Une absence de règles se vérifie d’abord par rapport à une grossesse, puis par rapport à la méthode contraceptive utilisée. Hors grossesse, elle peut être attendue sous implant, injectable progestatif ou DIU au lévonorgestrel. Le CBIP et l’OMS citent aussi l’allaitement et la ménopause parmi les contextes d’absence de règles, sans fixer ici de seuil général unique pour décider d’un bilan.
La grossesse se vérifie avant les autres hypothèses
Une absence de règles conduit d’abord à écarter une grossesse. Sous implant ou DIU au lévonorgestrel, une absence précoce après la pose impose cette vérification. Sous contraceptif oral combiné, un oubli de comprimés hormonaux ou le démarrage tardif d’une plaquette impose aussi de tenir compte de cette possibilité.
Le CBIP décrit les deux effets possibles d’une aménorrhée sous contraceptif progestatif seul : elle peut provoquer une crainte inutile de grossesse, mais aussi retarder le diagnostic d’une grossesse réelle. L’absence de règles seule ne permet pas de trancher.
Repère : l’OMS indique qu’une absence de sang sous contraceptif oral combiné, injectable progestatif ou DIU au lévonorgestrel ne correspond pas à une accumulation de sang.
Une contraception hormonale peut provoquer une aménorrhée attendue
L’OMS définit l’aménorrhée comme l’absence totale de saignement aux moments où un saignement est attendu. Les documents de l’OMS et du CBIP décrivent cette absence pour plusieurs méthodes hormonales, avec des chiffres différents. Pour toutes, l’OMS pose la même réserve : cette absence de règles n’est pas nocive, elle ne signifie ni grossesse ni infertilité, et elle ne correspond pas à une accumulation de sang.
- Contraceptif oral combiné : certaines utilisatrices n’ont plus de règles, sans que l’OMS chiffre cette proportion.
- Pilule progestative seule : certaines femmes qui n’allaitent pas cessent d’avoir des règles.
- Contraception injectable : la majorité des utilisatrices finit par ne plus avoir de règles.
- Implant, pose et saignements : le CBIP rapporte une aménorrhée chez environ 20 % des utilisatrices, avec une réduction possible du risque d’anémie.
- DIU hormonal, durée et effet sur les règles : le CBIP rapporte jusqu’à 30 % d’aménorrhée.
Les fréquences diffèrent selon la méthode
Les chiffres de l’OMS portent sur la première année pour les injectables. Le CBIP rapporte une fréquence pour l’implant à l’étonogestrel et une autre pour le DIU au lévonorgestrel. La période n’est donc pas identique pour toutes les lignes.
| Méthode | Chiffre rapporté | Période indiquée | Source |
|---|---|---|---|
| DMPA | Environ 40 % | Après 1 an | OMS |
| NET-EN | 30 % | Après 1 an | OMS |
| Injectable mensuel combiné | Environ 2 % | Après 1 an | OMS |
| Implant à l’étonogestrel | Environ 20 % | – | CBIP |
| DIU au lévonorgestrel | Jusqu’à 30 % | – | CBIP |
L’allaitement et la ménopause donnent des repères distincts
Après l’accouchement, l’allaitement peut retarder le retour des règles. L’OMS précise que les pilules progestatives seules prolongent ce délai. Le CBIP et l’OMS citent aussi la grossesse et la ménopause parmi les contextes d’absence de règles.
Le repère de la ménopause est précis : douze mois consécutifs sans aucun saignement. Les changements qui précèdent cette étape relèvent de la périménopause.
Le délai de recherche dépend de la méthode utilisée
Après l’arrêt de la médroxyprogestérone contraceptive injectable, le CBIP indique qu’une aménorrhée peut persister plusieurs mois. Les aménorrhées prolongées après l’arrêt d’un progestatif sont plus fréquentes avec les formes retard injectables, les implants ou la prise continue.
Pour les autres absences, le CBIP et l’OMS ne fixent pas de durée d’aménorrhée imposant à elle seule un bilan. Demandez au médecin quel délai justifie de rechercher une autre cause et quels éléments de la méthode doivent être repris.
Les repères à noter avant la consultation
Notez la méthode, la date de pose ou d’arrêt, les oublis de comprimés hormonaux, le démarrage tardif d’une plaquette et un allaitement en cours. Pour un injectable, ajoutez le nom indiqué dans les documents, notamment DMPA, NET-EN ou injectable mensuel combiné.
Pour ce que les tests du cycle mesurent vraiment, les informations à noter avant une consultation de fertilité reprennent ces repères.
Sources
- CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique (10/09/2026), https://www.cbip.be/PDFREP/GGRCM/fr/6.%20Gyneco-obstetrique.pdf
- Organisation mondiale de la Santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning : A Global Handbook for Providers, 2022 Edition (2022), https://www.fphandbook.org/sites/default/files/WHO-JHU-FPHandbook-2022Ed-v221115a.pdf
