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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

Oubli ou double prise de pilule : que faire, heure par heure

CONTRACEPTION Mis à jour le 17 septembre 2026

La conduite dépend du type de pilule et du retard. Le CBIP fixe le seuil d’oubli à plus de 12 heures pour une pilule combinée monophasique et pour le désogestrel, à plus de 24 heures pour la drospirénone seule. Pour le premier comprimé après l’intervalle sans hormones, le seuil est de 24 heures.

Quelle pilule, quel retard et quel rapport récent ?

Trois questions orientent la conduite : quelle pilule est concernée ? Combien d’heures se sont écoulées ? Un rapport sexuel non protégé a-t-il eu lieu pendant la période concernée ?

Seuils de retard et gestes associés selon les tableaux du CBIP
Type de pilule Retard ou cas Geste à faire
Pilule combinée monophasique, désogestrel ou drospirénone seule Retard inférieur à 12 heures Le CBIP prévoit de prendre le comprimé dès que possible, de poursuivre normalement et de n’ajouter aucune mesure.
Pilule combinée monophasique Un seul comprimé oublié, sauf le premier après l’intervalle sans hormones Après ce retard, le CBIP prévoit de reprendre le comprimé oublié et de finir la plaquette, sans mesure supplémentaire.
Pilule combinée monophasique Premier comprimé après l’intervalle sans hormones, avec plus de 24 heures de retard Dans ce cas, le CBIP prévoit de reprendre le comprimé oublié, de finir la plaquette et d’utiliser une méthode contraceptive supplémentaire jusqu’à 7 jours consécutifs de prise correcte. Une contraception d’urgence est mentionnée si un rapport date de moins de 72 heures, ou de plus de 72 heures sans dépasser 5 jours.
Pilule combinée monophasique, semaine 1 De 2 à 7 comprimés oubliés Selon le CBIP, reprendre la dernière des 2 à 7 pilules oubliées, terminer la plaquette et maintenir une méthode contraceptive supplémentaire jusqu’à 7 jours consécutifs de prise correcte.
Pilule combinée monophasique, semaine 2 De 2 à 7 comprimés oubliés Aucune contraception d’urgence n’est nécessaire en semaine 2 selon le CBIP. La dernière pilule oubliée se reprend, la plaquette se termine et une méthode contraceptive supplémentaire s’utilise jusqu’à 7 jours consécutifs de prise correcte.
Pilule combinée monophasique, semaine 3 De 2 à 7 comprimés oubliés Pour la semaine 3, le CBIP prévoit soit de reprendre le dernier comprimé oublié, de finir la plaquette et d’enchaîner avec la suivante sans interruption, soit de commencer l’interruption de 7 jours dès le premier jour d’oubli. La contraception d’urgence n’est pas nécessaire.
Désogestrel Plus de 12 heures de retard, soit plus de 36 heures après la dernière prise Pour le désogestrel, le CBIP indique de prendre le comprimé oublié le plus vite possible, puis le suivant au moment prévu, même si cela signifie prendre 2 comprimés le même jour. Une méthode mécanique s’utilise jusqu’à 48 heures après la reprise correcte.
Drospirénone seule, sans œstrogène Plus de 24 heures de retard, soit plus de 48 heures après la dernière prise Concernant la drospirénone seule, le CBIP indique de prendre le comprimé oublié le plus vite possible, puis le suivant au moment prévu, même si cela signifie prendre 2 comprimés le même jour. Une méthode mécanique s’utilise jusqu’à 7 jours après la reprise correcte. Si l’oubli concerne les 7 derniers jours de pilule active, les comprimés placebo ne se prennent pas et la plaquette suivante commence.

Identifier la pilule avant de compter les heures

Une pilule combinée monophasique contient un œstrogène et un progestatif. Le CBIP retient plus de 12 heures de retard, sauf pour le premier comprimé après l’intervalle sans hormones, où le seuil est de 24 heures.

