Dans l’herpès génital, les antiviraux peuvent réduire la durée et la gravité des symptômes et limiter l’excrétion virale. Leur effet reste toutefois limité, même lorsqu’ils sont commencés très tôt. La primo-infection et les récidives ne se prennent pas en charge de la même façon ; le traitement dépend de la gêne et de la fréquence des épisodes. Les partenaires sexuels doivent être informés, sans que le risque de transmission puisse être chiffré ici.

Ce que le traitement peut faire pendant une poussée
Pour une récidive accompagnée de symptômes légers, un traitement symptomatique local est généralement suffisant. Un traitement par aciclovir ou valaciclovir est réservé à la primo-infection et aux récidives gênantes. Les antiviraux appliqués localement ne sont pas justifiés, faute de preuves d’efficacité.
Primo-infection, récidive et diagnostic : ce que l’examen montre
Une primo-infection peut associer de nombreux symptômes, des signes généralisés, une zone infectée étendue et des ganglions lymphatiques enflés. Une récidive peut être légère ou, au contraire, très gênante.
Le diagnostic peut généralement reposer sur le tableau clinique. En cas de doute, un test PCR peut être réalisé sur un prélèvement provenant d’une lésion active ; les tests sérologiques ont des indications limitées.
Quels signes peuvent apparaître sur le pénis ou autour de l’anus ?
Chez l’homme, l’herpès génital peut provoquer une ou plusieurs petites vésicules sur ou autour du pénis, du scrotum, de l’anus ou des fesses. Elles peuvent se rompre et laisser des plaies douloureuses. Des démangeaisons, des picotements ou une brûlure peuvent précéder les lésions. Lors d’un premier épisode, fièvre, courbatures ou ganglions sensibles à l’aine peuvent aussi survenir. Mais l’infection peut ne donner aucun signe, ou des symptômes si discrets qu’ils passent inaperçus.
Ces lésions ne suffisent pas à reconnaître l’herpès : un bouton ou une plaie peut avoir une autre cause, et l’aspect varie d’une personne à l’autre. Si une lésion est présente, consultez rapidement un médecin ou un centre de santé sexuelle afin qu’un prélèvement puisse être réalisé pendant qu’elle est active. Le laboratoire recherche le virus dans la lésion par test moléculaire (PCR/NAAT) ou culture. Sans lésion, le diagnostic est moins direct ; un test sanguin n’est pas indiqué systématiquement. En Belgique, le dépistage peut se faire auprès d’un médecin ou d’un centre de santé sexuelle.
La page consacrée aux repères sur les lésions concernées et leur prise en charge traite ce sujet séparément, avec les autres infections et leur prise en charge.
Quels traitements sont utilisés selon la situation ?
Les doses et la durée du traitement varient selon qu’il s’agit d’un premier épisode, d’une récidive ou d’épisodes fréquents.
| Situation | Schémas cités |
|---|---|
| Primo-infection | Aciclovir 400 mg, 3 fois par jour pendant 7 à 10 jours, ou valaciclovir 1 g, 2 fois par jour pendant 7 à 10 jours. |
| Récidive chez une personne immunocompétente | Aciclovir 800 mg, 3 fois par jour pendant 2 jours, ou 800 mg, 2 fois par jour pendant 5 jours. Une autre option est le valaciclovir 500 mg, 2 fois par jour pendant 3 jours, ou 1 g, 1 fois par jour pendant 5 jours. |
| Infection par le VIH ou immunodépression | Aciclovir 400 mg, 3 fois par jour pendant 5 à 10 jours, ou valaciclovir 1 g, 2 fois par jour pendant 5 à 10 jours. |
| Récidives fréquentes avec de nombreux symptômes | Aciclovir 400 mg, 2 fois par jour, ou valaciclovir 1 g, 1 fois par jour, dans le cadre d’un traitement prophylactique. |
À quel moment le traitement est-il commencé ?
Lors d’une primo-infection, le traitement antiviral commence dans les 5 jours qui suivent l’apparition des symptômes, ou tant que l’infection progresse avec la formation de nouvelles lésions.
Lors d’une récidive, le traitement antiviral commence moins de 48 heures après les premiers signes chez les personnes présentant des symptômes sévères, chez les personnes immunodéprimées ou, avant 34 semaines de grossesse, en cas de symptômes sévères.
En cas de récidives fréquentes, soit plus de 6 par an avec de nombreux symptômes, le traitement prophylactique est réévalué après 6 à 12 mois. Un arrêt d’essai peut être discuté. Si au moins 2 épisodes surviennent en peu de temps après l’arrêt, le traitement est repris puis réévalué chaque année.
Comment l’herpès est-il pris en charge pendant la grossesse ?
Avant 34 semaines de grossesse, une primo-infection comme une récidive peut être traitée par aciclovir 400 mg, 3 fois par jour pendant 5 jours.
Après une primo-infection ou une récidive avant 34 semaines, un traitement prophylactique pendant les 4 dernières semaines de grossesse est envisagé avec l’obstétricien ou le gynécologue. Pendant ces 4 semaines, la posologie indiquée est l’aciclovir 400 mg, 3 fois par jour.
À partir de 34 semaines, la voie d’accouchement dépend de l’évaluation obstétricale. La présence de lésions ou de signes annonciateurs au début du travail est notamment prise en compte ; une césarienne peut être indiquée si des lésions ou des prodromes sont présents. En cas de récidive sans lésion ni prodrome au travail, un accouchement par voie basse peut être envisagé.
Informer les partenaires, sans extrapoler le risque
Le préservatif réduit le risque de transmission, sans le supprimer, car le virus peut être excrété sans lésion visible et les zones infectées ne sont pas toujours couvertes. Évitez les rapports sexuels pendant les lésions ou les signes annonciateurs. Un partenaire qui présente des symptômes doit être évalué ; cela ne signifie pas qu’un dépistage systématique de tous les partenaires est indiqué. Il reste important d’informer les partenaires sexuels.
L’excrétion virale peut survenir sans lésion visible : la transmission reste possible en dehors des poussées, et une peau saine ne garantit donc rien. Un dépistage se demande alors en nommant l’infection cherchée, et l’accueil est gratuit dans certains lieux, en Belgique comme en France.