Une mycose gynécologique, ou candidose vulvo-vaginale, se traite seulement si elle gêne, et elle devient récidivante à partir de quatre épisodes par an selon la Haute Autorité de santé. Elle touche 75 % des femmes au moins une fois dans leur vie. Aucun traitement du partenaire n’est nécessaire, parce qu’une candidose n’est pas une infection sexuellement transmissible.

Une colonisation n’exige aucun médicament
Le CBIP écrit que le traitement d’une colonisation à Candida n’est nécessaire qu’en présence de symptômes gênants. L’infection n’est pas dangereuse et peut guérir spontanément.
Les situations qui augmentent la fréquence sont connues : antibiotiques à large spectre et métronidazole, diabète, immunosuppression, et taux élevés en estrogènes pendant la grossesse, sous contraception hormonale ou sous traitement par des estrogènes.
Une odeur désagréable avec des sécrétions abondantes ne correspond pas à ce tableau : une vaginose bactérienne se traite par un antibiotique, pas par un antifongique. Comme la candidose ne se transmet pas, un dépistage d’infection sexuellement transmissible répond à une autre question et se demande en nommant ce qu’on cherche.
Quatre épisodes par an : le seuil qui change le suivi
La Haute Autorité de santé définit la candidose vaginale récidivante par une récurrence d’au moins quatre épisodes infectieux par an. Le CBIP place le repère un peu plus bas, à plus de trois épisodes par an. La Société française de dermatologie estime que cette forme récidivante peut concerner jusqu’à 10 % des femmes.
Les facteurs favorisants ne sont pas toujours retrouvés. Excès d’hygiène vulvaire, prise d’antibiotiques, diabète, sécheresse vulvaire, grossesse ou ménopause, incontinence urinaire : la Société française de dermatologie les cite, en précisant qu’aucun facteur évident n’apparaît chez certaines femmes.
Que faire quand les récidives s’enchaînent ?
Deux stratégies existent. L’autotraitement repose sur trois gélules de fluconazole à prendre une par épisode symptomatique. La prophylaxie continue utilise du fluconazole 150 mg pendant 3 à 6 mois, une gélule le 5e jour des règles, avec au maximum une prise par semaine si le schéma ne suffit pas. Le CBIP prévoit une visite de contrôle après trois mois pour revoir la stratégie.
En France, la Société française de dermatologie décrit un antifongique oral prolongé au moins 3 à 6 mois, le plus souvent du fluconazole en une prise par semaine, poursuivi même après la disparition des signes. La Haute Autorité de santé relève que cette posologie d’une prise hebdomadaire pendant six mois ne figure pas dans l’autorisation de mise sur le marché du fluconazole 150 mg, qui ne mentionne qu’une prise unique.
Faut-il choisir un ovule ou un comprimé ?
Le CBIP écrit que les options locales et les options par voie orale ont une efficacité similaire. Le traitement local apporte un soulagement légèrement plus rapide des symptômes et expose à moins d’effets indésirables, surtout une irritation ou une réaction allergique. La Haute Autorité de santé ajoute que la voie orale trouve sa place quand les lésions sont très étendues sur la région périnéale ou quand le traitement local irrite la peau.
Aucune donnée ne prouve qu’associer un antimycosique oral à un traitement local apporte un bénéfice supplémentaire. Chez une femme non enceinte, le choix se fait selon la préférence de la personne, en concertation avec le médecin.
Belgique : le CBIP ne place pas les formes vaginales de clotrimazole de son répertoire sous le signe de la prescription, alors que le fluconazole oral 150 mg le porte.
France : la Haute Autorité de santé classe le fluconazole 150 mg en liste I, donc sur ordonnance.
Trois formes, trois durées
| Forme | Traitement local | Voie orale | Durée du traitement local |
|---|---|---|---|
| Mycose légère | Clotrimazole en comprimé ou capsule vaginale 500 mg, ou fenticonazole en ovule 600 mg | Fluconazole 150 mg en une gélule | Une prise, ou 3 jours pour la crème vaginale |
| Mycose sévère avec érythème ou œdème étendu | Clotrimazole en crème vaginale, inséré profondément au coucher | Fluconazole 150 mg le jour 1 et le jour 4 | 7 à 14 jours |
| Pendant la grossesse ou l’allaitement | Traitement local, insertion manuelle sans applicateur | – | Selon la forme |
Le fenticonazole n’est pas indiqué pendant la grossesse, et l’usage d’un applicateur y est déconseillé.
Une crème vaginale fragilise le préservatif en latex
Les excipients des crèmes vaginales attaquent le latex des préservatifs, des diaphragmes et des anneaux contraceptifs, écrit le CBIP. La fiabilité de la contraception et la protection contre les infections sexuellement transmissibles baissent pendant le traitement et jusqu’à trois jours après. Pendant cette fenêtre, la double protection du préservatif n’est plus assurée.
Ce qui n’a pas fait la preuve, et un produit retiré
Le CBIP écrit que l’efficacité d’un traitement local par un dispositif médical à base d’acide lactique ou par Lactobacillus n’est pas prouvée, ni dans les infections aiguës ni dans les infections récidivantes. Le miconazole par voie vaginale n’est plus commercialisé depuis septembre 2025, et la spécialité Gyno-Daktarin avec lui.
La toilette qui limite les récidives
La Société française de dermatologie écarte l’excès d’hygiène vulvaire et les douches vaginales. La toilette intime se fait une fois par jour sous la douche, avec un savon dermatologique ou un gel intime à usage quotidien, à la main et sans gant de toilette. Les lingettes intimes et les parfums intimes sont déconseillés. Cette page ne remplace pas une consultation.
Sources
- Haute Autorité de santé (HAS), Avis 1 modifié le 28 novembre 2014, FLUCONAZOLE MAJORELLE 150 mg, Commission de la transparence (2014), avis de la HAS
- CBIP/BCFI, Répertoire Commenté des Médicaments, chapitre 6 Gynéco-obstétrique (version du 10/09/2026), document du CBIP/BCFI
- Société française de dermatologie, groupe Maladies Ano-Génitales, Vulvo-vaginite candidosique récidivante, fiche de la SFD
- CBIP/BCFI, Répertoire Commenté des Médicaments, chapitre 11 Infections (version du 01/09/2026), document du CBIP/BCFI