Une sérologie positive conduit à mettre les tests en regard des données cliniques, puis à préciser le stade de la syphilis. La maladie se traite, mais ses signes peuvent disparaître sans que l’infection s’arrête. Le dépistage passe par une prise de sang. Le CBIP prévoit un traitement adapté au stade, des contrôles à 6 et 12 mois, et un dépistage d’autres IST, notamment du VIH.

Une sérologie positive se lit avec les données cliniques
Un résultat positif ne suffit pas à fixer le traitement. Le CBIP demande de rapprocher les tests sérologiques des données cliniques, puis de préciser le stade. Cette lecture distingue la syphilis primaire, secondaire, latente précoce, latente tardive et tardive symptomatique. Le traitement et l’orientation suivent cette distinction.
Le CBIP indique de traiter ou d’orienter en cas de syphilis active, ou lorsque des tests sérologiques positifs sont associés à des données cliniques. Un dépistage d’autres IST, notamment du VIH, est proposé à toutes les personnes chez qui une syphilis est diagnostiquée. Les lieux de dépistage en Belgique et en France indiquent où effectuer cette démarche. La fiche sur la chlamydia, son dépistage et son traitement traite une autre IST.
Les stades décrits par le CBIP suivent la durée probable de l’infection
Le CBIP distingue la syphilis primaire, la syphilis secondaire, la syphilis latente précoce, la syphilis latente tardive et la syphilis tardive symptomatique. Cette dernière comprend notamment la neurosyphilis, l’otosyphilis et la syphilis oculaire.
Une infection datant de moins d’un an est séparée d’une infection datant de plus d’un an ou de durée indéterminée. Cette distinction intervient dans le choix du schéma et dans la durée du traitement.
Le traitement dépend de la durée probable de l’infection
Pour la syphilis primaire, secondaire ou latente précoce, le premier choix indiqué par le CBIP est la benzathine benzylpénicilline IM. En cas d’allergie à la pénicilline, la doxycycline est le schéma indiqué. La syphilis latente tardive reçoit un traitement réparti aux jours 1, 8 et 15.
| Situation | Schéma indiqué |
|---|---|
| Syphilis primaire, secondaire ou latente précoce | Premier choix : benzathine benzylpénicilline IM, 2,4 millions d’UI, à 2 endroits différents, en un seul jour |
| Forme précoce avec allergie à la pénicilline | Option indiquée : doxycycline orale, 100 mg 2 fois par jour pendant 14 jours |
| Syphilis latente tardive, ou infection datant de plus d’un an ou de durée indéterminée | Schéma tardif : benzathine benzylpénicilline IM, 2,4 millions d’UI, à 2 endroits différents, aux jours 1, 8 et 15 |
| Forme tardive avec allergie à la pénicilline | Allergie à la pénicilline : doxycycline orale, 100 mg 2 fois par jour pendant 28 jours |
Certaines situations conduisent à une orientation spécialisée
Le CBIP oriente vers un service d’infectiologie ou un centre de référence IST/VIH en cas de syphilis tardive symptomatique, de grossesse, de co-infection par le VIH, d’échec du traitement, de réinfection ou d’interprétation difficile des tests sérologiques après le début du traitement.
Les femmes enceintes sont toujours orientées vers un service d’infectiologie ou un centre de référence IST/VIH, ainsi que vers le gynécologue.
Le suivi vérifie la réponse au traitement
Les contrôles cliniques et sérologiques sont prévus à 6 et 12 mois après le traitement. Un contrôle plus précoce, à 1 mois et/ou à 3 mois, peut être indiqué en cas de risque de réinfection, de symptômes suspects de neurosyphilis, de risque de perte de vue au suivi ou de nécessité de rassurer la personne suivie.
Le traitement est considéré comme réussi lorsque le titre VDRL ou RPR diminue d’un facteur 4. Pour une syphilis précoce, l’absence de diminution après 6 à 12 mois indique un échec du traitement ou une récidive. Pour une syphilis tardive, ce signal apparaît après 12 à 24 mois. Une remontée du titre après une baisse initiale indique aussi un échec ou une récidive.
Les partenaires sont concernés selon le stade
Pour une syphilis contagieuse précoce, le CBIP invite à s’abstenir de tout rapport sexuel jusqu’à une semaine après le début du traitement.
Un traitement immédiat des partenaires sexuels, en particulier des partenaires enceintes, est envisagé, sauf si ces contacts peuvent être suivis régulièrement par examen clinique et sérologique à 0, 6 semaines et entre 3 et 6 mois.
Une syphilis se cherche en la nommant : elle ne sort pas d’un bilan général, et le dépistage se demande en nommant l’infection se demande infection par infection.
Le premier choix pour traiter les partenaires est la benzathine benzylpénicilline IM, 2,4 millions d’UI, à 2 endroits différents, avec 1 jour de traitement. En cas d’allergie à la pénicilline, le schéma indiqué est la doxycycline, 100 mg 2 fois par jour pendant 14 jours.
- Après une syphilis primaire, l’annonce du diagnostic concerne les partenaires des 3 mois précédents, avec ou sans préservatif.
- Avec une syphilis latente précoce, l’annonce concerne les partenaires des 12 mois précédents.
- Lorsque la durée de la syphilis latente est inconnue, l’annonce concerne les partenaires des 12 à 24 mois précédents.
- Dans une syphilis latente tardive ou tertiaire au sein d’une relation à long terme, le diagnostic est annoncé au partenaire et aux enfants éventuels de la patiente.
Sources
- CBIP/BCFI, 11. Infections (version du 01/09/2026), https://www.cbip.be/PDFREP/GGRCM/fr/11.%20Infections.pdf