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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

Oubli de PrEP un jour : rattraper ou sauter la dose

SANTÉ SEXUELLE Mis à jour le 19 septembre 2026

Un comprimé de PrEP oublié se rattrape s’il est repéré dans les 12 heures qui suivent l’heure habituelle : on le prend dès que possible, puis la prise suivante garde son horaire. Au-delà, un jour entier sans comprimé ne se rattrape plus : la dose manquée est sautée, et doubler la suivante ne figure dans aucun des deux textes officiels. Ce seuil est écrit dans la brochure patient diffusée par l’AFMPS en Belgique et dans le résumé des caractéristiques du produit publié par l’ANSM pour la France.

Oubli de PrEP un jour : rattraper ou sauter la dose

Le geste dépend d’une seule chose, le nombre d’heures écoulées

Le repère est l’heure habituelle du comprimé, pas celle du rapport. Tant qu’il reste moins de 12 heures d’écart avec ce repère, la prise se rattrape. Au-delà, le comprimé manqué est perdu et le traitement continue normalement le lendemain.

  1. Notez l’heure habituelle du comprimé et l’heure à laquelle le manque est remarqué.
  2. Prenez le comprimé oublié si le constat a lieu dans les 12 heures, de préférence avec de la nourriture.
  3. Sautez la dose si plus de 12 heures se sont écoulées.
  4. Reprenez l’heure habituelle le lendemain, et ne compensez pas par une double prise.

Cette règle vaut pour la PrEP prise en continu, un comprimé par jour. Dans le schéma à la demande, les jours sans traitement sont prévus : deux comprimés au moins 2 heures avant le rapport, puis un comprimé par jour jusqu’à 48 heures après la dernière exposition. La Haute Autorité de santé réserve ce schéma aux hommes cisgenres et aux personnes transgenres ayant des rapports anaux exclusifs, et l’écarte en cas d’hépatite B chronique. Ce que la PrEP couvre et ce qu’elle ne couvre pas se décide avant la première ordonnance, pas le jour d’un oubli.

Peut-on prendre deux comprimés le lendemain pour rattraper ?

Ce n’est pas la conduite prévue pour un comprimé manqué. La dose de charge de deux comprimés appartient au démarrage et à la reprise : la Haute Autorité de santé écrit que la PrEP continue commence par deux comprimés lors de la première prise, puis un comprimé par jour, et que toute reprise suit le schéma initial, précédée d’un contrôle du statut sérologique. Ni la brochure de l’AFMPS ni le résumé des caractéristiques du produit publié par l’ANSM ne prévoient de doublement après un oubli.

Le seuil des 12 heures ne s’écrit pas de la même façon dans les deux pays

La conduite est identique, la rédaction ne l’est pas. En Belgique, la brochure de l’AFMPS diffusée en juillet 2018 demande de ne plus prendre la dose oubliée dès que le constat a lieu au moins 12 heures après l’heure habituelle. Le résumé des caractéristiques du produit publié par l’ANSM en avril 2017 ajoute une condition : la dose est sautée si plus de 12 heures se sont écoulées et si l’heure de la dose suivante est proche. Sur une journée entière manquée, la dose suivante est de toute façon proche, et les deux textes mènent au même geste.

Le vomissement relève d’une autre règle, et les deux textes la formulent pareil.

La conduite prévue par les deux textes officiels, situation par situation, d’après la brochure patient de l’AFMPS (juillet 2018) et le résumé des caractéristiques du produit publié par l’ANSM (avril 2017)
Situation Texte belge, AFMPS Texte français, ANSM
Constat dans les 12 heures suivant l’heure habituelle Prendre le comprimé dès que possible, de préférence avec de la nourriture, puis reprendre l’horaire habituel. Prendre dès que possible et poursuivre le traitement normalement.
Constat au-delà de 12 heures Ne pas prendre la dose oubliée et prendre la suivante au moment habituel. Ne pas prendre la dose oubliée si l’heure de la suivante est proche, et poursuivre normalement.
Vomissement dans l’heure qui suit la prise Prendre un nouveau comprimé. Prendre un autre comprimé.
Vomissement plus d’une heure après la prise Ne prendre aucun nouveau comprimé. Ne pas reprendre de dose.

Un oubli pendant une période d’exposition peut faire prescrire un mois de traitement

La Haute Autorité de santé prévoit, dans sa fiche validée le 6 février 2025, qu’un traitement post-exposition peut être réalisé en cas d’oubli de la PrEP, pendant une durée d’un mois, puis que la PrEP reprend selon les modalités habituelles.

La même fiche qualifie l’infection par le VIH sous PrEP d’événement rare, le plus souvent rattaché à un défaut d’observance, et impose un avis spécialisé sans délai. Un test positif sous traitement se confirme par une deuxième sérologie, un Western blot et une charge virale avant toute conclusion.

