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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

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SANTÉ SEXUELLE Mis à jour le 19 septembre 2026

Une coupure au doigt ne transmet le VIH que si quatre conditions se réunissent, dont la présence de sang dans le liquide en cause. Le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel transmettent le VIH ; la salive, les larmes et les urines non, sauf si elles contiennent du sang. En France, la Haute Autorité de santé situe la décision de traitement entre 4 et 48 heures après l’exposition. En Belgique, le CBIP et l’Institut de Médecine Tropicale retiennent jusqu’à 72 heures.

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Quand une coupure au doigt devient-elle une porte d’entrée ?

Quatre conditions se cumulent. D’abord une plaie ouverte, assez profonde. Vient ensuite le liquide, qui doit transporter le virus. La quantité compte aussi : une trace ne suffit pas. Reste la personne source, dont la charge virale doit être détectable. Aucune des quatre ne suffit seule.

Le CBIP belge parle de risque élevé pour une blessure profonde faite par un objet tranchant visiblement contaminé par du sang, et pour le contact prolongé d’une peau lésée avec une quantité significative de liquide biologique potentiellement infecté. Après une piqûre, ce risque reste faible pour le VIH ; il est plus élevé pour l’hépatite C et le plus important pour l’hépatite B lorsque la personne exposée n’est pas vaccinée. Le CBIP ne chiffre pas ce risque pour une coupure au doigt et ne fixe aucun délai après lequel une plaie cesse d’être une porte d’entrée.

Le sang, le sperme et les sécrétions portent le virus, la salive non

Le VIH circule en quantité transmissible dans le sang, le sperme et le liquide séminal, les sécrétions vaginales, le liquide anal et le lait maternel. La Plateforme, en Belgique, range la salive, la sueur, les larmes et l’urine parmi les liquides trop pauvres en virus pour transmettre l’infection. Sida Info Service ajoute qu’un baiser ou un crachat ne transmet pas le VIH. Le CBIP pose une réserve : ces liquides redeviennent contaminants s’ils contiennent du sang.

Pouvoir de transmission du VIH selon le liquide en cause, d’après le CBIP, l’INRS et La Plateforme (Belgique)
Liquide Transmet le VIH Précision
Sang, y compris le sang des règles Oui Seul liquide à avoir provoqué des contaminations professionnelles prouvées après une exposition au sang (INRS)
Sperme et liquide séminal Oui Présent dès le début de l’érection, avant l’éjaculation
Sécrétions vaginales et liquide anal Oui Transmettent au contact d’une muqueuse ou d’une peau lésée
Lait maternel Oui Peut transmettre pendant l’allaitement
Salive, larmes, sueur, urine Non Pas une source de contamination, sauf présence de sang (CBIP)

Le dépistage du VIH ne dit rien des autres infections : chaque infection se cherche avec son propre prélèvement.

Une source de statut inconnu ne déclenche pas de traitement après une coupure

La Haute Autorité de santé a précisé les indications du traitement dans ses recommandations de juillet 2024. Une coupure par un objet tranchant, ou un contact cutanéo-muqueux de plus de 15 minutes, ouvre ce traitement quand la personne source vit avec le VIH et a une charge virale détectable d’au moins 50 copies/mL. Une charge virale sous 50 copies/mL depuis plus de 6 mois de traitement antirétroviral ferme cette indication.

Le statut de la source ne joue pas comme on l’imagine. Après une coupure dont le statut VIH est impossible à déterminer, la Haute Autorité de santé ne recommande pas de traitement. Après une piqûre profonde avec une aiguille creuse et intravasculaire, ce même statut inconnu ouvre au moins une discussion. La profondeur de la plaie pèse plus que l’inquiétude.

Quatre situations écartent d’emblée le traitement : une piqûre avec une seringue abandonnée, un crachat sanglant, une morsure ou une griffure. Sida Info Service le formule autrement : un accident d’exposition au sang n’est pas le simple fait d’avoir touché une goutte de sang.

Source indétectable : la Haute Autorité de santé n’indique pas de traitement post-exposition quand la personne source prend un antirétroviral depuis plus de 6 mois avec une dernière charge virale sous 50 copies/mL, et l’INRS écrit que la transmission est nulle quand cette charge reste indétectable pendant au moins 6 mois. Le CBIP, dans son Folia de septembre 2012, recommandait encore la prophylaxie dans cette situation. Sa position est antérieure aux recommandations françaises de 2024.

Les premiers gestes : de l’eau, du savon, puis un antiseptique

La conduite immédiate ne dépend pas encore du statut de la personne source. En France, l’INRS demande de nettoyer à l’eau et au savon, de rincer abondamment, puis de désinfecter avec un produit chloré, hypochlorite de sodium ou solution de Dakin, laissé au moins 5 minutes. La Haute Autorité de santé cite l’hypochlorite de sodium ou la povidone iodée.

