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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

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SANTÉ SEXUELLE Mis à jour le 19 septembre 2026

Chez un homme, aucun test sanguin ou urinaire ne détecte le papillomavirus sans lésion visible. L’Organisation mondiale de la santé écrit que le cancer du col de l’utérus est le seul cancer lié au HPV pour lequel des tests de dépistage existent. Ce qui s’examine, ce sont des lésions : un condylome se reconnaît à l’œil, et une lésion douteuse se biopsie. Le dépistage anal vise trois groupes à très haut risque de cancer de l’anus, dont les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes vivant avec le VIH.

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Le dépistage du HPV chez l’homme commence par une lésion visible

Un homme sans lésion n’a pas de test à demander. L’OMS ne reconnaît de tests de dépistage que pour le cancer du col de l’utérus, et aucun test ne couvre les cancers de la bouche et de la gorge liés au HPV. L’examen commence quand quelque chose se voit, ou quand un rapport à risque fait chercher une autre infection, chaque test ayant son délai et son lieu.

L’infection masculine passe le plus souvent inaperçue, et l’OMS estime que le système immunitaire élimine le virus dans environ 90 % des cas, en un an ou deux, sans conséquence. La même fiche chiffre à environ 70 000 les nouveaux cas de cancer attribués au VPH chez les hommes dans le monde en 2019. Deux groupes concentrent une prévalence plus élevée du virus : les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et les personnes immunodéprimées.

Le dépistage du col ne disparaît pas avec l’identité masculine : l’OMS écrit qu’il concerne toute personne qui a un col de l’utérus, y compris les hommes transgenres.

Un condylome se voit à l’œil, et le diagnostic reste clinique

Le diagnostic d’un condylome est clinique : la Haute Autorité de santé demande un bon éclairage, une loupe ou un dermatoscope quand la lésion est discrète, et elle ne prévoit aucun prélèvement viral pour confirmer. Chez l’homme, les localisations habituelles sont le sillon balano-préputial, le fourreau de la verge, le pénis, le prépuce, le gland et la région périanale. HPV 6 et HPV 11 sont identifiés dans plus de 90 % des condylomes.

Un condylome prend généralement trois à quatre mois pour devenir visible, même si l’incubation peut durer de quelques mois à plusieurs années, note la Haute Autorité de santé. Un examen normal ne date pas une contamination : il constate qu’aucune lésion n’est visible ce jour-là. Environ 30 à 70 % des condylomes ano-génitaux disparaissent sans traitement en quatre à six mois.

Une biopsie s’ajoute dès qu’un doute apparaît. La Haute Autorité de santé l’indique en cas de suspicion de dysplasie ou de doute diagnostique, et elle la demande au moindre doute chez une personne immunodéprimée. Plusieurs lésions imitent un condylome : kératose séborrhéique, molluscum contagiosum, psoriasis génital, lichen plan, nævus ou papules perlées de la couronne du gland.

Le préservatif réduit la transmission sans l’annuler : l’OMS rappelle qu’il ne couvre pas l’intégralité des parties génitales, une limite qui vaut pour le préservatif externe comme pour l’interne.

En France, l’incidence des condylomes chez les hommes de 20 à 30 ans atteignait 528 cas pour 100 000 habitants, avec 23 027 nouveaux cas diagnostiqués en 2009, d’après la même recommandation.

Le dépistage anal cible trois groupes, pas la population générale

Le dépistage des lésions précancéreuses anales ne concerne pas l’ensemble de la population. Les recommandations de la Société nationale française de colo-proctologie, publiées en 2022, ciblent trois groupes à très haut risque de cancer de l’anus :

  • Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes vivant avec le VIH.
  • Les femmes ayant un antécédent de lésion de haut grade ou de cancer de la vulve.
  • Les femmes transplantées d’un organe solide depuis plus de dix ans.

Dans ces trois groupes, l’incidence annuelle du cancer de l’anus dépasse 45 cas pour 100 000 personnes-années, un niveau supérieur à celui du cancer colorectal en population générale. Le cancer de l’anus reste plus fréquent chez les femmes en France, avec un rapport homme/femme de 0,3 et un peu plus de 2 000 nouveaux cas par an. Le génotype HPV16 est retrouvé dans 88 % des cancers de l’anus.

Ces recommandations sont françaises, et elles le disent : elles ont été écrites en l’absence de recommandation de la Haute Autorité de santé sur le sujet, et elles ne sont ni contraignantes ni opposables.

