La chlamydia non traitée peut remonter du col vers les trompes, y laisser des lésions et empêcher une grossesse de s’installer normalement. En Belgique, elle reste l’infection sexuellement transmissible la plus diagnostiquée : Sciensano compte 210 diagnostics pour 100 000 femmes en 2024, dont 38 % chez des femmes de 15 à 29 ans. L’infection passe le plus souvent inaperçue, et c’est ce silence qui la rend dangereuse pour la fertilité, comme les autres infections sexuellement transmissibles qui circulent sans signe. Un antibiotique la guérit : tout se joue sur le moment où il est pris.

La chlamydia peut-elle empêcher une grossesse ?
La chlamydia peut empêcher une grossesse parce qu’elle abîme les trompes, qui captent l’ovocyte à sa sortie de l’ovaire et conduisent l’embryon vers l’utérus. L’Organisation mondiale de la santé rattache à la chlamydia et à la gonorrhée une part importante des inflammations pelviennes et des infertilités chez les femmes. Le risque n’est pas automatique pour autant : la mise à jour 2022 des recommandations du Collège national des gynécologues et obstétriciens français compte 5 infertilités tubaires et 2 grossesses extra-utérines pour 1000 infections féminines à chlamydia.
Les mêmes travaux détaillent les étapes intermédiaires : 170 infections génitales hautes et 70 salpingites pour ces 1000 infections. Une trompe lésée ne se voit pas de l’extérieur. Elle laisse passer moins bien, ou plus du tout, et un embryon qui s’arrête dans la trompe est une grossesse extra-utérine. L’Organisation mondiale de la santé résume la règle : traitée tôt, l’infection à chlamydia entraîne peu probablement des problèmes à long terme.
L’infection remonte du col vers les trompes, souvent sans rien annoncer
La chlamydia commence dans le col, où elle provoque une cervicite dont les signes sont modérés ou absents. Elle peut ensuite gagner l’endomètre et les trompes : c’est ce que la Haute Autorité de santé appelle une infection génitale haute, qui couvre les endométrites et les salpingites. La fiche validée par l’agence en décembre 2024 nomme ses complications : stérilité tubaire, grossesse extra-utérine et douleurs pelviennes chroniques. Elle fixe aussi un repère simple : une douleur pelvienne spontanée depuis quatre jours ou plus, avec une douleur provoquée à l’examen gynécologique, doit faire évoquer le diagnostic.
Le diagnostic reste difficile, et la fiche l’écrit : il peut être complexe devant une présentation asymptomatique ou peu symptomatique, et un prélèvement négatif ne l’écarte pas. La conduite à tenir, elle, est nette. La Société de pathologie infectieuse de langue française demande de commencer l’antibiotique dès que le diagnostic est probable, après les prélèvements, parce que le retard thérapeutique augmente le risque de grossesse extra-utérine et d’infertilité tubaire.
Une douleur du bas-ventre qui s’installe depuis plusieurs jours, surtout avec de la fièvre, se fait examiner sans attendre. La Haute Autorité de santé liste les critères qui imposent un recours : un doute diagnostique, des symptômes graves, l’impossibilité de prendre un traitement par la bouche, une grossesse en cours, une détresse psychologique ou l’échec d’un premier traitement.
60 à 70 % des femmes infectées ne le savent pas
La chlamydia ne se signale pas chez 60 à 70 % des jeunes femmes infectées, un chiffre que la Haute Autorité de santé met en avant pour justifier le dépistage. Quand des signes apparaissent, l’Organisation mondiale de la santé les décrit comme peu spécifiques : pertes vaginales modifiées, saignements entre les règles ou après les rapports, douleur ou inconfort dans le bas du ventre, brûlures en urinant. Aucun de ces signes ne désigne la bactérie. Seul un prélèvement qui la cherche la nomme : il se fait sur un premier jet d’urine ou par auto-prélèvement vaginal, sans examen gynécologique.
