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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

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CONTRACEPTION Mis à jour le 19 septembre 2026

La pilule contraceptive bloque l’ovulation : elle ne fait pas tomber enceinte, et l’arrêter suffit à lever ce blocage. L’Organisation mondiale de la santé le confirme dans sa fiche du 23 décembre 2025 : la fertilité revient rapidement après l’arrêt, et les « pauses » n’ont aucune utilité. Un autre médicament, le citrate de clomifène, déclenche l’ovulation, mais il ne concerne que les ovulations absentes ou irrégulières.

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La pilule contraceptive ne fait jamais tomber enceinte

Le mode d’action est direct : la pilule empêche la libération de l’ovule par l’ovaire, et aucun de ses composants ne déclenche ni ne facilite l’ovulation. Pour un projet de bébé, la conduite tient en une étape, arrêter la pilule et laisser le cycle reprendre, plutôt que chercher un comprimé qui produirait l’effet inverse.

La fiche de l’OMS du 23 décembre 2025 chiffre les échecs : en usage courant, 4 à 7 grossesses surviennent chaque année pour 100 femmes sous pilule, contre une seule pour 100 quand la prise est parfaite. Une grossesse pendant la pilule vient donc d’une prise manquée ou d’une interruption. Un oubli se traite selon un délai précis : la conduite à tenir dépend du nombre d’heures écoulées.

Les autres méthodes contraceptives n’agissent pas toutes par l’ovulation : chaque famille de contraception a son propre mécanisme.

Les comprimés qui déclenchent l’ovulation ne visent pas les femmes qui ovulent déjà

Le citrate de clomifène est le chef de file de cette famille. Son résumé des caractéristiques publié par l’ANSM le réserve au traitement de la stérilité par anovulation ou dysovulation normoprolactinémiques, c’est-à-dire aux cycles sans ovulation ou de mauvaise qualité. La même notice précise que le produit n’est pas indiqué chez les femmes qui ovulent, et qu’il ne s’emploie que sous surveillance médicale spécialisée.

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français pose la même règle en 2022 : quand le bilan d’infertilité ne trouve aucune anomalie, l’induction de l’ovulation n’est pas recommandée chez une femme normo-ovulante. Provoquer une ovulation déjà présente n’ajoute pas de chances de naissance.

Vérifier l’ovulation fait partie du bilan avant toute prescription. Cela passe par une évaluation hormonale, et parfois par le repérage du pic de LH qui annonce l’ovulation. Sans cette étape, rien ne dit si l’inducteur a une cible.

Pilule contraceptive et inducteur de l’ovulation : deux usages opposés. Sources : OMS, fiche « Contraceptifs oraux » (23 décembre 2025) ; ANSM, résumé des caractéristiques du produit PERGOTIME 50 mg (14 janvier 2013).
Point de comparaison Pilule contraceptive Inducteur de l’ovulation (citrate de clomifène)
Effet sur l’ovulation La bloque La déclenche
Objectif Éviter une grossesse Obtenir une ovulation
Public visé Une femme qui ovule Une ovulation absente ou irrégulière, confirmée

Après l’arrêt de la pilule, une absence de règles n’est pas une preuve d’infertilité

Certaines femmes retrouvent un cycle en quelques semaines, d’autres attendent plusieurs mois. La notice du clomifène cite d’ailleurs les aménorrhées durables consécutives à la contraception orale parmi les situations où un test au clomifène peut être proposé. L’absence de règles pendant des mois après la pilule est donc un cas connu et explorable.

Ce qu’il faut suivre n’est pas le retour du saignement, mais la reprise de l’ovulation. Une aménorrhée qui se prolonge, surtout avec un projet de grossesse, se discute en consultation, où les causes d’une absence de règles prolongée sont recherchées méthodiquement.

Ce qui allonge le délai pour concevoir, c’est l’âge

La contraception ne laisse pas de dette de fertilité. Le CNGOF rappelle en 2022 que la fertilité féminine diminue après 35 ans, et qu’après 36 ans la part d’embryons porteurs d’une anomalie chromosomique dépasse 40 %. La Haute Autorité de santé retient le même facteur dans sa synthèse sur la fertilité et la santé globale : le déclin touche les femmes comme les hommes.

Taux de naissance vivante après trois cycles de fécondation in vitro, selon l’âge de la femme. Source : CNGOF, prise en charge de première intention du couple infertile (2022), d’après l’étude de Luke et al. portant sur 246 740 couples.
Âge de la femme Naissances vivantes après trois cycles
Moins de 31 ans 63 %
31 à 34 ans 59 %
35 à 37 ans 45 %
38 à 40 ans 33 %
41 à 42 ans 18 %
43 ans et plus 6 %

Ces taux concernent la fécondation in vitro, pas la conception naturelle, et ils décrivent des groupes, jamais une personne. Ils expliquent pourquoi le calendrier du bilan se resserre avec l’âge.

À partir de quand faut-il consulter quand la grossesse ne vient pas ?

L’infertilité concerne environ 17,5 % de la population adulte mondiale, soit une personne sur six, selon un rapport de l’OMS du 4 avril 2023. Elle se définit par l’absence de grossesse après 12 mois de rapports réguliers non protégés, en veillant à ce que ces rapports tombent pendant la période la plus fertile du cycle.

La Haute Autorité de santé fixe trois seuils pour lancer le bilan dans sa recommandation adoptée le 11 juin 2026 : après 12 mois sans grossesse, après 6 mois si la femme a plus de 35 ans ou l’homme plus de 45 ans, et à tout âge en présence d’un facteur de risque.

