MediCMS

SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

prep-a-la-demande-schema

SANTÉ SEXUELLE Mis à jour le 19 septembre 2026

Le schéma de PrEP à la demande, appelé 2-1-1, se prend uniquement autour des rapports : deux comprimés 2 à 24 heures avant, puis un comprimé 24 heures après cette double prise et un dernier 48 heures après. Il n’a été validé que pour les rapports anaux entre hommes et il est écarté en cas d’hépatite B chronique. Pour des rapports vaginaux, fréquents ou impossibles à prévoir, la prise quotidienne reste la référence.

prep-a-la-demande-schema

Ce que demande le schéma 2-1-1, prise par prise

Deux comprimés entre 2 et 24 heures avant le rapport, un comprimé 24 heures après cette double prise, un comprimé 48 heures après cette même double prise. L’Organisation mondiale de la santé décrit en 2019 cette séquence comme le seul schéma à la demande dont l’efficacité est démontrée, et le CDC américain la reprend sous le nom de 2-1-1.

La Haute Autorité de santé écrit la même conduite autrement : deux comprimés au moins 2 heures avant l’exposition, puis un comprimé par jour jusqu’à 48 heures après la dernière exposition. Les deux formulations divergent sur le haut de la fenêtre : l’Organisation mondiale de la santé borne la double prise entre 2 et 24 heures avant le rapport, la Haute Autorité de santé demande seulement au moins 2 heures avant.

Plusieurs rapports qui se suivent : les deux derniers jours comptent

Le schéma ne s’arrête pas au dernier rapport. Quand les rapports se prolongent sur plusieurs jours, l’Organisation mondiale de la santé indique de continuer un comprimé par jour tant qu’ils durent, puis de maintenir un comprimé par jour les deux jours suivants avant d’arrêter. La Haute Autorité de santé retient le même repère : un comprimé par jour jusqu’à 48 heures après la dernière exposition.

L’arrêt se décale donc de 48 heures, même sans nouveau rapport. Reprendre ses habitudes dès le lendemain du dernier raccourcit la protection sans que rien ne le signale.

Le 2-1-1 n’a été validé que pour les rapports anaux entre hommes

Ce schéma n’a été étudié que chez les hommes adultes ayant des rapports sexuels avec des hommes, écrit le CDC, qui précise que son action n’est pas connue pour les rapports vaginaux ni pour l’usage de drogues par injection. L’Organisation mondiale de la santé le réserve de la même façon aux rapports anaux entre hommes.

Le schéma de prise selon l’exposition, d’après l’Organisation mondiale de la santé, la Haute Autorité de santé et le CDC
Situation Schéma de référence
Sexe anal entre hommes Prise à la demande possible
Rapports vaginaux ou frontaux Prise continue
Hépatite B chronique Prise continue, prise à la demande écartée
Grossesse ou allaitement Prise continue
Rapports plus de 2 fois par semaine Prise continue

Pourquoi certaines expositions imposent la prise continue

L’hépatite B chronique arrive en tête. La Haute Autorité de santé n’autorise le ténofovir/emtricitabine, chez ces personnes, qu’en schéma continu, à cause du risque d’hépatite aiguë grave à l’arrêt du traitement. Le CDC écarte le 2-1-1 en cas d’hépatite B active, une exposition épisodique pouvant déclencher une poussée hépatique. Le vaccin contre l’hépatite B, qui prévient l’infection, se discute avant de commencer.

Chez les femmes, la pharmacologie du ténofovir dans le tractus génital fait douter de la protection d’un schéma épisodique. L’Organisation mondiale de la santé ajoute que chez les femmes trans sous hormonothérapie féminisante, une petite étude relève une baisse de 13 % des concentrations plasmatiques de ténofovir, jugée sans conséquence sur la prise quotidienne mais susceptible d’affaiblir une prise à la demande. La Haute Autorité de santé recommande à ces personnes la prise continue.

Reste la fréquence des rapports. La prise quotidienne est recommandée au-delà de 2 rapports par semaine et quand les rapports ne peuvent être prévus, le 2-1-1 étant réservé à des rapports espacés qu’on peut anticiper au moins 2 heures à l’avance.