Ce que rien ne date, c’est le moment de la montée vers les trompes. Elle peut survenir plusieurs semaines après le rapport contaminant, ou ne jamais survenir, et une infection découverte aujourd’hui ne dit pas depuis quand elle est là. Faute de calendrier individuel, ce sont des règles de conduite qui guident la suite : quand prélever, quand traiter, quand recontrôler.
| Situation | Délai retenu | Document qui le fixe |
|---|---|---|
| Signes possibles après un rapport contaminant | Jusqu’à 3 semaines | Organisation mondiale de la santé, aide-mémoire du 21 novembre 2025 |
| Contrôle de guérison après une infection simple | Aucun test systématique, un test de réinfection est prévu 3 à 6 mois plus tard | Haute Autorité de santé, avril 2025 |
| Prélèvement après une infection génitale haute liée à une IST | 3 à 6 mois | CNGOF et SPILF, 2019 |
| Information des partenaires | Les 6 mois qui précèdent | Haute Autorité de santé, avril 2025 |
La sérologie ne dit pas si les trompes sont abîmées
La sérologie de la chlamydia ne remplace pas une image des trompes, et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français l’écrit sans détour dans sa mise à jour de 2022 : ce test sanguin n’a pas les performances nécessaires pour prédire la perméabilité tubaire. La Haute Autorité de santé enfonce le clou en 2025 : la sérologie est inutile dans toutes les situations, sauf deux, une infection génitale haute quand un prélèvement direct est impossible, et la suspicion de pneumopathie du nourrisson. Un résultat négatif n’élimine donc pas une atteinte ancienne, et un résultat positif ne la prouve pas.
Ce qui renseigne, c’est ce que les trompes laissent passer. L’évaluation de la perméabilité tubaire repose sur une hystérographie ou une hystérosonographie (HyFoSy), les deux examens retenus par le CNGOF pour le bilan de première intention. La recherche de la bactérie sur un prélèvement génital ne sert pas non plus à explorer une atteinte des trompes. Dans un bilan, chlamydia et infertilité chez la femme se lisent sur des images, jamais sur une prise de sang.
Ce qu’un bilan de fertilité regarde, et ce qu’il change
Le bilan de fertilité se prescrit selon l’âge : le CNGOF recommande de le déclencher après un an d’infertilité avant 35 ans, et après six mois au-delà de 35 ans. Chez la femme, il comprend une échographie 3D avec comptage des follicules antraux, une évaluation de la perméabilité des trompes, un dosage de l’hormone antimüllérienne avant une assistance médicale à la procréation et un prélèvement vaginal à la recherche d’une vaginose. Le test post-coïtal, lui, n’est plus recommandé. Le bilan ne se contente pas de constater ce qui est abîmé. Il oriente aussi la réparation.
En cas d’hydrosalpinx, une trompe dilatée et bouchée par l’inflammation, la chirurgie est recommandée avant l’AMP, avec une salpingotomie ou une salpingectomie selon le score tubaire. Si le bilan est normal, la cœlioscopie est probablement recommandée avant 30 ans pour augmenter les chances de grossesse. Quand les trompes ne sont pas réparables, la suite se joue ailleurs, avec les étapes d’une prise en charge en AMP. En consultation, trois informations orientent le bilan : l’âge, la durée des essais et un antécédent d’infection génitale haute.
Un traitement précoce ferme la porte aux séquelles
Le traitement d’une infection urogénitale non compliquée tient en sept jours : la Haute Autorité de santé retient en première intention la doxycycline 100 mg deux fois par jour pendant sept jours, et l’azithromycine 1 g en dose unique quand cette molécule ne convient pas. Une infection génitale haute se traite autrement, avec une injection unique de ceftriaxone, de la doxycycline et du métronidazole, et sa durée n’est pas la même en Belgique et en France. C’est le médecin qui arrête le schéma, selon la forme de l’infection et le terrain.
Le traitement efface la bactérie, pas les lésions qu’elle a laissées derrière elle. C’est pourquoi la prévention se joue avant : l’Organisation mondiale de la santé rappelle qu’utilisé correctement et à chaque rapport, le préservatif est le moyen le plus efficace d’éviter l’infection. Après une infection génitale haute liée à une infection sexuellement transmissible, le CNGOF et la SPILF recommandent de le garder, pour réduire le risque de récidive et de nouvelles séquelles.
Belgique : le guide du CBIP retient quatorze jours de doxycycline et de métronidazole pour une infection génitale haute, avec une injection unique de ceftriaxone. Le dépistage se fait chez le médecin généraliste ou dans les centres qui reçoivent sans rendez-vous, comme ceux d’Anvers, de Bruxelles et de Liège recensés par Sciensano.
France : la Haute Autorité de santé fixe dix jours de doxycycline et de métronidazole pour les formes légères à modérées de la même infection, et recommande un dépistage systématique chez les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans.
Un partenaire non traité peut faire repartir l’infection
Combien coûte le volet médicamenteux d’une FIV en Belgique ?
