Pour commencer un choix de contraception, regardez la place laissée aux oublis, la durée d’utilisation, les changements possibles des règles et le coût après remboursement. Le manuel mondial de planification familiale compare aussi le nombre de grossesses non intentionnelles selon une utilisation correcte ou courante. Cette rubrique vous aide à repérer la fiche qui répond à votre question avant la consultation.
Le premier tri se fait selon la place laissée aux oublis
Les taux ci-dessous indiquent le nombre de grossesses non intentionnelles pour 100 femmes pendant la première année d’utilisation. La colonne d’utilisation correcte décrit une méthode utilisée de façon constante et correcte. La colonne d’utilisation courante tient compte des conditions habituelles. Ces taux proviennent en grande partie des États-Unis et correspondent à la meilleure source disponible selon les auteurs. La comparaison des méthodes selon ces deux usages donne un premier repère.
Avant de retenir une pilule combinée, les raisons de ne pas choisir cette option peuvent être examinées dans une fiche dédiée.
| Méthode | Utilisation correcte | Utilisation courante |
|---|---|---|
| Implant contraceptif | 0,1 | 0,1 |
| DIU au lévonorgestrel | 0,5 | 0,7 |
| Injectable progestatif seul | 0,2 | 4 |
| Pilule progestative seule | 0,3 | 7 |
| Pilule combinée | 0,3 | 7 |
| Patch combiné | 0,3 | 7 |
| Anneau vaginal combiné | 0,3 | 7 |
| Préservatif masculin | 2 | 13 |
Pour une option sans hormone, les critères pratiques du dispositif au cuivre permettent de compléter ce premier tri.
La contrainte se lit sur le calendrier
La fréquence des prises distingue les méthodes à utiliser régulièrement de celles qui demandent peu de gestes. Le patch combiné se remplace chaque semaine pendant 3 semaines, puis la quatrième semaine se passe sans patch. L’anneau vaginal combiné se porte 3 semaines, avec 7 jours sans anneau avant le suivant.
Les méthodes de longue durée réduisent la fréquence des gestes à prévoir. Les implants sont indiqués pour 3 à 5 ans selon le type. Le DIU au lévonorgestrel est indiqué jusqu’à 7 ans selon le type. Les injectables suivent un autre rythme : 13 semaines pour le DMPA, 8 semaines pour le NET-EN et 4 semaines pour les injectables mensuels.
Après un accouchement, les choix contraceptifs à examiner pendant l’allaitement et après la naissance répondent à une question particulière.
Quand plusieurs traitements doivent être pris en compte, les éléments susceptibles de diminuer l’efficacité hormonale permettent de cibler l’échange avec le professionnel.
Les règles peuvent peser dans la décision
Les changements des saignements font partie des motifs d’arrêt fréquemment rapportés. Les fiches consacrées à la pilule, à l’anneau, au patch, à l’implant et au DIU hormonal permettent de comparer ce point méthode par méthode. Une question utile à poser est la suivante : quels changements des règles sont attendus, et dans quels cas faut-il reprendre contact avec le médecin ou le planning familial ?
Si la peau fait partie des priorités, les effets établis des contraceptions sur l’acné aident à cadrer la discussion.
Le vécu sexuel peut aussi entrer dans le choix : ce que les données permettent de dire sur le désir sous contraception apporte un point de départ.
La question du poids peut être abordée à partir de ce que les sources établissent sur la pilule et la prise de poids.
Face à un saignement entre les règles, les questions à examiner dans cette situation aident à organiser la suite de l’échange.
Le coût se calcule après remboursement
Le prix affiché ne suffit pas à connaître le montant qui reste à payer. Il faut séparer la Belgique et la France, puis tenir compte du remboursement applicable. La page sur le budget de la contraception en Belgique et en France pose ce cadre, tandis que la fiche sur le remboursement et le reste à payer selon la méthode permet de préparer une question précise.
Un oubli n’a pas la même portée selon la méthode
Pour une pilule combinée contenant 30 à 35 µg d’œstrogène, 1 ou 2 pilules oubliées présentent peu ou pas de risque de grossesse selon le manuel. À partir de 3 pilules oubliées pendant la première ou la deuxième semaine, ou après un nouveau paquet commencé avec 3 jours ou plus de retard, une méthode de secours est indiquée pendant les 7 jours suivants. Si un rapport sexuel a eu lieu pendant les 5 jours précédents, le manuel mentionne les pilules contraceptives d’urgence.
La conduite à tenir après un oubli ou une double prise dépend donc du type de pilule et du nombre de prises concernées. La notice officielle du contraceptif utilisé permet de vérifier la règle propre au produit.
Pour une question distincte sur l’urgence, le produit et le temps disponible après un rapport sont précisés dans une fiche dédiée.
La protection contre les IST demande un choix distinct
Les méthodes hormonales, les implants, les DIU, la stérilisation et les méthodes fondées sur le cycle n’offrent aucune protection contre les infections sexuellement transmissibles. Les préservatifs masculins réduisent significativement le risque de transmission du VIH lorsqu’ils sont utilisés constamment et correctement : le manuel indique une réduction de 80 % à 95 % des transmissions qui auraient eu lieu sans préservatif. Ils protègent aussi contre de nombreuses infections, dont la gonorrhée et la chlamydia. La rubrique dépistage et santé sexuelle aide à séparer la prévention d’une grossesse de la prévention des IST.
Pour comparer la protection contraceptive et la double protection, les performances réelles des préservatifs externes et internes apportent un cadre précis.
Ce qu’il est utile d’apporter à la consultation
- La fréquence de prise, de pose ou d’injection qui paraît compatible avec le quotidien.
- La durée souhaitée avant un remplacement ou un nouveau choix.
- Les changements des règles qui seraient acceptables ou difficiles à supporter.
- Le montant qui resterait à payer en Belgique ou en France après remboursement.
- La conduite à tenir en cas d’oubli, de retard ou de rapport sexuel non protégé.
La stérilisation relève d’une décision différente
La stérilisation féminine et la vasectomie ne se choisissent pas comme une méthode à renouveler selon le calendrier. La stérilisation féminine entraîne moins de 1 grossesse pour 100 femmes pendant la première année, soit 5 pour 1 000. Parmi les partenaires d’hommes ayant eu une vasectomie, moins de 2 femmes sur 1 000 deviennent enceintes pendant la première année. La vasectomie n’est pas pleinement efficace pendant les 3 mois qui suivent l’intervention. La fiche sur la vasectomie et la stérilisation féminine permet de préparer cette décision avec le médecin.
Sources
- Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers, édition 2022 (2022).
