Des saignements irréguliers sont fréquents au début de plusieurs contraceptions et peuvent correspondre à un effet attendu de la méthode. Selon la méthode, ils diminuent habituellement dans les 3 à 6 mois, persistent pendant les 6 premiers mois ou restent irréguliers durant la première année. Un saignement hors du profil attendu, ou associé à un oubli ou à un traitement qui interagit avec la contraception, demande un avis médical.
Ce que le saignement permet de dire d’emblée
Le profil habituel dépend de la méthode contraceptive. L’OMS décrit, sous pilule combinée, des saignements irréguliers fréquents les premiers mois, puis généralement plus légers, plus courts et plus réguliers. Sous DIU au lévonorgestrel, elle indique une diminution habituelle des irrégularités dans les 3 à 6 mois. Ce profil ne suffit pas à conclure sur la cause.
Spotting et saignement intercurrent ne désignent pas la même chose
Selon l’OMS, le spotting est un écoulement vaginal sanglant qui survient en dehors des moments attendus et ne nécessite pas de protection hygiénique. Le saignement intercurrent survient aussi hors des moments attendus, mais nécessite une protection. Un saignement prolongé dure plus de 8 jours. L’OMS appelle saignement abondant celui qui est deux fois plus important que le saignement habituel.
Le profil de saignement change selon la méthode
Les méthodes contraceptives n’ont pas toutes le même rythme de saignement. Le tableau met en regard les profils décrits par l’OMS et le CBIP, avec leurs repères temporels et leurs proportions.
| Méthode | Profil décrit | Repère temporel ou proportion |
|---|---|---|
| Pilule combinée | Des saignements irréguliers sont fréquents les premiers mois. | Le profil devient généralement plus léger, plus court et plus régulier ensuite. |
| Pilule progestative seule | Chez les femmes qui n’allaitent pas, des saignements fréquents ou irréguliers peuvent survenir durant les premiers mois. | Ils peuvent ensuite devenir réguliers ou rester irréguliers. |
| Contraception injectable DMPA | Irréguliers ou prolongés durant les 3 premiers mois. | À partir d’un an, environ 40 % des utilisatrices n’ont pas de saignement mensuel. |
| NET-EN | Les saignements sont irréguliers ou prolongés durant les 6 premiers mois, avec des épisodes plus courts que sous DMPA. | Après 6 mois, le profil devient similaire à celui du DMPA. Après 1 an, 30 % des utilisatrices n’ont pas de saignement mensuel. |
| Injectable mensuel combiné | Les saignements sont fréquents, irréguliers ou prolongés pendant les 3 premiers mois. | À 1 an, ils sont le plus souvent réguliers. Environ 2 % des utilisatrices n’ont pas de saignement mensuel. |
| Implant contraceptif | Des saignements irréguliers prolongés sont typiques pendant la première année. | Ensuite, ils deviennent plus légers et plus réguliers, peu fréquents ou absents. Pour Implanon et Implanon NXT, les profils peu fréquents, prolongés ou absents sont plus probables que les irrégularités. |
| Stérilet au cuivre | Les saignements sont plus longs et plus abondants, avec des crampes plus marquées. | L’OMS situe surtout ce profil durant les 3 à 6 premiers mois. Le CBIP le situe surtout durant les trois premiers cycles. |
| Stérilet hormonal | Les saignements sont le plus souvent plus légers et moins longs, peu fréquents ou irréguliers. | Les irrégularités diminuent habituellement dans les 3 à 6 mois. Le spotting et les pertes prolongées sont surtout mentionnés durant les trois premiers cycles. |
Le CBIP précise qu’une association contenant moins de 30 µg d’éthinylestradiol expose à un risque plus élevé de spotting. Un schéma œstroprogestatif étendu de 4 mois réduit la fréquence des menstruations, mais provoque plus souvent du spotting. Avec une utilisation étendue ou continue, l’OMS indique que les irrégularités peuvent persister jusqu’aux 6 premiers mois, surtout chez les femmes qui n’ont jamais utilisé de pilule combinée.
Après la pose d’un DIU, des saignements ou un spotting peuvent survenir immédiatement, selon l’OMS.
Une autre cause devient possible quand le profil change
Après plusieurs mois de saignements normaux ou absents, une irrégularité qui débute ou persiste peut signaler une affection sans rapport avec la méthode, selon l’OMS. Avec un DIU au cuivre, des saignements abondants ou prolongés apparus longtemps après l’insertion peuvent aussi relever d’une affection sans rapport avec le DIU.
Une infection peut aussi expliquer un saignement sans rapport avec la contraception, et ce qu’un dépistage recherche se décide alors avec le médecin.
Un saignement de privation ne permet pas de conclure sur une grossesse
L’OMS appelle saignement de privation celui qui survient pendant la semaine sans comprimé hormonal. Après la prise d’un contraceptif oral combiné, sa présence n’identifie pas avec exactitude une grossesse ou son absence. Ce repère ne permet donc pas, à lui seul, de conclure.
Un saignement qui accompagne un oubli de pilule, des vomissements ou un médicament qui interagit avec la contraception ne se lit pas comme un simple effet secondaire. Les conduites liées à un oubli de pilule et aux interactions avec une contraception hormonale sont distinctes de la lecture du profil de saignement.
Les critères qui justifient un avis médical
- Plus de 8 jours : l’OMS classe le saignement comme prolongé.
- Deux fois plus important que d’habitude : l’OMS le classe comme abondant.
- Sans explication : le CBIP indique qu’un saignement anormal impose la recherche d’une cause organique, par exemple une affection maligne.
Si l’un de ces profils apparaît, demandez précisément au médecin quelle cause doit être recherchée et si le profil correspond à la méthode utilisée.
Sources
- Organisation mondiale de la Santé et Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, Family Planning : A Global Handbook for Providers, 2022 Edition (2022)
- CBIP/BCFI, 6. Gynéco-obstétrique (10/09/2026)
