Une vasectomie se défait par une microchirurgie appelée vasovasostomie, qui recolle les deux extrémités du canal déférent pour laisser repasser les spermatozoïdes dans le sperme. L’Association française d’urologie rapporte 30 à 90 % d’hommes avec des spermatozoïdes dans l’éjaculat selon les cas, et jusqu’à 70 % de grossesses quand l’intervention a lieu dans les dix ans qui suivent la vasectomie (fiche patient actualisée en octobre 2025). Le délai depuis la vasectomie et l’âge de la partenaire pèsent plus lourd que l’âge de l’homme. Quand la reconstruction a peu de chances d’aboutir, les spermatozoïdes peuvent être prélevés et utilisés en AMP, prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie en France.

La vasovasostomie rétablit la continuité du canal déférent
La vasovasostomie est une microchirurgie qui recolle les deux extrémités du canal déférent coupé lors de la vasectomie. L’Association française d’urologie la décrit sous anesthésie générale, le plus souvent en chirurgie ambulatoire, avec une incision du scrotum et une suture réalisée sous microscope ou sous loupe grossissante.
L’intervention n’est pas toujours possible. Quand l’épididyme est obstrué, le chirurgien relie le canal déférent directement à l’épididyme : c’est une vasoépididymostomie. L’Association française d’urologie la décrit comme plus délicate, avec de moins bons résultats, et réservée aux cas où la vasovasostomie ne peut pas être réalisée.
| Critère | Vasovasostomie | Vasoépididymostomie | Prélèvement avec FIV ou ICSI |
|---|---|---|---|
| Principe | Recolle les deux extrémités du canal déférent | Relie le canal déférent à l’épididyme | Prélève les spermatozoïdes sans reconstruire les voies |
| Quand elle est proposée | Première intention chirurgicale | Quand la vasovasostomie est impossible | En alternative, ou quand un facteur féminin d’infertilité s’ajoute |
| Spermatozoïdes dans l’éjaculat | 30 à 90 % des cas | Résultats moins bons | Sans objet |
| Grossesses | Jusqu’à 70 % si l’intervention a lieu dans les dix ans | – | 60 à 80 % en cumulé |
La chirurgie expose à un saignement, une infection, une douleur ou une lésion testiculaire, et une réparation peut échouer. Une douleur scrotale qui s’installe après une vasectomie, elle, relève d’un examen et d’un traitement par étapes.
Après une vasovasostomie, une douleur intense, une bourse qui gonfle ou rougit, de la fièvre ou un écoulement imposent de joindre l’urologue sans attendre.
Le délai depuis la vasectomie décide du résultat, l’âge de la partenaire aussi
Plus l’obstruction dure, plus la réparation devient incertaine. L’Association française d’urologie situe les meilleurs résultats quand l’intervention a lieu dans les dix ans qui suivent la vasectomie, avec des grossesses rapportées jusqu’à 70 %. Passé ce délai, une grossesse reste possible, avec des taux plus faibles.
Une revue publiée dans la Revue médicale suisse en 2010 donne une fourchette plus basse, de 28 à 40 % de grossesses cumulées après vasovasostomie, avec un résultat excellent dans les trois ans puis une baisse nette au-delà de quatorze ans.
L’âge de la conjointe pèse au moins autant. Dans cette revue, le taux de grossesse est de 67 % quand la femme a entre 20 et 24 ans, de 56 % entre 25 et 39 ans, et tombe à 14 % après 40 ans.
Des spermatozoïdes retrouvés dans le sperme ne garantissent pas une grossesse
La réussite d’une vasovasostomie se mesure d’abord à la présence de spermatozoïdes dans le liquide séminal. L’Association française d’urologie prévient que ce résultat ne suffit pas : l’âge et les antécédents de la partenaire, la présence d’anticorps antispermatozoïdes et d’autres problèmes de santé des deux membres du couple décident de la probabilité d’une naissance vivante.
Le retour à la normale se compte en mois. La Revue médicale suisse rapporte un spermogramme de contrôle à trois mois, où 78 % des hommes présentent encore une oligospermie, et recommande de répéter l’examen. Un échec tardif reste possible, ce qui justifie de congeler des spermatozoïdes dès qu’ils deviennent mobiles.
La réversion ne suit pas le délai de quatre mois imposé à la vasectomie
En France, la loi du 4 juillet 2001 impose un délai de réflexion de quatre mois entre la première consultation et la stérilisation, avec une confirmation écrite de la personne, comme le rappelle la Haute Autorité de santé. Ce délai encadre la décision de stériliser, pas l’opération qui rétablit la fertilité.
