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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

Oubli ou double prise de pilule : que faire, heure par heure

CONTRACEPTION Mis à jour le 18 septembre 2026

Après un oubli de pilule, gardez la boîte et la plaquette sous les yeux : le nom exact, le comprimé concerné, actif ou placebo, et le moment de l’oubli orientent la conduite. Si un rapport a été non ou mal protégé, demandez rapidement conseil à un pharmacien, un médecin ou un centre de planning familial pour savoir si une contraception d’urgence est nécessaire.

Quelle pilule, quel retard et quel rapport récent ?

Trois questions orientent la conduite : quelle pilule est concernée ? Combien d’heures se sont écoulées ? Un rapport sexuel non protégé a-t-il eu lieu pendant la période concernée ?

Seuils de retard et gestes associés selon les tableaux du CBIP
Type de pilule Retard ou cas Geste à faire
Pilule combinée monophasique, désogestrel ou drospirénone seule Retard inférieur à 12 heures Prendre le comprimé dès que possible, poursuivre normalement, n’ajouter aucune mesure.
Pilule combinée monophasique Un seul comprimé oublié, sauf le premier après l’intervalle sans hormones Reprendre le comprimé oublié, finir la plaquette. Aucune mesure supplémentaire.
Pilule combinée monophasique Premier comprimé après l’intervalle sans hormones, avec plus de 24 heures de retard Reprendre le comprimé oublié, finir la plaquette, et utiliser une méthode contraceptive supplémentaire jusqu’à 7 jours consécutifs de prise correcte. Une contraception d’urgence est mentionnée si un rapport date de moins de 72 heures, ou de plus de 72 heures sans dépasser 5 jours.
Pilule combinée monophasique, semaine 1 De 2 à 7 comprimés oubliés reprendre la dernière des 2 à 7 pilules oubliées, terminer la plaquette et maintenir une méthode contraceptive supplémentaire jusqu’à 7 jours consécutifs de prise correcte.
Pilule combinée monophasique, semaine 2 De 2 à 7 comprimés oubliés Aucune contraception d’urgence n’est nécessaire en semaine 2 selon le CBIP. La dernière pilule oubliée se reprend, la plaquette se termine et une méthode contraceptive supplémentaire s’utilise jusqu’à 7 jours consécutifs de prise correcte.
Pilule combinée monophasique, semaine 3 De 2 à 7 comprimés oubliés Pour la semaine 3, deux options : soit reprendre le dernier comprimé oublié, finir la plaquette et enchaîner avec la suivante sans interruption, soit commencer l’interruption de 7 jours dès le premier jour d’oubli. La contraception d’urgence n’est pas nécessaire.
Désogestrel Plus de 12 heures de retard, soit plus de 36 heures après la dernière prise Pour le désogestrel, prendre le comprimé oublié le plus vite possible, puis le suivant au moment prévu, même si cela signifie prendre 2 comprimés le même jour. Une méthode mécanique s’utilise jusqu’à 48 heures après la reprise correcte.
Drospirénone seule, sans œstrogène Plus de 24 heures de retard, soit plus de 48 heures après la dernière prise Concernant la drospirénone seule, prendre le comprimé oublié le plus vite possible, puis le suivant au moment prévu, même si cela signifie prendre 2 comprimés le même jour. Une méthode mécanique s’utilise jusqu’à 7 jours après la reprise correcte. Si l’oubli concerne les 7 derniers jours de pilule active, les comprimés placebo ne se prennent pas et la plaquette suivante commence.

Identifier la pilule avant de compter les heures

Une pilule combinée monophasique contient un œstrogène et un progestatif. Le délai de rattrapage varie selon le comprimé pris : il se vérifie dans la notice de votre boîte, à la rubrique consacrée à l’oubli, plutôt qu’à partir de la seule catégorie de la pilule.

