Une grossesse peut survenir dès 4 à 6 semaines après l’accouchement sans allaitement complet ou presque complet, et dès 6 mois avec cet allaitement. La méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée ne fonctionne que si les règles sont absentes, si les tétées sont fréquentes jour et nuit et si l’enfant a moins de 6 mois. Une seule condition qui disparaît met fin à cette méthode.
Quelle contraception peut commencer après l’accouchement ?
Après l’accouchement, le préservatif externe ou interne peut être utilisé tout de suite. L’OMS place aussi la pilule à progestatif seul et l’implant dès cette période. Le DIU au cuivre ou au lévonorgestrel est possible dans les 48 heures, ou à partir de 4 semaines si ce délai est dépassé.
La méthode repose sur trois conditions simultanées
La méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée est temporaire. Elle exige les trois conditions suivantes :
- Les règles n’ont pas repris.
- Plus des trois quarts des tétées sont constituées de lait maternel, avec un allaitement complet ou presque complet, fréquent jour et nuit. L’allaitement exclusif n’ajoute aucun liquide ni aliment, même de l’eau. L’allaitement presque exclusif accepte des apports occasionnels de vitamines, d’eau, de jus ou d’autres nutriments.
- L’enfant a moins de 6 mois.
En usage courant, cette méthode entraîne environ 2 grossesses pour 100 femmes durant les 6 premiers mois après l’accouchement. En usage correct, elle entraîne moins de 1 grossesse pour 100 femmes pendant la même période. La baisse des tétées, le retour des règles ou le sixième mois atteint suffit à faire cesser son efficacité.
Le calendrier dépend de l’allaitement et de la méthode
Le manuel de l’OMS distingue l’absence d’allaitement, l’allaitement partiel et l’allaitement complet ou presque complet. Les délais ci-dessous viennent de son tableau consacré à la contraception après l’accouchement.
| Méthode | Sans allaitement | Allaitement partiel | Allaitement complet ou presque complet |
|---|---|---|---|
| Préservatifs externes et internes | Immédiatement | Immédiatement | Immédiatement |
| Pilule à progestatif seul et implant | Immédiatement | Immédiatement | Immédiatement |
| Injectables à progestatif seul | Immédiatement | À 6 semaines | À 6 semaines |
| DIU au cuivre ou au lévonorgestrel | Dans les 48 heures, sinon à partir de 4 semaines | Dans les 48 heures, sinon à partir de 4 semaines | Dans les 48 heures, sinon à partir de 4 semaines |
| Stérilisation féminine | Dans les 7 jours, sinon à 6 semaines | Dans les 7 jours, sinon à 6 semaines | Dans les 7 jours, sinon à 6 semaines |
| Diaphragme | À 6 semaines | À 6 semaines | À 6 semaines |
| Méthodes d’observation des symptômes | Au retour de sécrétions normales | Au retour de sécrétions normales | Au retour de sécrétions normales |
| Méthodes calendaires | Après 3 cycles menstruels réguliers | Après 3 cycles menstruels réguliers, plus tard en cas d’allaitement | Après 3 cycles menstruels réguliers, plus tard en cas d’allaitement |
| Contraceptifs oraux combinés, injectables mensuels, patchs et anneaux vaginaux combinés | À 21 jours sans risque thromboembolique supplémentaire, à 6 semaines avec ce risque | À 6 semaines | À 6 mois |
Les estroprogestatifs ont des délais différents selon le contexte
Le CBIP déconseille les associations estroprogestatives pendant les 6 semaines suivant l’accouchement en raison du risque thromboembolique. L’OMS place certains contraceptifs combinés à 21 jours sans allaitement et sans risque supplémentaire, mais à 6 semaines lorsqu’un risque supplémentaire est présent.
Le manuel de l’OMS cite comme facteurs supplémentaires un antécédent de thrombose veineuse, une thrombophilie, une césarienne, une transfusion à l’accouchement, une hémorragie du post-partum, une pré-éclampsie, une obésité supérieure ou égale à 30 kg/m², le tabagisme et un alitement prolongé.
Le CBIP précise que les estrogènes peuvent réduire la lactation pendant les 6 premières semaines et que leur passage dans le lait est limité. Les situations où une pilule combinée est déconseillée reprennent les vérifications à faire avant ce choix.
Les méthodes sans estrogènes peuvent commencer tôt
Le CBIP indique que les contraceptifs à progestatif seul n’influencent ni l’allaitement ni le risque de thrombose. L’OMS place la pilule au désogestrel et l’implant et son utilisation après l’accouchement parmi les méthodes utilisables immédiatement après l’accouchement.
Pour préparer la consultation, notez le type d’allaitement, la fréquence des tétées, l’âge de l’enfant et le retour ou non des règles. Signalez aussi tout facteur de risque thromboembolique cité par l’OMS. Les contraintes des différentes méthodes figurent dans le comparatif de la contraception, tandis que le tableau d’efficacité et de contraintes permet une comparaison plus large. Le choix d’une méthode se discute avec un médecin.
Le retour de la fertilité n’a pas de date individuelle prévisible
Le manuel de l’OMS ne fixe pas de jour individuel pour le retour de l’ovulation après l’accouchement. Il ne donne pas non plus de délai chiffré unique pour toutes les personnes qui allaitent. Les délais publiés sont donc des fenêtres générales, pas une date personnelle.
Sources
- Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers (2022), https://www.fphandbook.org/sites/default/files/WHO-JHU-FPHandbook-2022Ed-v221115a.pdf
- CBIP/BCFI, Répertoire Commenté des Médicaments, chapitre 6 « Gynéco-obstétrique » (version du 10/09/2026), https://www.cbip.be/PDFREP/GGRCM/fr/6.%20Gyneco-obstetrique.pdf
