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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

Ce qui diminue l’efficacité d’une contraception hormonale

CONTRACEPTION Mis à jour le 17 septembre 2026

Certains inducteurs enzymatiques, dont la rifampicine, la rifabutine, certains antiépileptiques, le millepertuis et le ritonavir, peuvent réduire l’efficacité d’une contraception hormonale, parfois jusqu’à un mois après l’arrêt. Les autres antibiotiques ne demandent pas de mesure contraceptive supplémentaire, sauf s’ils provoquent des vomissements graves ou une diarrhée liquide sévère. Le DIU au cuivre et le DIU au lévonorgestrel échappent à ces interactions.

Les inducteurs du CYP3A4 sont les principaux médicaments en cause

En Belgique, le risque concerne surtout les médicaments qui accélèrent le métabolisme des hormones contraceptives. Le CBIP cite certains antiépileptiques, les antituberculeux, le millepertuis et le ritonavir. L’OMS détaille plusieurs molécules pour les méthodes combinées et ajoute le ritonavir pour les pilules à progestatif seul. La conduite dépend donc de la méthode utilisée.

Interactions citées par le CBIP et l’OMS, avec les méthodes concernées et la conduite indiquée.
Substance ou groupe Ce que décrivent les sources Conduite indiquée
Certains antiépileptiques, barbituriques, carbamazépine, oxcarbazépine, phénytoïne, primidone et topiramate Le CBIP cite certains antiépileptiques parmi les inducteurs du CYP3A4. L’OMS nomme ces substances pour les contraceptifs oraux combinés, le patch et l’anneau vaginal combiné. Après une utilisation prolongée, l’OMS cite les injectables à progestatif seul, l’implant et les deux DIU parmi les autres méthodes possibles.
Ritonavir Le CBIP le cite parmi les inducteurs du CYP3A4. L’OMS l’ajoute pour les pilules à progestatif seul. Avec une utilisation brève et une pilule à progestatif seul, l’OMS prévoit une méthode d’appoint pendant le traitement.
Rifampicine et rifabutine Le CBIP les cite comme exceptions parmi les antibiotiques, car ce sont des inducteurs du CYP3A4. L’effet inducteur peut persister jusqu’à un mois après l’arrêt du médicament inducteur.
Les autres antibiotiques Le CBIP indique qu’ils ne sont pas des inducteurs enzymatiques. L’hypothèse d’une baisse de résorption par perturbation du cycle entéro-hépatique des estroprogestatifs a été abandonnée. Aucune mesure supplémentaire, sauf en cas de vomissements graves ou de diarrhée liquide sévère.
L’isotrétinoïne Le CBIP rapporte qu’une moindre fiabilité des minipilules progestatives a été suggérée.

La précaution peut durer jusqu’à un mois après l’arrêt

La dernière prise ne marque pas toujours la fin de la précaution. Le CBIP indique que l’effet inducteur peut persister jusqu’à un mois après l’arrêt du médicament inducteur. Le CBIP ne donne pas de durée distincte pour chaque inducteur. Quand un traitement susceptible d’interagir est nécessaire, il indique que la méthode contraceptive doit être adaptée.

Les vomissements et la diarrhée suivent un autre mécanisme

Les vomissements graves et la diarrhée aqueuse sévère ne sont pas des interactions médicamenteuses. Ils peuvent diminuer l’absorption des contraceptifs hormonaux oraux, y compris la contraception d’urgence, indique le CBIP. La conduite relève alors des règles applicables après un oubli ou une double prise de pilule.

La contraception d’urgence obéit à une règle différente

Les inducteurs du CYP3A4 peuvent diminuer l’efficacité de l’ulipristal et du lévonorgestrel. Les progestatifs peuvent aussi réduire celle de l’ulipristal par compétition au niveau du récepteur. Pour cette raison, le CBIP ne place pas l’ulipristal en premier choix chez les personnes prenant une contraception contenant un progestatif.

Après une prise d’ulipristal, le CBIP reporte de 5 jours la reprise d’un progestatif seul, la reprise d’un estroprogestatif interrompu pendant plus de 7 jours ou le début d’une contraception hormonale sans méthode antérieure.

Le DIU au cuivre et le DIU au lévonorgestrel ne sont pas concernés

Pour les méthodes combinées utilisées avec ces substances de façon prolongée, l’OMS cite comme autres méthodes les injectables à progestatif seul, l’implant, le DIU au lévonorgestrel et le DIU au cuivre. Pour une pilule à progestatif seul, il cite les injectables à progestatif seul et ces deux DIU.

Le CBIP ajoute que l’efficacité contraceptive de la médroxyprogestérone injectable n’est pas affectée par les interactions médicamenteuses. Les caractéristiques du DIU au lévonorgestrel et du DIU au cuivre peuvent être comparées avant une discussion sur la méthode.

Que demander quand un traitement est prescrit ?

Cette page ne remplace pas une consultation. Quand un traitement susceptible d’interagir est prescrit, le CBIP indique que la méthode contraceptive doit être adaptée. La demande utile porte sur la substance, la méthode utilisée et la durée de la précaution.

  1. Apportez le nom exact du traitement et de la contraception utilisée. La notice officielle du contraceptif aide à retrouver ce nom.
  2. Demandez combien de temps la précaution s’applique après l’arrêt, car l’effet inducteur peut persister.
  3. Si la pilule est à progestatif seul et l’utilisation du médicament est brève, demandez quelle méthode d’appoint est prévue pendant le traitement.

La décision peut ensuite porter sur une autre méthode de contraception, selon la méthode utilisée et la durée du traitement.

Sources

  1. CBIP/BCFI, Répertoire Commenté des Médicaments, chapitre 6 « Gynéco-obstétrique » (version du 10/09/2026)
  2. Organisation mondiale de la santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning: A Global Handbook for Providers (2022)