Chez une personne immunodéprimée, la Haute Autorité de santé prend le relais par une autre voie. Elle demande un examen proctologique régulier dans les deux sexes, une biopsie au moindre doute, et, en cas de VIH, un dosage des LT CD4 avec une vérification de l’observance du traitement antirétroviral.

Le statut sérologique se vérifie par un test dont le délai de détection conditionne le résultat.

Moins de 40 % des lésions de haut grade se voient à l’œil nu

L’examen clinique avec anuscopie standard montre les condylomes, les lésions macroscopiques et des cancers de l’anus à un stade précoce, mais il laisse passer la majorité des lésions de haut grade : selon la recommandation française de 2022, moins de 40 % des lésions précancéreuses de haut grade sont visibles à l’œil nu, et le toucher anorectal ne permet pas de les diagnostiquer. La cytologie anale double cette sensibilité, au prix d’une spécificité faible, et l’anuscopie haute résolution reste l’examen de référence pour les lésions confirmées.

Les auteurs écrivent aussi les limites de leur stratégie. Le bénéfice du dépistage par anuscopie standard sur l’incidence du cancer de l’anus n’a pas été démontré, et celui de l’anuscopie haute résolution non plus. L’acide acétique, qui aide à faire ressortir des lésions ailleurs, n’a pas démontré d’intérêt dans un examen proctologique standard.

Quatre examens se partagent la surveillance, avec des performances inégales.

Ce que documente la recommandation de la SNFCP (2022) sur chaque examen du canal anal.
Examen Ce qui est recherché Performance documentée Limite documentée
Examen clinique avec anuscopie standard Condylomes, lésions visibles, cancer à un stade précoce Détecte des cancers précoces Moins de 40 % des lésions de haut grade sont visibles à l’œil nu
Cytologie anale Anomalies des cellules du canal anal Deux fois plus sensible que l’examen clinique Spécificité faible : des examens de deuxième ligne peuvent être inutiles
Recherche d’HPV à haut risque avec génotypage HPV16 Présence du virus, dont le type 16 Le test le plus sensible, 4 % de faux négatifs Peu spécifique ; la restriction à HPV16 fait perdre en sensibilité
Anuscopie haute résolution Lésions après coloration vitale et grossissement Examen de référence, au moins deux fois plus performant que l’examen clinique Formation requise, disponibilité limitée, bénéfice sur l’incidence non démontré

Un premier examen se demande en consultation : les lieux, la gratuité et l’anonymat varient selon le pays et le test.

Le vaccin prévient des lésions, il ne traite pas une infection installée

Le vaccin contre le HPV est prophylactique : l’Organisation mondiale de la santé écrit qu’il n’est pas utilisé pour traiter une infection ou une maladie liée au HPV, mais pour prévenir la survenue d’un cancer. La Haute Autorité de santé rappelle que la vaccination préventive concerne tous les enfants, filles et garçons, en prévention des condylomes, et que l’injection se fait dans le deltoïde, sans effet sur une lésion déjà présente.

Pour un homme, tout se joue donc sur le moment de la vaccination et sur le schéma. Les âges, le nombre de doses et les lésions évitées répondent aux deux questions ; l’accès, lui, dépend du pays.

Vaccin gratuit à l’adolescence en Belgique, remboursé à 65 % en France jusqu’à 26 ans

Les deux pays ne donnent pas le même accès au vaccin. En Belgique, la vaccination se fait surtout à l’école, gratuitement, dans une fenêtre d’âge précise ; en France, elle passe par une prescription et un remboursement, dont le périmètre a changé le 12 décembre 2025 : le vaccin Gardasil 9 y est remboursé à 65 % jusqu’à 26 ans révolus, contre 19 ans auparavant, après la recommandation de la Haute Autorité de santé du 13 mai 2025.

Belgique : en Fédération Wallonie-Bruxelles, le vaccin est gratuit pour les filles et les garçons de 13 à 14 ans, en deux doses à six mois d’intervalle, par la médecine scolaire ou le médecin traitant. Le rattrapage reste gratuit jusqu’à 18 ans inclus, puis le schéma passe à trois doses à partir de 19 ans. En Flandre, la gratuité couvre la première année du secondaire et aucun rattrapage gratuit n’est prévu ensuite : le vaccin s’achète en pharmacie sur prescription, avec un remboursement partiel via l’INAMI et la mutualité.

France : le schéma est de deux doses entre 11 et 14 ans, espacées de cinq à treize mois, et de trois doses en rattrapage entre 15 et 26 ans, selon service-public.fr. La vaccination est aussi proposée gratuitement en classe de 5e depuis septembre 2023, et la prescription comme l’injection peuvent venir d’un médecin, d’une sage-femme, d’un infirmier ou d’un pharmacien.