Une maladie chronique, un traitement en cours ou un antécédent qui touche la reproduction font commencer le bilan sans attendre les 12 mois, quel que soit l’âge.

Le bilan concerne les deux partenaires, car une infertilité peut venir de la femme, de l’homme ou des deux à la fois. Chez l’homme, le premier examen recommandé est le spermogramme. Chez la femme, il confirme l’ovulation par une évaluation hormonale, mesure la réserve ovarienne par échographie pelvienne endovaginale et vérifie la perméabilité des trompes. Un premier rendez-vous se prépare mieux quand on sait ce qui sera demandé pendant la consultation.

Deux démarches se confondent souvent, que la Haute Autorité de santé distingue. La consultation de fertilité et santé globale, pour une personne qui réfléchit à un projet, ne comporte aucun examen obligatoire. Le bilan d’infertilité, lui, ne s’ouvre qu’après les délais ci-dessus et cherche une cause.

En Belgique, un forfait INAMI ; en France, une disponibilité sous tension

En Belgique, l’assurance soins de santé rembourse certains médicaments de la fertilité sous forme de forfait, un montant fixe par indication qui ne dépend pas du prix réel du produit. Trois cadres sont couverts : la fécondation in vitro, le don d’ovocyte, la stimulation du développement folliculaire ou l’insémination intra-utérine. La prescription vient d’un médecin, la délivrance d’un pharmacien hospitalier, et le médecin-conseil de la mutualité doit autoriser le remboursement. La base est l’arrêté royal du 6 octobre 2008.

La France applique une autre logique d’accès. Le clomifène y figure sur la liste I et reste soumis à prescription. La spécialité de référence, Clomid 50 mg, est en rupture de stock depuis le 17 février 2026, avec une remise à disposition annoncée pour novembre 2026. L’ANSM a autorisé pendant cette période une fourniture transitoire d’unités britanniques et interdit l’exportation par les grossistes.

Le clomifène : prise, durée et situations exclues

La prise dure combien de temps ?

La notice prévoit une dose de départ de 50 mg par jour pendant 5 jours, à commencer 2 à 5 jours après une hémorragie de privation, ou un jour choisi par le médecin en l’absence de cycles. Si l’ovulation ne vient pas, la dose peut monter à 100 mg par jour pendant 5 jours au cycle suivant. Quand une ovulation survient sans grossesse, le traitement peut se poursuivre jusqu’à six cycles au total.

Quel est le risque de grossesse multiple ?

Le couple doit être averti d’une probabilité plus élevée de grossesse multiple et de ses complications. La notice mentionne aussi une grossesse possiblement simultanée intra et extra-utérine, et un risque de grossesse extra-utérine augmenté après une cure.

Que dit la notice pour la grossesse et l’allaitement ?

Le clomifène n’a pas d’indication pendant la grossesse ni pendant l’allaitement. La découverte d’une grossesse après une exposition fortuite ne justifie pas une interruption, précise la même notice.

Sources

  1. Organisation mondiale de la santé, « Contraceptifs oraux », fiche d’information (23 décembre 2025), https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/oral-contraceptives
  2. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, « Résumé des caractéristiques du produit : PERGOTIME 50 mg, comprimé sécable (citrate de clomifène) » (14 janvier 2013), https://agence-prd.ansm.sante.fr/php/ecodex/rcp/R0218369.htm
  3. Collège national des gynécologues et obstétriciens français, « Prise en charge de première intention du couple infertile : mise à jour des RPC 2010 du CNGOF » (2022), https://cngof.fr/app/uploads/2026/02/RPC-INFERTILITE-2022.pdf
  4. Haute Autorité de santé, « Santé sexuelle et reproductive. Volet 1, Fertilité et santé globale. Synthèse : Ouvrir le dialogue sur le projet conceptionnel » (11 juin 2026), https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-07/dir3/sante_sexuelle_et_reproductive_-_synthese_volet_1_ouvrir_le_dialogue_sur_le_projet_conceptionnel_2026-07-08_16-17-31_191.pdf
  5. Haute Autorité de santé, « Santé sexuelle et reproductive. Volet 2, Infertilité : exploration en première intention. Synthèse » (11 juin 2026), https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-07/dir3/sante_sexuelle_et_reproductive_-_synthese_volet_2_infertilite_exploration_en_premiere_intention_2026-07-08_16-17-31_207.pdf
  6. Organisation mondiale de la santé, « Selon l’OMS, dans le monde, une personne sur six est touchée par l’infertilité » (4 avril 2023), https://www.who.int/fr/news/item/04-04-2023-1-in-6-people-globally-affected-by-infertility
  7. Institut national d’assurance maladie-invalidité, « Remboursement forfaitaire des médicaments : spécialités pharmaceutiques en cas de troubles de la fertilité » (arrêté royal du 6 octobre 2008), https://www.inami.fgov.be/fr/themes/soins-de-sante-cout-et-remboursement/les-prestations-de-sante-que-vous-rembourse-votre-mutualite/medicaments/remboursement-d-un-medicament/forfait-troubles-fertilite
  8. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, « Clomid 50 mg, comprimé [clomifène (citrate de)] », fiche de disponibilité (25 août 2026), https://ansm.sante.fr/disponibilites-des-produits-de-sante/medicaments/clomid-50-mg-comprime-clomifene-citrate-de