Le CBIP donne une consigne différente. Il demande de laver soigneusement et longuement à l’eau et au savon, puis de désinfecter avec un gel hydro-alcoolique, de l’alcool à 70°, de la povidone iodée ou de la chlorhexidine. Il déconseille de faire saigner la plaie et d’employer des solutions irritantes, dont l’eau de Javel et la teinture d’iode.

À consulter sans attendre : une coupure profonde et saignante, faite par un objet tranchant visiblement souillé de sang, ou le contact prolongé d’une peau lésée avec du sang dont la personne source est inconnue ou a une charge virale détectable. Présentez-vous à un service d’urgences ouvert 24 heures sur 24, sans attendre un résultat d’analyse. En France, la décision se prend jusqu’à 48 heures après l’exposition. En Belgique, la limite est de 72 heures.

Quarante-huit heures en France, soixante-douze heures en Belgique

Le délai et le circuit d’accès sont les deux points qui séparent le plus nettement les pays.

Après une exposition au VIH par une plaie, ce qui diffère entre la Belgique et la France, d’après la Haute Autorité de santé, le CBIP, l’Institut de Médecine Tropicale et depistage.be
Point Belgique France
Délai du traitement post-exposition Le plus tôt possible, au plus tard 72 heures (CBIP, Institut de Médecine Tropicale) Au mieux 4 heures, au plus tard 48 heures (Haute Autorité de santé, INRS)
Durée du traitement 28 jours (CBIP, depistage.be) 30 jours (Haute Autorité de santé)
Lieu de prise en charge Urgences d’un hôpital rattaché à un centre de référence VIH (depistage.be) Urgences ouvertes 24 heures sur 24, CeGIDD ou centre de santé sexuelle (Haute Autorité de santé)
Coût Traitement gratuit, suivi facturé puis remboursé par la mutualité (depistage.be) Accueil gratuit et anonyme en CeGIDD (Centre hospitalier universitaire de Toulouse)

La Haute Autorité de santé prévoit qu’un kit de démarrage de 3 à 5 jours soit disponible dans les lieux habilités, pour ne pas retarder la mise sous traitement. Dans un service d’urgences, le démarrage ne doit pas dépendre d’un entretien médical préalable. Quand les expositions se répètent, la prévention se déplace en amont, avec un comprimé quotidien pris avant l’exposition.

Quatre questions qui suivent une coupure au doigt

Du sperme ou des sécrétions vaginales sur une coupure ouvrent-ils un traitement ?

Les recommandations françaises ne le prévoient pas. La Haute Autorité de santé range la projection cutanée ou muqueuse de sperme ou de sécrétions génitales parmi les situations où le traitement post-exposition n’est pas recommandé, y compris quand le statut de la personne source est inconnu. Le sang reste le liquide qui change la décision.

Une plaie refermée ou une croûte laisse-t-elle passer le virus ?

L’INRS définit l’exposition par une effraction cutanée, piqûre, coupure ou égratignure, ou par une projection sur une peau lésée, une dermatose ou une plaie. Sans rupture de la peau, la porte d’entrée n’existe pas. Un objet qui a seulement frôlé une peau intacte ne crée pas d’exposition au sang.

Le traitement peut-il commencer plus de 72 heures après l’exposition ?

Les deux pays placent la limite avant ce terme. La Haute Autorité de santé indique que les données ne montrent pas de protection significative entre 48 et 72 heures. Le CBIP fixe la limite à 72 heures. Passé ce délai, la décision revient au médecin, qui pèse le liquide en cause, la profondeur de la plaie et le statut de la personne source.

Faut-il se protéger pendant le suivi ?

L’INRS demande des rapports protégés pendant 3 mois après l’exposition et écarte le don du sang pendant 4 mois. Sida Info Service situe la fiabilité totale du test VIH 12 semaines après le risque, un délai qui dépend du test utilisé. En attendant, le préservatif protège aussi des autres infections et d’une grossesse, ce qu’aucune autre méthode ne fait seule.

Sources

  1. Haute Autorité de santé, Traitement préventif post-exposition au VIH (25 juillet 2024)
  2. Institut national de recherche et de sécurité, Infection à VIH, fiche Eficatt (septembre 2025)
  3. Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique, Prise en charge des expositions accidentelles au sang et à d’autres liquides biologiques (septembre 2012)
  4. Institut de Médecine Tropicale, PPE au VIH (prophylaxie post-exposition) (page consultée le 19 septembre 2026)
  5. Plate-Forme Prévention Sida, TPE (page consultée le 19 septembre 2026)
  6. Centre hospitalier universitaire de Toulouse, Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (page consultée le 19 septembre 2026)
  7. Sida Info Service, Le traitement d’urgence TPE (page consultée le 19 septembre 2026)
  8. Sida Info Service, La transmission du VIH/sida peut-elle se faire par la salive ? (page consultée le 19 septembre 2026)
  9. La Plateforme (Plate-Forme Prévention Sida), Comment se transmet le VIH ? (page consultée le 19 septembre 2026)