Dans l’herpès génital, les antiviraux peuvent réduire la durée et la gravité des symptômes et limiter l’excrétion virale, mais le CBIP précise que leur effet reste limité, même s’ils commencent très tôt. Le CBIP distingue la primo-infection de la récidive, indique quand un traitement peut être envisagé et recommande d’informer les partenaires sexuels, sans chiffrer le risque de transmission.

Ce que le traitement peut faire pendant une poussée
Pour une récidive accompagnée de symptômes légers, un traitement symptomatique topique est généralement suffisant. Le CBIP réserve le traitement systémique par aciclovir ou valaciclovir à la primo-infection et aux récidives gênantes. Le traitement local antiviral n’est pas justifié, en raison du manque de preuves d’efficacité.
Primo-infection, récidive et diagnostic : ce que l’examen montre
Une primo-infection associe de nombreux symptômes, des signes généralisés, une zone infectée étendue et des ganglions lymphatiques enflés. Le CBIP la distingue de la récidive, qui peut être légère ou gênante.
Le diagnostic peut généralement reposer sur le tableau clinique. En cas de doute, le CBIP propose d’envisager un test PCR sur du matériel provenant d’une lésion active ; l’indication des tests sérologiques est limitée.
La page consacrée aux repères sur les lésions concernées et leur prise en charge traite ce sujet séparément, avec les autres infections et leur prise en charge.
Quels schémas posologiques le CBIP cite-t-il ?
Le CBIP cite des doses et des durées différentes selon la situation décrite.
| Situation | Schémas cités |
|---|---|
| Primo-infection | Aciclovir 400 mg, 3 fois par jour pendant 7 à 10 jours, ou valaciclovir 1 g, 2 fois par jour pendant 7 à 10 jours. |
| Récidive chez une personne immunocompétente | Aciclovir 800 mg, 3 fois par jour pendant 2 jours, ou 800 mg, 2 fois par jour pendant 5 jours. Le CBIP cite aussi le valaciclovir 500 mg, 2 fois par jour pendant 3 jours, ou 1 g, 1 fois par jour pendant 5 jours. |
| Infection par le VIH ou immunodépression | Aciclovir 400 mg, 3 fois par jour pendant 5 à 10 jours, ou valaciclovir 1 g, 2 fois par jour pendant 5 à 10 jours. |
| Récidives fréquentes avec de nombreux symptômes | Aciclovir 400 mg, 2 fois par jour, ou valaciclovir 1 g, 1 fois par jour, dans le cadre d’un traitement prophylactique. |
À quel moment le traitement est-il commencé ?
Lors d’une primo-infection, le traitement antiviral commence dans les 5 jours qui suivent l’apparition des symptômes, ou tant que l’infection progresse avec la formation de nouvelles lésions.
Lors d’une récidive, le traitement antiviral commence moins de 48 heures après les premiers signes chez les personnes présentant des symptômes sévères, chez les personnes immunodéprimées ou, avant 34 semaines de grossesse, en cas de symptômes sévères.
En cas de récidives fréquentes, soit plus de 6 par an avec de nombreux symptômes, le traitement prophylactique est réévalué après 6 à 12 mois. Un arrêt d’essai peut être discuté. Si au moins 2 épisodes surviennent en peu de temps après l’arrêt, le traitement est repris puis réévalué chaque année.
Grossesse et accouchement : les seuils cités par le CBIP
Avant 34 semaines de grossesse, le CBIP indique, pour une primo-infection comme pour une récidive, l’aciclovir 400 mg, 3 fois par jour pendant 5 jours.
Après une primo-infection ou une récidive avant 34 semaines, un traitement prophylactique pendant les 4 dernières semaines de grossesse est envisagé avec l’obstétricien ou le gynécologue. Pendant ces 4 semaines, la posologie indiquée est l’aciclovir 400 mg, 3 fois par jour.
À 34 semaines ou plus, en cas de primo-infection, le CBIP indique une orientation vers le gynécologue pour une césarienne. En cas de récidive, un accouchement par voie basse reste possible selon ce document.
Informer les partenaires, sans extrapoler le risque
Le CBIP juge le suivi des contacts inutile, car une prévention efficace n’est pas possible. Il estime toutefois justifié d’informer les partenaires sexuels.
Le CBIP ne chiffre pas le risque de transmission ni la fréquence de l’excrétion virale en dehors des poussées. Les lieux de dépistage gratuit en Belgique et en France sont présentés séparément.
Sources
- CBIP/BCFI, 11. Infections (version du 01/09/2026), https://www.cbip.be/PDFREP/GGRCM/fr/11.%20Infections.pdf