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CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

Le choix d’une contraception se joue sur trois points : l’efficacité attendue contre une grossesse, la protection contre les infections sexuellement transmissibles et la tolérance des hormones. Le Centre belge d’information pharmacothérapeutique rappelle que ce choix se construit avec le professionnel de santé, en tenant compte des préférences et des facteurs de risque de la personne. Deux familles arrivent en tête des méthodes réversibles pour l’efficacité : les contraceptifs œstroprogestatifs et les dispositifs intra-utérins. Depuis le 25 avril 2022, le remboursement belge en matière de contraception s’adresse à toute personne, sans distinction de genre.

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Trois critères départagent les méthodes avant toute discussion de marque

Trois questions écartent la moitié des méthodes. La meilleure protection possible contre une grossesse passe par le dispositif intra-utérin ou l’implant. Ajouter un préservatif devient nécessaire quand l’objectif inclut d’éviter une infection sexuellement transmissible, et c’est le seul moyen de protéger contre les deux. En cas de mauvaise tolérance aux hormones, les méthodes non hormonales restent.

Le Centre belge d’information pharmacothérapeutique énumère huit facteurs qui entrent dans la décision : efficacité, facilité d’usage, durée d’action, réversibilité, effets indésirables, contre-indications, prévention des infections sexuellement transmissibles et coût. Deux personnes du même âge peuvent donc repartir avec deux ordonnances différentes.

Un préservatif externe ou interne protège des infections sexuellement transmissibles, mais sa protection contre la grossesse reste inférieure à celle des méthodes hormonales et intra-utérines, comme le note le CBIP.

La Haute Autorité de santé a construit une aide à la décision partagée pour préparer la discussion avec le professionnel. Les différentes méthodes de contraception se distinguent par leur mode d’action, leur durée et leur réversibilité, trois critères qui pèsent autant que la tolérance. Un dépistage peut se faire en parallèle, et les lieux où se faire dépister existent en ville comme en centre de santé sexuelle.

Trois méthodes ne demandent rien au quotidien

Il existe deux dispositifs intra-utérins : celui au cuivre, sans hormone, et celui qui diffuse un progestatif. Avec l’implant, ils forment la famille que le CBIP désigne comme la plus efficace des méthodes réversibles, celle qui demande moins d’une administration par mois.

Les durées varient. Le dispositif intra-utérin libère un progestatif dans l’utérus et peut rester en place cinq ans selon le CBIP ; un an après la pose, 20 % des utilisatrices n’ont plus de règles. Service-Public.fr retient une efficacité de quatre à dix ans pour les dispositifs intra-utérins en France, selon le modèle et le type.

Trois ans de protection pour un implant sous la peau du bras, avec une absence de règles chez environ 20 % des utilisatrices selon le CBIP. Son retrait peut être difficile quand il n’a pas été bien placé.

Le dispositif au cuivre fait exception parmi les méthodes non hormonales : le CBIP le place au niveau des contraceptifs hormonaux pour l’efficacité. La Haute Autorité de santé a passé en revue en 2017 les méthodes que l’OMS classe parmi les plus efficaces : spécialités disponibles, mode d’action, indications, populations cibles, efficacité, tolérance, suivi et complications.

Une méthode très efficace mal utilisée protège moins qu’une méthode correcte bien utilisée. L’ANSM note que la pilule dépasse 90 % d’efficacité, mais que celle-ci chute en cas d’oubli, de vomissements, de diarrhée ou d’interaction avec d’autres médicaments. Les méthodes sans prise quotidienne échappent à ce risque.

Une pilule récente n’est pas forcément une pilule plus sûre

Le progestatif associé compte plus que l’ancienneté de la marque. Le CBIP place en premier choix, en l’absence de contre-indication, une association œstroprogestative monophasique à faible dose d’éthinylestradiol et à progestatif de deuxième génération, lévonorgestrel ou noréthistérone. Les progestatifs de troisième génération, désogestrel, gestodène et norgestimate, sont associés à un risque d’accident thromboembolique veineux et d’accident vasculaire cérébral deux fois plus élevé.

