Un herpès génital se transmet dans 50 à 90 % des cas par un partenaire qui n’a ni lésion ni symptôme visible, et la primo-infection passe inaperçue dans 75 % des cas, selon la Société française de dermatologie. En France, l’Assurance Maladie retient 15 à 20 % de la population sexuellement active, surtout entre 25 et 35 ans. Le préservatif réduit le risque sans le supprimer, car des lésions ou des zones d’excrétion virale peuvent se situer hors de la zone couverte. Le virus reste latent à vie et se réactive parfois des années plus tard, sans nouvelle contamination.

L’herpès génital se transmet par contact direct, le plus souvent sans lésion
Le virus passe d’une muqueuse à l’autre lors d’un rapport sexuel, avec ou sans pénétration, à partir de lésions actives ou de sécrétions qui contiennent du virus sans signe visible. Il ne survit pas sur une surface : piscine, sauna et siège des toilettes ne transmettent rien. La contagion suppose un contact direct, intime et prolongé, ce qui vaut pour l’ensemble des infections sexuellement transmissibles.
Quand la primo-infection s’exprime, elle apparaît environ 5 à 10 jours après la contamination, selon la Société française de dermatologie : des vésicules douloureuses sur fond rouge s’ulcèrent, puis guérissent en une huitaine de jours. Les vésicules et les bulles sont les lésions les plus contagieuses, davantage que les ulcérations et les croûtes.
Le préservatif réduit le risque sans l’annuler, car ce qu’il protège et ce qu’il laisse découvert dépend de la zone des lésions. Il reste recommandé pendant une poussée, tant que les lésions sont là.
Une prise de sang ne dit pas si l’on a un herpès génital
La sérologie de l’herpès n’a pas d’intérêt pour poser ce diagnostic, comme le rappelle la Société française de dermatologie : elle ne permet ni de dater l’infection ni de confirmer que les lésions observées sont dues au virus. Elle sert à mesurer la circulation du virus dans une population, pas à répondre à une question individuelle. Le diagnostic reste clinique, et en cas de doute un prélèvement sur une vésicule ou une ulcération, analysé par PCR, identifie le type en cause, HSV-1 ou HSV-2.
Un herpès génital impose en revanche de chercher les autres IST : chlamydia, gonocoque, syphilis, hépatite B et VIH. L’Organisation mondiale de la santé recommande de proposer un test du VIH à toute personne qui présente des symptômes évoquant un herpès génital, car une infection à HSV-2 multiplie par environ trois le risque de contracter le VIH.
En Belgique, le guide BAPCOC de juin 2026 recommande de tester d’abord la chlamydia et la gonorrhée, et de ne pas tester Mycoplasma genitalium.
En France, le dispositif « Mon test IST » permet un dépistage en laboratoire sans ordonnance et sans rendez-vous du VIH, de la chlamydia, du gonocoque, de la syphilis et de l’hépatite B ; l’herpès n’en fait pas partie. La prise en charge est totale avant 26 ans, et le test du VIH reste gratuit à tout âge. Le dépistage se demande directement dans les centres et laboratoires de dépistage du VIH et des IST.
Près d’une primo-infection génitale sur deux est due au HSV-1
Pendant longtemps, l’HSV-1 était le virus de la bouche et l’HSV-2 celui du sexe. La Société française de dermatologie relève aujourd’hui qu’environ 20 % des herpès génitaux sont liés à l’HSV-1, et que près de 50 % des primo-infections génitales sont dues à ce type, en lien avec l’augmentation des rapports bucco-génitaux depuis les années 1980.
Un bouton de fièvre sur les lèvres peut donc transmettre l’herpès au sexe du partenaire lors d’un rapport oral. Les infections génitales à HSV-1 sont généralement moins récurrentes et un peu plus courtes que celles à HSV-2. Une double infection par les deux types reste possible, car les anticorps de l’un ne protègent pas de l’autre.
Une poussée dix ans après ne prouve pas une infidélité
Après la primo-infection, le virus remonte le long des nerfs et s’installe dans un ganglion, où il reste silencieux. Il peut se réveiller des années plus tard, à l’occasion d’un stress, d’une fatigue, d’une autre infection, d’une baisse des défenses immunitaires ou d’un changement hormonal comme les règles.
La Société française de dermatologie le souligne : un herpès qui apparaît dans un couple stable n’implique pas un rapport récent avec une autre personne. L’infection a pu être contractée au début de la vie sexuelle et rester endormie. Les récurrences sont les plus fréquentes dans l’année qui suit la primo-infection, et certaines personnes n’ont plus jamais d’épisode.
Une poussée dure 7 à 10 jours selon l’Assurance Maladie. Des picotements ou des brûlures l’annoncent souvent, puis les vésicules apparaissent au même endroit que la fois précédente, plus discrètes qu’à la primo-infection.
