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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

Comparer les méthodes de contraception

CONTRACEPTION Mis à jour le 17 septembre 2026

Chaque méthode porte deux chiffres d’efficacité, et c’est l’écart entre les deux qui renseigne. L’implant reste à 99,95 % dans les conditions idéales comme dans la vie réelle, parce qu’il ne demande aucun geste. La pilule combinée tombe de 99,7 % à 91 % sur le même trajet, et cette chute-là mesure les oublis, pas le médicament. Le reste du choix se joue sur la durée, la contrainte quotidienne et les contre-indications.

Deux chiffres répondent à deux usages différents

Dans la brochure O’YES ASBL, le pourcentage indique la protection contre une grossesse. L’usage optimal correspond aux conditions idéales, sans problème d’utilisation ni interaction avec un autre médicament. L’usage courant décrit la pratique avec ses oublis et ses erreurs.

Le manuel de l’Organisation mondiale de la santé et de Johns Hopkins utilise une autre unité. Il compte le nombre de grossesses non intentionnelles pour 100 femmes pendant la première année d’utilisation. Une valeur de 0,1 dans cette colonne correspond donc à 0,1 grossesse attendue pour 100 femmes pendant cette période. Cette valeur ne se lit pas comme un pourcentage de protection.

Le tableau compare l’efficacité et la contrainte quotidienne

Pourcentages de protection contre une grossesse selon la brochure O’YES ASBL, édition 2023. La colonne « durée » suit le CBIP, version du 10/09/2026, et le résumé des caractéristiques du produit de Mirena, mis à jour le 17 juin 2026.
Méthode Ce qu’elle demande Durée Efficacité en usage optimal Efficacité en usage courant
Pilule combinée Une prise chaque jour Chaque jour 99,7 % 91 %
Pilule à progestatif seul Une prise chaque jour, en continu Chaque jour, sans semaine d’arrêt 99,7 % 91 %
Patch hormonal Un patch chaque semaine pendant trois semaines, puis une pause Un patch reste en place une semaine 99,7 % 91 %
Anneau vaginal Port continu pendant trois semaines, puis retrait Trois semaines, puis sept jours sans anneau 99,7 % 91 %
Implant hormonal Diffusion continue d’hormones Trois ans 99,95 % 99,95 %
Progestatifs injectables Une injection régulière Trois mois entre les injections 99,7 % 94 %
DIU hormonal Pose d’un dispositif dans l’utérus De trois à huit ans selon le modèle 99,8 % 99,8 %
Stérilisation Obstruction des trompes ou vasectomie Effet immédiat pour l’obstruction des trompes. Pour la vasectomie, il faut attendre de 3 à 6 mois, le temps que les spermatozoïdes disparaissent du sperme, et utiliser une autre contraception jusque-là 99,5 % pour l’obstruction des trompes, 99,9 % pour la vasectomie 99,5 % pour l’obstruction des trompes, 99,85 % pour la vasectomie

La durée autorisée d’un DIU hormonal a changé récemment et dépend du modèle : le résumé des caractéristiques du produit de Mirena, mis à jour le 17 juin 2026, indique une efficacité de 8 ans en contraception intra-utérine et de 5 ans dans l’indication ménorragies fonctionnelles. La durée retenue modèle par modèle est détaillée sur la fiche du dispositif.

Le tableau ne donne pas de chiffre pour chaque méthode existante. La brochure O’YES indique aussi 98 % puis 85 % pour le préservatif externe, 95 % puis 79 % pour le préservatif interne, 94 % puis 88 % pour le diaphragme et 99,4 % puis 99,2 % pour le DIU au cuivre. Les durées indiquées sont de huit heures maximum pour le préservatif interne, de cinq à dix ans selon les modèles pour le DIU au cuivre et pour le diaphragme, une pose au moment du rapport ou jusqu’à 2 heures avant, puis un retrait au plus tôt 6 heures et au plus tard 24 heures après.

L’écart vient surtout des gestes répétés

Les méthodes à action prolongée ne demandent pas une prise ou une pose à chaque rapport. Dans les chiffres O’YES, l’implant et le DIU hormonal gardent le même pourcentage en usage optimal et en pratique. Le CBIP classe l’implant, les DIU et la piqûre contraceptive parmi les méthodes à longue durée d’action lorsque l’administration intervient moins d’une fois par mois.