Le risque veineux grimpe surtout au début. Le CBIP l’estime en moyenne cinq fois plus élevé que chez les personnes qui n’en prennent pas, avec un pic sur les trois premiers mois. L’ANSM ajoute que le risque artériel dépend de la dose d’estrogène et non du progestatif, et qu’il diminue avec les pilules contenant du lévonorgestrel et la plus faible dose d’estrogènes.

Moins d’estrogène n’est pas automatiquement plus sûr. Le CBIP note que sous 30 µg d’éthinylestradiol, le risque d’échec en cas d’oubli et de saignements irréguliers augmente.

Les deux organismes ne classent pas le norgestimate de la même manière. Le CBIP le range parmi les progestatifs de troisième génération à risque veineux doublé, tandis que l’ANSM place les pilules à base de lévonorgestrel, de norgestimate et à 20 µg d’éthinylestradiol parmi celles à privilégier en première intention.

Antécédent de phlébite ou d’embolie pulmonaire, migraine avec troubles visuels ou du langage, cancer hormono-dépendant, maladie grave du foie : ces situations écartent la pilule combinée.

Une pilule contenant du désogestrel augmente très légèrement le risque de méningiome, une tumeur le plus souvent non cancéreuse des méninges. L’ANSM demande un avis rapide en cas de maux de tête persistants, de troubles de la vision, de faiblesse musculaire, de troubles de l’équilibre ou du langage, de perte de mémoire ou de crises d’épilepsie nouvelles.

La quasi-gratuité s’arrête à 25 ans en Belgique et à 26 ans en France

En Belgique, l’INAMI verse une intervention supplémentaire sur le prix de certains contraceptifs aux personnes de moins de 25 ans, et à tout âge aux bénéficiaires de l’intervention majorée ou aux résidents de certaines institutions. Elle atteint 3 € par mois au maximum. Beaucoup de contraceptifs de deuxième génération reviennent donc à zéro euro avant 25 ans, et plusieurs pilules du lendemain sont gratuites ou coûtent moins d’un euro.

La France pousse la couverture maximale jusqu’à 26 ans. Service-Public.fr indique que le dispositif intra-utérin, l’implant, le diaphragme, les progestatifs injectables et certaines pilules sont alors pris en charge à 100 %, sans avance de frais, tandis que le patch, l’anneau vaginal, la cape cervicale et les spermicides ne le sont pas. Après 26 ans, ces mêmes méthodes passent à 65 %, sauf la contraception définitive, prise en charge à 80 % à tout âge.

D’autres voies d’accès existent en France. Service-Public.fr précise que les centres de santé sexuelle délivrent la contraception sans frais aux mineures qui gardent le secret et aux femmes majeures sans Assurance maladie, et que certains préservatifs de marque sont remboursés à 100 % sans ordonnance et sans limite d’âge.

Le reste à payer change ensuite selon la molécule, le conditionnement et la mutuelle, et le prix qui reste à payer n’est pas le même d’une méthode à l’autre.

Prise en charge de la contraception en Belgique et en France, d’après l’INAMI et Service-Public.fr.
Critère Belgique France
Âge jusqu’auquel la couverture est maximale Moins de 25 ans Moins de 26 ans
Montant pour la pilule Intervention supplémentaire de 3 € par mois au maximum 100 % jusqu’à 26 ans, 65 % ensuite
Pilule du lendemain Intervention supplémentaire de 9 € par boîte au maximum, sans limite d’âge –
Préservatif – Certaines marques remboursées à 100 % sans ordonnance, sans limite d’âge
Ordonnance pour la pilule Oui Oui

Ce qu’il faut apporter en consultation pour que le choix tienne

Trois éléments reviennent dans l’interrogatoire avant toute prescription : les contraceptions déjà essayées et mal tolérées, les antécédents personnels et familiaux de thrombose, et le tabagisme. L’ANSM demande d’en dresser la liste avec le médecin lors d’un changement de pilule.

