Après la ménopause, une adiposité plus importante est associée à un risque relatif plus élevé de cancer du sein. Avant la ménopause, l’association observée va dans l’autre sens. Le World Cancer Research Fund (WCRF) classe les preuves comme « convaincantes » après la ménopause et « probables » avant, et une méta-analyse rapporte des risques relatifs de 1,12 et 0,94 par augmentation de 5 kg/m² d’IMC.
Après la ménopause, le risque relatif rapporté est de 1,12
Après la ménopause, la méta-analyse du World Cancer Research Fund International rapporte un risque relatif de 1,12 pour chaque augmentation de 5 kg/m² d’IMC, avec un intervalle de confiance à 95 % compris entre 1,10 et 1,15. Le résultat repose sur 75 études. Il décrit une relation statistique, pas une probabilité individuelle de cancer du sein.
Le WCRF classe les preuves selon le statut ménopausique
Dans son rapport publié en 2017, avec une révision 2018 indiquée sur le document, le World Cancer Research Fund et l’American Institute for Cancer Research classent comme convaincantes les preuves reliant une adiposité plus importante à une augmentation du risque après la ménopause. Le même rapport retient des preuves probables pour l’association inverse avant la ménopause.
Le niveau « convaincant » correspond à une relation causale, distincte d’une simple association issue d’une étude isolée. La présentation des références et de leurs limites suit les règles exposées dans la méthode de lecture des sources de MediCMS.
Avant la ménopause, le résultat va dans l’autre sens
Avant la ménopause, la méta-analyse rapporte un risque relatif de 0,94 par augmentation de 5 kg/m² d’IMC, avec un intervalle de confiance à 95 % de 0,91 à 0,98, sur 40 études. Cette valeur correspond à un IMC mesuré au début des cohortes.
Une association inverse ne justifie pas une recommandation de prise de poids. Le WCRF précise que cet effet est contrebalancé par le risque accru de cancer du sein après la ménopause et maintient ses recommandations de prévention de l’excès de poids.
Après la ménopause, l’aromatase explique le mécanisme décrit
L’aromatase du tissu adipeux convertit les androgènes en œstrogènes. Chez les femmes ménopausées présentant une obésité, son expression accrue augmente cette conversion. Les œstrogènes peuvent stimuler la prolifération des cellules tumorales et inhiber leur apoptose.
Le risque relatif ne donne pas une probabilité individuelle
Un risque relatif se lit par rapport à un risque de départ. Si ce risque est connu, la valeur 1,12 se lit en le multipliant par 1,12. La méta-analyse ne fournit pas le risque de départ d’une personne donnée et ne permet donc pas de convertir ce résultat en probabilité individuelle.
La mesure de l’IMC laisse une limite d’interprétation
Pour l’analyse avant la ménopause, l’IMC est mesuré au début des cohortes. La méta-analyse distingue cette mesure des analyses portant spécifiquement sur la corpulence au début de l’âge adulte. Les deux indicateurs ne décrivent donc pas la même chose.
Pour une estimation individuelle, demandez au médecin comment mettre en regard le risque relatif rapporté ici et un risque de départ. Les dossiers de santé de MediCMS rassemblent les autres sujets du site.
Sources
- World Cancer Research Fund / American Institute for Cancer Research, Diet, nutrition, physical activity and breast cancer (2017 ; révision 2018 indiquée sur le rapport)
- World Cancer Research Fund International, World Cancer Research Fund International : Continuous Update Project—systematic literature review and meta-analysis of observational cohort studies on physical activity, sedentary behavior, adiposity, and weight change and breast cancer risk (30 août 2019)
