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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

Contraception après un accouchement et pendant l’allaitement

CONTRACEPTION Mis à jour le 17 septembre 2026

Une grossesse peut survenir dès 4 à 6 semaines après l’accouchement sans allaitement complet ou presque complet, et dès 6 mois avec cet allaitement. La méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée ne fonctionne que si les règles sont absentes, si les tétées sont fréquentes jour et nuit et si l’enfant a moins de 6 mois. Une seule condition qui disparaît met fin à cette méthode.

Quelle contraception peut commencer après l’accouchement ?

Après l’accouchement, le préservatif externe ou interne peut être utilisé tout de suite. L’OMS place aussi la pilule à progestatif seul et l’implant dès cette période. Le DIU au cuivre ou au lévonorgestrel est possible dans les 48 heures, ou à partir de 4 semaines si ce délai est dépassé.

La méthode repose sur trois conditions simultanées

La méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée est temporaire. Elle exige les trois conditions suivantes :

  • Les règles n’ont pas repris.
  • Plus des trois quarts des tétées sont constituées de lait maternel, avec un allaitement complet ou presque complet, fréquent jour et nuit. L’allaitement exclusif n’ajoute aucun liquide ni aliment, même de l’eau. L’allaitement presque exclusif accepte des apports occasionnels de vitamines, d’eau, de jus ou d’autres nutriments.
  • L’enfant a moins de 6 mois.

En usage courant, cette méthode entraîne environ 2 grossesses pour 100 femmes durant les 6 premiers mois après l’accouchement. En usage correct, elle entraîne moins de 1 grossesse pour 100 femmes pendant la même période. La baisse des tétées, le retour des règles ou le sixième mois atteint suffit à faire cesser son efficacité.

Le calendrier dépend de l’allaitement et de la méthode

Le manuel de l’OMS distingue l’absence d’allaitement, l’allaitement partiel et l’allaitement complet ou presque complet. Les délais ci-dessous viennent de son tableau consacré à la contraception après l’accouchement.

Délais de début des méthodes contraceptives après l’accouchement, selon le tableau de l’OMS
Méthode Sans allaitement Allaitement partiel Allaitement complet ou presque complet
Préservatifs externes et internes Immédiatement Immédiatement Immédiatement
Pilule à progestatif seul et implant Immédiatement Immédiatement Immédiatement
Injectables à progestatif seul Immédiatement À 6 semaines À 6 semaines
DIU au cuivre ou au lévonorgestrel Dans les 48 heures, sinon à partir de 4 semaines Dans les 48 heures, sinon à partir de 4 semaines Dans les 48 heures, sinon à partir de 4 semaines
Stérilisation féminine Dans les 7 jours, sinon à 6 semaines Dans les 7 jours, sinon à 6 semaines Dans les 7 jours, sinon à 6 semaines
Diaphragme À 6 semaines À 6 semaines À 6 semaines
Méthodes d’observation des symptômes Au retour de sécrétions normales Au retour de sécrétions normales Au retour de sécrétions normales
Méthodes calendaires Après 3 cycles menstruels réguliers Après 3 cycles menstruels réguliers, plus tard en cas d’allaitement Après 3 cycles menstruels réguliers, plus tard en cas d’allaitement
Contraceptifs oraux combinés, injectables mensuels, patchs et anneaux vaginaux combinés À 21 jours sans risque thromboembolique supplémentaire, à 6 semaines avec ce risque À 6 semaines À 6 mois

Les estroprogestatifs ont des délais différents selon le contexte

Le CBIP déconseille les associations estroprogestatives pendant les 6 semaines suivant l’accouchement en raison du risque thromboembolique. L’OMS place certains contraceptifs combinés à 21 jours sans allaitement et sans risque supplémentaire, mais à 6 semaines lorsqu’un risque supplémentaire est présent.

Le manuel de l’OMS cite comme facteurs supplémentaires un antécédent de thrombose veineuse, une thrombophilie, une césarienne, une transfusion à l’accouchement, une hémorragie du post-partum, une pré-éclampsie, une obésité supérieure ou égale à 30 kg/m², le tabagisme et un alitement prolongé.

Le CBIP précise que les estrogènes peuvent réduire la lactation pendant les 6 premières semaines et que leur passage dans le lait est limité. Les situations où une pilule combinée est déconseillée reprennent les vérifications à faire avant ce choix.

Les méthodes sans estrogènes peuvent commencer tôt

Le CBIP indique que les contraceptifs à progestatif seul n’influencent ni l’allaitement ni le risque de thrombose. L’OMS place la pilule au désogestrel et l’implant et son utilisation après l’accouchement parmi les méthodes utilisables immédiatement après l’accouchement.

Pour préparer la consultation, notez le type d’allaitement, la fréquence des tétées, l’âge de l’enfant et le retour ou non des règles. Signalez aussi tout facteur de risque thromboembolique cité par l’OMS. Les contraintes des différentes méthodes figurent dans le comparatif de la contraception, tandis que le tableau d’efficacité et de contraintes permet une comparaison plus large. Le choix d’une méthode se discute avec un médecin.

Le retour de la fertilité n’a pas de date individuelle prévisible

Le manuel de l’OMS ne fixe pas de jour individuel pour le retour de l’ovulation après l’accouchement. Il ne donne pas non plus de délai chiffré unique pour toutes les personnes qui allaitent. Les délais publiés sont donc des fenêtres générales, pas une date personnelle.

Sources

  1. Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers (2022), https://www.fphandbook.org/sites/default/files/WHO-JHU-FPHandbook-2022Ed-v221115a.pdf
  2. CBIP/BCFI, Répertoire Commenté des Médicaments, chapitre 6 « Gynéco-obstétrique » (version du 10/09/2026), https://www.cbip.be/PDFREP/GGRCM/fr/6.%20Gyneco-obstetrique.pdf