Yaz et une pilule à la drospirénone seule ne suivent pas les mêmes règles : Yaz contient aussi un œstrogène. Le seuil d’oubli ne se déduit donc pas du seul nom d’une hormone ni de la catégorie générale « pilule combinée ». Vérifiez la rubrique sur l’oubli dans la notice de votre boîte. Les fiches sur la pilule au désogestrel et sur la composition de Yaz et le risque veineux aident à distinguer les produits.

La composition et le schéma de la plaquette se vérifient dans la notice officielle du contraceptif.

La protection complémentaire dépend de la pilule

La durée d’une protection complémentaire n’est pas identique pour toutes les pilules. La consigne dépend du produit, du nombre de comprimés oubliés et de leur place dans la plaquette. Un repère exprimé en prises consécutives suppose des comprimés correctement pris à la suite : compter seulement les jours depuis l’oubli ne suffit pas.

La fin de plaquette demande une attention particulière. En semaine 3, après l’oubli de 2 à 7 comprimés, l’interruption peut être supprimée en enchaînant la plaquette suivante, ou commencer dès le premier jour d’oubli selon l’option prévue par le CBIP. Pour la drospirénone seule, l’oubli pendant les 7 derniers jours de pilule active conduit à ne pas prendre les comprimés placebo.

Distinguer le rattrapage d’un comprimé pris en trop

Deux comprimés le même jour peuvent correspondre au rattrapage d’un oubli lorsque la notice prévoit ce cas. Ce n’est pas la même situation qu’un comprimé supplémentaire pris par erreur. En cas de prise en trop, indiquez au pharmacien ou au médecin le nom de la pilule, le nombre de comprimés et les heures de prise pour vérifier la conduite adaptée.

Le comprimé oublié se prend le plus vite possible, puis la prise suivante reste prévue à l’heure habituelle. La suite dépend ensuite du type de pilule et du moment de l’oubli, notamment lorsque celui-ci se situe après l’intervalle sans hormones ou dans les derniers jours de pilule active.

La contraception d’urgence dépend du délai du rapport

En semaine 1 d’une pilule combinée, le CBIP mentionne une contraception d’urgence après un rapport datant de moins de 72 heures, avec le lévonorgestrel, ou après plus de 72 heures sans dépasser 5 jours, avec un DIU ou éventuellement l’ulipristal.

Après un oubli de désogestrel, elle est à envisager si un rapport sexuel non protégé a eu lieu entre le premier comprimé oublié et 48 heures après la reprise correcte. Après un oubli de drospirénone seule, le délai va jusqu’à 7 jours après la reprise correcte. Le CBIP mentionne aussi le cas d’un oubli situé entre les jours 1 et 7 après les comprimés placebo, lorsqu’un rapport non protégé a eu lieu pendant ces comprimés.

Le lévonorgestrel couvre les 72 premières heures ; au-delà, l’ulipristal va jusqu’à 5 jours. L’efficacité diminue avec le temps. Le DIU au cuivre peut être inséré dans les 5 jours suivant le rapport. Ces situations se discutent rapidement avec un pharmacien ou un médecin.

Les vomissements et la diarrhée peuvent compromettre la prise

La brochure d’O’YES indique que la pilule combinée et la pilule à progestatif seul ne protègent plus en cas de diarrhée ou de vomissements dans les 4 heures suivant la prise. Le CBIP indique aussi que les contraceptifs oraux semblent un peu moins fiables en cas de diarrhée sévère et de vomissements.

Pour une pilule d’urgence au lévonorgestrel, le CBIP indique qu’un vomissement dans les 3 heures suivant la prise conduit à reprendre un nouveau comprimé. La brochure d’O’YES retient un délai de 2 heures pour une autre pilule d’urgence. Ces délais ne sont donc pas identiques.

Avis rapide : un pharmacien ou un médecin peut discuter d’une contraception d’urgence lorsqu’un oubli survient en semaine 1, après un oubli de désogestrel ou de drospirénone seule dans les périodes indiquées, ou après un vomissement suivant une pilule d’urgence. Le type exact de pilule, l’heure prévue, l’heure réelle et la date du rapport sont les informations à transmettre.