faire dépister change.

La chlamydia, la gonorrhée et la syphilis grimpent en Belgique depuis 2021

Le rapport annuel de Sciensano décrit une hausse qui ne s’explique pas seulement par plus de tests : chez les hommes, la proportion de tests positifs progresse aussi. La région de Bruxelles-Capitale concentre les taux les plus élevés, avec 609 diagnostics de chlamydia et 493 de gonorrhée pour 100 000 habitants. Chez les femmes de 20 à 24 ans, la chlamydia atteint 1 386 diagnostics pour 100 000, plus d’une femme sur cent sur l’année.

Diagnostics estimés des trois IST sous surveillance en Belgique en 2023, d’après Sciensano (novembre 2024).
Infection Diagnostics pour 100 000 habitants Évolution depuis 2021 Population la plus touchée
Chlamydia 218 + 24 % Femmes de 20 à 24 ans
Gonorrhée 147 + 90 % Hommes, cinq fois plus que les femmes
Syphilis 73 + 17 % Hommes, sept fois plus que les femmes

Ces trois infections se soignent par antibiotique. Elles peuvent malgré tout laisser des séquelles quand elles passent inaperçues longtemps : inflammation pelvienne et atteinte des trompes chez les femmes, avec un risque pour la fertilité.

En Belgique et en France, le dépistage ne passe pas par les mêmes portes

En Belgique, les tests de dépistage des IST sont remboursés par l’INAMI. Depuis le 1er juillet 2021, une recherche de chlamydia entraîne automatiquement une recherche de gonorrhée, et deux tests PCR au maximum sont remboursés par an et par personne, hors contrôles après traitement.

Depuis le 1er septembre 2024, la France permet de se faire dépister sans ordonnance et sans rendez-vous en laboratoire pour cinq infections : le VIH, la chlamydia, le gonocoque, la syphilis et l’hépatite B. La prise en charge est complète avant 26 ans. À partir de 26 ans, le test du VIH reste gratuit et les autres sont remboursés à 60 %. Depuis le 29 mai 2026, les personnes de 18 à 25 ans peuvent aussi commander un kit à domicile, gratuit, qui cherche la chlamydia et le gonocoque.

En Belgique, un test de chlamydia et un test de gonorrhée sont indissociables depuis juillet 2021 : les laboratoires les réalisent ensemble, et le remboursement suit. Demander l’un revient à demander les deux.

Accès au dépistage des IST en Belgique et en France, d’après Sciensano (novembre 2024) et Service-Public.fr (juin 2026).
Ce qui change Belgique France
Dépistage en laboratoire sans ordonnance – VIH, chlamydia, gonocoque, syphilis, hépatite B
Ce que prend en charge l’assurance Tests remboursés par l’INAMI, deux tests PCR par an et par personne Gratuit avant 26 ans ; ensuite VIH gratuit et autres tests remboursés à 60 %
Test groupé Chlamydia et gonorrhée ensemble depuis le 1er juillet 2021 –

Le prélèvement dépend de l’infection cherchée : urines, écouvillon vaginal, gorge ou anus. Il se décide avec le professionnel, qui suit la santé sexuelle dans son ensemble.

Questions qui reviennent en consultation

Peut-on attraper une IST sans pénétration ?

Plusieurs IST passent par le contact direct de la peau et des muqueuses. L’herpès génital et le HPV se transmettent lors de préliminaires ou d’un rapport oral, sans pénétration. Le préservatif réduit ce risque sans l’annuler.

Faut-il se faire dépister quand on ne ressent rien ?

La chlamydia et la gonorrhée passent souvent inaperçues. La Haute Autorité de santé recommande un dépistage systématique chez les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans, et un dépistage ciblé chez les hommes qui cumulent des facteurs de risque, quel que soit leur âge. Après un test négatif, elle conseille de refaire le test chaque année en cas de nouveaux rapports non protégés avec un nouveau partenaire.

Une IST guérie peut-elle revenir ?

Un traitement efficace n’installe aucune immunité. La même personne peut se réinfecter au contact d’un partenaire non traité. Le CBIP rappelle, à propos de la chlamydia, que le partenaire doit recevoir un traitement lui aussi, et qu’il vaut mieux éviter les rapports pendant le traitement et les sept jours qui suivent. En Belgique, les directives de 2022 tiennent en un point : la gonorrhée se traite par 1 g de ceftriaxone en monothérapie, parce que la bactérie est devenue résistante à d’autres antibiotiques.

Sources

  1. Organisation mondiale de la santé, « Infections sexuellement transmissibles (IST) », fiche d’actualité (10 septembre 2025).
  2. Vaccination-Info, « Calendrier de vaccination 2025-2026 », Fédération Wallonie-Bruxelles (2025).
  3. Organisation mondiale de la santé, « Plus d’un adulte sur cinq dans le monde souffre d’un herpès génital » (11 décembre 2024).
  4. Sciensano, « Surveillance des infections sexuellement transmissibles. Situation épidémiologique au 31 décembre 2023 » (novembre 2024).
  5. Haute Autorité de santé, « Les autotests de dépistage de l’infection par le VIH, questions et réponses » (avril 2015).
  6. Haute Autorité de santé, « Chlamydia, renforcer le dépistage des personnes les plus exposées » (23 octobre 2018).
  7. Service-Public.fr, « Infections sexuellement transmissibles : un test gratuit à domicile pour les jeunes hommes » (9 juin 2026).
  8. Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique, « Traitement des infections à Chlamydia trachomatis », Folia Pharmacotherapeutique (septembre 2010).