Le désogestrel relève d’un seuil de plus de 12 heures. La drospirénone seule, sans œstrogène, relève d’un seuil de plus de 24 heures. Yaz contient de l’éthinylestradiol : il relève de la pilule combinée et du seuil de 12 heures, pas de celui de 24 heures. La fiche sur la pilule au désogestrel et sa fenêtre d’oubli et celle sur la composition de Yaz et le risque veineux portent sur ces distinctions.

La composition et le schéma de la plaquette se vérifient dans la notice officielle du contraceptif. Les autres méthodes peuvent être mises en regard dans la comparaison des méthodes de contraception, de leurs contraintes et de leur coût.

Sept prises consécutives encadrent la reprise de protection

Lorsque le CBIP prévoit une méthode contraceptive supplémentaire après un oubli, la formulation complète est la suivante : il est impératif d’utiliser un préservatif jusqu’à la prise de 7 pilules consécutives. Le repère porte donc sur des prises correctes qui se suivent.

La fin de plaquette demande une attention particulière. En semaine 3, après l’oubli de 2 à 7 comprimés, l’interruption peut être supprimée en enchaînant la plaquette suivante, ou commencer dès le premier jour d’oubli selon l’option prévue par le CBIP. Pour la drospirénone seule, l’oubli pendant les 7 derniers jours de pilule active conduit à ne pas prendre les comprimés placebo.

Prendre deux comprimés le même jour peut être le rattrapage attendu

Deux comprimés le même jour correspondent à la situation décrite par le CBIP lorsqu’un comprimé oublié est repris avant le comprimé suivant. Cette double prise est la conséquence normale du rattrapage d’un oubli, et non un surdosage.

Le comprimé oublié se prend le plus vite possible, puis la prise suivante reste prévue à l’heure habituelle. La suite dépend ensuite du type de pilule et du moment de l’oubli, notamment lorsque celui-ci se situe après l’intervalle sans hormones ou dans les derniers jours de pilule active.

La contraception d’urgence dépend du délai du rapport

En semaine 1 d’une pilule combinée, le CBIP mentionne une contraception d’urgence après un rapport datant de moins de 72 heures, avec le lévonorgestrel, ou après plus de 72 heures sans dépasser 5 jours, avec un DIU ou éventuellement l’ulipristal.

Après un oubli de désogestrel, elle est à envisager si un rapport sexuel non protégé a eu lieu entre le premier comprimé oublié et 48 heures après la reprise correcte. Après un oubli de drospirénone seule, le délai va jusqu’à 7 jours après la reprise correcte. Le CBIP mentionne aussi le cas d’un oubli situé entre les jours 1 et 7 après les comprimés placebo, lorsqu’un rapport non protégé a eu lieu pendant ces comprimés.

Le lévonorgestrel se prend dans les 72 heures et l’ulipristal jusqu’à 5 jours après le rapport sexuel non protégé. L’efficacité diminue avec le temps. Le DIU au cuivre peut être inséré dans les 5 jours suivant le rapport. Ces situations se discutent rapidement avec un pharmacien ou un médecin.

Les vomissements et la diarrhée peuvent compromettre la prise

La brochure d’O’YES indique que la pilule combinée et la pilule à progestatif seul ne protègent plus en cas de diarrhée ou de vomissements dans les 4 heures suivant la prise. Le CBIP indique aussi que les contraceptifs oraux semblent un peu moins fiables en cas de diarrhée sévère et de vomissements.

Pour une pilule d’urgence au lévonorgestrel, le CBIP indique qu’un vomissement dans les 3 heures suivant la prise conduit à reprendre un nouveau comprimé. La brochure d’O’YES retient un délai de 2 heures pour une autre pilule d’urgence. Ces délais ne sont donc pas identiques.

Avis rapide : un pharmacien ou un médecin peut discuter d’une contraception d’urgence lorsqu’un oubli survient en semaine 1, après un oubli de désogestrel ou de drospirénone seule dans les périodes indiquées, ou après un vomissement suivant une pilule d’urgence. Le type exact de pilule, l’heure prévue, l’heure réelle et la date du rapport sont les informations à transmettre.

Sources

  1. CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique (Version : 10/09/2026), document du CBIP
  2. O’YES ASBL, Mon contraceptif, 10 infos clés (Édition 2023), brochure O’YES