La contraception injectable se fait tous les trois mois. Pour le DMPA, le délai moyen avant une grossesse est de 10 mois après la dernière injection, soit environ quatre mois de plus qu’après les autres méthodes. Le choix tient aussi compte d’une diminution légère et réversible de la densité osseuse pendant l’utilisation prolongée, et du fait qu’une injection déjà administrée ne se retire pas. Cette page ne remplace pas une consultation médicale.
À retenir : en Belgique, le CBIP décrit Sayana à 104 mg/0,65 ml en injection sous-cutanée et Depo-Provera à 150 mg/1 ml en injection intramusculaire. Les deux présentations s’administrent tous les trois mois.
À quel rythme faut-il recevoir l’injection ?
Sayana et Depo-Provera
Sayana contient de l’acétate de médroxyprogestérone en suspension injectable sous-cutanée. Le CBIP indique 104 mg tous les trois mois.
Depo-Provera contient la même molécule en suspension injectable intramusculaire. La présentation utilisée comme contraceptif contient 150 mg/1 ml, avec une injection tous les trois mois.
Pour le DMPA, le manuel de l’Organisation mondiale de la santé et de Johns Hopkins exprime cet intervalle en 13 semaines. Une avance allant jusqu’à deux semaines ou un retard allant jusqu’à quatre semaines sont admis sans test, évaluation ni méthode de secours. Avec le NET-EN, l’intervalle est de huit semaines, avec une avance ou un retard admis jusqu’à deux semaines.
L’efficacité varie selon la régularité du calendrier
La brochure d’O’YES indique une efficacité de 99,7 % dans des conditions d’utilisation parfaites et de 94 % dans la vie de tous les jours.
Le manuel de l’OMS et de Johns Hopkins utilise une autre unité : le nombre de grossesses non intentionnelles pour 100 femmes pendant la première année. Pour l’injectable progestatif seul, il indique 0,2 grossesse en utilisation correcte et 4 en utilisation courante. Les chiffres d’O’YES et ceux du manuel ne sont donc pas exprimés selon le même indicateur.
La médroxyprogestérone injectable conserve son efficacité contraceptive malgré les interactions médicamenteuses, selon le CBIP. Elle n’offre aucune protection contre les infections sexuellement transmissibles. Seul le préservatif, porté à chaque rapport, fait baisser le risque d’infection.
Parmi les méthodes dont le calendrier repose sur une administration espacée, les taux d’efficacité méthode par méthode permettent de situer l’injectable. Les implants contraceptifs durent trois à cinq ans selon leur type. Le stérilet hormonal assure une protection jusqu’à sept ans selon le type.
La densité osseuse baisse légèrement pendant l’utilisation
Le CBIP signale une diminution réversible de la densité osseuse en cas de traitement prolongé par médroxyprogestérone.
Pendant l’utilisation du DMPA, l’OMS décrit une baisse légère de la densité minérale osseuse. Cette diminution peut accroître le risque d’ostéoporose et peut-être celui de fractures après la ménopause.
Le même manuel conclut que cette diminution n’impose pas de limite d’âge ou de durée à l’utilisation du DMPA. Le CBIP qualifie l’effet de réversible après un traitement prolongé.
Le retour de fertilité prend plus de temps avec le DMPA
Après l’arrêt du DMPA, le délai moyen avant une grossesse est d’environ quatre mois plus long qu’après les autres méthodes. Le manuel de l’OMS et de Johns Hopkins l’estime à 10 mois en moyenne après la dernière injection.
Avec le NET-EN, le délai moyen indiqué est de six mois. Après l’arrêt des injectables mensuels, il est de cinq mois. Ces durées sont des moyennes, pas des dates fixes.
Une injection déjà administrée ne peut pas être retirée. Aucun retrait ne peut donc modifier le délai lié au produit.
Le CBIP signale aussi qu’une aménorrhée peut persister plusieurs mois après l’arrêt du traitement.
À qui l’injection garde-t-elle un intérêt ?
La méthode garde un intérêt lorsqu’un calendrier de trois mois et une efficacité non influencée par les interactions médicamenteuses répondent au besoin de contraception.
Le CBIP signale toutefois un léger risque accru de thromboembolie veineuse avec la piqûre contraceptive. La diminution de la densité osseuse, le retour moyen de fertilité à 10 mois après le DMPA et ce risque veineux font partie des éléments à mettre en balance.
Les saignements changent au fil des injections
De nombreuses personnes ont d’abord des règles irrégulières, puis n’ont progressivement plus de règles, selon la brochure O’YES.
Certaines gardent des saignements. Le CBIP signale fréquemment du spotting avec la médroxyprogestérone contraceptive. Il signale aussi fréquemment une prise de poids.
Sources
- CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique (Version : 10/09/2026), document du CBIP
- O’YES ASBL, Mon contraceptif, 10 infos clés (Édition 2023), brochure O’YES
- Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers (édition 2022), manuel de référence
