La candidose vulvo-vaginale et la vaginose bactérienne sont deux affections différentes, avec des traitements distincts. Le CBIP décrit la candidose par des démangeaisons et des pertes blanches, et la vaginose par davantage de sécrétions et une odeur désagréable. Dans ce document, il ne qualifie ni l’une ni l’autre d’IST et qualifie explicitement Trichomonas vaginalis d’infection sexuellement transmissible.

Les deux affections ont des mécanismes et des signes différents
Le CBIP décrit la candidose comme une infection fongique, avec démangeaisons et pertes blanches. Il décrit la vaginose comme un déséquilibre bactérien, avec davantage de sécrétions et une odeur désagréable. Les traitements diffèrent : médicament si la candidose gêne, antibiotique si la vaginose gêne.
| Point comparé | Vaginose bactérienne | Candidose vulvo-vaginale |
|---|---|---|
| Mécanisme | Déséquilibre entre les bactéries, avec diminution des lactobacilles et augmentation du nombre et de la diversité des bactéries anaérobies. | Infection fongique liée à un déséquilibre entre les levures et les bactéries. |
| Ce qui est décrit | Augmentation des sécrétions et odeur désagréable due à l’ammoniaque produite par les bactéries anaérobies. | Démangeaisons et pertes blanches. |
| Traitement | Antibiotique indiqué si les symptômes sont gênants. | Traitement médicamenteux indiqué si les symptômes sont gênants. |
Le CBIP distingue ces affections de Trichomonas vaginalis
Le CBIP ne qualifie pas la candidose vulvo-vaginale ni la vaginose bactérienne d’IST dans ce document. Il qualifie explicitement Trichomonas vaginalis d’infection sexuellement transmissible. La candidose y est décrite comme une infection fongique, tandis que la vaginose y est décrite comme un déséquilibre entre les bactéries.
Le traitement de la candidose dépend de la forme décrite
La candidose vulvo-vaginale est la deuxième cause la plus fréquente de vaginite, après la vaginose bactérienne. Candida albicans est responsable d’environ 85 à 90 % des infections à candida. Candida glabrata est responsable de la quasi-totalité des autres 10 %.
Le traitement médicamenteux est indiqué uniquement si les symptômes sont gênants. Pour les symptômes légers ou récurrents, le CBIP indique les options suivantes :
- Pour le premier choix topique, le clotrimazole s’utilise sous forme de comprimé vaginal ou de capsule vaginale à 500 mg en une seule fois, ou avec 1 applicateur d’environ 10 g de crème vaginale à 20 mg/g pendant 3 jours.
- Pour une autre option topique, le fenticonazole s’utilise en ovule à 600 mg une fois. Il n’est pas indiqué pendant la grossesse.
- En deuxième choix, le fluconazole s’utilise à 150 mg, en 1 gélule par voie orale.
- En cas de candidose sévère avec érythème ou œdème étendu, ou avec des effets de grattage, le CBIP indique du clotrimazole en crème vaginale à 20 mg/g pendant 7 à 14 jours, ou du fluconazole à 150 mg le jour 1 et le jour 4.
Pendant la grossesse ou l’allaitement, un traitement topique est préférable. Pendant la grossesse, le clotrimazole est inséré manuellement par voie vaginale, sans applicateur.
En cas de récidive, le traitement reste celui d’une première infection. Si la candidose survient plus de 3 fois par an avec des symptômes persistants, le CBIP indique de discuter de l’autotraitement ou d’une prophylaxie continue. Une visite de contrôle est prévue après 3 mois pour revoir la stratégie.
La prophylaxie décrite repose sur le fluconazole à 150 mg pendant 3 à 6 mois, à raison de 1 gélule le 5e jour des règles. Si ce schéma ne suffit pas, le fluconazole peut être administré au maximum une fois par semaine. Le partenaire n’est pas traité, sauf s’il présente lui-même des symptômes.
La vaginose bactérienne peut se résoudre spontanément
La vaginose bactérienne se résout souvent spontanément. Chez la femme enceinte ou non, l’antibiotique est indiqué uniquement en cas de symptômes gênants. Le traitement topique vaginal est préférable en raison de l’absorption systémique limitée. Le traitement oral constitue une alternative efficace.
- Le métronidazole en ovule s’utilise à 500 mg une fois par jour pendant 7 jours.
- Un ovule de clindamycine à 100 mg s’administre une fois par jour pendant 3 jours.
- La crème vaginale de clindamycine à 2 % s’utilise à raison de 5 g une fois par jour pendant 7 jours.
- Le métronidazole par voie orale s’administre à 500 mg deux fois par jour pendant 7 jours.
Pendant la grossesse, la vaginose bactérienne est associée à un risque légèrement plus élevé d’accouchement prématuré, de fausse couche tardive et d’infection chez la mère. Le CBIP précise que le traitement n’a pas démontré réduire le risque d’accouchement prématuré. Les données sur le métronidazole pendant la grossesse sont rassurantes, et la plupart des sources indiquent qu’il peut être utilisé.
En cas de vaginose bactérienne récurrente, le traitement de la femme reste celui du premier épisode. Une prophylaxie médicamenteuse pour prévenir les récidives n’est pas recommandée. Le traitement des partenaires sexuels n’est généralement pas recommandé, mais celui du partenaire permanent peut être envisagé en cas de récidive.
Pour le partenaire, le schéma indiqué associe du métronidazole par voie orale à 500 mg deux fois par jour pendant 7 jours et de la crème de clindamycine à 2 %, appliquée sur la peau du pénis deux fois par jour.
Une gêne persistante justifie une consultation
Une gêne qui persiste malgré un traitement est un motif de consultation. Demandez au médecin quel examen peut rechercher une autre cause et s’il faut un dépistage. La rubrique sur les IST, le dépistage et la santé sexuelle présente les autres infections abordées par MediCMS. La fiche sur Chlamydia, son dépistage et son traitement concerne une autre infection. Les lieux de dépistage sont présentés dans la page où se faire dépister.
Sources
- CBIP/BCFI, 11. Infections (01/09/2026), document du CBIP/BCFI