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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

Ménopause : ce que le traitement hormonal traite et ce qu’il ne traite pas

CYCLE ET FERTILITÉ Mis à jour le 17 septembre 2026

Les estrogènes oraux ou transdermiques sont le traitement le plus efficace des symptômes vasomoteurs sévères. Commencé en périménopause et limité à la période des symptômes liés à la ménopause, le traitement semble sûr selon le CBIP. La durée et la voie d’administration comptent, notamment pour le risque thromboembolique et le risque d’AVC.

Le traitement hormonal réduit les symptômes vasomoteurs et la perte osseuse

Le traitement hormonal systémique réduit les symptômes vasomoteurs sévères. Il diminue aussi la perte osseuse post-ménopausique et le risque fracturaire après moins d’un an. Une association estroprogestative n’inhibe pas l’ovulation et ne peut pas servir de contraception. L’ovulation reste donc distincte du suivi du cycle, de l’ovulation et de la fertilité ; le suivi du cycle et ses troubles aborde cet autre volet.

Les indications psychologiques et cognitives restent limitées

Les preuves d’efficacité sur les symptômes psychologiques et cognitifs sont limitées. Des symptômes dépressifs sans symptômes vasomoteurs associés ne constituent pas une indication du traitement hormonal.

En cas de dépression sévère, ou d’antécédents de dépression avec symptômes dépressifs en périménopause, le traitement hormonal n’est pas indiqué. Aucune étude randomisée n’a démontré d’effet protecteur du traitement hormonal sur le risque de démence.

Les risques documentés concernent aussi certains cancers

  • Après 5 ans d’utilisation, les associations estroprogestatives augmentent légèrement le risque de cancer du sein. Ce risque diminue à l’arrêt, mais peut persister jusqu’à 10 ans.
  • Chez les femmes ayant leur utérus, les estrogènes systémiques seuls, oraux ou transdermiques, augmentent le risque de cancer de l’endomètre. L’association d’un progestatif pendant au moins 12 jours par mois limite ce risque.
  • Avec les estrogènes seuls ou associés à un progestatif, le risque de cancer de l’ovaire augmente après moins de 5 ans de traitement.
  • Pour le cancer colorectal, une légère diminution du risque semble liée aux estrogènes seuls ou associés à un progestatif.

Les estrogènes seuls ou associés à un progestatif ne semblent pas augmenter le risque d’infarctus.

La durée se limite à la période des symptômes

Le CBIP ne fixe pas de durée maximale universelle en années. Il indique de limiter un traitement par estrogènes, commencé en périménopause, à la période des symptômes liés à la ménopause.

Certains guides cités par le CBIP permettent l’instauration d’estrogènes avant 60 ans en cas de risque d’ostéoporose. D’autres traitements ont une meilleure balance bénéfice-risque.

La voie d’administration change certains risques

La voie orale et la voie transdermique ont pour indication les symptômes de la ménopause. Avec les estrogènes oraux, seuls ou associés à un progestatif, le risque thromboembolique augmente, surtout pendant la 1re année, et le risque d’AVC augmente aussi.

La voie transdermique n’augmente pas ces deux risques. Ses autres effets indésirables sont similaires à ceux de la voie orale.

La voie vaginale vise les symptômes liés à l’atrophie vaginale en périménopause. Le risque d’effets indésirables systémiques est moindre avec cette voie, mais les effets à long terme des estrogènes administrés par voie vaginale ne sont pas connus.

L’atrophie vaginale se traite d’abord localement

Pour l’atrophie des muqueuses seule, le CBIP retient un gel lubrifiant non hormonal comme traitement sûr et efficace.

Si le gel lubrifiant ne suffit pas, l’efficacité de l’estriol local ou d’une faible dose d’estrogène ou d’estriol systémique est démontrée.

Les contre-indications encadrent le choix du traitement

  • Grossesse et allaitement sont des contre-indications des estrogènes.
  • Des saignements vaginaux inexpliqués font partie des contre-indications.
  • Un carcinome mammaire ou une autre tumeur hormono-dépendante, présente ou antérieure, contre-indique le traitement.
  • La présence, les antécédents ou le risque élevé de thromboembolie artérielle ou veineuse contre-indiquent les estrogènes.
  • Une insuffisance hépatique ou une affection hépatique aiguë contre-indique les estrogènes.

La fiche sur les règles abondantes et le moment où consulter traite d’un autre motif de consultation. Les contre-indications d’une pilule combinée concernent la contraception.

En raison du risque thromboembolique, le traitement par estrogènes doit de préférence être interrompu un mois avant une intervention chirurgicale programmée ou en cas d’immobilisation.

Avant de commencer, demandez au médecin quelle indication est visée, quelle voie est retenue et pendant quelle période le traitement est prévu. Signalez la présence de l’utérus, les antécédents de dépression, une grossesse ou un allaitement, des saignements vaginaux inexpliqués, une tumeur hormono-dépendante, un risque thromboembolique, une affection hépatique, une intervention chirurgicale programmée ou une immobilisation.

Sources

  1. CBIP/BCFI, Répertoire Commenté des Médicaments, chapitre 6 « Gynéco-obstétrique » (version du 10/09/2026)