En Belgique, le remboursement est calculé sur un comprimé par jour

Le remboursement belge du ténofovir/emtricitabine en prévention repose sur une posologie journalière de maximum un comprimé, indique l’INAMI au paragraphe 8750000 du chapitre IV. Un cycle de 2-1-1 autour d’un rapport consomme quatre comprimés en 48 heures. La règle de remboursement est donc bâtie sur la prise quotidienne, pas sur les prises groupées.

Le circuit de prescription diffère aussi. En Belgique, le remboursement suppose un médecin attaché à un Centre de référence SIDA ayant une convention avec l’INAMI, des visites de suivi tous les 3 mois, et il est réservé aux bénéficiaires de 16 ans et plus à haut risque d’exposition par voie sexuelle. En France, la Haute Autorité de santé rappelle que tout médecin peut prescrire la PrEP.

La prise oubliée est celle qui suit le rapport

L’Organisation mondiale de la santé relève que c’est la prise d’après qui manque le plus souvent. Les raisons citées : être loin de chez soi après le rapport, la crainte que le partenaire découvre le traitement, ou une routine cassée. Un schéma qui repose sur deux comprimés pris le lendemain tient d’abord à une organisation.

Le rythme des tests ne suit pas celui des comprimés. Un test VIH tous les 3 mois reste recommandé, que la prise soit quotidienne ou à la demande ; l’Organisation mondiale de la santé insiste sur ce point pour les personnes qui prennent peu de comprimés et renouvellent donc moins souvent leur ordonnance. Où faire ce test selon le pays se repère à l’avance. Le 2-1-1 ne concerne que le VIH : les autres infections se cherchent avec leur propre prélèvement.

Quatre questions qui reviennent avant de commencer

Un seul comprimé avant le rapport ne suffit-il pas ?

Le schéma validé repose sur une double prise. L’Organisation mondiale de la santé précise que les schémas avec un comprimé unique avant et après le rapport, ou une prise quatre fois par semaine, ont été étudiés sans que leur efficacité soit connue. Dans l’essai ADAPT, la couverture des rapports atteignait 56 % et 52 % avec ces schémas non quotidiens, contre 75 % avec la prise quotidienne.

Peut-on alterner prise continue et prise à la demande ?

L’Organisation mondiale de la santé prévoit ce passage dans les deux sens. Quand les rapports deviennent fréquents ou imprévisibles, la prise quotidienne prend le relais ; quand ils s’espacent et se prévoient, le 2-1-1 redevient possible. Le choix se refait avec le médecin, à partir de la fréquence réelle. Pour une couverture qui ne dépend pas des prévisions, la PrEP prise chaque jour reste l’option de référence.

Que faire quand les rapports s’arrêtent ?

Le dernier rapport ne clôt pas la protection. Il reste un comprimé par jour pendant les deux jours qui suivent, puis le schéma à la demande peut s’interrompre. Le suivi, lui, continue : un test VIH tous les 3 mois reste recommandé tant que la personne est suivie pour la PrEP.

Le 2-1-1 convient-il à un adolescent ?

L’Organisation mondiale de la santé n’a mené aucun essai de ce schéma chez les adolescents ayant des rapports avec des hommes, et le CDC le déconseille quand une prise complexe risque d’être mal suivie. La Haute Autorité de santé autorise le ténofovir/emtricitabine chez les mineurs sur indication, avec une autorisation de mise sur le marché en France à partir de 12 ans.

Sources

  1. Haute Autorité de santé, Traitement préventif pré-exposition de l’infection par le VIH (février 2025)
  2. Organisation mondiale de la santé, What’s the 2+1+1? Event-driven oral pre-exposure prophylaxis to prevent HIV for men who have sex with men (25 juillet 2019)
  3. CDC, Preventing HIV with PrEP (page mise à jour le 15 septembre 2026)
  4. CDC, Clinical Guidance for PrEP (30 avril 2026)
  5. INAMI, Remboursement de l’emtricitabine/ténofovir disoproxil, chapitre IV § 8750000 (page consultée le 19 septembre 2026)