En Belgique, le valaciclovir n’est pas remboursé pour l’herpès génital
En Belgique, la molécule reste délivrée sur ordonnance, mais la dépense revient au patient pour cette indication précise. Le CBIP le signale dans sa lecture du guide BAPCOC de juin 2026, qui a aussi révisé les schémas des récurrences et ajouté un schéma pour les femmes enceintes.
Le traitement par voie orale réduit la durée des symptômes, la douleur et l’excrétion virale ; il n’élimine pas le virus, qui reste latent. Les durées de traitement ne sont pas les mêmes des deux côtés de la frontière.
| Point | Belgique | France |
|---|---|---|
| Texte de référence | CBIP et guide BAPCOC | HAS |
| Remboursement du valaciclovir pour l’herpès génital | Non remboursé | – |
| Durée de la primo-infection traitée par valaciclovir | 7 à 10 jours | 5 jours |
| Dépistage en laboratoire sans ordonnance | – | Gratuit avant 26 ans ; test du VIH gratuit à tout âge |
Le risque pour l’enfant est maximal quand l’infection est nouvelle en fin de grossesse
L’herpès néonatal est rare mais grave. Le Centre national de référence des herpèsvirus estime son incidence à 9 pour 100 000 naissances vivantes en Europe, et l’Assurance Maladie retient environ 3 cas pour 100 000 en France, soit une vingtaine par an.
Le risque dépend du moment où la mère contracte le virus. Selon l’Organisation mondiale de la santé, il est le plus élevé quand l’infection survient pour la première fois en fin de grossesse. Le Centre national de référence chiffre l’infection du nouveau-né à 44 % en cas de primo-infection maternelle, à 25 % en cas d’infection initiale non primaire et à 1,3 % en cas de récurrence.
Chez une femme qui a déjà un herpès, le risque pour l’enfant reste donc faible. Un antiviral pris en fin de grossesse réduit le risque de poussée le jour de l’accouchement, et la césarienne se discute au cas par cas.
Chez une femme enceinte, toute ulcération génitale doit faire suspecter un herpès, même sans antécédent. Une primo-infection en fin de grossesse est le principal facteur de risque d’herpès néonatal : la prise en charge est obstétricale et ne peut pas attendre.
Questions posées en consultation
Après un rapport à risque, que faire si rien n’apparaît ?
Un test sanguin ne répond pas à la question, car la sérologie ne date pas l’infection. On consulte si des lésions apparaissent, et le médecin peut alors prélever une vésicule pour identifier le virus.
Peut-on avoir des rapports sexuels avec un herpès génital ?
Hors poussée, les rapports restent possibles avec un préservatif, qui couvre une partie seulement des zones à risque. Pendant une poussée, mieux vaut les éviter jusqu’à la guérison des lésions.
Faut-il prévenir ses partenaires ?
L’Organisation mondiale de la santé recommande d’en parler. Comme la transmission peut se faire sans lésion visible, l’information reste utile en dehors des poussées.
L’herpès génital revient-il toujours ?
Les récurrences sont plus fréquentes l’année qui suit la primo-infection, puis s’espacent, et certaines personnes n’ont plus d’épisode. Les infections à HSV-1 reviennent moins souvent que celles à HSV-2.
Sources
- Société française de dermatologie, Herpès génital (fiche d’information, décembre 2025), https://dermato-info.fr/sites/default/files/files/2026-02/herp%C3%A8s%20g%C3%A9nital%202026.pdf
- Assurance Maladie, Reconnaître un herpès génital (23 juin 2025), https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/herpes-genital/reconnaitre-herpes-genital
- Organisation mondiale de la santé, Herpes simplex virus (30 mai 2025), https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/herpes-simplex-virus
- Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP), Nouveau guide BAPCOC 2026 : infections urogénitales et ophtalmologie (2 juillet 2026), https://www.cbip.be/fr/nouveau-guide-bapcoc-2026-infections-urogenitales-et-ophtalmologie/
- Service-Public.fr, Infections sexuellement transmissibles : un test gratuit à domicile pour les jeunes hommes (9 juin 2026), https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17530
- Haute Autorité de santé, Prise en charge thérapeutique du patient atteint d’herpès génital (recommandation, décembre 2024), https://www.has-sante.fr/jcms/p_3562501/fr/prise-en-charge-therapeutique-du-patient-atteint-d-herpes-genital
- Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP), Valaciclovir (Répertoire commenté des médicaments, posologies herpès génital), https://www.cbip.be/fr/chapters/1?frag=10793
- Centre national de référence des herpèsvirus, HSV néonatal, https://www.unilim.fr/cnr-herpesvirus/les-herpesvirus/les-virus-herpes-simplex-hsv/hsv-neonatal/