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SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE · SOURCES DATÉES

La pilule fait-elle grossir : ce que les sources établissent

CONTRACEPTION Mis à jour le 17 septembre 2026

Le CBIP classe la prise de poids parmi les effets indésirables des associations estroprogestatives, mais l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique qu’en moyenne les contraceptifs oraux combinés n’affectent pas le poids. Avec les injectables progestatifs, la prise progressive est fréquente, de 1 à 2 kg par an. Pour l’implant et le DIU au lévonorgestrel, une variation ou une prise de poids est rapportée sans moyenne chiffrée.

À retenir : une mention de prise de poids dans une liste d’effets indésirables ne donne pas, à elle seule, une moyenne applicable à chaque méthode.

Ce que les données établissent selon la méthode

L’OMS ne donne pas la même information pour chacune : une moyenne pour les injectables progestatifs, une absence d’effet moyen pour les contraceptifs oraux combinés, une variation rapportée pour l’implant et une prise rapportée pour le DIU au lévonorgestrel, sans moyenne pour ces deux derniers. Le CBIP classe pourtant la prise de poids parmi les effets indésirables des associations estroprogestatives.

Poids et méthodes contraceptives selon le CBIP et l’OMS : effets rapportés et moyennes chiffrées
Méthode Ce qui est rapporté Ce que la donnée ne précise pas
Pilule combinée En moyenne, l’OMS indique que les contraceptifs oraux combinés n’affectent pas le poids et que la plupart des utilisatrices ne prennent ni ne perdent de poids du fait de ces contraceptifs. Le CBIP classe la prise de poids et la rétention hydrosodée parmi les effets indésirables des associations estroprogestatives. Quelques utilisatrices connaissent une variation soudaine qui s’inverse après l’arrêt. L’OMS indique que la raison de cette réponse n’est pas connue.
Injectables progestatifs Pour le DMPA, l’OMS donne une moyenne de 1 à 2 kg par an. Une moyenne ne décrit pas toutes les trajectoires.
Implant contraceptif Chez certaines utilisatrices, l’OMS mentionne une variation de poids. Ni le sens, ni la fréquence, ni l’ampleur de cette variation ne sont précisés. Le CBIP ne donne pas de fréquence propre à l’implant.
DIU au lévonorgestrel Parmi les effets rapportés, l’OMS cite la prise de poids chez certaines utilisatrices. Le CBIP la classe parmi les effets hormonaux systémiques. Le CBIP précise que la quantité de lévonorgestrel qui atteint la circulation générale est très faible. Aucune moyenne de prise de poids n’est donnée.

Le poids varie aussi avec l’âge et les circonstances de vie

L’OMS souligne que les variations de poids liées aux circonstances de vie et à l’âge sont fréquentes. Elles peuvent être attribuées à tort aux contraceptifs oraux combinés. Une observation réelle ne suffit donc pas, à elle seule, à établir la cause de la variation.

L’injectable progestatif est le cas le plus chiffré

1 à 2 kg par an est la moyenne donnée par l’OMS pour le DMPA. Le CBIP qualifie également la prise de poids de fréquente avec la médroxyprogestérone contraceptive injectable.

Une moyenne ne décrit pas chaque trajectoire. Certaines utilisatrices perdent du poids ou ne présentent pas de variation significative. Certaines adolescentes en surpoids prennent nettement plus que cette moyenne. L’OMS indique que les femmes asiatiques, en particulier, n’ont pas tendance à prendre du poids sous DMPA.

Dans son tableau comparatif, l’OMS donne aussi 1 kg par an pour les injectables mensuels combinés. Elle rapporte une prise de poids chez certaines utilisatrices, avec des données à long terme limitées et des effets supposés proches de ceux des contraceptifs oraux combinés.

Implant et DIU au lévonorgestrel : un effet rapporté, sans moyenne

Avec l’implant contraceptif, l’OMS mentionne une variation de poids rapportée par certaines utilisatrices. Elle ne précise ni le sens, ni la fréquence, ni l’ampleur de cette variation. Le CBIP classe la prise de poids parmi les effets indésirables des progestatifs, sans donner de fréquence propre à l’implant.

Pour le DIU au lévonorgestrel, l’OMS mentionne la prise de poids parmi les effets rapportés par certaines utilisatrices. Le CBIP la classe parmi les effets hormonaux systémiques et précise que la quantité de lévonorgestrel qui atteint la circulation générale est très faible. Aucune moyenne de prise de poids n’est donnée pour ce DIU.

Avant de changer de méthode, notez la chronologie

Une prise de poids apparue après le début d’une contraception se décrit d’abord. La chronologie : notez quand la variation a commencé, si elle a été soudaine ou progressive, et si elle s’est inversée après l’arrêt. L’OMS rapporte cette inversion chez quelques utilisatrices de contraceptifs oraux combinés, sans en connaître la raison.

Ne changez pas de méthode sur ce seul constat. Cette page ne remplace pas une consultation médicale. Demandez au médecin si la méthode peut expliquer l’observation et quelles options restent possibles. Les critères qui départagent les méthodes aident à préparer cet échange, et le tableau qui met les méthodes en regard permet de poser ces questions en tenant compte des contraintes de chacune.

Sources

  1. CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique (10/09/2026)
  2. Organisation mondiale de la Santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning : A Global Handbook for Providers, 2022 Edition (2022)