Un bilan lipidique et glycémique est nécessaire avant et pendant une contraception œstroprogestative. L’ANSM rappelle que le risque thromboembolique augmente avec le tabac, l’obésité, l’âge au-delà de 35 ans et les antécédents familiaux.

Le professionnel évalue les contre-indications et pose la prescription ; le reste, comme la contrainte quotidienne acceptée, se décide avec la personne concernée. Une méthode qu’on abandonne ne protège plus.

L’ANSM cite l’acné et la peau grasse et la baisse de libido parmi les effets rapportés qui peuvent justifier une réévaluation.

Quatre questions qui reviennent avant de se décider

Faut-il arrêter la pilule avant une opération ?

Un arrêt s’impose pour une chirurgie programmée qui comporte un risque thromboembolique. Le CBIP le fixe à quatre semaines avant l’intervention, avec une autre méthode en relais. Une urgence chirurgicale relève de l’équipe qui opère.

Une contraception hormonale rend-elle stérile ?

Les méthodes contraceptives modernes ne provoquent pas d’infertilité, indique l’Organisation mondiale de la santé. L’infertilité se définit par l’absence de grossesse après douze mois de rapports réguliers non protégés, et elle touche environ un adulte sur six au cours de sa vie.

Que faire quand l’oubli de pilule dépasse douze heures ?

La protection n’est plus assurée. L’ANSM demande de prendre le comprimé oublié, de poursuivre la plaquette à l’heure habituelle, puis d’ajouter un préservatif pendant sept jours. Si un rapport non protégé a eu lieu dans les cinq jours qui précèdent, une contraception d’urgence s’impose. Le seuil tombe à trois heures pour la pilule Microval, et le délai à ne pas dépasser dépend de la spécialité.

Peut-on obtenir une contraception sans ordonnance ?

Le préservatif s’achète librement et la pilule du lendemain se délivre en pharmacie sans ordonnance, rappelle l’INAMI. Pour la pilule, le patch, l’anneau, l’implant, le dispositif intra-utérin, le diaphragme et les progestatifs injectables, une ordonnance est exigée. En France, Service-Public.fr ajoute que l’infirmier peut prescrire des préservatifs et une contraception d’urgence, et renouveler une ordonnance de pilule vieille de moins d’un an pour six mois au maximum, sans nouveau renouvellement.

Sources

  1. Centre belge d’information pharmacothérapeutique, « Contraception », Répertoire commenté des médicaments (2023), https://www.cbip.be/fr/chapters/7?frag=5306
  2. Centre belge d’information pharmacothérapeutique, « Choix d’un traitement contraceptif », Folia Pharmacotherapeutica 37 (juillet 2010), https://h.cbip.be/folia_pdfs/FR/P37F07B.pdf
  3. Institut national d’assurance maladie-invalidité, « Intervention supplémentaire dans le prix des contraceptifs » (2022), https://www.inami.fgov.be/fr/themes/soins-de-sante-cout-et-remboursement/les-prestations-de-sante-que-vous-rembourse-votre-mutualite/medicaments/remboursement-d-un-medicament/contraceptifs
  4. Haute Autorité de santé, « Choisir sa contraception avec un professionnel de santé » (25 septembre 2014), https://www.has-sante.fr/jcms/c_1764020/fr/choisir-sa-contraception-avec-un-professionnel-de-sante
  5. Service-Public.fr, « Contraception » (29 juin 2026), https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F707
  6. Haute Autorité de santé, « Méthodes contraceptives : Focus sur les méthodes les plus efficaces disponibles » (24 novembre 2017), https://www.has-sante.fr/jcms/c_1369314/fr/methodes-contraceptives-focus-sur-les-methodes-les-plus-efficaces-disponibles
  7. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, « Pilule contraceptive » (11 août 2026), https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/pilule-contraceptive
  8. Organisation mondiale de la santé, « Planification familiale/méthodes de contraception » (3 juillet 2025), https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/family-planning-contraception