La Haute Autorité de santé écrit pourtant que la vasectomie doit être présentée comme permanente et irréversible, et reconnaît dans le même document qu’un recours à une opération restauratrice est possible avec un résultat aléatoire.
Choisir une vasectomie se fait parmi les autres méthodes de contraception disponibles, et le cadre légal de la stérilisation à visée contraceptive réserve l’acte aux personnes de 18 ans et plus, sans condition de nombre d’enfants ni de situation de couple.
Belgique : la loi du 22 août 2002 relative aux droits du patient ne fixe aucun délai de réflexion obligatoire entre l’information et l’intervention, comme le résume Ordomedic. Le remboursement dépend de la nomenclature de l’INAMI, où chaque code porte un honoraire et un montant remboursé par la mutualité.
France : quatre mois de délai et une confirmation écrite avant la stérilisation. La vasectomie compte parmi les deux seules méthodes contraceptives masculines remboursées par l’Assurance Maladie, avec les préservatifs pour les moins de 26 ans (EPI-PHARE, 12 février 2024).
Quand la reconstruction n’est pas la bonne voie, le prélèvement passe par l’AMP
Une deuxième option ne touche pas aux canaux déférents : prélever des spermatozoïdes directement dans les canaux déférents, les épididymes ou les testicules, les congeler, puis les utiliser dans une fécondation in vitro avec micro-injection. L’Association française d’urologie la juge particulièrement utile quand la vasovasostomie a peu de chances d’aboutir.
La Revue médicale suisse donne à cette voie des grossesses de 29 à 41 % par transfert et de 60 à 80 % en cumulé, au-dessus des 28 à 40 % qu’elle attribue à la vasovasostomie. En France, les actes d’AMP sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, dans la limite de six inséminations et de quatre tentatives de fécondation in vitro pour obtenir une grossesse.
Préparer les examens et les questions à apporter au rendez-vous évite un aller-retour avec le centre d’AMP.
Questions fréquentes
Au bout de combien de temps les spermatozoïdes reviennent-ils ?
Le contrôle passe par un spermogramme dans les mois qui suivent l’intervention. La Revue médicale suisse situe le premier examen à trois mois, moment où 78 % des hommes présentent encore une oligospermie, et conseille de le renouveler jusqu’au retour à la normale ou à une grossesse.
Peut-on congeler du sperme avant une vasectomie ?
L’Association française d’urologie indique que du sperme peut être congelé avant la vasectomie, pour une insémination ou une fécondation in vitro ultérieure. La Revue médicale suisse précise que cette congélation ne dispense pas la partenaire d’un parcours médical si une aide à la procréation devient nécessaire.
Quelles sont les suites d’une vasovasostomie ?
Éviter les activités physiques intenses au moins une semaine et les rapports sexuels deux à trois semaines fait partie des consignes de l’Association française d’urologie, qui prévoit aussi une plaie gardée propre et sèche et une consultation de suivi dans les semaines qui suivent.
La réversion est-elle remboursée en France ?
La vasectomie elle-même est prise en charge, l’Assurance Maladie ne remboursant que deux méthodes contraceptives masculines, les préservatifs pour les moins de 26 ans et la vasectomie (EPI-PHARE, 12 février 2024). La réversion est un acte à part : demandez au chirurgien et au service de facturation le code de l’acte et sa base de remboursement avant de fixer la date.
Sources
- Association française d’urologie, « Fiche info patient VASO-VASOSTOMIE » (mise à jour octobre 2025), urofrance.org.
- Assurance Maladie, « Prise en charge de l’assistance médicale à la procréation (AMP) » (consulté le 19 septembre 2026), ameli.fr.
- Revue médicale suisse, S. Mroue, D. Wunder, J.-F. Delaloye, « Désir de grossesse après vasectomie : vasovasostomie ou procréation médicalement assistée ? » (27 octobre 2010), revmed.ch.
- Haute Autorité de santé, « Stérilisation à visée contraceptive chez l’homme et chez la femme » (validée le 24 avril 2013, mise à jour en juillet 2019), has-sante.fr.
- Ordomedic, « Délai de réflexion du patient entre la consultation et l’intervention » (consulté le 19 septembre 2026), ordomedic.be.
- INAMI, « La nomenclature des prestations de santé » (mise à jour jusqu’au Moniteur belge du 31 juillet 2026), inami.fgov.be.
- EPI-PHARE, « Recours à la vasectomie en France » (12 février 2024), epi-phare.fr.