Yaz est une spécialité de Bayer qui contient 0,02 mg d’éthinylestradiol et 3 mg de drospirénone pendant 24 comprimés, puis 4 comprimés placebo. Le CBIP/BCFI indique que les associations contenant de la drospirénone ont un risque de thrombose veineuse profonde plus élevé que celles contenant du lévonorgestrel ou du norgestimate. Pour les contraceptifs oraux combinés, le manuel de l’Organisation mondiale de la santé et de Johns Hopkins classe les caillots veineux parmi les risques « très rares ».
Belgique et France
Pour la Belgique, le CBIP/BCFI décrit la composition et le risque veineux de Yaz. Dans un autre pays, dont la France, le nom commercial et la composition peuvent varier : la notice de la boîte doit être vérifiée.
Dans le tableau, un trait d’union signifie qu’aucune incidence propre n’est donnée pour la situation concernée. Il ne signifie pas que le risque est nul.
Yaz suit un schéma de 24 comprimés actifs et 4 placebos
La première phase comporte 24 comprimés actifs. Chacun contient de l’éthinylestradiol sous forme de bétadex clathrate à 0,02 mg et de la drospirénone à 3 mg. La seconde phase comporte 4 comprimés placebo.
Le conditionnement suit donc un schéma 24 + 4. Le cycle suivant commence sans interruption entre les cycles de traitement.
La drospirénone ne relève pas des trois générations du CBIP
Dans la classification du CBIP, les contraceptifs contenant de la drospirénone ne sont classés dans aucune des trois catégories de générations décrites. L’expression « contraceptif de quatrième génération » est parfois utilisée à titre promotionnel.
Le CBIP associe aussi un risque veineux plus élevé au désogestrel, au gestodène, à la cyprotérone et au diénogest, en comparaison avec le lévonorgestrel ou le norgestimate.
La drospirénone a un effet antiminéralocorticoïde. Le CBIP signale qu’elle peut aussi provoquer une hyperkaliémie.
Le risque veineux est décrit comme très rare pour les pilules combinées
| Situation | Incidence pour 10 000 femmes et par an |
|---|---|
| Yaz | – |
| Pilule au lévonorgestrel | – |
| Aucune contraception | – |
Le CBIP/BCFI établit une comparaison qualitative : les associations contenant de la drospirénone exposent à un risque veineux plus élevé que celles contenant du lévonorgestrel ou du norgestimate.
Le manuel de l’Organisation mondiale de la santé et de Johns Hopkins associe les caillots veineux des contraceptifs oraux combinés à la catégorie « très rare », soit au moins 0,01 % et moins de 0,1 %. Cela correspond à au moins 1 et à moins de 10 cas pour 10 000 femmes et par an.
Une incidence exprimée pour 10 000 femmes et par an indique le nombre d’événements comptés dans ce groupe pendant une année.
Ni le CBIP/BCFI ni le manuel de l’Organisation mondiale de la santé et de Johns Hopkins ne donnent d’incidence propre pour Yaz, une pilule au lévonorgestrel ou l’absence de contraception. La plage « très rare » concerne la catégorie des contraceptifs oraux combinés, pas une mesure propre à Yaz.
Pour replacer les pilules dans l’ensemble des choix possibles, la place que chaque méthode laisse aux oublis constitue un premier critère de tri. La comparaison de leur efficacité, de leurs contraintes et de leur coût situe les pilules parmi les autres options.
Les antécédents et certaines périodes encadrent la prescription
La présence, les antécédents ou un risque élevé de thromboembolie artérielle ou veineuse, par exemple des antécédents familiaux, constituent une contre-indication aux contraceptifs œstroprogestatifs.
Les caillots dans une veine profonde sont plus probables pendant plusieurs mois après la naissance d’un enfant. Le manuel cite notamment un antécédent de thrombose veineuse, une thrombophilie, une césarienne, une transfusion lors de l’accouchement, une hémorragie du post-partum, une pré-éclampsie, une obésité avec un indice de masse corporelle ≥30 kg/m², le tabagisme et un alitement prolongé.
Le CBIP déconseille les associations œstroprogestatives jusqu’à 6 semaines après l’accouchement. Il indique aussi l’arrêt des contraceptifs 4 semaines avant une intervention chirurgicale programmée comportant des risques thromboemboliques et mentionne l’immobilisation prolongée des membres inférieurs.
Une intervention qui empêche de marcher pendant 1 semaine ou plus impose, selon le manuel, l’arrêt pendant cette période et une reprise 2 semaines après le retour de la mobilité.
À partir de 35 ans, la liste de vérification du manuel exclut la fourniture d’un contraceptif oral combiné en cas de tabagisme. Elle cite séparément l’âge avancé, le tabagisme, l’hypertension et le diabète parmi les facteurs de maladie cardiovasculaire artérielle et d’accident vasculaire cérébral.
Certains symptômes demandent un avis médical immédiat
Avis médical immédiat : le manuel indique de consulter immédiatement un médecin ou un infirmier si l’état de santé change soudainement de façon très préoccupante. La méthode contraceptive utilisée doit être signalée pendant la consultation.
- Douleur persistante et intense dans une jambe, parfois accompagnée d’un gonflement ou d’une rougeur de la peau.
- Essoufflement soudain, pouvant s’aggraver lors d’une inspiration profonde, toux pouvant ramener du sang, rythme cardiaque rapide ou étourdissement.
- Gêne ou pression thoracique durant plus de quelques minutes ou qui disparaît puis revient, avec essoufflement, sueurs froides ou nausées.
- Engourdissement ou faiblesse soudaine du visage, d’un bras ou d’une jambe, avec confusion, difficulté à parler, à voir ou à marcher.
- Coloration jaune des yeux ou de la peau, gonflement, sensibilité ou douleur dans la partie supérieure de l’abdomen.
Les contraceptifs combinés ont aussi des effets décrits par le manuel
Les contraceptifs oraux combinés aident à protéger contre le cancer de l’endomètre et le cancer de l’ovaire. Cette protection persiste pendant 15 ans ou plus après l’arrêt.
Une réduction des crampes menstruelles, des problèmes de saignements menstruels et de la douleur liée à l’ovulation est également décrite. Le manuel mentionne aussi une réduction de la pilosité excessive ainsi que de certains symptômes du syndrome des ovaires polykystiques et de l’endométriose.
La protection contre la maladie inflammatoire pelvienne symptomatique est aussi mentionnée. Les contraceptifs oraux combinés peuvent aider à protéger contre les kystes ovariens et l’anémie ferriprive, et leur utilisation peut diminuer le risque de cancer colorectal.
La notice de la boîte doit être vérifiée dans le pays concerné
Le nom commercial et la composition peuvent varier selon le pays. La recherche de la notice officielle correspondant à la boîte permet de vérifier les informations propres au produit.
Après un comprimé oublié ou pris en double, les seuils de retard et les gestes à effectuer dépendent du type de pilule et du moment de l’oubli.
Une pilule au désogestrel est une pilule progestative seule. La fiche consacrée à la fenêtre d’oubli du désogestrel présente cette option séparément des associations contenant un œstrogène.
Sources
- CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique (Version : 10/09/2026)
- Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers (édition 2022)