La couverture reste sous la cible du programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles : 59,7 % des élèves de deuxième secondaire avaient reçu une première dose en 2022-2023, et 52,4 % une seconde, pour un objectif de 80 %, selon Vaccination-Info Pro.

Six décisions se préparent avant d’entrer en consultation

La recherche d’un HPV anal est-elle remboursée en France ?

Elle ne l’est pas : les recommandations de la SNFCP publiées en 2022 écrivent que la recherche d’HPV à haut risque au niveau anal n’est pas remboursée en France. Le document demande une prise en charge publique des tests virologiques, de la cytologie anale et de l’anuscopie haute résolution, avec une cotation spécifique pour cet examen. Il demande aussi que les protocoles soient testés en conditions réelles, en analysant l’adhésion des personnes concernées et les conditions de remboursement.

Anuscopie standard ou haute résolution : laquelle est utilisée ?

L’anuscopie standard est l’examen de premier contact : elle doit être réalisable par tout gastro-entérologue en France, et elle montre les condylomes, les lésions macroscopiques et des cancers précoces. L’anuscopie haute résolution arrive en deuxième ligne, après une cytologie anale anormale, et elle est au moins deux fois plus performante que l’examen clinique avec anuscopie standard pour le diagnostic des lésions de haut grade. Sa disponibilité reste limitée et elle demande une formation adaptée, deux points que le document range parmi ses limites.

Que regarde-t-on quand la lésion touche l’anus ou l’urètre ?

Une lésion de la marge anale impose une anuscopie, pour les deux sexes, écrit la Haute Autorité de santé. Une lésion du méat urinaire ou de l’urètre impose une urétroscopie dès que le bord proximal n’est pas visible par l’éversion des berges du méat, et un avis urologique quand la partie proximale reste hors de vue. Une biopsie s’ajoute en cas de suspicion de dysplasie ou de doute diagnostique.

Un vaccin administré après un condylome peut-il éviter une récidive ?

La Haute Autorité de santé ne recommande pas la vaccination en prévention secondaire après un condylome, et elle renvoie aux résultats de l’essai CONDYVAC attendus sur ce point. Le caractère prophylactique du vaccin est le point commun des références : celui du programme belge n’a pas d’effet thérapeutique sur une infection ou une lésion préexistante, selon Vaccination-Info Pro. Le même document note que l’impact est plus important avant les premiers rapports, tout en précisant que la vaccination peut se réaliser après.

Quand une personne vivant avec le VIH relève-t-elle d’une surveillance anale ?

L’algorithme des recommandations françaises commence chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, vivant avec le VIH et âgés de plus de 30 ans, selon la RPC de 2022. Le document ajoute que les preuves de bénéfice du dépistage proctologique sont meilleures chez les personnes vivant avec le VIH de 35 ans ou plus.

Quand refaire un examen quand rien n’est visible ?

Après un premier test négatif pour HPV16, l’algorithme espace la surveillance à cinq ans, selon la RPC de 2022. Quand HPV16 est présent avec un examen clinique et une cytologie normaux, le contrôle revient tous les trois ans. Après le traitement d’une lésion de haut grade, l’intervalle descend à trois ou six mois, et la surveillance se poursuit à vie. Une clairance spontanée reste possible : chez les hommes à risque, plus de 20 % des patients connaissent une régression de leur lésion de haut grade chaque année.

Sources

  1. Organisation mondiale de la santé, Papillomavirus humain et cancer (5 mars 2024), l’aide-mémoire en français
  2. Haute Autorité de santé, Prise en charge thérapeutique des patients atteints de condylomes ano-génitaux (14 novembre 2024), le texte de la recommandation
  3. Société nationale française de colo-proctologie, Lésions précancéreuses anales liées aux papillomavirus humains : dépistage et prise en charge (2022), la version courte
  4. Service-Public.fr, Direction de l’information légale et administrative, Le vaccin contre les infections à papillomavirus humains (HPV) est désormais remboursé (16 mai 2025), la page officielle
  5. AVIQ et CCRef, Le dépistage du cancer du col de l’utérus (novembre 2024), la brochure du programme
  6. Vaccination-Info Pro, HPV (Programme de vaccination de la Fédération Wallonie-Bruxelles), la fiche destinée aux professionnels
  7. Vlaanderen.be, Vaccinatie tegen HPV, la page de la Flandre