L’INAMI rembourse les médicaments de la FIV par forfait, quel que soit leur prix réel : 920 euros par cycle complet, ticket modérateur compris. La patiente garde à sa charge 54,90 euros, un montant ramené à 36,64 euros pour les bénéficiaires de l’intervention majorée. Le nombre de forfaits FIV et don d’ovocytes est plafonné à six par personne, et il faut avoir moins de 43 ans. La stimulation ovarienne et l’insémination intra-utérine relèvent d’un forfait distinct, de 270 euros, limité à six pour chacun des deux traitements.
Quand reprendre les rapports après un traitement ?
La Haute Autorité de santé fixe deux conditions qui se cumulent : la disparition des symptômes et la fin du traitement, c’est-à-dire la dernière prise de doxycycline ou les sept jours qui suivent la dose unique d’azithromycine. L’Organisation mondiale de la santé retient le même repère de sept jours après la prise du médicament. En attendant, le préservatif reste la règle.
Faut-il traiter un partenaire avant de connaître son résultat ?
Un traitement est proposé sans attendre le résultat quand le dernier rapport potentiellement contaminant remonte à moins de 14 jours, précise la Haute Autorité de santé. Au-delà, le partenaire fait l’objet d’une évaluation médicale et d’un test, et il est traité si le test est positif. Le traitement des partenaires sert à interrompre la transmission et à éviter une réinfection, rappelle l’Organisation mondiale de la santé.
Une infection génitale haute peut-elle revenir ?
Les récidives concernent 15 à 21 % des infections génitales hautes, et 20 à 34 % d’entre elles sont liées à une nouvelle infection sexuellement transmissible, selon les recommandations du CNGOF et de la SPILF publiées en 2019. Ces épisodes répétés augmentent le risque d’infertilité et de douleurs pelviennes chroniques. L’information de la patiente et les examens de suivi diminuent le risque de nouvelles infections, donc de nouvelles poussées, concluent les mêmes recommandations.
Que dire à une femme qui veut concevoir après une infection génitale haute ?
Les recommandations demandent d’avertir les femmes qui souhaitent concevoir après une infection génitale haute du risque de grossesse extra-utérine et des signes qui doivent faire consulter. Le message porte d’autant plus que le taux de perdues de vue après ces épisodes atteint environ 40 %, alors qu’un suivi est recommandé. Un rappel personnalisé améliore ce suivi, notent les mêmes recommandations.
Un vaccin contre la chlamydia existe-t-il ?
Aucun vaccin ne protège aujourd’hui de l’infection à chlamydia, écrit l’Organisation mondiale de la santé. Des vaccins candidats contre la chlamydiose en sont aux premières phases de leur développement clinique, ce qui laisse la prévention au préservatif et au dépistage des personnes exposées au risque.
Sources
- Sciensano, « Bulletin épidémiologique intermédiaire sur les infections sexuellement transmissibles » (6 août 2025), sciensano.be.
- Organisation mondiale de la santé, « Infections sexuellement transmissibles (IST) », aide-mémoire (10 septembre 2025), who.int.
- Collège national des gynécologues et obstétriciens français, « Prise en charge de première intention du couple infertile : mise à jour des RPC 2010 » (24 février 2024), em-consulte.com.
- Organisation mondiale de la santé, « Chlamydiose (infection à Chlamydia) », aide-mémoire (21 novembre 2025), who.int.
- Haute Autorité de santé, « Choix et durées d’antibiothérapie dans les infections génitales hautes non compliquées » (décembre 2024), has-sante.fr.
- Société de pathologie infectieuse de langue française, « Infections génitales hautes (IGH) », recommandation 2019 actualisée le 5 mai 2026, infectiologie.com.
- Haute Autorité de santé, « IST : la HAS recommande un dépistage systématique de l’infection à Chlamydia trachomatis chez les jeunes femmes » (23 octobre 2018), has-sante.fr.
- CNGOF et SPILF, « Suivi et conseils après infection génitale haute » (mai 2019), em-consulte.com.
- Haute Autorité de santé, « Traitement curatif des personnes infectées par Chlamydia trachomatis » (avril 2025), has-sante.fr.
- Centre belge d’information pharmacothérapeutique, « 11. Infections » (version du 15 septembre 2026), cbip.be.
- INAMI, « Médicaments utilisés dans les troubles de la fertilité » (décembre 2023), inami.fgov.be.