Pour les méthodes quotidiennes ou hebdomadaires, l’écart apparaît lorsque le geste prévu n’est pas réalisé. Les consignes d’oubli ou de double prise de pilule sont regroupées dans la fiche consacrée à l’oubli de pilule et à la conduite à tenir. La notice officielle d’un contraceptif peut être retrouvée grâce à la recherche de la notice correspondant à la spécialité.

Le manuel OMS et Johns Hopkins illustre aussi cet écart avec ses taux de première année. Il indique 0,3 grossesse pour 100 femmes en usage correct et 7 en usage courant pour les contraceptifs oraux combinés, les pilules progestatives seules, le patch combiné et l’anneau vaginal combiné. Pour l’implant, les deux colonnes indiquent 0,1.

Le tableau laisse d’autres critères ouverts

Un pourcentage d’efficacité ne renseigne pas sur les effets sur les règles, la possibilité de retirer une méthode, ni le coût. Les prix publics belges et le reste à payer sont chiffrés à part, méthode par méthode, et ce que recouvre exactement le mot remboursé se lit avant de comparer des montants. La rubrique contraception range les fiches selon ce que chaque méthode demande au quotidien.

La contraception et la prévention des infections sexuellement transmissibles répondent à deux objectifs différents. Le manuel OMS et Johns Hopkins indique que les pilules, les injectables, le patch, l’anneau, les implants, les DIU, la stérilisation, la vasectomie et les méthodes de connaissance de la fécondité n’offrent aucune protection contre les infections sexuellement transmissibles.

Les préservatifs externes réduisent le risque de nombreuses infections lorsqu’ils sont utilisés constamment et correctement. Ils protègent le mieux contre les infections transmises par les sécrétions, comme le VIH, la gonorrhée et la chlamydia, et réduisent aussi le risque des infections transmises par contact cutané, comme l’herpès et le HPV, sur la zone qu’ils couvrent. Les informations sur le dépistage sont regroupées dans la rubrique santé sexuelle et infections sexuellement transmissibles.

Certaines méthodes combinées ont des contre-indications générales

Le CBIP indique que les estroprogestatifs contraceptifs sont contre-indiqués en cas de grossesse, de carcinome mammaire ou d’autre tumeur hormono-dépendante, actuelle ou ancienne. Il cite aussi la présence, les antécédents ou un risque élevé de thromboembolie artérielle ou veineuse, les affections coronariennes ou cérébrovasculaires, la migraine avec aura et les saignements vaginaux inexpliqués.

Pour certaines spécialités estroprogestatives, le résumé des caractéristiques du produit mentionne aussi l’insuffisance rénale, l’insuffisance hépatique et les tumeurs hépatiques. Pour la chlormadinone et le nomégestrol, le CBIP indique que la présence ou les antécédents de méningiomes sont des contre-indications.

Ces éléments ne permettent pas de trier une méthode sans consultation. Ils indiquent les points à signaler avant de choisir une pilule combinée, un patch ou un anneau.

Préparer le choix avec le médecin

À demander au médecin

  • Quel niveau d’efficacité faut-il comparer, celui de l’usage optimal ou celui de la pratique courante ?
  • Quelle contrainte faut-il accepter : prise quotidienne, changement hebdomadaire, injection tous les trois mois ou remplacement tous les trois ans ?
  • La méthode envisagée appartient-elle aux estroprogestatifs, et une des contre-indications listées par le CBIP doit-elle être vérifiée ?
  • Quelle protection contre les infections sexuellement transmissibles faut-il ajouter ?

Sources

  1. O’YES ASBL, Mon contraceptif, 10 infos clés (Édition 2023), https://www.mescontraceptifs.be/wp-content/uploads/2023/01/Brochure_contraception_2023_web_3.pdf
  2. Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers (édition 2022), https://www.fphandbook.org/sites/default/files/WHO-JHU-FPHandbook-2022Ed-v221115a.pdf
  3. Base de données publique des médicaments (ANSM), Résumé des caractéristiques du produit, MIRENA 52 mg (mise à jour du 17/06/2026), https://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/medicament/66349230/extrait
  4. CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique (Version : 10/09/2026), https://www.cbip.be/PDFREP/GGRCM/fr/6.%20Gyneco-obstetrique.pdf