À signaler sans attendre : dans le mois qui suit une exposition, une fièvre, des ganglions gonflés au cou ou à l’aine, une éruption cutanée ou des douleurs musculaires. La brochure de l’AFMPS en énumère d’autres et demande de prévenir le médecin devant ces signes.

Chez une personne porteuse de l’hépatite B, l’arrêt de la PrEP est la vraie urgence

Le danger ne vient pas du comprimé manqué, mais de l’interruption qu’il peut annoncer. La Haute Autorité de santé n’autorise le ténofovir/emtricitabine, chez les personnes porteuses chroniques du virus de l’hépatite B, qu’en schéma continu, à cause du risque d’hépatite aiguë grave à l’arrêt, et elle demande un avis spécialisé avec surveillance des transaminases avant toute interruption. Un même danger figure dans la brochure de l’AFMPS et dans le résumé des caractéristiques du produit publié par l’ANSM : l’atteinte du foie peut s’aggraver sévèrement après l’arrêt.

Un oubli isolé n’est pas un arrêt. Le portage chronique du virus de l’hépatite B impose son propre suivi et sa vaccination, à part de la question du comprimé manqué.

En Belgique, l’oubli se constate dans un centre de référence conventionné

Le suivi de la PrEP passe par les centres de référence conventionnés avec l’INAMI. Ces centres encadrent la bonne utilisation du traitement et dépistent les infections sexuellement transmissibles tout au long du parcours, indique l’INAMI, et le remboursement suppose l’accord du médecin-conseil de la mutualité.

En France, la prescription est ouverte à tout médecin, et la Haute Autorité de santé place la première consultation de suivi à un mois, puis un rythme de 3 à 6 mois selon la fréquence des rapports à risque. La même fiche ajoute qu’en CeGIDD, la délivrance et le suivi se font sans facturation visible par les parents.

Dans les deux pays, le suivi comprend un dépistage régulier. Les infections sexuellement transmissibles et leur dépistage suivent leur propre calendrier, que la PrEP ne remplace pas.

La brochure de l’AFMPS rappelle que la PrEP seule ne suffit pas et demande de continuer à utiliser un préservatif contre les autres infections sexuellement transmissibles.

Belgique : le remboursement passe par l’accord du médecin-conseil de la mutualité, et le produit est prescrit par un médecin d’un centre de référence SIDA conventionné avec l’INAMI.

France : la prescription est ouverte à tout médecin, le suivi s’échelonne du premier mois à une consultation tous les 3 à 6 mois, et le CeGIDD délivre sans facturation.

Ce qui se demande le plus souvent le lendemain

Quand refaire le test VIH ?

Le calendrier ne bouge pas. La brochure de l’AFMPS demande des tests VIH réguliers, par exemple au moins tous les 3 mois, et le résumé des caractéristiques du produit publié par l’ANSM demande de contrôler à nouveau le statut sérologique à intervalles réguliers, au moins tous les trois mois, avec un test combiné antigène/anticorps. Un test réalisé trop tôt après une exposition peut rester négatif, et les lieux où ce test se fait sans frais se repèrent avant d’en avoir besoin.

Un oubli au tout début du traitement compte-t-il davantage ?

Sur ce point, l’ANSM écrit que le temps nécessaire pour que la protection s’installe après le début du traitement n’est pas connu. C’est la phase où un oubli est le moins documenté.

Que faire si les oublis se répètent ?

La régularité pèse plus lourd que le rattrapage. Le résumé des caractéristiques du produit publié par l’ANSM écrit que l’efficacité est fortement corrélée à l’observance, mesurée par les concentrations sanguines du médicament, et la brochure de l’AFMPS prévient qu’oublier des doses augmente le risque d’infection et peut rendre le virus résistant si l’infection survient malgré tout. En Belgique, ce point est évalué dans le suivi en centre de référence.

Sources

  1. AFMPS, Informations importantes sur Truvada pour réduire le risque de contracter une infection par le VIH (juillet 2018)
  2. ANSM, Résumé des caractéristiques du produit, EMTRICITABINE/TENOFOVIR DISOPROXIL EG 200 mg/245 mg, comprimé pelliculé (mis à jour le 28 avril 2017)
  3. Haute Autorité de santé, Traitement préventif pré-exposition de l’infection par le VIH, fiche (validée par le Collège le 6 février 2025)
  4. INAMI, VIH : intervention dans les coûts pour le suivi dans un centre spécialisé (page institutionnelle, sans date affichée)
  5. CBIP/BCFI, La prophylaxie pré-exposition (PrEP) par Truvada : à envisager plus fréquemment dans la prévention du VIH selon Sensoa (août 2018)